Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 1 656 fois. 12 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Pulse ARTS bis.

Dans la série découverte, j’ai lu les polars de Dan Simmons avec pour héros (ou plutôt anti-héros) le personnage de Joe Kurtz. Je suis un grand fan de Dan Simmons, ses romans et sagas, L’échiquier du mal, Hypérion & co, Nuit D’été, L’homme nu, Les larmes d’Icare, etc, m’ont toujours fasciné. C’est brillant, parfois même un peu agaçant tellement c’est bien et toujours un peu déprimant d’arriver à la fin d’un de ses romans, tout simplement parce qu’il faut se séparer des personnages et univers dépeints… Habitué à lire Dan Simmons dans ses domaines de prédilection que sont le fantastique et la SF, j’avais été surpris qu’il se mette aussi au polar. Dans le genre «hard boiled». Du polar bien sombre, radical et oppressant, cru et sans concession, noir et violent. La «trilogie» Joe Kurtz m’a plus qu’agréablement surpris. Excellent. Toujours écrit avec maestria et un sens de l’humour décapant. On prend un malin plaisir à suivre les aventures souvent cauchemardesques de Joe Kurtz ex-privé sorti de prison après avoir défénestré un criminel, vengeant ainsi la mort de sa partenaire et pris entre la mafia, les flics véreux, d’étranges psychopathes… Ca se lit d’une traite, le cœur palpitant. Jouissif.

Lundi 18 septembre 2006

Découverte

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 390 fois. 2 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Sang et Sueur.

Grâce à l’ami Swal j’avais découvert l’an passé un illustrateur bédéiste américain de talent. Guy Davis. Son dessin est vraiment impressionnant. Vivant, énergique et puissant. Que ce soit en noir et blanc tramé ou en couleur. Non seulement ce monsieur dessine comme un chef mais en plus il est rudement fort en mise en scène, découpage et narration comme on peut s’en rendre compte dans la série «Le Marquis». Cet été j’ai aussi découvert ce qu’il a fait, en couleur, pour la bd dérivée de l’univers Hellboy, «B.P.R.D.», là aussi ça déchire comme on dit. C’est fluide, bien raconté et très agréable à regarder, ça m’a même mis sur le chemin de la réconciliation avec le monde de la bd. Pour couronner le tout, son site est riche et généreux, de quoi se faire une idée avant de foncer acheter ses bds et les dévorer !

Vendredi 30 juin 2006

d’artiste

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 495 fois. 3 commentaires.

Benjamin Fleury me signale la publication prochaine d’un bouquin qui m’a l’air très très intéressant. On en revient au numérique. Un bel artbook réunissant des pointures du numérique qui il me semble font partie de ceux qui font avancer le schmilblick numérique à grand pas, techniquement mais surtout artistiquement et esthétiquement. De nouvelles manières de travailler, une nouvelle approche de ce formidable outil. Le bouquin c’est «d’artiste : Concept Art» et tous les bouquins édités par cet éditeur valent le détour, j’avais pu jeter un œil à celui sur le Matte Painting, très classe. Le site de l’éditeur est riche en informations, on peut même avoir un aperçu de l’ensemble des bouquins, comme ici par exemple. Ça me fait penser qu’un de ces jours je vais sortir de mes marque-pages les sites des artistes numériques qui à mon avis valent le détour, je vais m’occuper de ça.

Mercredi 7 juin 2006

L’Encyclopédie Médiévale

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 1 313 fois. 8 commentaires.

Grâce au site Pousse Rapière, j’ai découvert que L’Encyclopédie Médiévale de Viollet-le-Duc est maintenant disponible en ligne et gratuitement. Ca c’est une bonne nouvelle. Pour celles et ceux qui ne comprennent pas ce que je viens d’écrire je recopie le début du message lu sur Pousse Rapière :
«Eugène Viollet-le-Duc a fait durant le 19ème siècle un important travail de restauration sur des églises, des châteaux et des villes fortifiées françaises de l’époque moyenâgeuse. L’ensemble de ses travaux ont été publiés en fascicules, eux-mêmes réunis en livres. Le Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle a été écrit par Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc de 1854 à 1868 ; les 4000 pages de texte illustrées de 4500 gravures sur bois qui le composent furent publiées en neuf tomes d’environ 500 pages chacun, un dixième tome indexant l’ensemble des lieux géographiques couverts par les neuf premiers. Il fut suivi par un Dictionnaire raisonné du mobilier publié de 1858 à 1875 en six tomes…etc, lire la suite…»
Ces encyclopédies sont une source inépuisable de documents, références & co. Un must. Mon seul regret c’est de découvrir cette mise en ligne alors que je viens de terminer mes crayonnés pour l’album «Le chevalier à la plume» qui se déroule à cette période, ça m’aurait fait gagner du temps. Au passage j’ai aussi découvert cet excellent site, riche en documentation, The New-York Public Library Online.

P. S. :
Un petit mot à propos de mon récent message sur ma dernière fournée d’armes et objets magiques. J’ai retiré l’image avec toutes les illustrations en miniature après que l’éditeur m’ait gentiment et poliment (je tiens à le préciser) demandé de ne pas montrer les images avant leur publication pour conserver intacte la découverte du lot. Ce que je comprends tout à fait. Désolé donc et patience pour les retardataires qui ne verront pas ces illustrations en avant-première mondiale comme les petits veinards qui passent quotidiennement par ici ;)

Mardi 6 juin 2006

Sleeper Cell

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 722 fois. 2 commentaires.

