Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 563 fois. 2 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Mythologie.

Depuis début septembre les séries américaines font leur rentrée. J’ai suivi de près l’actualité à la recherche de la nouvelle perle. J’ai surtout regardé les épisodes pilote de certaines séries. D’autres ont déjà avancé un peu, ce qui permet de se faire une idée un peu plus précise. J’ai aussi lu je ne sais plus où un article très intéressant sur le nouvel Hollywood. Celui des séries télé. Je résume. On expliquait en gros qu’Hollywood délaisse maintenant le cinéma qui n’est plus que du divertissement, on ne prend plus aucun risque, on ne fait plus que des remakes ou des suites, on adapte des franchises déjà existantes dans l’unique but de se remplir les poches et tant pis si c’est mauvais, mal raconté, inintéressant, creux, etc… Hollywood se tourne maintenant vers les séries, débloquant des fonds conséquents, voire quasi-illimités par rapport à ce qui se faisait il y a quelques années en arrière. Et là on redécouvre l’originalité, les bonnes histoires, le sens de la narration, la qualité du jeu d’acteur, etc. La bataille est rude, la barre très haute et les risques sont majeurs, financiers et artistiques. Les chaines américaines, NBC, CBS, Fox & co, luttent tous les soirs et scrutent les taux d’audience. Même si parfois les retombées peuvent être douloureuses, comme arrêter une série après six épisodes par manque de téléspectateurs, l’émulation des créateurs pour tenir le haut du panier bat son plein. Pour le plus grand plaisir des fans de séries comme moi. De plus en plus on voit apparaître des séries haut de gamme qui jouent sur la durée en développant des personnages, creusant une intrigue, etc. Bref en tirant partie de tous les avantages du support télé.
Il y a trois séries qui m’ont tapé dans l’œil.

Tout d’abord Jericho :

«Une catastrophe nucléaire plonge les habitants d’une petite ville du Kansas dans le chaos. Le pays est-il complètement ravagé ? Y a-t-il d’autres survivants ? Les doutes, les peurs et le désespoir commencent à gagner le petit groupe de survivants. Mais face à cette épreuve, le pire comme le meilleur peut surgir…» Pour l’instant seul le pilote a été diffusé et ça tient bien la route. Même si dans ce premier épisode la facture est assez classique et le traitement plutôt linéaire on sent que ça peut devenir passionnant, jouant sur les peurs de ces habitants face à l’inconnu, sur la paranoïa qui en découle, sommes-nous les derniers, que s’est-il passé, comment gérer une telle situation, pouvons-nous sortir, etc. J’ai hâte de voir la suite. Assez original pour le détour.

J’ai aussi vu le pilote de Heroes :

«Des gens aux pouvoirs extraordinaires vivraient parmi nous. Un jeune idéaliste essaie de convaincre son frère politicien, qu’il sait voler… Une pom-pom girl découvre qu’elle est invincible… Un prisonnier se réveille en dehors de sa cellule… Une artiste, rongée par sa dépendance aux drogues, a la faculté de peindre l’avenir… Un flic a le pouvoir de lire dans les pensées… Au Japon, un jeune homme peut arrêter le temps et se téléporter… Leurs destins se croisent.» Premier épisode plutôt réussi surtout axé sur la présentation des différents personnages et leurs étranges facultés. On n’est pas vraiment dans le trip mutant à la X-Men ou super héros en collant et couleurs criardes. Ca semble plus «réaliste» et terre-à-terre. Apparemment la série va aussi beaucoup jouer sur les connexions entre les personnages, un peu comme dans Lost où tout le monde se croise à un moment ou un autre sans s’en rendre compte. Pour l’instant on ne sait pas du tout vers quoi on nous dirige, mystère total, mais là aussi la quantité d’ouvertures possibles est accrocheuse. Le hic à mon avis c’est le côté un peu trop culte avant l’heure. Dans Heroes on se la joue un peu trop mystico-philosophico-je-ne-sais-pas-quoi et j’espère que ce côté un peu prétentieux s’effacera avec la suite.

