Mercredi dernier j’écrivais à propos du climat de peur et de suspicion entretenu aux Etats-Unis. A la suite de ce message j’ai vu quelques documentaires polémiques sur le 11 septembre. Ces films réfutent les conclusions officielles d’attentats terroristes. J’avais entendu parler plusieurs fois des ces thèses montantes, lu quelques messages à gauche à droite. J’avais alors préféré passer mon tour même si ça m’interpelle parce que j’aime bien les histoires de complots & co. Quand c’est de la fiction. En revanche je suis agacé par ce genre de démonstrations quand il s’agit de reprendre l’histoire en main. Je pensais même à des théories d’illuminés comme ceux qui voient le diable dans les fumées noires des deux tours ou ceux qui accusent les extra-terrestres de planifier une invasion. Il est beaucoup trop facile de faire avaler je ne sais quelle information au spectateur mais, finalement, pour me faire mon opinion, j’ai jeté un œil. J’ai été surpris, là rien de paranormal, c’est beaucoup plus «sérieux». J’ai donc vu «Loose change 2d Edition» et «Confronting the evidence». Le premier est le plus habile, le plus impressionnant car très visuel et percutant, le second, 2 heures et 40 minutes, est plus didactique, plus détaillé et expose à peu de choses près la même théorie mais de manière plus appliquée, une longue conférence pour rouvrir le dossier du 11 septembre entrecoupée de séquences vidéos explicatives.
Attention rien que les dix premières minutes décoiffent. Surtout «Loose change 2d Edition». Ces documentaires dévoilent de grandes «Conspiracy Theories» dignes des meilleurs épisodes de la série 24 ou des meilleurs thrillers politiques des années 70′. J’ai été servi, complots, machinations, conspirations, mensonges, désinformation, calculs scientifiques, de la physique, un peu de chimie, des experts convaincants, des arrêts sur image, des détails imperceptibles, des disparitions, etc.
Ces deux documentaires sont à sens unique et affirment que le gouvernement américain est à l’origine de ces attentats, faisant preuve d’un cynisme effroyable. Tout ça pour du fric, encore et toujours le fric, devenir encore plus puissant et trouver des prétextes à de nouvelles guerres au Moyen-Orient. Certaines questions, beaucoup des questions posées dans ces documentaires sont intéressantes. Certains arguments sont tentants. Mais d’autres parties complètement fantaisistes font sombrer les documentaires dans la pure spéculation. Et la manière quasi-systématique de marteler les «révélations», insister lourdement sur les «découvertes», répéter et répéter encore, ce forcing pour convaincre à tout prix le spectateur foutent en l’air le peu de crédibilité de départ. Je trouve que c’est dommage, pénible voire dangereux. Il est très facile de rejeter ce genre de théories, trop «gros» pour être vrai et encore plus facile d’y adhérer, le trip du «dirigeants tous pourris» fonctionnant toujours à merveille.
Pour ma part je préfère garder la tête froide et ne pas me demander si ceci est vrai ou non, le problème n’est pas là, ce n’est pas ce qui me chiffonne. Je ressors de ce visionnage forcément secoué. J’en ressors avec un goût amer. Celui de la manipulation. Le plus troublant c’est de mettre bout à bout des témoignages existants, réels, des commentaires pris à chaud par les médias, des photos officielles pour nous en donner une lecture nouvelle et leur donner un sens à l’époque - peut-être - voilé. Ce qui me fait penser qu’on peut faire dire tout et n’importe quoi aux images. Surtout n’importe quoi. Et tout ceci me rappelle l’excellent vrai faux documentaire de William Karel «Opération Lune». Le point de départ est simple : les Etats-Unis n’auraient jamais mis les pieds sur la Lune… Ce «documenteur» est passionnant car au-delà du côté ludique avoué, il montre avec brio qu’on peut déformer la réalité comme bon nous semble, détourner des images, interpréter à la va-vite des conversations sorties de leur contexte, etc. De vraies images d’archive relatant des faits réels, une voix-off convaincante, inclure des personnalités et surtout des interviews et témoignages d’autorités compétentes comme on dit, gage de bonne foi et de crédibilité ici jouant le jeu à cent pour cent. Le résultat est formidable, malin, coquin et «convaincant». Quand je repense à «Opération Lune» je me dis que nos cerveaux sont très - trop - facilement influençables. Apparemment nos esprits seraient trop enclin à croire tout et n’importe quoi, cela s’expliquerait même psychiquement et physiquement (*). Il n’y a peut-être, rien à dire de plus sur le 11 septembre. Comment expliquer le chaos et l’inexplicable ? L’inacceptable et l’extraordinaire (au sens premier) ? Enfin bon, toujours est-il que les amateurs de conspirations et les révisionnistes trouveront leur compte là-dedans. Etonnant, non ? Et comme dirait l’autre «la vérité est ailleurs» ;)
Ces documentaires sont visibles sur ce site.

