omme on me demande souvent par email ce que j’utilise comme matériel, je mets en ligne un petit tutoriel à ce sujet. Ça m’évitera de me répéter ou faire de longs copier/coller mais bon, à mon avis, ça n’a pas vraiment de sens. C’est uniquement à titre informatif. Il y a un proverbe chinois là-dessus dont je ne me souviens plus les termes exacts mais en gros c’était : «Le plus important ce n’est pas le pinceau mais la main qui l’utilise».
Je suis plutôt du genre fidèle à mon matériel. Je change rarement, question d’habitude et d’entraînement j’imagine. Surtout, je n’ai pas eu le temps d’expérimenter d’autres marques, d’autres procédés, d’autres matériaux depuis des années et ce n’est pas l’envie qui manque. A ce propos, si vous connaissez ou utilisez du matériel qui vous semble de qualité et qui pourraient compléter ce petit inventaire, n’hésitez pas à nous en faire profiter en écrivant un petit mot dans les commentaires. Je vais donc détailler ci-dessous le matériel que j’utilise tous les jours pour dessiner, peindre…
Le papier
Pour tout ce qui est crayonnés, recherches & co j’utilise du papier Canson Crob’Art A3 (des carnets de 120 feuilles à couverture beige) ou au format 49×64cm pour les plus grands crayonnés, les doubles-pages des albums par exemple. J’aime bien ce papier parce que le grain est agréable et qu’il glisse bien sous le crayon. Il supporte aussi bien le passage sur une table lumineuse, suffisamment fin pour laisser passer la lumière.
Pour les mises en couleurs, je peins sur du papier blanc Scotland 220gr. C’est le seul papier qui me convienne que j’ai pu trouver en Corée. L’équivalent français c’est le bon vieux Canson classique 224gr. Là aussi un grain agréable, pas trop en creux mais suffisamment pour retenir ce qu’il faut de peinture. Je n’utilise jamais de support rigide car il me semble que cela peut donner du fil à retordre aux éditeurs pour scanner les illustrations. Souvent des scanners rotatifs sont utilisés pour les plus grandes images et un support rigide peut poser problème. Mais j’essaierai bien d’autres supports pour le plaisir, si vous avez quelques pistes, je suis preneur.
Le dessin
Pour les crayonnés, le papier Crob’Art cité plus haut, un porte-mine 0.9 Pentel avec des mines bleues (0.9 pour que ce soit un peu gras), une bonne gomme Staedtler classique, un correcteur Pentel plus un stylo-gomme Staedtler et c’est parti. Je n’encre jamais mes crayonnés et transforme mes traits bleus en traits noirs via Photoshop (voir ici).

En revanche quand il m’arrive de faire des illustrations noir et blanc, j’utilise le papier Scotland, des feutres Faber-Castell (Ecco Pigment) 0.5 pour la plus grande partie de l’encrage, ensuite un Staedtler pigment liner 0.05 pour les plus petits détails et quelques hachures et pour les valeurs ou noirs un Tria Extra Black-T ou de la gouache noire presque pure. Gouache noire qui diluée donne de belles valeurs de gris sur le grain du papier Scotland. Pour quelques retouches de blanc, les stylos à encre blanche Uni-Ball Signo sont parfaits. J’utilise aussi ces stylos à encre blanche pour apporter quelques modifications sur les illustrations mises en couleurs. Ils passent aussi très bien sur l’acrylique et permettent de faire de petites touches blanches très précises, un reflet sur une pupille par exemple, retouches parfois difficiles à faire directement au pinceau. Même topo pour les feutres noirs 0.05 qui m’aident pour quelques micro-détails souvent périlleux au pinceau.

Les pinceaux
Je trouve ici des pinceaux ronds Babara Series 500R Golden (made in Japan) allant des tailles 2 à 20. Poils synthétiques. En fait je n’utilise jamais de pinceaux en poils naturels, ça s’use trop vite, ça coûte trop cher et je préfère ne pas me casser la tête avec ça même si cela pourrait peut-être m’apporter un plus grand confort. Avec ces pinceaux en synthétique je n’hésite pas à les triturer, les massacrer en peignant et les renouvelle souvent. Quand j’étais en France j’achetais des pinceaux de marque Code Noir fabriqués au Japon aussi. Comme ils ressemblent à s’y méprendre aux Babara que j’utilise ici, un corps noir avec une bague de couleur (jaune en France et blanche en Corée), j’imagine que le fabricant est le même. Le poil est assez souple et costaud, la pointe tient assez longtemps pour les plus fins.

Pour les brosses je prends le tout venant. Ici ce sont des pinceaux coréens HwaHong, de la taille 4 à la taille 30. Là je me fiche pas mal de la qualité car je vais les bousiller rapidement. J’utilise le plus souvent les brosses avec de la peinture très sèche et les poils seront vite rongés. D’ailleurs c’est bien mieux ainsi, je préfère de loin une brosse bien abimée qui a servi qu’une brosse toute neuve. Le contraire des pinceaux ronds où il est plus agréable de travailler avec un pinceau en bon état.

