ette semaine, quelques news et surtout de la technique. Tout d’abord sur les forums de l’éditeur français Black Book, on peut lire ce message, ici en milieu de page, concernant un projet de jeu de rôle destiné aux plus jeunes : « Nous fignolons donc actuellement notre futur jeu d’initiation : Chroniques Oubliées. Il s’adressera principalement au 8/14 ans mais pourra aussi servir à faire partager notre passion à des amis plus âgés ». Je trouve que c’est une formidable initiative. La Fantasy & co faisant actuellement de gros cartons au cinéma et dans l’édition jeunesse, c’est la période idéale pour lancer un projet ambitieux d’initiation. Je me souviens de mes premiers pas dans le jeu de rôle, autour de 12~13 ans, et avaler des règles complexes et touffues ce n’était pas évident. Je leur souhaite bonne chance !
Puis, chez John Howe, par là, une réflexion anecdote très intéressante sur le métier, les droits, l’exploitation et la reproduction des images. Ensuite, les éditions Milan, à Toulouse, propose, le 23 mai, des journées portes ouvertes pour les illustrateurs. L’occasion idéale pour se faire une idée de leur catalogue et surtout présenter son travail. Que vous soyez débutant ou confirmé, les portes sont ouvertes, une bonne initiative aussi, par ici. Et ce serait sympa ensuite d’avoir des retours sur ces rencontres.
Côté technique, une astuce pour Vista bien sympathique permettant de créer des dossiers virtuels avec ce que l’on veut dedans, par là. Par exemple vous avez, comme moi, des images éparpillées dans des centaines de répertoires un peu partout. Il suffit de faire une recherche, enregistrer le résultat de la recherche comme un dossier virtuel qui sera consultable directement. Pratique et efficace.
Ensuite, oui encore des polices, pour le coup il n’y en a pas des milliers mais une sélection qui vaut le détour, par ici.
Puis, de jolies bidouilles pour mettre en place des galeries d’images bluffantes et très jolies, par là.
Pour finir, sur le blog Freewares et Tutos, on peut trouver des dossiers riches en infos réunissant des pelletées de logiciels. Comme ici par exemple avec tout ce qu’il faut pour manipuler, bidouiller et gérer les PDFs sans débourser un centime. Et là, la liste de ces thématiques. Sur le même site, j’ai découvert Yudu Freedom qui transforme les PDF en livres virtuels, ça peut être sympa pour présenter joliment un book en ligne, à tester. Dans le même genre, il existe PageFlip pour Wordpress, transformant les documents en livres virtuels. Plus classieux, j’ai fait un petit test ci-dessous…
Page Flip - WP_PageFlip
Réalisé avec WP_PageFlip.
Pour voir l'animation du catalogue interactif vous devez installer la dernière version de Flash player.
n début de semaine, j’ai peaufiné et bouclé les crayonnés pour Nils Holgersson. J’ai donc maintenant le feu vert pour passer aux pinceaux et tubes de peinture, chouette. En attendant de voir peut-être quelques mises en couleurs, ci-dessous quelques crayonnés que j’aime bien avec leur mise en pages, pour donner une idée. Les images se passent de commentaires et c’est marrant, en acceptant d’illustrer Nils Holgersson, je n’avais pas imaginé que dessiner des oies et un jars sous toutes les coutures se révélerait passionnant. Ces bestioles ont de beaux volumes, de belles courbes agréables sous le crayon. Et je le souhaite sous les pinceaux encore plus !
Pour des réalisations de cette ampleur, pour des albums (et pour les couvs aussi bien entendu), je demande toujours le texte mis en pages avec les emplacements des images, histoire de bien tout caler et gérer au mieux le rythme, le sens de lecture, l’enchaînement des pages en alternant plans rapprochés, grands décors, détails, etc. Aussi, j’ai eu l’idée pour les pages de garde du livre de dessiner une carte du nord de l’Europe avec par-dessus, le trajet de Nils et des oies indiquées. Ainsi le lecteur pourra mieux se repérer et se rendre compte des distances et régions parcourues. Malheureusement j’ai un mal fou à trouver un tel document… Est-ce que par le plus grand des hasards, un ou une de mes lecteurs-lectrices aurait une édition de Nils Holgersson avec une carte et le périple ? Je profite honteusement de ce message pour lancer cette bouteille au web, qui ne tente rien n’a rien, n’est-ce pas ?




es derniers temps, j’ai réalisé un deuxième lot d’illustrations pour le jeu en ligne Sang & Sueur, par là. Je parlais du premier lot ici et ces premières images sont par là. Pour ce deuxième lot, j’ai réalisé une nouvelle série de bustes et visages pour le petit générateur de portraits proposé aux joueurs, une nouvelle série d’armes et armures et quelques personnages pour illustrer le jeu (en voilà un ci-dessous). Pour voir les autres images, il faudra aller briser quelques coudes et mordre quelques oreilles de gladiateurs sur Sang et Sueur !

