out est dans le titre. On me questionne souvent sur mes études, sources d’inspiration & co. J’ai parfois plus ou moins répondu de-ci de-là dans mes messages mais je me dis qu’un petit concentré ne serait pas plus mal. Commençons par mon parcours.
Il me semble qu’il est des plus communs. En revanche, je crois que j’ai eu la chance extraordinaire de rencontrer, croiser, écouter des personnes qui ont su me faire confiance et déceler en moi la petite étincelle, m’aiguillant sur le bon chemin. Avec le recul, je me rends compte qu’il y a eu pas mal de petits déclics, de moments forts qui m’ont fait tendre vers une voie artistique. Par exemple gamin, certaines lectures comme Le Magicien des couleurs, j’en parlais ici, des dessins animés comme Le Sourire du dragon, là. Puis ado, des jeux de rôle comme l’Œil Noir, ici, des illustrations de pochettes de disque comme là, des films comme La Vallée Perdue, ici.
Au collège, en Provence, je grabouillais déjà beaucoup et me faisais remarquer dans les cours de dessin. Arrivé en troisième, il fallait faire un choix, plutôt difficile et lourd de conséquences. A l’époque, nous entendions qu’il était risqué de se lancer tôt dans une formation « professionnelle » en visant un baccalauréat technique. On nous conseillait d’éviter « l’entonnoir » tout de suite en orientant vers des matières scientifiques ou littéraires plus généralistes, plus passe-partout comme garantie et éviter de se retrouver sur le carreau si ça ne marchait dans une voie technique. Comme j’étais d’une nullité crasse en science, nous visions plutôt un bac Lettres A2 (c’était le nom à l’époque). Mais, au collège, l’enseignante des cours de dessin, Mme Palma, prit contact avec mes parents pour leur expliquer qu’elle pensait que j’avais peut-être un avenir dans le dessin ou en tout cas qu’elle sentait qu’il y avait un début de petit quelque chose en gestation. Je n’oublierai jamais cette dame et ses encouragements. Elle envisageait pour moi un bac A3 (Lettres et Arts). Je me souviens que les sections A3 n’avaient pas toujours bonne réputation et on entendait souvent que c’était celles et ceux qui n’étaient pas fichus de tenir la route dans les autres matières, des artistes, hum hum… Après réflexion, mes parents ont finalement décidé de me laisser tenter ma chance, confiants mais certainement un peu inquiets.
Il n’y avait qu’une seule section A3 dans la région, à Aix-en-Provence. C’était d’ailleurs les toutes dernières années de cette section, une réforme pointait son nez et allait donner un coup de balai dans les bacs en la faisant disparaître. L’avantage en A3 c’était le grand nombre d’heures de dessin, d’histoire de l’art et d’avoir des coefficients puissants pour ces matières, à jeu égal avec la philo ou d’autres matières clefs des sections littéraires. J’ai fait la rencontre de M. Bernus, professeur de dessin, qui pendant trois années nous fit travailler d’arrache-pied, durement, intelligemment, pour nous donner une certaine dextérité (nous travaillions habituellement en temps limité pour aller à l’essentiel, une sacrée école de la rapidité et de l’économie de moyens !). Ce professeur était haut en couleur, un peu farfelu. Il prenait son travail très à cœur et nous fit partager avec brio sa passion des arts, de la peinture. Heureusement il était plutôt réceptif, pas coincé dans une optique Beaux Arts, si je peux dire, et me permit de m’exprimer pleinement dans mon propre style. En complément de la pratique, nous avions aussi d’excellents cours d’histoire de l’art par M. Paindessous qui nous fit découvrir les classiques et nos contemporains en enrichissant considérablement notre culture artistique.
En terminale, à l’approche du bac, il a fallu encore faire des choix difficiles. Mon idéal était les Arts déco à Paris. Mais cela signifiait de grands chamboulements et, peut-être, certainement, une année de mise à niveau pour y entrer. Il y avait aussi l’école Boulle, Estienne… C’était en 1994 et mes parents et moi étions allés à Paris rencontrer des amis illustrateurs pour leur demander conseil. J’avais souvent entendu parler d’eux, «Big et Nicole» ou plutôt Bernard Giroud et Nicole Baron. Je leur avais montré mes dessins. Ils trouvaient que ça tenait la route et qu’avec de bons guides, ça devrait le faire, comme on dit. Nous avions longuement discuté, une après-midi à passer en revue les différentes écoles publiques. Nous n’avions jamais envisagé que je puisse entrer dans une école privée à cause de toute la partie finances de l’affaire. Et Big et Nicole ont évoqué l’école Emile Cohl. Ils nous ont expliqué que c’était très très difficile, un travail acharné, mais ce serait exactement ce qu’il me fallait. Cette rencontre m’a marqué car je n’avais encore jamais vu comment ça se passe chez un illustrateur, les coulisses de la création. J’avais visité leur atelier, ils travaillent souvent en duo, ils m’avaient montré des illustrations, des bouquins, des commandes. C’était merveilleux et ça me faisait drôlement envie.
La suite demain…
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Quel bonheur de naviguer sur ton site chaque jour,et d’y découvrir des nouvelles très bien écrites,c’est un régal.
Pour bien commencé une journée : 1verre de jus ,des produits laitier et 1 fruit a déguster tout en lisant tes messages .
Tu dessines très bien mais tu relates des faits tout aussi bien ,j’ai hâte de lire la suite demain …
Encore bravo pour la rigueur des mises à jour ,et l ‘esthétique de ton site .
La suite on la connaît : tu rencontres un certain Swal à Cohl, qui devient en quelque sorte ton mentor. Et c’est auprès de lui que tu apprends tout : comment gagner au golf, réussir ses propres bugnes, monter son propre pc et surtout comment être en retard. Très important le retard, c’est ce qui fait souvent rappeler aux éditeurs que tu reste un être humain. Et puis sans ce mentor, tu n’aurais peut-être pas du fuir en Corée du Sud, pour éviter la prison pour d’obscures tracts circulant dans la cour de l’école… Comment ça je fabule ?
Tout simplement excellent, comme d’habitude. Ce serait sympa que tu nous montre aussi tes dessin au fur et a mesure, au collège, au lycée, à ton entrée à Émile cohl, à ta sortie etc…
Excelent ! Bernard Giroud et Nicole Baron.
J’adore Pikou !! …heu… je veux dire ma fille adore Pikou…
oui, belle histoire, c’est vrai qu’il faut des déclics dans la vie. je pense qu’il doit y avoir des tas de gens qui ont un talent caché mais qui n’ont pas eu la chance d’être là au bon moment et d’être entouré des bonnes personnes…alors c”est très bien de nous faire profiter de tout ton vécu écrit dans une prose agréable.
et comme le dît Pierre précédemment, pourquoi pas un jour nous montrer quelques dessins de jeunesse…
à bientôt donc