Le message en question se trouve accolé au sujet «La BD c’est fini». Répondre à ce message va me permettre de faire le point sur un ou deux détails qui ont déjà fait l’objet de mails reçus précédemment.
Tout d’abord à propos de mon «éparpillement». Première chose cela n’a absolument rien à voir avec le naufrage de ce projet BD. Je ne suis en rien responsable de cette situation et j’ai d’ailleurs subi un préjudice grave. Il est vrai que je fais beaucoup de choses, je planche toujours sur plusieurs projets d’illustrations en même temps mais cela n’avait en rien affecté ma concentration sur ce projet BD, les raisons de l’écueil sont ailleurs. Aussi la tendance actuelle fait que je n’ai pas d’autre choix que de travailler sur plusieurs projets en parallèle pour gagner ma croûte comme je le souhaite. Ce qui ne me dérange pas le moins du monde, bien au contraire et c’est le lot de tout illustrateur. De plus je suis plutôt du genre «bourreau de travail», j’adore ça. Travailler sur plein de choses est pour moi tout bénéfice, multiplication des contacts, expériences diverses et variées, multiplication des sources de revenus, ce qui n’est pas plus mal, cela permet aussi de ne pas saturer ou s’ennuyer sur quelque chose, hop on passe un jour ou deux sur des illustrations, on les laisse de côté pour en reprendre d’autres et on revient, etc.
Ensuite j’ai crée un site et un blog tout simplement pour des contraintes techniques. La structure de mon site, comme je l’ai déjà expliqué par là-bas, est trop lourde pour que je puisse le mettre à jour régulièrement, voire quotidiennement. D’où ce Journal de Bord. Ainsi avec ce journal je peux partager et faire découvrir mon travail sous un angle bien différent, peut-être plus intime, au jour le jour, de manière plus détaillée, plus amicale et affective. Mon site, sincèrement, n’est qu’une vitrine, ma boutique. Un portfolio abouti en ligne. Je ne l’ai pas crée pour montrer mon travail aux internautes (il suffit pour cela de se rendre en librairie, ahah) mais plutôt pour les éditeurs et éventuels commanditaires intéressés. Pour qu’ils puissent facilement et agréablement découvrir mon univers, mon travail et l’étendue de mes «services». Il est maintenant de plus en plus fréquent et courant que l’on me contacte après une visite sur mon site. C’est le cas bien entendu des éditeurs étrangers, aux USA par exemple pour les jeux de rôle. A mon avis le site et le blog se complètent, plutôt bien. C’est sûr que ça rajoute des clicks, on ne peut pas tout voir d’un coup, il faut aller sur le site voir les illustrations puis on revient lire deux lignes, etc. Que c’est fatiguant et contraignant. Mais, après plusieurs mois d’activité, quand je vois la quantité et la qualité des messages que je reçois sur l’utilité de ce journal de bord, je suis très touché et je continue de plus belle. Je réfléchis d’ailleurs tout le temps à comment le rendre plus agréable, fonctionnel et informatif.
Donc si «éparpillement» il y a, cela n’a en tous cas aucun rapport avec «La BD c’est fini». Malgré ce coup dans l’eau et quelques très rares autres accidents de parcours, je mène toujours à bien mes projets, sans encombre. Et quelle que soit la commande, le commanditaire ou mon humeur je mettrai toujours le meilleur de moi-même, le même souci de professionnalisme et de qualité. De toute façon il n’y a pas de mal à s’éparpiller, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières…
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D’une manière plus générale, Je crois que dans l’immédiat, je ne suis pas prêt pour me relancer dans un nouveau projet BD. Je suis comblé par l’illustration, une certaine reconnaissance, je travaille avec plaisir et ma petite entreprise fonctionne bien.
J’ai besoin de faire une «pause BD», réfléchir et faire table rase. Tout reprendre à zéro.
Je dois redémarrer sur de bonnes bases et éclaircir certains points. Ai-je toujours envie de faire de
Je vais réfléchir sérieusement et posément à mes envies, ce qui me tient à cœur, comment le réaliser. Laisser passer un peu de temps. Me ressourcer. J’ai d’ailleurs retiré la rubrique «BD» de mon site. Je tire un trait sur mes expériences malheureuses et je souhaite repartir sur de nouvelles bases, pour de nouveaux horizons. Sereinement.

Ma collaboration pour la gamme Starship Troopers vient de finir de manière fort désagréable.
Ce n’est pas dans mes habitudes de balancer ou détailler mes problèmes avec les éditeurs mais ce que je viens de vivre «mérite» que j’en parle ici. Au moins à titre informatif.