e weekend, Goupil, en commentaire, a eu la bonne idée d’écrire ceci : « Combien de temps passez-vous à chercher des contrats ? Surtout au début ça représente énormément d’heures souvent pour rien, et c’est cela de perdu pour la productivité. Est-ce que ça vaudrait une entrée de blog ? »
En effet, cela mérite amplement une entrée…
Il y a dix ans, quand j’ai mis les pieds dans l’illustration, n’étant pas sur Paris, je ne pouvais pas facilement rencontrer et démarcher les éditeurs directement. Editeurs souvent repérés via de longues heures de prospection dans les librairies pour se projeter dans telle ou telle collection, ou conseillés par des amis illustrateurs ou encore découverts via des catalogues et annuaires de salons. J’envoyais donc des dossiers de photocopies de mes illustrations. Ensuite, si une dizaine de jours plus tard, je n’avais pas de réponse (positive ou négative), je passais un coup de fil pour m’assurer que le dossier était bien arrivé et s’il était possible d’avoir un petit retour, des conseils, commentaires ou suggestions. Petit à petit, cela m’a permis de mieux cibler mes envois. Deux à trois fois par an, je prenais une bonne dizaine de rendez-vous et me rendais sur Paris pour présenter mon travail. Bien entendu, j’ai eu mon lot de politesses et portes dans les dents, mais au fil du temps, je pense m’être fait remarquer et connaître. Ces démarches aussi soutenues par une présence sur les salons, du livre à Paris en mars, jeunesse à Montreuil en décembre, Bologne en Italie au printemps…
Une remarque par rapport à la question de Goupil, ce n’est jamais pour rien. Ca prend beaucoup de temps, c’est souvent difficile voire laborieux mais ça fait partie du jeu et ce n’est jamais pour rien, je répète. Tout simplement parce qu’une majorité d’éditeurs conserve les dossiers envoyés, sous le coude, pour une future occasion ou nouvelle rencontre. Il m’est souvent arrivé d’être contacté des années (je dis bien des années) après avoir envoyé des dossiers ici ou là. Ce n’est pas du temps pris sur la réalisation d’illustrations mais du temps pris pour se préparer un avenir, monter un carnet de contact, se faire voir, connaître, remarquer.
Et surtout, il faut persévérer. Ce n’est pas parce qu’un éditeur vous dit non aujourd’hui, que ce sera la même chose demain. Au début, il m’est arrivé de rencontrer des éditeurs dans leurs bureaux, se disant intéressés mais rien de concret et puis, plus tard, sur un salon ou ailleurs, on se rencontre à nouveau, ils se souviennent peut-être de mon travail, de moi ou d’une image et là, ah oui, une nouvelle collection va pointer son nez ou je ne sais quelle perspective et nous allons pouvoir collaborer.
Il faut aussi savoir se rendre disponible. A mes débuts, je résidais à Lyon. Un matin, Pierre Marchand, directeur d’Hachette jeunesse à l’époque, me téléphone. Il souhaitait me rencontrer rapidement, peut-être du travail. Il me dit qu’il voit sur mon dossier que je suis sur Lyon et me demande quand je pourrais venir à Paris ? Je réponds du tacotac que je peux être dans son bureau le jour même, dans l’après-midi. A l’époque, je ramais, les débuts toujours difficiles mais j’ai cassé ma tirelire pour me payer l’aller-retour à Paris dans la journée. Je pouvais difficilement me le permettre financièrement mais il faut battre le fer quand il est chaud. Le rendez-vous a duré une petite vingtaine de minutes et je suis rentré chez moi, le soir, avec de très bonnes pistes qui allaient se transformer en contrats conséquents dans les semaines suivantes. Comment dire, je perdais une journée de boulot, prenant ainsi du retard sur mes projets en cours, question sous j’étais limite, mais ce que ça m’a apporté ensuite en valait largement l’effort…
Aujourd’hui, je démarche toujours. Moins intensivement, mes illustrations et publications travaillant pour moi. Mais deux fois par an ou en pointillé, au fil des news, des annonces et bruits de couloir dans l’édition, je contacte de nouveaux éditeurs ou me rappelle au bon souvenir d’autres. Je fonctionne uniquement par emails, invitant ces contacts à visiter mon essentiel, ici. J’ai remarqué que la plupart du temps, je travaille beaucoup au printemps pour les ouvrages à paraître à l’automne pour les fêtes de fin d’année et plutôt à l’automne pour les publications du printemps. Donc j’envoie des messages à la fin de l’été et à la fin de l’hiver.
Même si maintenant les commandes tombent régulièrement, j’entretiens ces démarches pour de nouvelles collaborations, peut-être découvrir de nouveaux univers et me tenir dans le flot. Aussi, et surtout, car on n’est jamais à l’abri d’une peau de banane. Il m’est arrivé une ou deux fois de m’endormir sur mes petits lauriers, me disant que ça va, tout va bien, le téléphone sonne tout seul mais quelques temps plus tard, un projet capotant par exemple, je me suis retrouvé le nez dans l’eau, en rade, sans boulot. Ca peut faire des dégâts et j’ai amèrement regretté de ne pas m’être bougé les fesses en maintenant le contact. Pour tout vous dire, cela m’est encore arrivé dernièrement, en début d’année. Même avec l’expérience douloureuse de situations difficiles auparavant et prévenu, je me suis retrouvé à tirer la langue à cause de fâcheuses coïncidences et un planning mal agencé, un projet qui ne se concrétise pas et un ou deux autres prenant du retard en même temps. Trop confiant, j’ai manqué de prudence à l’automne dernier, au début de l’hiver et je n’avais pas relancé la machine, persuadé d’être débordé dans les semaines à venir… Si je l’avais fait, comme à mon habitude, j’aurais peut-être eu d’autres pistes et projets qui m’auraient permis d’éviter ces tracas. Aïe, ce n’est jamais facile de redresser la barre dans ces cas-là et j’ai passé quelques semaines périlleuses… Et puis je me dis que si, finalement, toutes les pistes se concrétisent et que tout tombe en même temps, et bien tant mieux, je ne me plaindrai pas, bien au contraire, les nuits seront courtes, il faudra mettre les pinceaux double mais au moins, je conserverai la tête hors de l’eau. Dans à peine plus d’un mois, je reviens en France après cinq années en Corée à communiquer essentiellement via emails interposés. Ce retour va me permettre de reprendre un peu le book sous le bras et démarcher les éditeurs français en chair et en os, disons « comme avant ». Les emails, c’est bien pratique, mais ça ne remplacera jamais une vraie rencontre.