(*) J’avais lu un article passionnant sur le fonctionnement du cerveau humain. L’expérience suivante était décrite, je résume vaguement. On pose une série de questions à un groupe de personnes, et on ne donne pas les réponses. Ces questions sont noyées dans d’autres phrases, dans du texte. On laisse passer du temps, quelques semaines, quelques mois. On reparle à ce groupe du contenu des questions mais on ne le formule pas comme une question, on suggère ce contenu. Dans la très grande majorité des cas, les personnes se souviennent d’affirmations mais pas de questions. Ce qui tend à démontrer que quand on pose une question, le cerveau a naturellement tendance à la transformer en réponse, en affirmation, au bout d’un certain laps de temps. Quand on entend «Est-ce que des bombes et une entreprise de démolition ont pu faire tomber le World Trade Center ?», le cerveau, bien malgré nous et toute notre bonne volonté risque de se souvenir «des bombes et une entreprise de démolition ont fait tomber le World Trade Center»… D’où notre penchant naturel à céder aux rumeurs, théories de complots, secrets, etc. Brrrr.
J’aime bien les films d’angoisse. Les vrais. Je ne parle pas de ces films où on joue tout du long avec les nerfs en faisant claquer des portes ou surgir je ne sais quoi de je ne sais où. La peur d’avoir peur, l’anticipation du danger. Ou encore ces films à forte dose d’hémoglobine où l’on assiste à un déluge de violence gratuite. Non je préfère les films qui font VRAIMENT angoisser et il n’y en a pas beaucoup. Ceux qui prennent au ventre, vous font dresser les poils sur la nuque, reculer dans votre fauteuil et taper nerveusement du pied. Ces films qui vous mettent dans des situations insupportables, sans issue. Je viens de voir The Descent. Là on y est, en plein dans le traumatisant viscéral. C’est éprouvant. Un grand soupir de soulagement au final. J’ai été impressionné par la puissance du film. L’angoisse est pure, distillée petit à petit faisant ressortir des peurs d’enfant, la peur du noir, éclairage à la lampe torche, peur de l’inconnu, le vertige, la claustrophobie puis l’horreur totale, certaines scènes sont énergiques, nerveuses, vraiment primales, brutales. L’histoire tient en deux lignes :
En plein milieu du massif des Appalaches, six jeunes femmes sympas se donnent rendez-vous pour une expédition spéléologique. Alors qu’elles tentent de trouver une issue, elles réalisent qu’elles ne sont pas seules. Quelque chose est là, sous terre, avec elles…
C’est traité au premier degré, sans concessions. De plus on n’hésite pas à dévoiler ce qui est en face. D’habitude je suis plutôt partisan du tout suggestif, ne rien montrer pour laisser libre court à toutes les imaginations. Mais là, l’ennemi une fois «connu», le huis clos en devient encore plus terrifiant. Comment dire, on passe d’une narration très suggestive à quelque chose de beaucoup plus «réel», plus terre-à-terre, on ne fantasme plus sur ce qui est à peine visible dans l’ombre, on sait à quoi on a à faire et il faut se démerder pour y échapper. Brrr.
