a semaine dernière, j’ai été intrigué par la chronique de Sébastien Bohler pendant l’émission Arrêt sur Images. Spécialiste du cerveau, il vient régulièrement en plateau expliquer l’impact sur nos petits cerveaux de telles ou telles images vues à la télé, que ce soit sur la forme ou le fond. C’est parfois un peu simpliste mais ça a le mérite de mettre le doigt sur le fonctionnement et quelques dérapages de nos cerveaux. Donc dans cette chronique, il expliquait qu’il existe dans le cerveau l’aire visuelle associative dont la fonction est d’associer des objets déjà vus séparément. Des objets que l’on n’a pas l’habitude de voir ensembles ou que l’on n’imaginait pas voir un jour ensembles. Dans sa chronique, il s’agissait de sachets de gâteaux mazoutés sur les plages bretonnes. On ne voyait plus aux infos l’image d’Épinal de l’oiseau empêtré dans le mazout mais des sachets de biscuits noircis… Quand notre cerveau voit deux éléments qui d’habitude n’ont rien à faire ensemble (un sachet de gâteaux mazouté et une plage de Bretagne), il les associe et sécrète des molécules dont l’effet est analogue à de petites doses de morphine, de petits plaisirs…
J’ai tout de suite pensé au Fantastique. Par exemple à l’ours polaire dans la jungle de la série Lost. Rien de plus intriguant et les exemples du même acabit son légion que ce soit en illustration, en littérature ou au cinéma. Face à une telle image notre cerveau carbure, entre en ébullition et nous submerge de questions souvent sans réponse. Je pense que c’est là une des clefs du Fantastique et un des ressorts efficaces pour créer une illustration fantastique forte. Un personnage étrange dans un univers familier par exemple, ou l’inverse. Là où certains en font trop, on se rend vite compte qu’il suffit de peu, un détail, un léger décalage pour faire pencher voire basculer le réel vers le Fantastique. Apparemment on y prendrait en plus du plaisir. C’est quelque chose que j’aime bien intégrer dans mes illustrations. Titiller l’imaginaire du lecteur. Il ne faut vraiment pas grand chose, changer la couleur d’un élément familier ou placer un détail qui n’est pas à sa place afin d’atténuer la frontière entre le réel et l’étrange, le mystérieux. Pousser le lecteur à s’interroger, le déstabiliser.
Mais la démonstration de Sébastien Bohler était moins réjouissante sur la fin. Il conclut en expliquant que le cerveau sécrète ses petites doses de morphine et nous donne un certain plaisir face à quelques chose d’inhabituel comme de la neige à Biarritz mais l’effet se produit aussi quand on voit par exemple un avion de ligne s’encastrer dans un building… Brrrrr.

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Très intéressant comme analyse. Depuis peu, j’ai des patates dans mon bureau, à cause du cagibit qui s’y trouve… C’est pour ça que je suis content de bosser le matin ? Punaise. Et dire qu’un type a trouvé un doigt dans une tablette de chocolat en Allemagne il y a peu… ^^
Un conseil : achetez des patates et glissez les dans un endroit incongru, vous serez ravi du résultat. Une patate et au lit ! Merci qui ? Merci Vincent !!!
Tout ceci explique le pourquoi du plaisir que j’ai (et qu’on a) devant le fantastique :)
En parlant de l’imaginaire et de l’incongrue, il y a "Another World", le jeu culte sur PC qui ressort en édition collector pour ces 15 ans. Voila un jeu qui marche exactement sur ce phénomène : un humain des plus classique avec un look ultra simple dans un univers complètement étrange et épuré, de manière à ce que chacun puisse mettre le monde qu’il "souhaite" (fantasme?). La bêbête noire par exemple… une forme, 4 pattes, une bouche… pas de texture, aplat noir… chacun y voit son cerbère :)
Bonne réflexion. Mais finalement, on (les écrivain, scénaristes, créateur) y pense tous s’en en être conscient. C’est "l’accident" qui retient l’attention, qui excite, et non le quotidien normal… En même temps, c’est paradoxal, cette ère de la téléréalité où l’on veut voir en scène notre quotidien et rien de plus. Enfin, peut-être que c’est justement ce petit plus qu’on espère et qui est d’autant plus mis en avant que le reste est banal…
C’est vrai que l’incongruë attire plus qu’un énième univers d’heroic fantasy bien rangé où chaque chose est à sa place…
Dooooooooonc … si j’ai bien compris, en résumé: la morphine c’est fantastique. … ? C’est ça? … ;)
C’est bizarre, cette image de cerveau en couleurs me fait penser à la partie droite de "La création d’Adam" de Michel-Ange, sur le plafond de la chapelle Sixtine…
pour avoir participer a la manifestation "Le fantastique dévoilé" et avoir assisté aux conférences, je trouve que c’est une des définition se collant le plus au fantastique.
Voilà un exemple de combinaison qu’on a pas l’habitude de voir non plus ^^
elfwood.lysator.liu.se/ar…
Comme dit le sage "le plastique, c’est fantastique".
Je pense qu’on peu aller plus loin et ce dire que la différence entre l’approche d’un humain et celle d’un animal quelconque face à l’art ce joue peu être à une dose de morphine.
Je me suis renseigné et il ce dit que le même processus arrive au sportifs arrivant au bout de leur limites lors d’un effort. Plusieurs Sportifs retraités seraient même devenus dépendants aux substances illicites sans y avoir touché un jour.
Tout ça c’est de la pub pour Coca-Cola !
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Moi c’est juste pour te souhaiter un joyeux anniversaire (j’ai vu l’info sur le grog).
Voila !
Et tu t’y connais en morphine, hein ?
Ok, désolé, c’est pas drôle.
Enfin, quand-même un peu.