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A

Noël j’ai offert à ma fille un livre que j’avais quand j’étais petit, gamin, vers 6, 7 ans. Un livre que je n’avais pas relu ni ouvert depuis plus de vingt ans. Il y a très longtemps, les couleurs n’existaient pas. Un magicien se dit qu’il manquait vraiment quelque chose à ce monde. Un jour, il découvrit une couleur, qu’il nomma le bleu, et qu’il répandit sur tout le paysage. Mais finalement le bleu attrista tout le monde… Le magicien invente alors le jaune. Pendant un temps tout va bien puis le jaune finit par éblouir, trop lumineux. Le magicien découvre rapidement le rouge. Mais le rouge tend tout le monde agressif et colérique. Le magicien contrarié fait de nombreux essais et ses marmites de peinture, trop pleines, débordent. Le rouge, le jaune et le bleu se mélangent et d’autres couleurs font leur apparition… Le magicien repeint alors ce qui l’entoure avec toutes les nouvelles couleurs et on s’émerveille devant ce nouveau monde multicolore, heureux.
Ce qui, petit, me fascinait c’est la capacité du magicien à peindre directement sur son environnement, ses voisins, les arbres, les animaux, les plantes, les architectures. Ca me faisait rêver, un tel pouvoir. Je me rends compte maintenant, avec le recul, que le Magicien des couleurs est très certainement un des déclics, voire LE déclic qui alluma en moi la petite flamme…

Mardi 16 janvier 2007

Bestioles

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J

‘aime beaucoup les univers féeriques. Les histoires de fées, lutins, trolls et autres créatures qui nous entourent. Après le grand retour du fantastique et de la féerie dans nos quotidiens grâce à l’adaptation cinéma du Seigneur des Anneaux ou l’entrée en scène il y a quelques années du jeune Harry Potter, on voit maintenant de plus en plus de livres d’illustrations consacrés à ce sujet. Surtout sous forme de bestiaire ou apparenté. Un des grands classiques c’est «Les Fées» («Faeries») réalisé en 1978 de Brian Froud et Alan Lee. De magnifiques illustrations soulignées par des textes soignés et enchanteurs. A mon avis il n’y a pas beaucoup de recueils du même genre qui lui arrivent à la cheville. Maintenant en librairie il y souvent un rayon entièrement consacré au genre avec moult encyclopédies sur les dragons, les fées, le plus souvent sous la forme de livre de naturaliste imitant de vieux grimoires au papier jauni par le temps, aux feuilles cornées, etc. J’ai souvent été déçu par ces récentes publications. Je dois reconnaitre que la plupart du temps à cause d’illustrations - à mon goût - techniquement en deçà de ce qu’on peut voir dans le milieu du fantastique ou parfois à cause d’images trop délirantes ou trop classiques, convenues, ou encore à cause de textes un peu confus… A quelques exceptions près comme par exemple les deux tomes d’«A la recherche de Féerie» de Jean-Baptiste Monge de très haute tenue aux superbes illustrations.
Pendant les vacances j’ai découvert avec bonheur «Arthur Spiderwick - Grand guide du monde merveilleux qui vous entoure». Enfin. Voilà ce que j’appelle un beau bestiaire. Le seul reproche que je ferai c’est peut-être une mise en page vraiment classique répondant aux codes du genre, mais bon, à part ça, c’est plein les mirettes ! C’est Tony Diterlizzi qui réalise les illustrations et il peut aller dignement s’assoir à côté d’Alan Lee et consorts. Le livre est tout simplement génial, regorge d’invention, de trouvailles. En plus c’est bien dessiné, chiadé, de beaux volumes, une mise en couleur agréable et un ensemble très vivant. Au passage c’est une merveilleuse leçon de «monstres» ou comment créer des êtres étranges et mystérieux et leur donner du caractère. Diterlizzi s’appuie sur le réel et mélange, assemble des bouts, des parties d’animaux, insectes connus, membres, yeux, ailes, fourrures, pour au final nous présenter des créatures originales et comment dire, fonctionnelles. Tout simplement parce que chaque élément composant ces créatures fait appel à quelque chose de reconnaissable, identifiable qui nous permet aisément d’entrevoir l’environnement dans lequel elle évolue, sa vie, son histoire, ses sentiments peut-être. Car c’est loin d’être évident de créer une bestiole cohérente. C’est d’ailleurs le reproche que je ferai à beaucoup de livres de ce genre, on n’y croit pas. Là c’est tout l’inverse, Diterlizzi pousse le détail et va chercher le petit truc surprenant qui rendra son personnage crédible aux yeux du lecteur et nous laisse imaginer quantité de choses non dites ou à peine suggérées dans le texte. C’est à mon avis là le meilleur moyen de créer un être étrange. Enfin bon, tout ceci pour dire que je me délecte de ce Grand guide du monde merveilleux qui nous entoure, je ne verrai plus la nature sous le même angle quand je me promènerai aux bords des étangs…