En novembre dernier, les conditions posées pour Starship Troopers par l’éditeur étaient très claires et franchement très en dessous du raisonnable, les tarifs les plus bas que je connaisse. L’éditeur se réservant même le droit de faire ce que bon lui semble avec les images. Hum hum. En temps normal j’aurais tout simplement refusé, j’ai essayé de négocier mais rien à faire, blocage.
J’ai finalement accepté ce travail parce que j’avais d’autres projets sur le feu à ce moment-là qui me permettaient de rattraper financièrement ce que je perdais. Et puis surtout c’est Starship Troopers. Je l’ai fait pour le plaisir et pour avoir un formidable espace de création, de
Depuis peu j’ai remarqué qu’il se passait des choses curieuses, l’éditeur utilisait les illustrations sans me prévenir. Il a le droit, c’est dans le contrat mais bon normalement et moralement il est d’usage de prévenir l’illustrateur. Ensuite j’ai dû batailler ferme pour avoir les contrats pour chaque image, relance après relance. Et pour finir l’éditeur me demandait les illustrations de plus en plus rapidement, les délais fondaient.
Et voilà la goutte d’eau. En parallèle, mon ami Christophe Swal travaille pour eux en noir et blanc, pour un autre jeu. Ils lui ont commandé et payé des illustrations quart de page qui ont finalement été imprimées comme des demi pages voire des pleines pages. Sans le prévenir, sans explications. Après discussion, l’éditeur a tout simplement refusé de régulariser le paiement en conséquence, c’est-à-dire pour des demi ou pleine pages. Les mails de l’éditeur sont consternants. En bref comme ils ont payé les illustrations, ils en font ce qu’ils veulent par la suite. L’illustrateur n’a pas à se plaindre et devrait plutôt être content de voir ses images prendre plus de place dans le bouquin… A la poubelle le respect du travail d’un artiste, le respect d’une personne, à la poubelle les droits moraux, l’éthique.Christophe a mis un terme à leur collaboration.
Agacé, j’ai écrit à l’éditeur en disant que maintenant j’ai la trouille pour mon travail avec eux sur Starship Troopers et je ne me sens plus en confiance au regard de ce qui se passe. Je veux bien continuer mais à mes conditions, à mes tarifs habituels, je ne ferai plus d’exception pour Starship Troopers. Je leur précise que je suis prêt à continuer mais avec de nouvelles conditions, je donnais même au passage mes tarifs habituels pour lancer une négociation. Mon message était ouvert pour la discussion, poli et courtois.
Un éditeur normal et professionnel aurait calmé le jeu en me rassurant et aurait au moins expliqué pourquoi ils ne peuvent pas payer plus, etc en entrant dans les détails. Un pro aurait essayé de négocier, de trouver un arrangement. Mais non, là on me répond avec une mauvaise foie évidente et appuyée, me faisant la leçon au passage, me disant de haut que ce sont des pratiques tout à fait courantes dans le milieu de l’illustration et que personne ne s’est jamais plaint. De plus ils me mentent délibérément en disant que je n’ai pas à m’inquiéter, mes images ne seront utilisés que pour les boîtes de jeu. Ce qui est faux. C’est édifiant.
Cet éditeur pratique une politique de terre brûlée. Ils n’essaient même pas de m’embobiner, m’amaouder ou me flatter pour que je reste avec eux. Rien. Je n’ai jamais vu un éditeur sacrifier ses relations avec ses illustrateurs, encore moins quand ces illustrateurs lui assurent des produits de qualité. C’est incompréhensible. Le plus effrayant dans cette histoire c’est cette froideur soudaine. Pas un merci, pas un désolé. Le pire je crois c’est finalement le peu d’intérêt porté par l’éditeur à notre collaboration, balayer comme cela six mois de collaboration il faut le faire. De plus c’est curieux qu’il accepte un changement d’illustrateur dans une gamme de jeu en cours de fabrication alors que depuis l’an passé ils me disent qu’il apprécient mon travail et sont enchantés par cette aventure Starship Troopers avec moi.
Je leur ai finalement écrit que la situation actuelle ne permet pas à notre collaboration de continuer comme il se doit, dans de bonnes conditions. J’aurais tellement aimé pouvoir continuer sur cette lancée mais notre entente s’effondre à cause de leur refus de discuter et leurs pratiques irraisonnées.
Je n’ai plus de nouvelles depuis.
C’est vraiment dommage et je vais donc rester éloigné de Mongoose Publishing.
Si j’étais à la campagne j’irais couper un arbre pour me soulager…