Bon, on n’échappe pas aux passages obligés, la déconne potache entre les nanas, le ah zut on est coincé maintenant, on nous fait sursauter plusieurs fois, quelques scènes bien cradoques, et la fin pas évidente, ouverte aux spéculations en tout genre. Ce qui m’épate le plus c’est la maîtrise du timing, la montée crescendo, calculée, de l’angoisse, le passage vers l’horreur pour atteindre une efficacité maximale. Il n’y a rien de bien nouveau au menu, la trame est on ne peut plus vue et revue mais ça fonctionne, redoutablement. Moi qui avait été déçu par les dernières productions du genre comme Hostel, Saw ou The Grudge, là j’ai été servi, on m’a même donné du rabe et maintenant merci, j’ai ma dose pour un - bon - moment…

Vous avez certainement entendu parler du DADVSI (ici ou là), les histoires de droits d’auteur, P2P, téléchargement, copie privée, mort du logiciel libre, etc. Ce qui est en train de se préparer (la loi n’a pas encore été votée il me semble) est très grave. Lourd de conséquence. Pour résumer c’est un peu comme si on punissait les créateurs, fabricants, revendeurs et utilisateurs de voitures pour faire baisser le nombre de tués sur les routes (c’est simpliste et grossier comme comparaison, je sais). Même les Etats-Unis ne sont pas allés aussi loin alors qu’ils sont pourtant les pionniers et toujours à la pointe sur Internet en matière de contrôle, répression, surveillance… Effrayant. Etre condamné pour avoir partagé de la culture, le reste du monde pourra le faire mais pas la France. Je ne dis pas non plus qu’il faut que tout soit gratuit et qu’on puisse piocher comme bon nous semble dans les catalogues mais il ya certainement des solutions plus pacifiques raisonnées et surtout équilibrées. Enfin bon c’est un débat monumental et les frêles épaules de mon blog ne sont pas là pour ça.
Ce weekend, les premières répercussions inattendues de cette loi sont apparues. De manière particulièrement efficace et irresponsable. Des groupes de hackers, dont je ne citerai ni les noms ni les sites pour leur éviter de la pub, ont commencé à supprimer des sites français au hasard, à tout va. Pourquoi ? Tout simplement pour faire pression sur le gouvernement français pour qu’il retire cette loi. Comme si ce gouvernement qui campe sur ses positions devant des milliers de manifestants ou des pétitions à rallonge allait prendre en compte ce petit jeu de massacre. Ces hackers annoncent que (je cite texto et excusez-les pour les fautes d’orthographes, être fort en orthographe et grammaire ou être hacker il faut choisir), donc : «dans le cas ou aucune lois ne seraient revue, nous nous engageons à supprimer un maximum de sites, jusqu’à ce que notre appel soit entendu» et leur appel est le suivant (extraits) :
«En ce 18/03/06 nous lançons la lute contre l’Anti-Warez. Vous tous, présidents et ministres, qui nous empêchez de vivre notre passion, en ajoutant sans cesses des lois et des amendements, sachez aujourd’hui que nous nous révoltons ! Sachez cher internaute qu’après la France, VOTRE pays est sur la liste. Vous aussi, risquez de ne plus pouvoir profiter des logiciels gratuits P2P, et de ne plus copiez légalement vos DVD dans un cercle privé, sous peine d’amande ou d’emprisonnement. En refusant de voter l’amendement 176 porté par le député Dutoit, qui devait exonérer les acteurs de santé français de taxes sur les supports numériques au profit des industries de la culture, la majorité de ce pays vient de montrer son vrai visage : celui de parasites méprisant les droits des patients français pour mieux engraisser ces industries dites culturelles…..blablabla… Par la présente, nous, membres de l’OCW demandons à tout le monde de boycotter les magasin vendant des CD/DVD/LIVRES et de les télécharger !»
Une nouvelle forme de terrorisme. On bousille des sites et forums qui n’ont rien à voir avec tout ceci, aveuglement, pour faire réagir… En plus ils se trompent de cible, ils pourraient au moins viser les sites du gouvernement et vont finalement faire passer toute la communauté P2P pour de «dangereux criminels». Effet boomerang garanti. Quelle bande de minables. C’est vraiment se tirer une balle dans le pied et ça va encore donner de la matière pour justifier cette loi.