Mon gros coup de cœur c’est Vanished. J’adore :

«La femme d’un éminent sénateur des Etats-Unis disparaît. Au fur et à mesure de son enquête l’agent du FBI Kelton découvre que ce n’est que la partie visible d’un bien plus vaste complot…» Un scénario policier archi-classique et déjà exploré maintes fois que ce soit à la télé ou au ciné. Mais, déjà six épisodes de diffusés et qu’est-ce que c’est bon ! Très très bien ficelé avec une réalisation efficace et nerveuse au service de l’histoire. On sent que les scénaristes ont un fil rouge en béton et vont dévoiler l’histoire petit à petit. On découvre en même temps que les différents personnages les dessous de l’affaire et plus on creuse et plus cela devient intriguant, mystérieux et passionnant. On n’a pas du tout le sentiment d’avancer à tâtons ou de se faire balader péniblement comme cela peut se ressentir dans Lost ou 24H au gré du manque d’inspiration des scénaristes. C’est construit et réfléchit. En plus on ne s’ennuie pas une seconde, haletant, un bon rythme avec son lot de révélations et réponses à chaque épisode et ce sans relances inutiles ou rebondissements providentiels pour nous tenir en haleine. Le scénario a l’air suffisamment riche, complexe et tentaculaire pour nous scotcher une saison entière. Un très bon polar.

Voilà mon petit tour d’horizon de cette rentrée. J’en ai vu d’autres sympas si on aime vraiment les genres policier/fantastique/SF comme Brotherhood, une plongée dans l’univers mafieux américain un peu dans le même trip que les Soprano mais en plus réaliste il me semble, dans la veine de The Wire. Ravi de découvrir ces nouvelles séries même si leur avenir peut être incertain. Ca fait du bien de voir un peu de neuf. Même si les thèmes de ces séries peuvent paraître bateau au premier abord, je me dis que le format série télé peut donner des étincelles en jouant sur la durée d’une ou plusieurs saisons pour les développer en profondeur (enfin j’espère). En plus la qualité est au rendez-vous, ça me rassure après certaines terribles déceptions comme le début de la deuxième saison de Prison Break par exemple…
Et mon seul regret quand je regarde ces séries, c’est… de ne pas être américain. Je ne suis jamais allé aux Etats-Unis et ça a forcément un côté exotique à regarder, une certaine distance, un environnement différent de celui dans lequel je vis, culturel ou géographique, pas ou peu de repères, des subtilités qui m’échappent certainement. Je me dis que l’immersion et la projection dans les personnages doivent être beaucoup plus fortes quand on vit dans les villes où se déroulent ces aventures, quand on a les mêmes produits à la maison ou qu’on reconnaît tel ou tel accent régional, on doit être pris aux tripes bien plus fortement… Maintenant j’attends une ou deux autres séries qui débarquent le mois prochain, The Nine par exemple («Une interminable prise d’otages se termine en un véritable carnage ! Seules neuf personnes en réchappent. Que s’est-il passé lors des longues heures d’angoisse à l’intérieur de la banque ?») ou celle qui feront leur entrée à mi-saison comme Traveler. De quoi s’en mettre plein les mirettes ;)

Vendredi 30 juin 2006

d’artiste

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 553 fois. 3 commentaires.

Benjamin Fleury me signale la publication prochaine d’un bouquin qui m’a l’air très très intéressant. On en revient au numérique. Un bel artbook réunissant des pointures du numérique qui il me semble font partie de ceux qui font avancer le schmilblick numérique à grand pas, techniquement mais surtout artistiquement et esthétiquement. De nouvelles manières de travailler, une nouvelle approche de ce formidable outil. Le bouquin c’est «d’artiste : Concept Art» et tous les bouquins édités par cet éditeur valent le détour, j’avais pu jeter un œil à celui sur le Matte Painting, très classe. Le site de l’éditeur est riche en informations, on peut même avoir un aperçu de l’ensemble des bouquins, comme ici par exemple. Ça me fait penser qu’un de ces jours je vais sortir de mes marque-pages les sites des artistes numériques qui à mon avis valent le détour, je vais m’occuper de ça.

Jeudi 8 juin 2006

Black & White

Ecrit dans A voir et à lire sur le net. Lu 463 fois. 6 commentaires.

