Ecrit dans Technique et matériel. Lu 214 fois. 18 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Garde-à-vous !.

Depuis quelques temps, j’ai beaucoup évolué sur ma manière d’aborder les crayonnés. Auparavant, je les considérais comme des illustrations à part entière. Je les travaillais en valeurs, d’une pièce, d’un seul tenant, chiadés, pour faire de jolies images, comme ici par exemple. Mais maintenant, je ne les vois plus - que - comme des canevas, uniquement des supports pour la couleur. Bon, tant mieux si le crayonné est sympa quand même mais un vilain crayonné ne me chagrine plus du tout.
Dorénavant je fais plus intervenir l’ordinateur comme outil de mise en page. Ci-dessous à la manière d’un mini-tutoriel, l’élaboration de mon dernier crayonné de couverture pour les éditions Paizo. Un crayonné pour une couverture d’une nouvelle gamme, dans le même esprit que celle-là (sans le gros logo étoilé). C’est-à-dire une illustration pleine page couvrant l’intégralité de la surface. Mais une illustration recouverte de deux bandeaux transparents recadrant la scène. Je dois représenter trois personnages de la série, un moine, une petite druide accompagné de son gros matou et une barbare découvrant une porte elfique noire au fond d’une sombre forêt de conifère. De cette porte vont débouler créatures et monstruosités d’un autre âge…

Comme je l’expliquais ici, j’ai une idée bien précise voire très précise de ce que je veux mettre en image, composition, cadrage, personnages (appuyée par une bonne recherche de docs). Maintenant, je commence par une petite mise en place rapide et cracra de ce que j’ai en tête pour délimiter les espaces. Mon idée est de tourner les personnages vers la porte avec un cheminement du regard en zigzag, le moine au premier-plan nous dirige vers la barbare qui, avec le matou, nous aiguille vers la druide qui nous fait plonger vers la porte et ses noirceurs. Je précise que, volontairement, j’ai choisi de ne pas montrer clairement les visages des personnages. Car cette couverture s’inscrit dans une série, les joueurs les connaissent certainement déjà et je préfère me focaliser sur le cœur de la scène, la porte, les faisant passer ainsi au second plan (au niveau du sens de l’image). En masquant un peu les visages, le lecteur ne s’attarde pas, ne se casse peut-être pas la tête pour s’identifier ou non et file directement vers le fond de l’image…

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Puis je crayonne tous les éléments séparément, personnages, décors, certains détails. Ainsi il me sera plus facile de modifier ces différentes parties de l’image pour mieux les agencer, équilibrer l’image, réduire ou agrandir certaines zones, etc.

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Pour finir, direction Photoshop et bidouillage intensif pour bien caler tout ça, au bon format, avec quelques ajouts de calques de branchages détourés trouvés dans mes docs… Il y a quelques petits trucs - sur le crayonné - qui coincent comme la petite druide qui peut sembler « posée » sur la main du moine ou sa serpe un peu trop proche du menton du moine mais c’est tout à fait le genre de détail qui se gère et s’arrange avec les couleurs grâce aux profondeurs, aux différences de teintes, couleurs, luminosité, etc. J’ai hâte de passer à la couleur !

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Lundi 11 février 2008

L’habit ne fait pas le moine

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S‘il y a bien un truc qui me met hors de moi quand je suis devant mon ordinateur, c’est quand la souris se met à déconner. L’an passé, j’avais eu pour mon anniversaire l’unique souris conçue pour les gauchers, j’en parlais ici. Tout allait bien, confort et ergonomie. Jusqu’à ce que, dernièrement, elle décide de double-cliquer toute seule. Sans prévenir et aléatoirement. Double-cliquer ou plutôt interpréter un simple clic comme un double. Je vous laisse imaginer les crises de nerfs et les grognements de rage. Rien que de déplacer un document devenait un véritable calvaire, sans compter les fausses manipulations occasionnées. Avant de lui offrir un vol plané bien mérité depuis le quinzième étage en direction du bitume, je me renseigne auprès de l’assistance technique du constructeur. On me répond que le problème est connu sur les souris de la marque. Pas un problème logiciel mais matériel. Invariablement on me propose un retour pour un échange. Et je me rends compte de l’ampleur du problème après avoir lu les centaines de messages le concernant sur le net… Comme cette souris n’est pas disponible en Corée, je n’allais pas attendre des mois d’aller-retours aléatoires par courrier pour retrouver mon petit rongeur. Finalement, quitte à faire sauter la garantie, j’ai suivi pas-à-pas les conseils en images proposés sur ce site, par . Est expliqué comment ouvrir une souris et démonter le système de clic. Naturellement, le problème concerne de minuscules pièces difficiles à tenir du bout des doigts, plutôt fragiles. Il m’aura fallu une bonne demi-heure pour en venir à bout. Je pense même cauchemarder en repensant à cette fine petite plaque de cuivre récalcitrante impossible à remettre en place sans de longues minutes d’entraînement avec le risque permanent de tout foirer. Finalement, j’ai remonté le tout et oh miracle, ça fonctionne à merveille.

