Pour Noël mon épouse m’offre la tablette graphique de mon choix. Histoire que je m’essaye un peu aux nouvelles technologies, ah ah ah. N’ayant j’amais vraiment pu m’escrimer avec ce nouvel outil, je vais surtout faire mes gammes pour commencer. Et qui sait peut-être découvrir de nouveaux horizons et défricher un terrain qui m’est encore inconnu.
J’ai fait un peu le tour des forums & co et apparemment c’est Wacom qui tiendrait le haut du panier. J’ai remarqué celle-ci, Wacom Intuos3 A4 (PTZ-930G), qui semble convenir. En même temps je n’y connais rien du tout et je me fie pour l’instant aux avis et recommandations lus à gauche et à droite. Je souhaite quand même un certain confort et de la sensibilité pour pouvoir en profiter pleinement. Un détail non négligeable, en Corée c’est beaucoup moins cher qu’en France, la tablette ne coute ici que 270€, contre 400 et quelques euros en France, miam. Que pensez-vous donc de ce modèle ?

Comme on dit au handball : «j’ai !» J’ai regardé de très près les encrages de Mark Schultz. Je spécule et je ne crois pas que ça puisse être une plume, les lignes me semblent trop courbes et déliées avec un rendu très «granuleux». Ni un pinceau, on sent beaucoup d’énergie et de rapidité dans les traits répétés et je me dis qu’un pinceau serait peut-être trop souple, en plus il faudrait le retremper dans l’encre de temps en temps et là on sent certaines valeurs réalisées d’une traite. Je me suis alors souvenu avoir au fond d’un tiroir un feutre-plume. Cet outil est utilisé principalement pour la calligraphie. Ici en Corée, on en trouve de marque thaïlandaise, coréenne ou japonaise et je sais qu’on peut en trouver partout, très utile aussi pour faire croquis et esquisses. Le feutre-plume est accompagné d’un petit réservoir avec une éponge imbibée d’encre de chine à l’intérieur. Quand on vient de le recharger le trait est très noir, gras et plus on l’utilise, plus la pointe se vide (naturellement). Ce qui donne cet aspect de trait doublé ou triplé accrochant, frottant, le grain du papier. J’ai fait un essai rapide et c’est plutôt concluant. J’imagine qu’avec un de ces feutres-plume de bonne qualité et bien maîtrisé on doit approcher d’une réponse. Qu’en dites-vous ?


Et zou un petit message spécial documentations, références et découvertes. Et presque que de l’illustration américaine «à l’ancienne» dans la veine des Pyle, Wyeth & co. Tout d’abord j’ai épluché Illustration Magazine et j’ai pu découvrir ou redécouvrir des artistes incroyables comme John R. Neill, Harvey T. Dunn. Je copie ci-dessous quelques liens intéressants trouvés dans le magazine, surtout des boutiques mais avec beaucoup d’images :
http://www.johnrneill.net/
http://www.graphiccollectibles.com/catalog/
http://www.girasolcollectables.com/
http://www.illustrationartgallery.com/
http://grapefruitmoongallery.com/
http://www.illustratedgallery.com/
http://www.charlesmartignette.com/
La plupart de ces sites sont loin d’être attractifs, voire carrément moches, mais en fouinant un peu on trouve de belles choses.
Ensuite l’ami Swal m’a passé un lien très très chouette, de belles galeries (ça change de ses mails avec des vidéos pas drôles que tout le monde a déjà vu sur le net six mois en arrière, héhé) :
http://giam.typepad.com/100_years_of_illustration/nc_wyeth_18821945/index.html
Là aussi ça vaut le coup de creuser un peu, beaucoup d’images magnifiques.
Puis un lien vers Goeff Hunt. J’ai découvert ce peintre en cherchant des docs sur les bateaux avant de commencer mon bouquin sur les pirates. Bon c’est hyper-chiadé, faut aimer les bateaux mais ça fait une super doc pour la mer, les bateaux donc, les cieux, etc. On trouve pas mal de choses sur ce bonhomme sur le net, ça vaut le détour.
http://www.artistpartners.com/portfolios/geoff_hunt/index.html
Pour finir, une ou deux fois par an, je passe commande chez l’ami Bud aux States pour m’approvisionner en beaux livres d’illustrations et je suis enchanté par ma dernière commande. J’ai reçu les deux recueils de crayonnés de Mark Schultz. «Ouhlô» comme on dit à Lyon. Le dessin est impeccable, le traité superbe, formes, courbes, volumes, très vivant et dynamique, de belles nuances et gammes de gris. C’est tout à fait le genre de bouquin à double tranchant. Quand je vois ça je me dis que j’ai encore beaucoup, beaucoup, de chemin à parcourir, d’énormes progrès à faire, c’est limite déprimant et ça rend jaloux. Et d’un autre côté ça me donne une patate d’enfer et l’envie de me jeter sur mes crayons et dessiner, dessiner, dessiner. Ces crayonnés communiquent une telle passion et une joie immense, ça déteint, jouissif. En revanche je suis moins fan de son travail en couleur, rien de très original de ce côté-là à mon avis.

