En bon élève sage et appliqué, je tombe malade le weekend… La grosse crève, fièvre et rhume à tout casser. Enfin bon c’est passé. L’été s’annonce terrible en Corée. Il fait déjà pas loin de 30°c et l’humidité va crescendo. Ce qui nous laisse présager une mousson inoubliable, brrr. Encore un coup à se retrouver les avant-bras collés à son papier et la sueur gouttant sur son illustration.
Déménagement réussi, sans encombre, tout s’est déroulé à merveille. Impec. Installation rapide, efficacité coréenne oblige. J’ai pu reprendre crayons et pinceaux dès le lendemain. Ca fait du bien d’avoir plus d’espace, j’ai maintenant un grand bureau, notre nouvel appart est au quinzième étage, grande baie vitrée au sud, lumineux, très agréable et aéré. Et depuis il s’est passé pas mal de choses.
Tout d’abord j’ai été contacté par les éditions anglaises Usborne. L’an passé, lors d’une de mes séances de ratissage éditorial, j’avais contacté - un peu au pif - les éditions Usborne (qui je le rappelle est un des grands éditeurs anglais pour la jeunesse). J’avais reçu une réponse positive même s’il n’y avait pas de travail dans l’immédiat. Le message ressemblait à la réponse automatique que reçoivent les illustrateurs en quête de nouvelles collaborations mais cela m’avait paru honnête et sincère. Apparemment ça a fait son chemin car la semaine dernière, une certaine Andrea m’écrit pour me proposer un projet d’album excellentissime, l’histoire des Pirates. Un immense panorama de la piraterie, des Vikings et Barbares en passant par les pirates des mers de Chine, le Blackbeard, François L’Ollonaios, William Kidd, l’Île au Trésor, des passages plus techniques sur les abordages, la vie à bord, les attaques & co, etc. En bref un projet du tonnerre. Mais là où ça s’est compliqué c’est que la date de rendu était fixée à la mi-août. Ces temps-ci je suis archi-débordé et je vais disparaître dans les marais et étangs de Provence en juillet. Le planning proposé par Usborne m’avait l’air bien verrouillé et ne voyant aucune solution pour faire le livre dans les temps et dans de bonnes conditions, j’ai proposé, à contre-cœur, qu’on laisse passer les pirates (argh) et qu’on se tourne vers un autre projet pour le début de l’automne, à mon retour. Finalement, on m’annonce que la date de rendu des pirates est repoussée à la fin du mois d’octobre pour que je puisse réaliser le bouquin ! Génial. Voilà une nouvelle qui m’a beaucoup touché. D’une part parce que j’ai toujours rêvé de me frotter pour de bon aux histoires de pirates, un régal et d’autre part parce que cela fait très très plaisir de voir un éditeur modifier son planning de la sorte pour qu’on puisse travailler ensemble, surtout par les temps qui courent. Je sens qu’on va faire du bon boulot et il y a du pain sur la planche, 64 pages couleur, un moyen format (13×20cm) et un joli pactole pour le tout. Je commencerai donc cette aventure dès la mi-août.
Ensuite j’ai reçu quelques bouquins dont j’avais réalisé les couvertures. Le recueil sur les elfes pour le jeu de rôle «L’Œil Noir» chez Fanpro et Le jardin des sortilèges chez Rageot. Les deux couvertures sont vraiment bien imprimées, les couleurs sont respectées, fidèles aux originaux, les mises en pages bien foutues et voir son travail mis en valeur de cette manière ça fait aussi très plaisir. Les crayonnés et/ou mises en couleurs de ces couvertures sont quelque part sur le Journal de Bord, en fouinant un peu.
Bon c’est parti pour une semaine chargée dans un nouvel environnement. Au boulot.

P. S. :
Depuis quelques semaines j’ai reçu plusieurs mails sympathiques me posant des questions, me demandant de l’aide. Trop accaparé par le boulot et le déménagement, je n’ai pas eu le temps de répondre clairement et posément. Donc un petit coucou aux auteurs de ces mails pour leur dire que je ne les oublie pas et que je répondrai dès que mon horizon se sera un peu éclairci. Encore un peu de patience ;)
Cette semaine nous déménageons. Physiquement je veux dire. Je laisse le Journal de Bord de côté pendant quelques jours, le temps de m’installer comme il faut.
Un truc qui n’a rien à voir. Je suis tombé par hasard sur les gagnants de l’Eurovision 2006. Je ne suis ni accro ni intéressé par l’Eurovision, je m’en cogne royalement en fait, mais là, les gagnants valent le détour. Voilà un choix mystérieux, on est bien loin de «L’oiseau et l’enfant» de Marie Myriam en 1977, dernière victoire française il me semble…

«On m’a proposé Matrix, je n’ai rien compris au scénario et j’ai refusé. On m’a proposé le Seigneur des Anneaux, je n’ai là aussi rien compris au scénario et j’ai refusé. On m’a proposé la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, j’ai rien compris au scénario mais j’ai quand même accepté.»
Voilà quelques mots de Sean Connery qui je crois n’a jamais aussi bien porté son nom qu’au moment de prendre ces décisions…
P. S. :
J’ai bien failli mettre une photo de Sean Connery en slip turban rouge et bretelles cartouchière sur poitrine velue tirée du film Zardoz pour illustrer de message mais c’est vraiment trop effrayant, j’en ai des frissons.
Comme chaque année depuis trois ans, pendant une après-midi, mon épouse et moi faisons souffrir un calvaire à un employé du centre des impôts de notre quartier à Séoul. Nous le sélectionnons avec minutie. Après un rapide tour d’horizon des bureaux, nous jetons notre dévolu sur celui qui digère tranquillement ses nouilles de midi, celui qui me voyant arriver, paperasse sous le bras pour faire ma déclaration d’impôts, tente vainement de repousser les limites du normal pour devenir transparent, celui qui se fait tout petit derrière son écran faisant mine de ne pas nous avoir vu entrer, celui qui tout à coup se souvient quand la maîtresse l’a désigné pour réciter son poème en premier, à voix haute, devant toute la classe, une coulée de sueur froide le long de la colonne vertébrale, celui qui réalise maintenant qu’il n’a pas passé assez de temps avec ses enfants et regrette, à cause de sa timidité maladive, de n’avoir pas accepté l’invitation de la jeune et jolie voisine Mi-Jeong en robe de lin blanc, pour un tour de vélo bercé par les cigales à la lumière rasante d’une fin d’après-midi d’été à l’âge de 11 ans en juillet 1984, prétextant des devoirs à la maison. Celui qui se croyait peinard avec devant lui une fin de journée paisible… Et non, voilà l’occidental qui débarque avec sa situation prise de tête Mastermind, résident en Corée, travaillant essentiellement avec des éditeurs français, américains et allemands, son compte en banque en France, etc… J’exagère un peu, à peine. Aujourd’hui c’était son tour, nous ne lui avons pourri que quelques heures finalement mais c’était amplement suffisant pour qu’il nous raccompagne rapidement vers la sortie, la chemise trempée et les yeux rougis, une fois les formulaires remplis. Il a du nous maudire pour le restant de la journée en regardant l’heure tourner, se disant que c’est fini, c’est passé… Au moins jusqu’à l’année prochaine… ;)










