En coréen «pali pali !» veut dire «vite vite !». C’est un peu mon état d’esprit ces jours-ci car j’ai du travail par-dessus la tête. Et bien sûr tout doit être fini avant de partir… J’y retourne…
D’ici une quinzaine de jours je vais prendre des vacances. Pas de petites vacances mais des longues. Ouf. Enfin. Un mois et demi. Mes vacances «annuelles». Ça va me faire le plus grand bien parce que là je commence à saturer… Cette année je vais à l’étranger. En France. Retour aux sources. Direction le petit coin de paradis que j’évoquais en juillet dernier, «Maison douce maison».
Je mettrai donc entre parenthèses le Journal de Bord mais j’espère quand même avoir quelques minutes de temps en temps pour poster quelques messages, histoire de ne pas laisser la poussière s’installer… Enfin bon d’ici là je poursuis et je préviendrai pour le baisser de rideau. En attendant une photo de Séoul en fin d’aprèm depuis le métro.
Je poursuis mes tutoriels, autre étape importante dans la réalisation d’une illustration, le manger. Direction la Corée ;)
Chaque année en Corée, les familles se réunissent pour préparer le kimchi de l’hiver. Le kimchi est un plat traditionnel coréen composé de piments et de légumes fermentés. Au départ, «Kimchi» a peut-être signifié «légume macéré/submergé» (plus d’infos sur le kimchi par ici). Il en existe de toutes sortes mais le plus répandu est celui à base de chou. Ceux que l’on nomme «choux chinois» (Baechu). On trouve du kimchi à tous les repas, comme accompagnement. Un classique.
On prépare le kimchi avant l’hiver pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que c’est une tradition ancestrale et aussi pour des raisons purement financières et «techniques». Le choux se conserve mal et gèle l’hiver. Il y a souvent pénurie et son prix peut alors doubler voire tripler courant janvier, février. En préparant le kimchi à l’avance on s’assure un hiver tranquille. Ce weekend nous nous sommes donc retrouvés en famille pour préparer le kimchi familial. Et ça occupe ! On compte environ un chou pour une semaine. Chaque chou sera découpé en quatre morceaux. Nous avons préparé une vingtaine de choux qui seront répartis entre les différents groupes de la famille. Ce qui permettra de tenir tout l’hiver. Bien entendu pendant les mois à venir il est possible d’acheter du kimchi déjà tout prêt en magasin mais le kimchi-maison est bien meilleur. Habituellement les grandes quantités de kimchi sont conservées dans des jarres en terre qui sont enterrées dans les jardins pour garder la préparation à bonne température (de plus c’est meilleur conservé de cette manière !). Mais comme les jardins se font rares dans les villes on le conserve maintenant dans des frigos spéciaux pour le kimchi, à température idéale, pendant les longs mois d’hiver…
Tout d’abord, la veille, on passe du sel entre chaque feuille de chou, un travail lent et fastidieux. Le sel va alors faire sortir l’eau du chou. On laisse le chou reposer une nuit et on prépare aussi de gros navets blancs qui vont intervenir dans la préparation.
On lave aussi de l’ail, des huitres fraîches et quelques crevettes fermentées qui serviront pour la préparation pimentée. Un détail important, si on veut conserver le kimchi longtemps, plus de deux mois, on n’ajoute pas d’huitres. Nous avons fait deux kimchis, un avec huitres, à manger avant la mi-janvier et un autre sans huitres, qu’on pourra consommer ensuite.
Le lendemain on nettoie choux et navets à grande eau. Très délicatement, il faut éliminer le sel retenu entre les feuilles, encore du travail de fourmi. Je précise que les bigoudis sont obligatoires, sinon c’est raté.
Le chou est ensuite disposé sur un grand panier en osier pour laisser le restant d’eau s’échapper. Le temps de préparer la suite des ingrédients il sera plus sec et essoré.
Puis on prépare l’ail. Beaucoup d’ail. Pour info, un français consomme en moyenne un kilo d’ail par an alors qu’un coréen en consomme douze ! C’est important d’écraser l’ail et de ne pas le hacher ou le mixer, il rendrait trop d’eau. Et en l’écrasant la saveur est différente.
Les navets sont découpés en petites allumettes et les «chutes», les gros morceaux ronds, seront posés au fond des boîtes et serviront de support pour éviter que le chou baigne dans le liquide rendu. Ces morceaux de navets seront d’ailleurs très bons car gorgés de jus, très frais.
On ajoute aux navets tranchés du sucre, l’ail, les huitres et les crevettes, un peu de riz gluant (presque velouté) et une sacrée dose de piment broyé. On obtient une préparation - très - piquante et très rouge.
On essore une dernière fois le chou, il faut retirer le plus d’eau possible, un ajoute un autre légume vert à la préparation pimentée, des feuilles moutardes, et on va pouvoir passer à la phase finale…
On met des gants pour éviter le contact avec les piments, ça pique trop les mains. On prend alors chaque chou et on glisse de la préparation pimentée entre chaque feuille, toujours délicatement et il faut bien doser, ni trop peu ni pas assez… Là j’ai passé mon tour ;)
Pour finir le kimchi est entreposé dans de grandes boîtes qui seront stockées au frigo. Le kimchi pourra alors fermenter paisiblement tout l’hiver. Je dois avouer que j’ai une préférence pour le kimchi frais et peu fermenté. Le kimchi de fin d’hiver est généralement plus costaud.
Le kimchi (quand il n’est pas trop fort et n’arrache pas la gueule) est vraiment délicieux. C’est frais et agréable. On l’utilise aussi dans la cuisine comme ingrédients, mélangé à du porc ou du poisson. Le kimchi en plus de ses qualités culinaires est bon pour la santé, grâce (ou à cause ?) de la fermentation et du piment il «détruit» les acides contenus dans l’estomac forçant le corps à les renouveler.
Pour finir ce weekend de dur labeur nous avons mangé un bon Bossam (du porc bouilli) accompagné du kimchi et des petits plats habituels que l’on trouve en Corée. «Niam niam !» comme disent les Coréens ;)
En Corée il y a plusieurs fêtes traditionnelles liées aux enfants. Ce weekend nous allons fêter dignement les 100 jours de notre petite Line. Cette fête des 100 jours est une manière de conjurer le mauvais sort, une tradition chamaniste du genre «jusqu’ici tout va bien». En bref, un enfant qui a tenu jusqu’aux 100 jours doit pouvoir tenir pour la suite de l’aventure, on considère qu’il a franchi là une première étape importante. Par le passé et encore un peu maintenant, c’est à partir de ce moment que l’enfant, jusqu’alors enroulé dans de larges bandes de tissu blanc, peut commencer à revêtir des habits de couleurs. Les parents préparent, selon la tradition, un gâteau à base de riz et invitent les voisins à le partager. En attendant le weekend et le gâteau de riz, grignotons quelques girafes…
Les éditeurs ont du se donner le mot. Autant il y a une quinzaine de jours je m’inquiétais un peu de voir mon planning pas trop rempli pour les semaines à venir, autant maintenant je ne sais plus où donner de la tête. Les éditions Asmodée me passe commande d’une grande couverture et de quelques cartes pour un jeu de société «Spartacus». Excellent, ça faisait un moment que je voulais me «frotter» aux gladiateurs (hum hum). J’avais déjà un peu abordé ces ambiances avec Alexandre le Grand et là je vais me régaler. La suite bientôt…









