Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 325 fois. 8 commentaires.

Je suis bien content car ce matin j’ai reçu un chouette livre en provenance de Fantasy Flight Games aux Etats-Unis. Le livre c’est «The Art of H.P. Lovecraft’s Cthulhu Mythos» présenté ici sur leur site. Ce gros bouquin de deux cent pages, superbement imprimé, classe, beau papier, mise en page sobre et efficace, est un best-of des plus belles illustrations réalisées pour les cartes du jeu Call of Cthulhu. Je ne sais pas combien d’illustrations sont reprises mais ce sont des centaines et des centaines, plusieurs par pages, dense et exhaustif. Bon, il y a du bon et du moins bon, certaines illustrations nous plongent véritablement dans l’univers Cthulhu alors que d’autres rament un peu et ne sont pas tout à fait «à niveau». Un détail qui m’a surpris c’est que dans le lot, il y a vraiment une toute toute (toute) petite minorité d’illustrateurs travaillant de manière «traditionnelle», avec crayons et pinceaux, on doit pouvoir les compter sur les doigts d’une main (peut-être deux mains mais je n’en suis pas sûr). La très grande majorité des illustrations étant réalisées via ordinateur, Photoshop, Painter & co. Et là, parfois, on peut remarquer un certain manque de maitrise du médium et certains défauts prennent le dessus (textures «molles», les éternels filtres Photoshop, etc), un peu dommage. Mais l’ensemble reste impressionnant, une belle source de docs et références. Je suis bien content aussi car je suis dedans, trois ou quatre illustrations que j’avais réalisées pour les extensions Cthulhu (elles sont en ligne sur mon site) et même si un peu noyé dans la masse, ça fait bien plaisir de voir son travail reconnu et publié comme cela outre-Atlantique.

Mardi 24 octobre 2006

Illustration Magazine

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 322 fois. 5 commentaires.

Ce matin je me suis abonné à l’Illustration Magazine. Un excellent magazine de 80 pages tout en couleur sur l’illustration américaine (en général), plutôt axé sur l’illustration old school, classique et traditionnelle, des dossiers sur les maîtres, Peak, Bama, Frazetta, Wyeth & co. C’est riche, dense et très instructif. Auparavant il était possible de télécharger en pdf les numéros déjà publiés mais ce n’est plus le cas, j’ai donc cassé ma tirelire…

Mardi 17 octobre 2006

On air (bis)

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Il y a peu je dissertais sur les séries télé américaines de cette rentrée, c’était par ici. Je parlais de la redécouverte de l’originalité, des bonnes idées, des scénarios bien écrits, puis bien réalisés et bien interprétés. C’est toujours le cas mais il faudra que je revoie ma copie à propos des diffuseurs et producteurs, les chaines de télé. Maintenant que la rentrée est passée, certaines séries déjà bien lancées, d’autres passant les premières vitesses, c’est l’heure du bilan. Et c’est inquiétant. On tombe malheureusement dans le cercle vicieux de l’audience, la course aux premières places du podium, l’audimat, la rentabilité, le fric, etc. Les conséquences sont pénibles voire douloureuses pour les fans et aficionados des séries, comme moi. Par exemple la série Smith est annulée au troisième épisode, pas de vrai début et pas de fin non plus… On donne à d’autres séries une forme de seconde chance en demandant qu’elles soient bouclées en une douzaine d’épisodes tout au plus, ensuite plus rien, on fait les cartons. Là heureusement on aura droit à un «season finale» mais bien peu d’épisodes à se mettre sous la dent et forcément une histoire peut-être raccourcie, voire bâclée pour tenir le nouveau planning. Un autre exemple (mais je ne peux pas trop en dire sans tout dévoiler), une autre série qui cartonne depuis la rentrée, déjà sept épisodes, voit son casting remanié subitement. L’un des personnages principaux (si ce n’est le plus important) «disparaît» de la série pour se voir remplacer par un autre sorti scénaristiquement d’un peu nulle part, reprenant le flambeau tant bien que mal. Et pourquoi ? Tout simplement parce que l’acteur de départ n’était pas assez sympathique, un peu trop antihéros et ne correspondait pas assez aux attentes des mâles avachis devant leur télé (ou de leurs épouses, qui sait). Il sera remplacé par un acteur beaucoup plus consensuel, lisse et classique. Quel dommage, pour une fois que justement nous avions un personnage un peu différent qui sortait des sentiers battus. Je me dis que d’un certain côté, cette coupure peut relancer la série, lui donner un coup de fouet, un second souffle (dont elle n’avait, en même temps, absolument pas besoin) ou au contraire signer le début de la débâcle sombrant dans la routine habituelle avec un nouveau héros beau gosse au sourire inoxydable sauvant la planète…
Enfin voilà, je suis un peu dégoûté car finalement on se retrouve dans le même schéma économique que le cinéma ou un film peut être retiré de l’affiche au bout de dix jours s’il ne rapporte pas assez. Rentabilité et création ne font pas toujours bon ménage. Ca m’agace parce que ce n’est jamais très agréable de commencer à regarder une série, s’intéresser aux personnages, se passionner pour une histoire et se laisser entraîner dans la danse en sentant un couperet au-dessus de sa tête en ne sachant pas du tout si on pourra voir une histoire bien développée qui se termine. D’autant plus que les scénaristes de cette rentrée se sont bien creusé les méninges en mettant la barre haute pour nous servir de la qualité, c’est souvent prenant, novateur, accrocheur dès les premières minutes, parfois cela se révèle même formidable par la suite… C’est pénible.
Il me semble que les chaines NBC, ABC, Fox & co font là un bien mauvais choix, même si bien entendu la situation économique et l’équation prise de risques et rentabilité ne leur laissent pas vraiment d’autres alternatives qui satisferaient tout le monde. Une série c’est pourtant fait pour s’installer dans le temps, jouer sur la durée. C’est d’ailleurs un des intérêts majeurs de ce format. Il faut fidéliser le public, laisser jouer le bouche à oreille, attendre les critiques et faire monter la sauce. Supprimer une bonne série bien ficelée au bout de trois épisodes ou annoncer que d’autres excellentes et originales risquent de ne pas aller bien loin, ça me dépasse. Surtout quand on voit en parallèle la quantité de daubes qu’on nous sert. A suivre…