Ensuite sur le comment je les utilise c’est difficile de répondre car c’est plutôt intuitif. Je n’ai pas vraiment de préférence. Mais dans les grandes lignes, les brosses sont utilisées pour les fonds, les cieux, nuages & co ou pour faire certaines textures, les frotter, les salir ou encore pour passer quelques jus et glacis. J’utilise plutôt les pinceaux ronds pour le travail de précision, personnages, végétations, objets, vêtements, détails, etc. Mais il m’arrive aussi de peindre un ciel au pinceau rond et un personnage à la brosse. Cela dépend aussi du format de l’image, c’est très aléatoire finalement et trop dépendant de ce que je dois mettre en couleur et mon envie du moment pour pouvoir détailler le processus.
La peinture
Pour mes fonds bruns sur lesquels je vais travailler les couleurs (voir ici), j’utilise un mélange de Gesso coloré Liquitex Terre d’Ombre Brûlée (mais la même couleur en tube simple fera le même effet) et de l’acrylique liquide Dr.Ph.Martin’s Spectralite de couleur Warm Amber (on trouve l’équivalent en France avec la marque MagicColor et la couleur Terre de Sienne si mes souvenirs sont bons). On peut voir les deux sur la photo à gauche. Et pour toutes mes mises en couleurs, c’est acrylique Liquitex. La plus opaque possible. Je préfère démarrer avec une peinture très couvrante que je vais diluer moi-même par la suite. Le hic c’est les jaunes chez Liquitex qui sont trop translucides à mon goût, je suis à chaque fois obligé de les mélanger avec du blanc ou d’autres couleurs opaques ou denses comme le jaune de Naples pour pouvoir les utiliser comme je le souhaite. Idem, si vous avez des pistes sur de l’acrylique très couvrante merci de laisser un commentaire ;)

Les crayons de couleurs
Pendant une mise en couleurs, je retouche toujours un peu avec des crayons de couleurs. Que ce soit pour retendre une forme un peu molle, accentuer ou souligner une zone de l’image, teinter un détail ou pour donner du grain à une texture, etc. Les crayons aquarellables sont très bien pour retoucher sur l’acrylique. Ils sont suffisamment gras pour glisser sur la peinture et ne la marque pas, ne la creuse pas. En plus on peut facilement reprendre un coup de crayon de travers, un petit coup de flotte et c’est effacé. Ma préférence va aux crayons Faber-Castell Art Grip et je ne sais pas trop pourquoi. La forme est agréable et ils tiennent bien dans la main. Il y a aussi un bel éventail de couleurs disponibles. J’utilisais avant des Rexel Derwent mais je trouvais les mines trop cassantes et s’effritant trop facilement.

La palette
Avant j’utilisais toujours la même palette. Je dois reconnaître sans vraiment savoir pourquoi une fois de plus, je dois être un peu fétichiste sur les bords de temps en temps (j’en parlais ici). Maintenant je prends ce qu’on appelle des cartons-plume d’un centimètre d’épaisseur que je recouvre d’une couche d’acrylique blanche pour les imperméabiliser. Comme ça la peinture accroche bien dessus et n’est pas bue par le carton. J’ai plusieurs palettes sous le coude que j’utilise soit pour les ciels, soit pour les personnages, les fonds, etc. C’est bien plus pratique que d’en avoir une seule qui finit par saturer et ressembler à un costume d’Arlequin.

Autres trucs utiles
J’utilise aussi beaucoup d’autres objets. Des brosses à dents par exemple pour faire des textures, des éclaboussures, projections, les étoiles dans la nuit, etc. Des chiffons (ou mes doigts) pour frotter la peinture en train de sécher. Un sèche-cheveux pour raccourcir les temps de séchage déjà rapides de l’acrylique et gagner ainsi un peu plus de temps, bien pratique l’hiver quand il ne fait pas bien chaud. Etc…
Voilà, ce petit tour d’horizon de mon matériel complètera et recoupera les tutoriels déjà mis en ligne. Pour tout ce qui est matériel «informatique» j’en ai déjà parlé à plusieurs reprises, imprimante (ici), scanner (ici ou là), etc. N’hésitez donc pas à partager vos expériences et trouvailles dans les commentaires, l’émulation ça a toujours du bon ;)