J’avais aussi commandé un recueil sur Howard Pyle, rien à dire, excellent comme d’habitude. Et «Stories to Tell» un catalogue d’une exposition new-yorkaise qui devait être de toute beauté. En bavant, j’aurais traîné ma mâchoire derrière moi sur plusieurs mètres en la visitant. Avec les classiques Wyeth, Pyle & co. Mais d’autres à découvrir ou redécouvrir (une nouvelle fois) comme Sarah Stilwell, Walter Harrisson Cady, Dean Cornwell (hallucinant), Charles Dana Gibson, Saul Tepper ou encore Mead Schaeffer qui m’a fait tomber de ma chaise.

La fin de l’année est chargée en belles publications et je vais passer à nouveau commande. J’attends encore un peu, un ou deux bouquins qui m’ont l’air bien sympathiques vont sortir pendant le mois (dont un sur les couleurs de J. Allen St. John, miam). Je les ajouterai aux deux déjà mis dans mon panier, un de crayonnés de Al Williamson et l’autre sur le travail en couleur de Franklin Booth. Encore de belles choses, ça va faire mal…

Et la cerise, un terrible encrage de Mark Schultz. Je suis étonné de voir que certains traits sont «doublés» voire «triplés». C’est superbe ainsi car le noir et les gris de l’image vibrent. Ce traité casse la rigidité que peu parfois prendre un encrage. Un travail très subtil et en prenant du recul (où à la réduction pour l’impression), l’image gagne en précision et en nuances. J’aimerais bien savoir quel sorte de plume ou pinceau est utilisée, je pense à un pinceau fin «abimé» dont les poils se sépareraient mais je n’en suis pas sûr. Si un de mes fidèles lecteurs a une info je suis preneur ;)