J’aime beaucoup les séries télé et j’en ai déjà pas mal parlé par ici. J’aime aussi les miniséries, souvent une dizaine d’épisode. Je viens d’en découvrir une excellente, vraiment terrible, passée quasiment inaperçue. Une série «policière» dans la droite et glorieuse lignée des meilleures films d’infiltration comme «La Main droite du diable», «Rush» ou encore «Le Jeu du faucon», j’en passe et des meilleurs.
Un jeune afro-américain musulman, Darwyn Al-Sayeed, sort de prison. Il est recruté par Faris Al-Farik, le leader d’une cellule terroriste islamiste qui s’apprête à attaquer Los Angeles. Faris Al-Farik s’est entouré d’une équipe de cinq hommes pour mener à bien sa «mission» préparée dans le moindre détail avec patience et minutie. On découvre alors que le jeune Darwyn Al-Sayeed est un agent du FBI infiltré. Darwyn va vite être tiraillé entre ses convictions, son travail, ses sentiments et «sa» mission…
L’histoire est fine comme du papier cigarette mais l’originalité de la série tient surtout dans le traitement particulièrement intelligent de son sujet et par son réalisme poussé. On n’est pas dans 24 ou dans d’autres séries policières du même acabit où ça flingue à tout va, spectaculaire, souvent invraisemblable, gadgets high-tech à gogo. Non dans Sleeper Cell on est dans le «réel», on tend vers le documentaire, clinique. Comme cette nouvelle vague de série, The Shield ou The Wire (Sur Ecoute), ce genre de série où on détourne parfois le regard, où la vue d’une arme à feu et les détonations font trembler et retenir son souffle. On suit les préparatifs à travers les yeux de Darwyn qui tant bien que mal dissimule sa véritable identité et doit lutter sur deux fronts, ses relations avec les terroristes et ses contacts avec les agents du FBI qui le soutiennent et font la liaison. Assister dans le détail à la préparation sans faille d’une attaque terroriste n’a rien d’une promenade. A tel point que ça fait froid dans le dos et certaines scènes sont vraiment dérangeantes. D’autant plus qu’on est bien loin de la vision caricaturale de la cellule terroriste islamiste véhiculée par Hollywood. Dans cette série, les terroristes ne sont pas tous arabes, ils ne sont pas tous des fous furieux fanatiques. Bien au contraire et cela rend l’investigation encore plus effrayante.
La réalisation et l’esthétique de la série sont aux petits oignons, c’est chiadé, travaillé et sans esbroufe, sans montage speedé pour faire monter la pression virtuellement. D’un certain côté ça m’a fait pensé aux classiques des polars des années 70′, cette veine de films où tout peut arriver, n’importe quand. Il y a aussi un traitement de l’image qui évoque les films de Michael Mann, jeux de lumière, reflets, cadrages décalés, ombres et crépuscules. Et ceci sans plomber la série, tout est au service de l’intrigue. Et sur le fond c’est du solide, riche, dense et complexe. Les scénaristes ont pondu un scénario en béton qui fait la part belle au suspense et au mystère, sans délaisser l’action et surtout la réflexion. Ça fait du bien de voir une série qui ne se contente pas d’être superficielle pour céder au divertissement. Il me semble que le fil rouge de la série c’est le conflit sous toutes ses formes. Deux visions de l’Islam sont présentées. Celle de terroristes manipulant le Coran et l’interprétant comme bon leur semble pour arriver à leur fin et la vision du héros qui défend ses croyances prônant la paix, l’égalité, le pardon, la fraternité. J’ai été épaté par la qualité et la richesse des dialogues. Toute la réflexion sur l’Islam est passionnante.
Pour couronner le tout, les acteurs sont excellents. Que des inconnus, à part peut-être une ou deux têtes croisées ici ou là. L’acteur principal, Michael Ealy, est formidable. On - vit - son infiltration. Son impuissance et son bouillonnement face à ce qui est en train de se préparer. Son déchirement intérieur de voir sa religion maltraitée et déformée de la sorte. Il joue tout en finesse et retenue. Tout comme l’autre personnage-clef de la série, le chef de la cellule terroriste joué par Oded Fehr, golden boy charismatique, machiavélique et manipulateur, sang froid et extrêmement dangereux. Il y aussi quelques second rôles joués par des acteurs impressionnants de véracité (par exemple le jeune immigrant nommé Khashul qui m’a bien remué au septième épisode).
Enfin bon, voilà, je pourrais en discuter des heures, j’ai adoré, tout simplement. J’ai passé dix heures intenses scotché devant mon écran. Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir pu regarder la série lors de sa diffusion aux Etats-Unis. Diffusion originale car un épisode par soir pendant dix jours avec un final de deux heures au bout du compte. Juste ce qu’il faut pour se creuser un peu les méninges entre chaque épisode et ne pas perdre le fil. Et même si la série a une fin (sans commentaire), une deuxième saison est annoncée, une bonne nouvelle.