Passée l’anecdote qui pourrit une bonne partie de l’après-midi, je suis toujours très étonné de voir un produit qui n’est pas donné avoir comme talon d’Achille une pièce en cuivre ridicule et microscopique. En bref, la bête est belle et clignote, pratique et agréable mais à l’intérieur c’est du tout-venant. Je sais maintenant où sont partis mes euros… dans un service après-vente réactif.

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Vendredi 9 mars 2007

Réponses

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O

n me pose souvent des questions intéressantes dans les commentaires de mes messages. Je réponds le plus souvent possible, quand bien sûr on ne me demande pas n’importe quoi, héhé. Et je me suis dit que j’allais faire un petit récapitulatif avec quelques réponses remises en forme, que tout le monde en profite ;)
Jean-Paul me demandait : «Tes croquis de couverture sont pratiquement des crayonnés définitifs, est-ce que c’est ta méthode de travail qui fait que tu les pousses autant, ou est-ce que c’est plus une demande de l’éditeur qui souhaite vraiment voir des recherches abouties ? Autre question est-ce qu’il arrive que l’éditeur te demande des recherches couleur ?»
J’ai répondu que pour les crayonnés, oui c’est mon état d’esprit. Même si ça prend parfois un peu plus de temps je livre toujours des crayonnés aboutis. Admettons que j’envoie un crayonné vraiment rapide, pas très détaillé. Imaginons qu’il soit accepté par l’éditeur et que je passe à la mise en couleurs. J’ai toujours la crainte d’entendre ensuite, ah oui d’accord, bon, on n’aime pas trop cette partie là ou ce personnage, on ne voyait pas bien sur le crayonné, on n’imaginait pas ça comme ça, il faudrait retoucher ou refaire, etc. Hum hum. Il me semble que si le crayonné n’est pas très précis ou détaillé on s’expose à ce genre de complications. Avec un crayonné poussé, abouti, détaillé, si on me dit quelque chose avec l’illustration finalisée sous les yeux, je peux toujours me «défendre» en expliquant qu’il fallait demander les modifications au moment du crayonné comme cela se fait habituellement et être plus vigilant. Bien entendu pour que ça tienne la route, il faut s’en tenir à ce qu’on a présenté et ne pas trop s’en éloigner au niveau du dessin (ou sinon dans les limites du raisonnable). Ainsi il me semble que j’ai plus de poids si ça coince. Je préfère «verrouiller» la phase de crayonnés et éviter trop d’ouvertures pour de futurs discussions après coup.
On ne m’a jamais demandé de faire des recherches en couleur. Et je crois que je n’aimerais pas ni n’accepterais. Même si j’ai bien une idée précise de ce que je vais faire en couleur, je n’ai pas vraiment envie de la partager. Car cela me laisse plus de libertés. Même si je sais souvent où je vais, il m’arrive toujours de modifier certaines couleurs pendant la réalisation. Proposer des recherches couleur, je pense que ce serait très contraignant finalement, de mon point de vue. Rassurant pour l’éditeur mais pas pour moi. Généralement quand un éditeur me demande ce que je pense faire comme couleurs, je donne les grandes lignes ou indiquent quelques illustrations sur mon site pour montrer dans quelle veine se situera la gamme de l’illustration.
Ensuite Narkarth m’a demandé si j’envoyais tout le temps les scans de mes illustrations ou les originaux. J’ai répondu qu’il y a quelques années, j’envoyais toujours les illustrations originales aux éditeurs (aussi ce n’était techniquement pas encore vraiment possible via le net). Et puis finalement plusieurs choses m’ont poussé à les scanner moi-même :
- J’ai parfois été déçu par les scans faits par les éditeurs (ou leurs associés spécialisés). Je préfère maintenant les faire moi-même, j’ai de fait un meilleur contrôle sur les couleurs et si ça merde quand même, je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même.
- Je suis en Corée et je suis loin d’avoir une confiance absolue dans les transporteurs genre DHL & co. Même si je n’ai jamais eu de soucis, si une illustration se perdait ou arrivait en mauvais état, gloups…
- Je gagne du temps. Je gagne le temps de l’envoi, c’est-à-dire 4 à 5 jours qui me permettent souvent de bosser un peu plus, parfois jusqu’à la dernière minute.
- Certains éditeurs réclament maintenant systématiquement des scans pour gagner aussi du temps…et de l’argent (plus la peine d’attendre les illustrations dans sa boîte aux lettres et plus la peine de payer quelqu’un pour scanner).
A ce propos, une parenthèse, je trouve bizarre que les illustrateurs ne soient pas payés plus quand ils scannent leurs illustrations eux-mêmes. Cela représente quand même du temps et du boulot. Mais c’est un autre sujet. Il y a encore des éditeurs qui souhaitent recevoir les illustrations originales. Pour le plaisir des yeux et/ou par habitude, et/ou pour garder le contrôle sur la fabrication du livre. Je suis plutôt dans cette optique, un travail «à l’ancienne» (si on peut dire) avec une bonne répartition des tâches. Chacun son job. Mais bon, vu ma situation géographique, c’est un peu plus contraignant.