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Et qui c’est qui t’envoie les mines bleues ? C’est bibi !!!
=)
Merci pour ce bel exibitionnisme de matériel. C’est précieux pour le débutant en acrylique que je suis. Pour le papier, l’arche 300g (pour aquarelle) ne convients pas ? Et moi, j’utilise des assiètes pour palette, que je nettoie après chaque utilisation, ou quand mes couleurs sont sèches…Ai-je un TOC ?…
Thank you for this info. Would you mind sharing your typical color palette?
Merci beaucoup pour toute ces informations, tu as vraiment du t’embéter à tout retrouver…^^
Chouettes les photos, et instructif.
Pour ma part (en ayant vu le travail de Ben/ alias un ami de Corbeau et du studio) je viens de tester le papier "Lamali" qui est un papier "à poils" enfin le mieux pour comprendre c’est d’en acheter, et c’est assez plaisant,enfin "dépaysant", enfin essayez vous comprendrez !
Salut , je tiens de source sûre que tu vas recevoir un remboursement par la sécu.
En effet ton site est déclaré (par moi ) comme source d’émotions positives et de fortes démangeaisons des doigts,des mains et des envies créatrices.
Juste pour tenter de te remercier un peu ,voici un site ( http://www.patrickrogelet.com )que j’ai découvert sur celui de la maison Caran d’Ache.
Qu’en dis-tu ? étonnant non ? Seulement avec des crayons de couleurs , ça ouvre des perspectives comme tu le disais plus haut.
Merci encore et cordiales salutations.
J’ai vu une fois un reportage sur un type en France qui peint avec de l’herbe, des fleurs et des bouses de vaches. Ca se vend à des japonais. Le type a pu s’acheter une église avec ça…
"J’ai vu une fois un reportage sur un type en France qui peint avec de l’herbe, des fleurs et des bouses de vaches. Ca se vend à des japonais. Le type a pu s’acheter une église avec ça…"
J’ai cru que c’était un commentaire de Nils.
"J’ai cru que c’était un commentaire de Nils"
Ouah. Quand même…
tiens une petite question, c’est quoi l’interet des mines bleu?
Des mines bleues tout simplement parce que c’est moins salissant que du crayon gris, je ne ruine plus mes crayonnés… Et des mines 0.9 car elles sont plus épaisses et imitent un peu le «gras» de crayons gris 2B, plus glissant sur le papier et plus «noir».
Bonjour à tous. Moi le conseil que je donnerais pour les palettes, c’est d’acheter un pack d’assiettes en carton blanches au supermarché du coin, c’est pas cher, déjà imperméable (pour la bouffe c’est pratique aussi). Pas besoin de nettoyer après chaque utilisation, direct à la poubelle. On peu même garder la même assiette pendant pas mal de temps si on est pas gêné par les "costumes d’arlequin".
En ce qui concerne http://www.patrickrogelet.com, je trouve ça super bien fait, la technique est maitrisée c’est clair, mais c’est vraiment pour le plaisir de se faire chier! (excusez la grossièreté) Est-ce vraiment là peine de faire la totalité de l’exécution au crayon alors que la peinture donner un aussi bon rendu et faire gagner certainement beaucoup de temps? Maintenant si c’est juste pour la performance, ok. D’autre part, niveau esthétique et thématique, je suis pas fan, c’est quand même assez pas mal beaucoup énormément kitch 80’s. Mais chacun ses gouts!
ps: ton site est super Vincent, très riche, très utile, merci
les assietes en carton sont bien moins rigides que le carton plume. perso je vais essayer tres palettes à ‘tonalité’ c’est une bonne idée :)
bonne continuation.
un bout de bois récupéré au fond de la cave coupé à la scie sauteuse. Ca se lave pas ca se paye pas. J’ais même testé la branche trouvé par terre en vacance(bas oui pas de palette et mon oncle est en aparte). C’est pas pratique et ca en met partout en roulant donc je déconseille mais bon quand on aime on sacrifi au conford^^
Personellement je ne jure que par la palette "humide". J’en avais marre que à chaque fois que j’allais me faire un café il se formait des peaux sur ma couleur. J’ai failli abandonner l’acrylique.
J’utilise un grand tupperware plat dans le quel je mets du papier de ménage mouillé et une couche de papier sulfurisé (pour les gâteaux) comme ça je peux fermer ma boîte (pas trop hermétiquement) et la couleur est encore tip top le lendemain.
Bravo Vincent pour ton site il est très attractif ! on y trouve des choses vraiment intéressante.
Ça me donne envie !
Là aussi y a un site à voir http://www.hubertdelartigue.com
Bonjour,
Merci beaucoup pour toutes ces explications! Enfin quelq’un qui prend le temps de tout bien expliquer…
je vais pouvoir m’y mettre :)
Très beau travail
Merci
***
Pourquoi pas des mines de 1 plutôt que de 0,9 ? Ca doit être chiant de couper en dix pour recoller neuf morceaux, je suis sûr que c’est beaucoup plus cher du coup.
Pourquoi pas des mines de 1 plutôt que de 0,9 ? Ca doit être chiant de couper en dix pour recoller neuf morceaux, je suis sûr que c’est beaucoup plus cher du coup.