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Ces derniers temps je me suis replongé dans les artbooks qui composent ma bibliothèque, pour me changer les idées et me ressourcer. Même si je n’en fais pas souvent, j’adore les illustrations en noir et blanc. Surtout les illustrations «à l’ancienne», proche de la gravure. Dans la série des Maîtres du clair obscur, j’ai découvert Joseph Clement Coll il y a quelques temps. Joseph Clement Coll est un illustrateur américain du début du siècle dernier (1881 - 1921). Il travaillait principalement à la plume, un travail impressionnant, d’une force incroyable, un dessin, une dextérité et un sens du mouvement à faire pâlir. Comme en témoigne cette «pluie de singes»…



Mercredi 1 juin 2005

Glass

Ecrit dans Maîtres, affinités et inspirations. Lu 418 fois. Aucun commentaire.
Souvent, quand je dessine et plus particulièrement quand je peins, j’écoute de la musique. Mais pas n’importe laquelle. Je cherche des musiques d’ambiances, pas ou peu de paroles, des mélodies qui reflètent les sentiments que je souhaite transmettre à travers mes illustrations. Je suis capable de me passer le même morceau en boucle pendant des heures entières pour m’aider et m’aiguiller dans ma peinture.
Les oeuvres de Philip Glass se prêtent très bien à cet exercice. Philip Glass est un auteur prolifique qui s’est vite imposé comme l’un des chefs de file de la musique minimaliste répétitive. Et ce depuis une cinquantaine d’années. Il a aussi beaucoup composé pour le cinéma. Ses compositions sont entêtantes, parfois proche dans leur construction des musiques indiennes. D’ailleurs, après des recherches en Afrique du nord, en Inde et dans l’Himalaya, il applique les techniques orientales à sa propre musique.
Ces musiques m’élèvent et me transportent vers de nouveaux horizons, c’est très particulier. Je suis très impressionné par les bandes originales de «Mishima», «Kundun» ou plus récemment celle de «The Hours». D’ailleurs pendant que je réalisais les illustrations pour Robinson Crusoé j’ai écouté un seul morceau, jour après jour, pour m’imprégner de toute sa mélancolie, c’était «The Poet Acts», morceau d’introduction de «The Hours». Le morceau répète inlassablement les mêmes accords sombres jusqu’à une petite lumière, une lueur d’espoir, un changement de tonalité, quelques notes, une petite voix puis on retombe dans les ténèbres…



Mardi 31 mai 2005

De la Fuente

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Je viens de découvrir un «vieux de la vieille» si je puis me permettre. Victor de la Fuente, dessinateur espagnol bientôt octogénaire au style réaliste. Il a publié un peu partout, sur différents continents. J’ai découvert son travail dans de vieux numéros du magazine À Suivre datés de 1978-1979. Des bds en noir et blanc, «Haggart». Le dessin est impeccable, les ambiances clair obscur sont très belles, j’adore ce genre de bd réaliste travaillée, «à l’ancienne».
Il y avait de belles choses dans À Suivre…

Dimanche 29 mai 2005

Où l’horizon prend fin

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Chacun de nous a sa chanson de chevet, celle qui va l’émouvoir aux larmes faisant ressurgir des souvenirs, des sensations ou celle qui l’apaisera, l’enveloppera de douceur… Moi je n’ai pas une chanson mais plutôt une œuvre. Celle de Gérard Manset.
Si mes souvenirs sont bons j’étais au collège, j’avais entendu une chanson à la radio, fasciné j’ai questionné autour de moi, qui est-ce ? Quel est le titre de la chanson ? Je décrivais la chanson, fredonnait quelques paroles et on me répondait invariablement c’est «Capitaine abandonné» de Gold… J’avais alors acheté le 45 tours «Capitaine abandonné» mais j’étais bien loin du compte.
Quelques années plus tard, un cousin emprunte quelques disques à la bibliothèque pour me faire découvrir un chanteur, Manset. Un peu perplexe, sceptique, j’écoute. Un choc. Je reconnais cette voix particulière, ce ton, ces arrangements, cette musique qui m’avait tant marqué. Je cherche un peu et retrouve la fameuse chanson si désirée, «Il voyage en solitaire».
Depuis, l’œuvre de Manset me colle à la peau. J’ai lu je ne sais plus trop où : «Manset a écrit la bande originale de ma vie». C’est un peu ce que je ressens, il ne se passe pas une journée sans qu’une chanson me revienne aux oreilles, sans qu’une situation me fasse penser à tel ou tel couplet, un refrain, une mélodie. Je me sens «accompagné».
Quand j’étais à l’Ecole Emile Cohl, J’ai illustré, pour mon diplôme de fin d’études, une quarantaine de chansons de Gérard Manset et réuni, sur support cédérom interactif, les illustrations, les textes et les musiques correspondantes. J’avais à l’époque rencontré Manset pour en discuter, un éditeur étant intéressé pour en faire un livre illustré, ce projet est finalement tombé à l’eau et je fus happé par le tourbillon de mes débuts d’illustrateur, je n’ai pas donné suite. Il faudrait d’ailleurs que je dépoussière tout ça un de ces jours… Manset est un artiste surprenant, complexe, qualifié de «difficile» au premier abord, sur le site de RFI on peut lire cette description :
«Un talent à part dans le monde de la chanson française, un artiste culte. Riche d’un univers musical sombre et mystérieux, auteur-compositeur de génie, Gérard Manset préfère le travail en solitaire, loin du public et des médias. Devenu star malgré lui, il fuit le métier pour voyager et découvrir de nouvelles inspirations. Un artiste complet, exigeant avec lui-même, dont l’oeuvre est reconnue par ses pairs.»

Quand j’ai un coup de spleen, un passage à vide, ou une envie de me ressourcer, un besoin de plénitude, je me passe un ou deux albums de Manset, n’importe lesquels. Ça me fait l’effet d’une grande expiration, pour chasser un peu de noirceur…

«Si seulement t’avais connu la terre,
Du temps des océans et des continents verts
De la mousse, des plantes, des saisons de la pluie
Et je pleure sur lui
Qui va dans l’océan suivant la pente
Masque blanc, vêtement d’amiante
Ciel sans fin poussière du monde…»


Mardi 10 mai 2005

Yes Master

Ecrit dans Maîtres, affinités et inspirations. Lu 485 fois. 1 commentaire. Il y a un an, j'écrivais Pan dans l’oeil….

Ce matin je me suis replongé dans mes bouquins sur N. C. Wyeth. Quel artiste. Ça me décoiffe toujours autant. Je peux rester des heures devant ses peintures à chercher les mouvements dans les touches, à sentir l’agencement des couleurs… C’est magnifique.
Quand je referme les livres je pousse un long soupir, une bonne rasade de Wyeth de temps en temps ça vous remet de l’ordre dans les idées.