epuis quelques temps, j’ai beaucoup évolué sur ma manière d’aborder les crayonnés. Auparavant, je les considérais comme des illustrations à part entière. Je les travaillais en valeurs, d’une pièce, d’un seul tenant, chiadés, pour faire de jolies images, comme ici par exemple. Mais maintenant, je ne les vois plus - que - comme des canevas, uniquement des supports pour la couleur. Bon, tant mieux si le crayonné est sympa quand même mais un vilain crayonné ne me chagrine plus du tout.
Dorénavant je fais plus intervenir l’ordinateur comme outil de mise en page. Ci-dessous à la manière d’un mini-tutoriel, l’élaboration de mon dernier crayonné de couverture pour les éditions Paizo. Un crayonné pour une couverture d’une nouvelle gamme, dans le même esprit que celle-là (sans le gros logo étoilé). C’est-à-dire une illustration pleine page couvrant l’intégralité de la surface. Mais une illustration recouverte de deux bandeaux transparents recadrant la scène. Je dois représenter trois personnages de la série, un moine, une petite druide accompagné de son gros matou et une barbare découvrant une porte elfique noire au fond d’une sombre forêt de conifère. De cette porte vont débouler créatures et monstruosités d’un autre âge…
Comme je l’expliquais ici, j’ai une idée bien précise voire très précise de ce que je veux mettre en image, composition, cadrage, personnages (appuyée par une bonne recherche de docs). Maintenant, je commence par une petite mise en place rapide et cracra de ce que j’ai en tête pour délimiter les espaces. Mon idée est de tourner les personnages vers la porte avec un cheminement du regard en zigzag, le moine au premier-plan nous dirige vers la barbare qui, avec le matou, nous aiguille vers la druide qui nous fait plonger vers la porte et ses noirceurs. Je précise que, volontairement, j’ai choisi de ne pas montrer clairement les visages des personnages. Car cette couverture s’inscrit dans une série, les joueurs les connaissent certainement déjà et je préfère me focaliser sur le cœur de la scène, la porte, les faisant passer ainsi au second plan (au niveau du sens de l’image). En masquant un peu les visages, le lecteur ne s’attarde pas, ne se casse peut-être pas la tête pour s’identifier ou non et file directement vers le fond de l’image…

Puis je crayonne tous les éléments séparément, personnages, décors, certains détails. Ainsi il me sera plus facile de modifier ces différentes parties de l’image pour mieux les agencer, équilibrer l’image, réduire ou agrandir certaines zones, etc.



Pour finir, direction Photoshop et bidouillage intensif pour bien caler tout ça, au bon format, avec quelques ajouts de calques de branchages détourés trouvés dans mes docs… Il y a quelques petits trucs - sur le crayonné - qui coincent comme la petite druide qui peut sembler « posée » sur la main du moine ou sa serpe un peu trop proche du menton du moine mais c’est tout à fait le genre de détail qui se gère et s’arrange avec les couleurs grâce aux profondeurs, aux différences de teintes, couleurs, luminosité, etc. J’ai hâte de passer à la couleur !











