Ecrit dans Digressions et tergiversations. Lu 521 fois. 6 commentaires.

J’aime bien les films d’angoisse. Les vrais. Je ne parle pas de ces films où on joue tout du long avec les nerfs en faisant claquer des portes ou surgir je ne sais quoi de je ne sais où. La peur d’avoir peur, l’anticipation du danger. Ou encore ces films à forte dose d’hémoglobine où l’on assiste à un déluge de violence gratuite. Non je préfère les films qui font VRAIMENT angoisser et il n’y en a pas beaucoup. Ceux qui prennent au ventre, vous font dresser les poils sur la nuque, reculer dans votre fauteuil et taper nerveusement du pied. Ces films qui vous mettent dans des situations insupportables, sans issue. Je viens de voir The Descent. Là on y est, en plein dans le traumatisant viscéral. C’est éprouvant. Un grand soupir de soulagement au final. J’ai été impressionné par la puissance du film. L’angoisse est pure, distillée petit à petit faisant ressortir des peurs d’enfant, la peur du noir, éclairage à la lampe torche, peur de l’inconnu, le vertige, la claustrophobie puis l’horreur totale, certaines scènes sont énergiques, nerveuses, vraiment primales, brutales. L’histoire tient en deux lignes :
En plein milieu du massif des Appalaches, six jeunes femmes sympas se donnent rendez-vous pour une expédition spéléologique. Alors qu’elles tentent de trouver une issue, elles réalisent qu’elles ne sont pas seules. Quelque chose est là, sous terre, avec elles…
C’est traité au premier degré, sans concessions. De plus on n’hésite pas à dévoiler ce qui est en face. D’habitude je suis plutôt partisan du tout suggestif, ne rien montrer pour laisser libre court à toutes les imaginations. Mais là, l’ennemi une fois «connu», le huis clos en devient encore plus terrifiant. Comment dire, on passe d’une narration très suggestive à quelque chose de beaucoup plus «réel», plus terre-à-terre, on ne fantasme plus sur ce qui est à peine visible dans l’ombre, on sait à quoi on a à faire et il faut se démerder pour y échapper. Brrr.
Bon, on n’échappe pas aux passages obligés, la déconne potache entre les nanas, le ah zut on est coincé maintenant, on nous fait sursauter plusieurs fois, quelques scènes bien cradoques, et la fin pas évidente, ouverte aux spéculations en tout genre. Ce qui m’épate le plus c’est la maîtrise du timing, la montée crescendo, calculée, de l’angoisse, le passage vers l’horreur pour atteindre une efficacité maximale. Il n’y a rien de bien nouveau au menu, la trame est on ne peut plus vue et revue mais ça fonctionne, redoutablement. Moi qui avait été déçu par les dernières productions du genre comme Hostel, Saw ou The Grudge, là j’ai été servi, on m’a même donné du rabe et maintenant merci, j’ai ma dose pour un - bon - moment…

  1. Le 21 avril 2006 à 18:38, Swal a écrit :

    C’est clair que ce film est plutôt pas mal foutu. Je trouve la fin assez désespérante, comme si finalement cette femme représentait un peu ce qui reste de l’humanité, face à un "danger" plus fort qu’elle… Finalement, cette part de bestialité nous habite tous, non ?

  2. Le 22 avril 2006 à 8:23, narkarth a écrit :

    "et à la fin il meure en criant LIBERTE" … non?…je me suis planté alors!
    Sinon question angoise pour ma part c’est Shining de Mr Kubrick. Exceptionnel! Et sinon le -seul?-bon film de Carpenter : The Thing…2 Stephen King…moi qui trouve en général qu’il est trop classiue et téléphoner, là sa tue! et c’est peu dire ;)…

  3. Le 22 avril 2006 à 9:48, Swal a écrit :

    Comme celui-là ?

    http://www.scifi-universe.com/vi...

  4. Le 22 avril 2006 à 10:51, Nils a écrit :

    Ca vaut pas un bon épisode des Bisounours avec Smaïn dans le rôle du terrien.

  5. Le 22 avril 2006 à 12:24, Marco a écrit :

    Faut pas se moquer des Charlots… Moi j’étais jeune et ça me foutait les chocottes ! :)

  6. Le 13 août 2007 à 16:54, Nils a écrit :

    Dans la vie, il y a 10 sortes de gens, ceux qui comprennent le langage binaire, et les autres.

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