P. S. :
Là c’est la version anglaise du bouquin, je n’ai pas trouvé d’images sympa de l’édition française. Il me semble que seule la couverture diffère. Une autre bestiole est mise en avant.

Mercredi 6 décembre 2006

American Terror

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Génial, la semaine prochaine ShowTime diffuse la deuxième saison de Sleeper Cell ! Cette excellente mini-série d’infiltration d’une cellule terroriste que j’avais découverte au printemps et qui m’avait beaucoup plu. Là aussi une diffusion inédite, huit épisodes soit un tous les soirs pendant huit jours. C’est plutôt sympa et original, pas la peine d’attendre pour voir la suite… Cette fois-ci c’est «American Terror», tout un programme. Volontairement je n’ai pas lu de résumé ou regardé d’aperçu pour conserver le suspense intact, surtout quand on n’a que huit épisodes à se mettre sous la dent. Plus d’infos à l’adresse habituelle, http://www.sho.com/site/sleepercell. Malheureusement, depuis peu, on ne peut accéder au site que depuis les Etats-Unis, hum hum, pénible. Mais bon grâce à de petits logiciels genre Torpark on peut contourner le filtrage ;)

Vendredi 24 novembre 2006

Illustration Magazine

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J’ai reçu mon premier numéro d’Illustration Magazine. En le feuilletant la première fois, à peine sorti de l’emballage, je me suis dit que j’étais bien une grosse nouille de ne pas m’être abonné plus tôt. C’est excellent. Une mine. Les reproductions sont très belles, l’ensemble classieux, une quantité impressionnante d’illustrations. Je n’ai pas encore lu les articles mais ils m’ont l’air denses et intéressants. En plus tout le long du magazine on peut découvrir bon nombre de références, d’artistes ou de liens consacrés à l’illustration «old school» (ce qui me fera un bon sujet à partager pour un futur message). En attendant on peut apercevoir l’intérieur du magazine sur cette page. Je conseille aussi la page Links de leur site, déjà un bon point de départ pour se plonger dans l’illustration à l’ancienne, c’est par .

Jeudi 26 octobre 2006

Angus forever

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Je dois être un peu maso car de temps en temps je me replonge dans les illustrations d’Angus McBride. Et ça fait mal. J’adore. Je trouve qu’il est un des rares a avoir su trouver le bon compromis entre étude documentaire et illustration fiction. McBride fait preuve d’un formidable sens de la narration soutenu par une technique sensible et minutieuse. Ses illustrations ne sont pas uniquement démonstratives mais racontent toujours quelque chose qui, en plus, amplifie l’immersion et assoie le côté documenté de l’image. De belles mises en situation. Pour couronner le tout, en regardant son travail à la loupe on peut remarquer un sens aigu de l’observation et une économie de moyen que j’envie. Peu de touches, textures délicates, coups de pinceaux précis, couleurs justes, équilibre des masses et des gammes de couleurs, contrastes entre les zones détaillées et celles plus lâchées, etc. En lisant le artbook qui lui est consacré (j’en parlais rapidement ici) j’ai appris qu’en amont il ne dessine pas vraiment de crayonnés préparatoires poussés et travaillés, mais plutôt de simples esquisses rapides de mise en place. L’essentiel du travail se faisant à la mise en couleur, directement avec les pinceaux. Un véritable travail de peintre.
A mon avis, actuellement, de nombreux illustrateurs (plutôt du côté infographie et l’artbook Cthulhu me le laisse penser à nouveau après plusieurs lectures), se focalisent uniquement sur la performance et oublient de donner du sens aux illustrations qu’ils réalisent. Là, avec McBride, ça me fait plaisir de voir un travail de qualité qui allie technicité, narration et lisibilité. On peut admirer tout son talent aux éditions Osprey, les bouquins historiques, une sacrée pelletée présentée sur le site de l’éditeur, pas loin d’une centaine, une source de documents et d’inspiration inépuisable…