La semaine dernière je me suis occupé du crayonné d’une nouvelle couverture pour Fanpro Allemagne pour la gamme l’Œil Noir. Le descriptif de l’illustration à réaliser m’avait fait trembler par sa complexité. Une vue en plongée, deux personnages en duel dans le nid de pie d’un bateau, en bas un abordage et de la castagne à tout va, à gauche le navire attaquant, à droite un kraken prenant les pirates à revers, etc, etc. A mon avis beaucoup trop d’éléments pour une illustration de couverture. Je profite de l’occasion pour une grande parenthèse.
Je pense qu’il y a deux sortes d’illustrations. Les illustrations de couverture qui vont donner une idée de ce qu’on va découvrir dans le bouquin et les illustrations intérieures, qui en regard du texte, le «paraphrasent» ou le complètent. Pour une illustration intérieure on peut coller au plus près du texte, être très fidèle à ce qui est écrit/décrit comme cela se faisait avant. On peut le voir dans certaines éditions des Jules Verne par exemple où l’on ajoutait même la phrase correspondante sous l’image. Ce que j’appelle «paraphraser», une simple mise en image du récit. On peut aussi compléter le texte s’il est suffisamment vague et peu descriptif. Il peut être très intéressant de montrer ce qui n’y est pas ou ce qui est suggéré, je pense par exemple à une ambiance, une heure de la journée, un climat qui ne serait pas précisé. Là le rapport texte / image peut prendre tout son sens. On peut surprendre le lecteur et l’aider (voire l’influencer) dans sa lecture en apportant sa propre vision d’une scène. Pour ma part je préfère ce genre d’illustrations intérieures. Illustrations qui vont enrichir le récit comme je l’avais fait pour mon Robinson Crusoé. J’ai bien entendu respecté le texte et dessiné ce que Robinson faisait. Mais comme le texte était résumé et très synthétisé, j’ai pu donner libre cours à mon imagination, ma sensibilité et à ma vision de l’aventure pour créer une ambiance originale et différente (en tous cas je l’espère). Je préfère de loin réaliser ce genre d’images plutôt que des images simplement accompagnatrices du récit, ce qui parfois peut se révéler ennuyeux. Car prisonnier du texte, il arrive qu’on se retrouve vite dans le rôle du simple «exécutant».
Pour les couvertures mon optique est différente. Une couverture c’est un peu comme une pub, on doit pouvoir la comprendre instantanément, surtout aujourd’hui quand on voit la quantité de livres mis en rayon. Il vaut mieux que sa couverture ne se retrouve pas noyée dans la masse sur les gondoles de la Fnac par exemple. A mon avis une couverture doit être simple et efficace. Evidente. Généralement je les construis en trois temps. Tout d’abord un premier plan qui sera l’élément-clef (le personnage principal par exemple). Ensuite un second plan avec un détail, quelque chose de préférence en interaction avec l’élément du premier plan, quelque chose qui nous donnera quelques informations supplémentaires sur l’élément-clef. Et enfin un décor qui nous renseignera sur là où nous sommes, où se déroule la scène. Toujours trois éléments. Je pense par exemple à ces illustrations là, ici, ici, là ou encore là. En un coup d’œil on peut distinguer un personnage, ce qui le complète et son environnement. Et je libère de la place avec des fonds peu détaillés pour les titres & co de manière à les garder bien lisibles et à ne pas trop surcharger l’image. On va passer rapidement devant une couverture et elle doit en quelques secondes renseigner et accrocher le lecteur qui doit se questionner, qui est ce personnage, où sommes-nous, pourquoi fait-il cela, etc.
C’est pour cela que les couvertures genre «sapin de Noël» où l’œil ne sait pas où regarder, ne m’intéressent pas. Couvertures qui pullulent dans le monde du jeu de rôle, plein de personnages, des décors hyper travaillés, effets spéciaux dans tous les sens, le tout traité de la même manière avec le même niveau de détail, images illisibles, etc. Et là finalement je crois qu’on se retrouve finalement plus face à des illustrations d’intérieur. Je fais vraiment la différence entre une illustration qui sera tirée du texte, descriptive et une illustration peut-être plus générique et suggestive. Je crois que sur une couverture on ne doit pas trop en faire ni trop en dire au risque d’avoir au final une image qui manque de clarté, à la lecture difficile. Injecter juste ce qu’il faut pour éveiller la curiosité du lecteur en distillant quelques informations sur le contenu, laisser son imagination travailler et lui donner l’envie d’en savoir plus.
Pour en revenir à ce crayonné de couverture (qui d’après le briefing devait plus ressembler à une illustration intérieure), nous avons finalement évacué le coup du kraken qui prend les pirates à revers (ce qui pourrait faire le sujet terrible d’une autre illustration) et j’ai planqué le bateau attaquant, on le distinguera à peine sur la gauche, sa proue et un pan de voile. Je me retrouve donc avec un premier plan (le duel), mon second plan (la bataille sur le pont) qui nous aide à mieux comprendre qui sont ces personnages et un arrière-plan qui nous renseignera sur le lieu, en pleine mer, il faut beau, etc. Je pense même que ça pourrait être encore plus fort d’avoir les personnages plus proches du lecteur mais là on risquerait de ne plus distinguer l’arrière-plan et de ne plus trop savoir où l’action se situe…
Ensuite pour éviter de me retrouver avec une grosse bouillie et une image illisible, je détacherai les plans à la mise en couleur. Un premier plan riche et détaillé, très travaillé, des couleurs fortes et pétantes et tout ce qui est derrière traité plus «légèrement», un niveau de détail un peu en dessous avec des couleurs cassées et un petit coup de perspective atmosphérique (brume dans le fond ou couleur tirant vers les bleus) pour ajouter de la profondeur. Ce qui me donne l’idée de faire un message sur comment rendre une image plus lisible, ce sera pour une prochaine fois ;)

J’ai découvert le weekend dernier un excellent logiciel. VueScan. Par habitude j’utilisais le logiciel EpsonScan fourni (et pourri) avec mon scanner. Je n’étais jamais vraiment satisfait à cent pour cent des scans réalisés, toujours obligé de retoucher les couleurs dans Photoshop, parfois lourdement. Et voilà VueScan. Un logiciel qui ne s’installe pas (merci), qui reconnaît des pelletées de scanners avec une quantité d’options affolante. J’étais déjà content de pouvoir bidouiller plus en profondeur les réglages pour gagner du temps lors de futurs scans quand je me suis rendu compte, après plusieurs essais, que ce logiciel exploite beaucoup mieux mon scanner que le logiciel de base fourni par le fabricant ! Sans rien faire de particulier, les scans sont meilleurs que ce soit au niveau de la définition, du grain, de la netteté, la luminosité et surtout du rendu des couleurs. Avec en plus un ou deux réglages pour parfaire l’ensemble j’arrive maintenant à des scans au plus près de l’original. Impeccable.

Complètement par hasard, je suis aussi tombé sur cette efficace petite extension du menu contextuel de Windows : Upload Express. «Upload Express est une extension de l’explorateur windows. Depuis le menu du clic droit, selon l’extension du fichier, il vous est possible d’uploader des images directement sur ImageShack©, YouSendIt©, ou un FTP (à vous de le paramétrer), sans passer par une interface web.» En gros en deux clicks on uploade son image là où on veut. Infiniment plus pratique que d’ouvrir un logiciel et faire quantité de manips pour arriver à ses fins. Un gain de temps considérable et je me demande toujours pourquoi ce genre d’extension salvatrice n’est pas incluse d’office dans Windows… Heureusement qu’il y a des petits malins qui passaient par là.