La discussion se poursuit dans les commentaires…

Vendredi 23 février 2007

Cartes postales

Ecrit dans Technique et matériel. Lu 308 fois. 9 commentaires.

C

omme je passe très souvent des commandes sur Amazon.com, Amazon.fr ou encore Amazon.co.uk, je reçois des offres plutôt intéressantes. En début de semaine, Amazon.co.uk me signale que le site d’impression Vistaprint propose de nombreuses solutions gratuites. Cartes de visite, papier à lettre, cartes postales, etc. C’est par . Bon il y a vraiment tout et n’importe quoi là-dedans, du bon comme du très mauvais. C’est généralement plutôt limité mais je me suis dit que j’allais tester le truc pour voir. J’ai pris l’option 100 cartes postales gratos. J’ai chargé mes images et hop c’est parti. Ca ne coûte que le prix de l’envoi, dans les 5€. Bon, qui sait, le tirage sera peut-être pourri, c’est peut-être une belle arnaque mais je tente le coup.

Lundi 12 février 2007

ENFIN

Ecrit dans Technique et matériel. Lu 978 fois. 4 commentaires.

J

e suis gaucher. Un pur et dur. Du genre à ne pas pouvoir tenir des ciseaux faits pour droitiers ou ouvrir une conserve avec un ouvre-boîte sans que ça devienne un massacre. Je me dis que certains enseignants du primaire qui m’aurait préféré droitier y sont certainement pour quelque chose. Je n’ai jamais vraiment apprécié qu’on me pousse à faire quelque chose contre mon gré. A part serrer des mains et taper sur un clavier, je ne peux quasiment rien faire de la main droite, tenir un stylo ou une fourchette est un véritable châtiment. J’en avais d’ailleurs lâchement profité, à une époque pas si lointaine, en faisant croire à mes parents que je ne pouvais pas tenir un couteau éplucheur. J’évitais ainsi les corvées de patates et autres machins pénibles à éplucher.
Il y a un truc qui m’a toujours fait enrager. Les souris. Ca m’a toujours agacé de voir de magnifiques souris au design classieux, ergonomiques, ultra-pratiques, confortables et adaptées à la prise en main et de ne pas pouvoir les utiliser car systématiquement réservées aux droitiers. Comme celle-ci ou celle-là par exemple. En plus j’ai lu quelques part que les gauchers représenteraient 10 à 12 % du marché des souris, ce n’est quand même pas rien et je trouve curieux qu’on se penche timidement et si tardivement là-dessus. Bien sûr il y a les souris dites universelles, ambidextres, mais, sur le principe, ne pas pouvoir profiter de ce confort et de ce genre de fonctionnalités me fait bouillir.
Heureusement Logitech est là. ENFIN. Ils ont sorti à l’automne dernier une vraie souris pour gaucher. Si si pour de vrai, c’est par . Avec une forme élégante, la place pour le pouce et des boutons partout. Ma moitié me l’offre pour mon anniversaire. J’ai hâte de recevoir mon Graal ;)