Ce matin je suis allé à Yongsan pour acheter un disque dur externe. Yongsan c’est LE quartier du matos informatique de Séoul. Des kilomètres et des kilomètres de magasins et boutiques informatiques. Un arrondissement entier consacré. En plein air, en sous-sol et haut dans les airs. On trouve absolument tout ce que l’on veut à des prix défiant toute concurrence et on paye en liquide pour éviter les taxes, ce qui allège considérablement la facture. A l’extérieur ce sont des marchés, de véritables marchés avec du matériel sur les étales, écrans, portables, supports, connectiques, etc. Assez impressionnant. Et à l’intérieur c’est un véritable dédale de toutes petites boutiques, de couloirs interminables, pas de climatisation, ça chauffe et on croise une faune étonnante. Entre le ballet incessant des livreurs et autres coursiers, des businessmen venus acheter la dernière clef usb aux couleurs de l’équipe de foot coréenne, des cinglés de l’informatique cherchant le câble providentiel pour customiser un peu plus leur bécane, des étudiants perdus à la recherche des cds vierges les moins chers possibles… Heureusement ce n’est pas la foire d’empoigne, ni un truc du genre refourgage de matériel tombé du camion. Tout est vérifié et sérieux. Avant de se rendre sur les lieux, je jette toujours un œil aux comparateurs de prix sur le net pour trouver la boutique qui proposera la meilleure affaire. Ensuite une fois sur place, après avoir arpenté les couloirs des différents niveaux pour retrouver la boutique en question, on peut encore négocier un peu le prix. En soirée et le weekend c’est impossible de faire deux pas, trop de monde, dans un brouhaha infernal. Ce matin c’était plutôt calme, j’ai trouvé mon bonheur et la balade fut amusante, un bien drôle d’endroit qui vaut le détour.

Hier soir rapide visite chez mes nouveaux amis pour imprimer mes derniers - grands - crayonnés à mettre en couleur. Il y avait une ambiance sympa, c’est serré, exigu, je me demande bien comment ils font tenir tout ça, une douzaine d’ordinateurs, papiers de tailles variées et imprimantes volumineuses, dans un si petite espace. Il y fait chaud à cause des machines et ça bosse de tous les côtés. Pendant que mes crayonnés voyaient le jour sur un beau papier, je remarquais un gros monsieur préparant des jaquettes de dvd pour une vidéo d’entreprise il me semble (à moins que…des hommes mûrs en habits de chantier, chemises à carreaux et casques orange, c’est bien une vidéo d’entreprise, non ?), à côté du gros monsieur, ce qui ressemblait à un étudiant, il avait un bonnet et des lunettes de skis, préparait des affiches aux couleurs agressives et plus loin une douce jeune fille mettait en page des plaquettes aux couleurs sereines au titre surprenant qui me laissa perplexe et occupa une bonne partie de mes pensées pendant le retour en métro, attention pas de méprise, je parle bien du titre des plaquettes : «Screaming Bouddha»…