Vendredi 29 septembre 2006

Au voleur

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 2 321 fois. 4 commentaires.

Hier j’ai complètement oublié d’écrire à propos d’une mini-série déjà diffusée intégralement qui m’a bien accroché. Thief :
«Voleur professionnel, Nick Atwater va tragiquement comprendre pourquoi il ne faut jamais mélanger travail et vie privée lors du dernier gros coup avec son équipe…» Une mini-série de six épisodes, un peu le même genre de format que Sleeper Cell dont j’avais déjà parlé ici. Cette fois-ci on nous fait partager la préparation de l’ultime casse avant les pieds en éventail. Problèmes de famille, mafia & co sont au menu. C’est dans la veine de Sleeper Cell, The Shield ou The Wire. Classique mais traitement et réalisation très réalistes, bien foutu, passionnant et surtout adulte. Les personnages sont complexes et pas trop caricaturaux. En plus comme il n’y a que six épisodes les scénaristes mettent la barre très haut pour boucler l’histoire, c’est plutôt du genre intense, on ne perd pas une minute.

Mercredi 27 septembre 2006

On air

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 502 fois. 2 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Mythologie.

Depuis début septembre les séries américaines font leur rentrée. J’ai suivi de près l’actualité à la recherche de la nouvelle perle. J’ai surtout regardé les épisodes pilote de certaines séries. D’autres ont déjà avancé un peu, ce qui permet de se faire une idée un peu plus précise. J’ai aussi lu je ne sais plus où un article très intéressant sur le nouvel Hollywood. Celui des séries télé. Je résume. On expliquait en gros qu’Hollywood délaisse maintenant le cinéma qui n’est plus que du divertissement, on ne prend plus aucun risque, on ne fait plus que des remakes ou des suites, on adapte des franchises déjà existantes dans l’unique but de se remplir les poches et tant pis si c’est mauvais, mal raconté, inintéressant, creux, etc… Hollywood se tourne maintenant vers les séries, débloquant des fonds conséquents, voire quasi-illimités par rapport à ce qui se faisait il y a quelques années en arrière. Et là on redécouvre l’originalité, les bonnes histoires, le sens de la narration, la qualité du jeu d’acteur, etc. La bataille est rude, la barre très haute et les risques sont majeurs, financiers et artistiques. Les chaines américaines, NBC, CBS, Fox & co, luttent tous les soirs et scrutent les taux d’audience. Même si parfois les retombées peuvent être douloureuses, comme arrêter une série après six épisodes par manque de téléspectateurs, l’émulation des créateurs pour tenir le haut du panier bat son plein. Pour le plus grand plaisir des fans de séries comme moi. De plus en plus on voit apparaître des séries haut de gamme qui jouent sur la durée en développant des personnages, creusant une intrigue, etc. Bref en tirant partie de tous les avantages du support télé.
Il y a trois séries qui m’ont tapé dans l’œil.

Tout d’abord Jericho :

«Une catastrophe nucléaire plonge les habitants d’une petite ville du Kansas dans le chaos. Le pays est-il complètement ravagé ? Y a-t-il d’autres survivants ? Les doutes, les peurs et le désespoir commencent à gagner le petit groupe de survivants. Mais face à cette épreuve, le pire comme le meilleur peut surgir…» Pour l’instant seul le pilote a été diffusé et ça tient bien la route. Même si dans ce premier épisode la facture est assez classique et le traitement plutôt linéaire on sent que ça peut devenir passionnant, jouant sur les peurs de ces habitants face à l’inconnu, sur la paranoïa qui en découle, sommes-nous les derniers, que s’est-il passé, comment gérer une telle situation, pouvons-nous sortir, etc. J’ai hâte de voir la suite. Assez original pour le détour.

