Ces jours-ci je termine la mise en couleurs des illustrations pour le livre sur les pirates pour les éditions Usborne (quelques crayonnés ici, là ou encore là). Quasiment chaque illustration est une double-page avec le texte en surimpression. L’éditeur m’avait fourni la mise en page complète et détaillée pour que je puisse caler les illustrations au mieux par rapport aux textes. Je pense que le bouquin va être bien sympa, très vivant, des ambiances et des gammes de couleurs différentes d’une page à l’autre.
Une petite anecdote au passage. Je devais livrer toutes les illustrations le 31 octobre. Hum hum. Malheureusement ce ne fut pas possible à cause de retards pris par l’éditeur, que ce soit dans l’envoi de la mise en page au fur et à mesure ou pour la validation des crayonnés. Tout le travail du côté de l’éditeur a pris beaucoup plus de temps que prévu. Je n’ai donc pu commencer la mise en couleurs que très tardivement, bien en retard sur ce qui était convenu. Il y a quelques temps l’éditeur m’annonçait qu’il faudrait tout boucler pour la mi-décembre. Ce qui me laissait bien peu de temps pour tout finir… Mais au lieu de tout me mettre sur le dos, me forcer à bosser comme un dératé pour tenir le planning très serré et me mettre une pression terrible, ils ont décidé de retirer quelques pages au livre. L’éditeur préfère que je travaille dans de bonnes conditions et livre de belles illustrations plutôt que d’essayer de tout faire à l’arrachée. Il me demande de réaliser ce que je peux dans le temps donné, le plus d’images possible de bonne qualité. Et tant pis si je ne peux pas toutes les faire. Arrivés à la date butoir nous verrons bien où nous en sommes et par exemple certaines images mises de côté pourraient être simplifiées (mois d’éléments ou une mise en page revue) s’il reste un peu de temps ou si nous pouvons tirer encore un peu plus sur la corde côté planning. Même si c’est dommage pour le bouquin qui va certainement se voir amputé de quelques illustrations, je trouve que c’est plutôt une bonne mentalité. Favoriser la qualité des illustrations au détriment de la quantité et me laisser travailler dans des conditions correctes. Quelque part ça fait plaisir.


Il y a une dizaine de jours je mettais la touche finale aux illustrations pour Les Chevaliers de la Table Ronde. Depuis l’éditeur m’a envoyé le bon à tirer en pdf. Le bon à tirer c’est en gros la dernière épreuve d’un bouquin qui est envoyée à l’imprimeur pour indiquer que le tirage peut avoir lieu, que tout est ok. C’est chouette car j’ai pu ainsi découvrir toutes les illustrations mises en page et le livre finalisé. il n’y avait pas grand chose à dire, une ou deux images à recadrer un peu et les couleurs étaient fidèles. J’ai donné mon accord, le bon à tirer est parti chez l’imprimeur. Ce n’est pas souvent que j’ai l’occasion de jeter un œil au chemin de fer complet et abouti d’un livre auquel j’ai participé et encore moins quand il s’agit d’une couverture. Ceci s’explique parfois par une certaine précipitation dans les dernières phases de la finition d’un livre, une fois les illustrations reçues, à cause de délais trop souvent serrés. En tous cas je me dis que cet album sera bien sympa, le rythme des pages et illustrations fonctionne bien. Vivement la parution ;)

Après les longues digressions exorcisantes de ce début de semaine, je mets aujourd’hui en couleur une nouvelle illustration pour l’extension que j’appelerai «Monstres des mers» du jeu Pirates. Cette illustration servira de fond au packaging, le truc en plastique qui sera accroché en magasin avec l’extension à l’intérieur. Quand j’ai reçu le gabarit je me suis dit ouhla qu’est-ce que c’est que ce format et j’étais plutôt inquiet. Je n’aime pas trop les images amputées ou mises en page bizarrement, je préfère de loin une image rectangulaire ou approchant, fermée et bien cadrée. Mais finalement ça se révèle très marrant de dessiner là-dedans !
Un détail étonnant à propos des deux premières illustrations réalisées, j’ai été payé en avance. Je ne veux pas dire en avance par rapport à un paiement après parution (ce qui se fait couramment dans le milieu du jeu de rôle et du jeu de société). En avance sur ce qui avait été décidé et prévu dans les contrats (c’est-à-dire un paiement trente jours après que les illustrations et la facture aient été reçues). Et là je reçois mon paiement moins de vingt jours après avoir envoyé les documents à l’éditeur. Miam. C’est suffisamment rare, voire unique (!) pour le souligner et ça fait du bien quand ça tourne rond comme ça, une affaire bien menée, la patate revient vite fait dans ces cas-là !

Hier j’annonçais - pas peu fier - que j’avais terminé les illustrations des Chevaliers de la Table Ronde. Depuis quelques temps je n’envoie plus d’illustrations originales aux éditeurs (à part une ou deux exceptions) et je me charge de scanner les illustrations et de les envoyer via le net, ftp & co. Ce qui finalement me permet de toujours avoir toutes les images sous les yeux, originaux et surtout les scans. Qui se révèlent très pratique pour se rendre d’un coup d’oeil de la tonalité d’ensemble de l’album qu’on est en train de réaliser, utile pour mieux gérer les gammes de couleurs des différentes séquences du livre. Pour les Chevaliers je me rends compte maintenant, avec tout sous les yeux, que l’ensemble est coloré, contrasté et vivant. Exactement ce que j’avais en tête en me lançant dans l’aventure ;)

J’ai - enfin - finalisé et scanné toutes les illustrations pour les Chevaliers de la Table Ronde, chez Milan (prévu pour une parution en début d’année prochaine). Je dis «enfin» car j’en ai bavé, la réalisation s’est éternisée, me prenant beaucoup plus de temps que prévu. 39 illustrations pour un album grand format, 26,5 x 31 cm, même genre de collection que mon Chevalier à la plume chez Casterman. Bien entendu je ne peux pas montrer toutes les illustrations avant la parution mais en voilà une que j’aime tout particulièrement. Sur Merlin enfant et ses mystérieuses capacités. C’est une double-page, le texte sera ajouté dans la partie haute, à gauche, sur les nuages :
«Sept années passèrent ensuite durant lesquelles l’étendue des pouvoirs de Merlin se révéla peu à peu. Entre autres choses, il était capable de connaître le passé de chacun dans ses moindres détails, tout comme il pouvait prédire l’avenir sans jamais se tromper. Un autre don en faisait également un être à nul autre pareil : il changeait à l’envie d’apparence. Le garçonnet devenait ainsi tour à tour un vieillard bancal ou un splendide chevalier ou encore un marchand bedonnant…»