Ces temps-ci je suis tellement à la bourre sur mes boulots que je n’ai pas vraiment le temps de me balader sur le net et faire des découvertes. Heureusement l’ami Swal est là. C’est toujours bon d’avoir un Christophe Swal sous le coude pour dénicher de chouettes sites. Aujourd’hui du noir et blanc, Splashpageart. Ca fait du bien de voir de la belle ouvrage et ça change un peu de la couleur. En plus ils ont eu la bonne idée de présenter les illustrations originales, non imprimées, à l’état brut, non nettoyées. J’adore voir les coups de pinceaux, les aplats pas si plats que ça, les erreurs, les imperfections, parfois du crayon bleu sous le crayon gris, sous l’encrage, etc. Je trouve même que la plupart de ces travaux sont beaucoup plus beaux et intéressants présentés comme ça à «chaud», on ressent le travail de l’artiste et c’est tout de suite moins «ennuyeux» qu’un travail imprimé, tout «plat» genre pot de peinture dans Photoshop (si vous voyez ce que je veux dire). Les zones blanches ne sont pas propres et immaculées, les tons sombres et les ombres vibrent, les images me semblent plus riches, plus denses et vivantes.

Jeudi 6 avril 2006

Drogue dure

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 598 fois. 2 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Vitalis.

Depuis quelques temps, quand j’ai un peu de temps vraiment libre, c’est-à-dire vers une heure du matin, je joue. Je nettoie les donjons, visite les villes, fracasse les gobelins et sillonne les vertes vallées du monde d’Oblivion. Quelle merveille. J’ai toujours adoré les jeux vidéo d’aventure, que ce fut sur mon Atari avec Dungeon Master, Ishtar ou Bloodwych, puis je suis passé au PC pour découvrir Eye of the Beholder et maintenant la saga Elder Scrolls avec le dernier en date, Oblivion. Je me régale. D’une part c’est ludiquement très intéressant, passionnant, une difficulté bien dosée, intelligent et terriblement accrocheur. Et d’autre part c’est une source quasi-inépuisable de docs. Si, si, je ne plaisante pas, ce n’est pas une excuse bidon. Techniquement c’est impressionnant et les créateurs, les artistes, derrière ces univers ont un réel talent et un grand sens artistique. Un enchantement pour les yeux. Je me rends compte que finalement je passe plus de temps à regarder les paysages, me balader dans les villes, observer les architectures, objets, armes, créatures et personnages, qu’à jouer. Une réelle source d’inspiration. De plus la liberté de mouvements dans le jeu est à mon avis inégalée. C’est l’aventure avec un grand A, on galope à travers les montagnes, le souffle épique, on passe des heures à écumer cryptes, forts, grottes et ruines à la recherche d’objets magiques, de trésors enfouis. Hier j’ai trouvé une belle épée particulièrement redoutable quoiqu’un peu encombrante, j’ai hâte de l’enchanter avec une de mes gemmes supérieures pour en faire quelque chose de pas mal…

Mercredi 22 mars 2006

Au secours

Ecrit dans Jeux de rôle. Lu 1 252 fois. 7 commentaires.

En lisant cet article édifiant sur les dangers et précautions à prendre face au jeu de rôle je me suis bien marré. Du grand art. On y parle de fuite devant la réalité, identification, dérèglement sentimental et dépendance, schizophrénie et névrose. Rien que ça. Bon, ce site est, il est vrai, un peu «orienté» idéologiquement et certainement pas le plus objectif mais la lecture de cette «étude» vaut le détour. Un impressionnant condensé. Amis joueurs, «rôlistes» comme on dit, attention, vous allez sombrer dans la violence, la démence, le vice et bien d’autres joyeusetés. Quand je pense que c’est grâce à ces univers, ces mondes et ces jeux que tant d’artistes ont pu développer leur talent. Ce qui me surprend sur le site cité plus haut, c’est qu’il ne parle pas - encore - des jeux vidéo ni du hard-rock…

Toujours dans le jeu de rôle, j’ai fini cette semaine quelques illustrations noir et blanc. Six images pour l’Elven Sourcebook (les elfes) ainsi que quatre demi-pages pour le jeu Shadowrun. Hier soir j’ai bossé tard pour apporter la touche finale aux crayonnés des 110 armes et objets magiques… Voilà, fini les crayonnés maintenant il va falloir passer à la couleur. Je travaille le plus souvent de cette manière, dix, quinze jours de crayonnades intensifs puis que de la couleur pour ensuite revenir aux crayonnés et ainsi de suite. Je préfère grouper, c’est plus facile de se concentrer de cette manière et surtout c’est bien plus pratique, ça m’évite un sacré bazar pour changer de matériel.