(………) Soupir de soulagement. Hier je suis allé dans le quartier Chungmuro, dans le centre de Séoul pour rendre visite à ce fameux imprimeur. En fait il ne s’agit pas vraiment d’un «imprimeur», mais plutôt un genre de cybercafé de l’impression. Une bonne douzaine de Mac, Pc qui tournent en permanence et des imprimantes de toutes tailles avec une monumentale à rouleaux que je vais utiliser, celle-là (dans les 10.000 euros, gloups). Tout est là pour qu’on puisse imprimer dans les meilleures conditions et j’ai vu bon nombre de magasins du même genre dans ce quartier, étonnant. Dans la boutique il y avait quelqu’un qui imprimait des flyers pour une soirée, une jeune fille qui s’occupait de faireparts et d’autres qui préparaient des plaquettes pour vendre je ne sais quelle pièces métalliques. Et j’ai donc pu imprimer mon grand crayonné comme je le souhaitais. En fait il faut que j’apporte une feuille de 70 x 110 cm de mon papier fétiche et le gérant imprime ce que je veux dessus, en couleur ou noir & blanc. Cette énorme imprimante étant habituellement destinée aux plans d’architectes ou aux affiches. En plus ça ne coûte pas plus de 7000 wons, c’est-à-dire moins 6 euros. Un détail intéressant, le magasin est ouvert 24h/24h pour rentabiliser le matériel, c’est sympa pour les clients, certainement moins amusant pour les employés. Enfin bon, voilà une affaire réglée, grâce à cette découverte je vais gagner des jours de boulot, impec. J’y retourne en fin de semaine, une fois que j’aurais préparé la pelletée de grands crayonnés que j’ai à imprimer.
Donc pour récapituler, une petite mise à jour rapide de mon tuto sur la préparation :
1. Je crayonne en bleu mon dessin sur du papier brouillon.
2. Je scanne le crayonné, le passe à la moulinette Photoshop pour les niveaux de gris, rendre les traits plus noirs, faire ressortir le blanc, nettoyer et recadrer.
3. J’imprime sur du bon papier avec mon imprimante A3+ si on est dans un «petit» format sinon, si c’est plus grand, direction Chungmuro et mes nouveaux amis.
4. Avec de la laque, je fixe l’encre imprimée.
5. Je passe mon jus coloré et 6…
…je passe à la couleur.
Autre chose, pour celles et ceux qui écrivent des commentaires à la suite de mes messages, n’hésitez pas à laisser une adresse email que je puisse vous répondre, surtout si vous posez des questions. Pour les paranos, ne vous inquiétiez pas, l’adresse ne s’affichera pas sur le Journal de Bord, uniquement en interne, pour moi, dans la partie administration.
Et hop c’est reparti pour une semaine acharnée. En plus je fais face à des soucis purement techniques et matériels. Je travaille de plus en plus grand, ceci étant du au format des albums que je suis en train de réaliser (ou les double-pages pour Science & Vie Découvertes). C’est-à-dire des illustrations finales qui tournent autour de 30 x 40 cm. Le format original est d’environ 25 x 30 cm et comme je travaille toujours à 130% pour gagner en précision et définition à la réduction, ça donne de grands formats. Ajoutez à cela de la matière supplémentaire pour permettre au maquettiste de rogner un peu l’image sans souci lors de l’intégration à la mise en page, plus des marges pour que je puisse tendre le papier comme il faut, on arrive au final avec une surface nécessaire de papier autour de 40 x 50 cm. Et ça, malheureusement, ça n’entre pas dans mon imprimante A3+, argh… Auparavant je reprenais tout à la table lumineuse sur le format 40×50. J’imprimais mon grand crayonné sur des A3 que je collais entre eux pour recomposer l’image et direction la table lumineuse. Mais c’est laborieux, long, inintéressant au possible et pour couronner le tout je perds un peu de la fraîcheur de mon crayonné en le reprenant ainsi, mon but étant de ne pas avoir à toucher le crayonné de départ (comme je l’ai expliqué en détails ici).
Demain je vais voir un imprimeur qui - apparemment - pourrait imprimer mes 40×50 sur le papier que je veux. J’espère que ça va marcher. Je gagnerai du temps, beaucoup de temps en ne reprenant pas mes crayonnés sur du grand papier et surtout je pourrai les conserver intacts. Enfin bon, de la cuisine interne, le genre de casse-tête auquel on ne s’attend pas toujours… Pour remédier à tout ça une bonne fois pour toute, j’envisage d’ailleurs d’investir dans une imprimante A2, j’ai des vues sur une Epson Stylus Color 3000, là je pourrai tout faire pépère à la maison et ne plus me casser la tête avec ces histoires de papier. Bon, en attendant j’ai fini mes quelques crayonnés pour Warhammer, en voilà un, le «chaos organ»…

Ce matin je me suis séparé d’une amie de dix ans. A contre cœur. Dix longues années de proximité, d’entraide et d’affection. Depuis dix ans elle me soutient et m’a toujours soutenu dans tout ce que je réalisais. Toujours là, présente. Fidèle. Complice. Ce matin je me suis rendu compte que c’était fini. Je l’ai trouvé fatiguée. L’usure a eu raison d’elle. Cependant quand je la regarde, quand je l’observe, chaque crevasse, fissure, chaque vestige me rappelle un souvenir. Chaque petite vallée, chaque colline est liée à un moment bien particulier. Liée à une image. Mais trop vieille et trop usée, techniquement difficile à exploiter depuis quelques temps déjà, je vais la ranger dans un coin, en souvenir de dix années de bons et loyaux services. Sans pitié, je l’ai déjà remplacé. La nouvelle est froide, sans vie mais attend les premières touches pour prendre forme. Allez, adieu palette…