J’ai aussi vu le pilote de Heroes :

«Des gens aux pouvoirs extraordinaires vivraient parmi nous. Un jeune idéaliste essaie de convaincre son frère politicien, qu’il sait voler… Une pom-pom girl découvre qu’elle est invincible… Un prisonnier se réveille en dehors de sa cellule… Une artiste, rongée par sa dépendance aux drogues, a la faculté de peindre l’avenir… Un flic a le pouvoir de lire dans les pensées… Au Japon, un jeune homme peut arrêter le temps et se téléporter… Leurs destins se croisent.» Premier épisode plutôt réussi surtout axé sur la présentation des différents personnages et leurs étranges facultés. On n’est pas vraiment dans le trip mutant à la X-Men ou super héros en collant et couleurs criardes. Ca semble plus «réaliste» et terre-à-terre. Apparemment la série va aussi beaucoup jouer sur les connexions entre les personnages, un peu comme dans Lost où tout le monde se croise à un moment ou un autre sans s’en rendre compte. Pour l’instant on ne sait pas du tout vers quoi on nous dirige, mystère total, mais là aussi la quantité d’ouvertures possibles est accrocheuse. Le hic à mon avis c’est le côté un peu trop culte avant l’heure. Dans Heroes on se la joue un peu trop mystico-philosophico-je-ne-sais-pas-quoi et j’espère que ce côté un peu prétentieux s’effacera avec la suite.

Mon gros coup de cœur c’est Vanished. J’adore :

«La femme d’un éminent sénateur des Etats-Unis disparaît. Au fur et à mesure de son enquête l’agent du FBI Kelton découvre que ce n’est que la partie visible d’un bien plus vaste complot…» Un scénario policier archi-classique et déjà exploré maintes fois que ce soit à la télé ou au ciné. Mais, déjà six épisodes de diffusés et qu’est-ce que c’est bon ! Très très bien ficelé avec une réalisation efficace et nerveuse au service de l’histoire. On sent que les scénaristes ont un fil rouge en béton et vont dévoiler l’histoire petit à petit. On découvre en même temps que les différents personnages les dessous de l’affaire et plus on creuse et plus cela devient intriguant, mystérieux et passionnant. On n’a pas du tout le sentiment d’avancer à tâtons ou de se faire balader péniblement comme cela peut se ressentir dans Lost ou 24H au gré du manque d’inspiration des scénaristes. C’est construit et réfléchit. En plus on ne s’ennuie pas une seconde, haletant, un bon rythme avec son lot de révélations et réponses à chaque épisode et ce sans relances inutiles ou rebondissements providentiels pour nous tenir en haleine. Le scénario a l’air suffisamment riche, complexe et tentaculaire pour nous scotcher une saison entière. Un très bon polar.

Voilà mon petit tour d’horizon de cette rentrée. J’en ai vu d’autres sympas si on aime vraiment les genres policier/fantastique/SF comme Brotherhood, une plongée dans l’univers mafieux américain un peu dans le même trip que les Soprano mais en plus réaliste il me semble, dans la veine de The Wire. Ravi de découvrir ces nouvelles séries même si leur avenir peut être incertain. Ca fait du bien de voir un peu de neuf. Même si les thèmes de ces séries peuvent paraître bateau au premier abord, je me dis que le format série télé peut donner des étincelles en jouant sur la durée d’une ou plusieurs saisons pour les développer en profondeur (enfin j’espère). En plus la qualité est au rendez-vous, ça me rassure après certaines terribles déceptions comme le début de la deuxième saison de Prison Break par exemple…
Et mon seul regret quand je regarde ces séries, c’est… de ne pas être américain. Je ne suis jamais allé aux Etats-Unis et ça a forcément un côté exotique à regarder, une certaine distance, un environnement différent de celui dans lequel je vis, culturel ou géographique, pas ou peu de repères, des subtilités qui m’échappent certainement. Je me dis que l’immersion et la projection dans les personnages doivent être beaucoup plus fortes quand on vit dans les villes où se déroulent ces aventures, quand on a les mêmes produits à la maison ou qu’on reconnaît tel ou tel accent régional, on doit être pris aux tripes bien plus fortement… Maintenant j’attends une ou deux autres séries qui débarquent le mois prochain, The Nine par exemple («Une interminable prise d’otages se termine en un véritable carnage ! Seules neuf personnes en réchappent. Que s’est-il passé lors des longues heures d’angoisse à l’intérieur de la banque ?») ou celle qui feront leur entrée à mi-saison comme Traveler. De quoi s’en mettre plein les mirettes ;)