Je me suis aperçu de cette vague ce weekend en voulant me rendre sur le forum de la Promo Sempé que j’affectionne tout particulièrement. Le forum était en vrac, inaccessible avec l’«appel» des petits rigolos à la dite adresse. En plus ces hackers signent ! Ils ont un forum et se vantent de leurs méfaits, préparent des listes de sites à hacker, dans la joie et la bonne humeur ! Ils s’attaquent en priorité aux sites hébergés chez Free parce qu’il y a apparemment une faille dans les accès aux données. Ce n’est pas la peine de céder à la panique ou sombrer dans la paranoïa, il s’agit apparemment de jeunes demeurés boutonneux qui n’ont pas bien compris ce qui se passe réellement, un peu comme les casseurs qui bousillent les voitures en fin de manif et décrédibilisent tout le monde. Dans leurs listes de cibles ils confondent l’UMP et l’UDF…
Hier je n’ai pas écrit de message car les commentaires du Journal de Bord ont subi une vague de spam sans précédent. J’ai donc passé le temps prévu pour écrire à faire le ménage. Et pas du spam de petit joueur du genre «achète mon viagra, mon cialis et mon adipex» mais du bien lourd et cradingue avec un contenu que je ne peux décrire sinon le filtre «Spamplemousse» (humour quand tu nous tiens) que je viens d’installer va s’affoler ! C’est vraiment pénible ces machins, quelle invention stupide et étonnante. Les infos de Wikipédia sur le spam sont intéressantes, saviez-vous par exemple que le mot «spam» vient d’un sketch des Monty Python dans lequel le même mot, désignant un jambon en boîte de basse qualité, envahit la conversation et le menu d’un petit restaurant. Spam est l’acronyme de Shoulder of Pork and hAM (épaule de porc et jambon), ou selon d’autres sources Spiced Pork and hAM (porc épicé et jambon), Spiced Pork And Meat ou simplement SPiced hAM. Ce sketch parodiait d’ailleurs une des premières formes de spam. En effet c’est une publicité radiophonique pour le Spam, pendant laquelle le terme était répété de nombreuses fois, qui est à l’origine du sketch des Monty Python. Enfin bon, voilà qui est fait, le Journal de bord est maintenant protégé.
Je ne suis pas très sensible aux histoires d’âge. Se sentir jeune ou vieux, paraître jeune ou vieux. Je trouve que ça n’a pas grande importance, pas vraiment de sens à mes yeux et c’est tout à fait le genre de considérations que je préfère évacuer, j’ai d’autres choses à penser. Je ne suis pas du genre non plus à regarder en arrière, ces questions ne m’intéressent pas vraiment, qu’ai-je fait de ma vie, qu’ai-je accompli, ai-je assez de temps, ai-je perdu du temps, etc. On pourrait penser que c’est une forme de protection pour ne pas voir le temps qui passe, etc, mais je ne crois pas, j’avance tranquillement, je profite pleinement et préfère ne pas me creuser la tête. J’ai toujours été un peu étonné par les crises et/ou dépressions anniversaires, à mon sens ce n’est pas tellement une question d’âge mais plutôt une tournure d’esprit, comment on voit les choses, on se rapproche là de la coupe à moitié vide ou à moitié pleine. Pour ma part ce qui est fait est fait, à accepter tel quel et je préfère me tourner vers l’avant.
J’ai un souvenir très fort à ce propos. La mère d’un ami très proche fêtait ses cinquante ans. J’avais à l’époque une quinzaine d’année il me semble et j’étais en plein questionnement, les grandes questions existentielles, la mort, le temps, le vide, le néant, toutes les peurs et angoisses que suscitent ces notions, ces questions qu’on tourne et retournent dans tous les sens, sans fin, le ventre serré. Cinquante ans cela me paraissait très vieux, tellement plus près de la fin que du début, ça me glaçait. Cette dame avait une vie tellement remplie, faite de voyages, aventures, expériences en tout genre. J’avais le sentiment de quelqu’un qui a déjà tout vu, tout fait. Je crois que dans un sens cet anniversaire m’effrayait. Pendant de cette soirée, lors de l’arrivée du traditionnel gâteau à bougies, elle a fait un petit discours pour remercier sa famille, les amis présents, un petit tour d’horizon puis elle a levé son verre en disant, je fête mes cinquante ans, la moitié de ma vie !
Cette bouffée d’optimisme sincère m’a sidéré. Tout ce que j’avais échafaudé comme théories s’écroulait. Tout à coup j’ai vraiment pris conscience du temps. Cela m’a ouvert les yeux et fait sortir de mon cocon d’adolescent, une vision plus large, plus adulte. Moi qui croyais naïvement que j’avais déjà accompli tellement de choses, j’étais heureux et soulagé. Plein d’espoir et même un peu inquiet face à tout ce que je n’avais pas encore fait du haut de ma quinzaine d’années, j’ai pleinement pris conscience que le temps est élastique, qu’une vie c’est long et sera ce qu’on en fait. Je crois vraiment que c’est depuis ce moment-là que je n’ai pas ou très peu de regrets et que je me tourne toujours vers demain, curieux et enthousiaste. Aujourd’hui je vais bien car je fête mes trente ans et j’en suis au quart de ma vie ;)









