Aujourd’hui j’ai finalisé le crayonné pour la couverture du «Elven Sourcebook» pour les éditions Fanpro, éditeur allemand de «L’Œil noir», j’en avais parlé brièvement en novembre dernier. Je m’occupe de la couverture couleur du recueil consacré aux Elfes et je vais aussi m’occuper de quelques dessins intérieur en noir et blanc. Sur la couv je représente les grandes communautés elfiques, les «Lea», très classes, précieux, les «Sylvan», vivant dans les forêts au plus près de la nature, les «Ice», habitants des montagnes enneigées et les «Demi-Elfes», mi-elfes mi-humains… Je précise que ce sont les Elfes «de» Fanpro, leur vision des Elfes, très «extra-terrestres» à mon sens et moins «humains» que dans le Seigneur des Anneaux par exemple.

L’année dernière j’avais réalisé une double page sur «La Guerre des monde» de H. G. Wells pour l’Encyclopédie du Fantastique et de l’étrange. Peu de temps après le film de Spielberg était sorti et je n’avais malheureusement pas eu le temps de le voir au cinéma, ma fille est née à cette période-là. Hier soir j’ai donc pu le voir et je me suis régalé ! Wouah ! Je ne m’attendais pas à un film aussi bon ! L’approche du scénario est impeccable, très terre à terre, Tom Cruise ne prend pas son avion pour tuer les aliens (à la Will Smith), toutes les scènes sont vraiment effrayantes, cauchemardesques, que des morceaux de bravoure, j’étais scié. Fascinant. Spielberg est vraiment un maître, c’est très bien raconté, la narration est fluide, inventive et j’ai été sidéré par certaines visions. C’était génial et ça faisait bien longtemps que je n’avais pas été scotché comme ça !
Ensuite j’ai pu voir le dvd bonus avec making-of et interviews. Passionnant, un très bon complément au film. Ça va de l’adaptation, scénario aux effets spéciaux & co, musiques & sons, etc. Très complet (sauf les interviews de Tom Cruise qui a l’air définitivement persuadé qu’il est le centre du monde). J’aime bien l’idée développée par le scénariste, David Koepp, de faire un truc «anecdotique», pas de capitales ou monuments historiques rasés, pas de militaires qui prennent tout en main avec des cartes et des plans, Tom Cruise ne monte pas dans un tripode pour le piloter et sauver le monde, Manhattan ne brûle pas, etc etc. On vit et on suit l’invasion du point de vue de cette famille, de ces trois personnes. En fait ils expliquent clairement qu’ils ont souhaité éviter tous les clichés et faire du neuf. Spielberg a voulu créer des images, des visions traumatisantes qui le traumatiseraient (ce qui explique la puissance de tant de plans !), et c’est le cas en plus, je ne suis pas prêt d’oublier certaines séquences. Le parallèle avec le 11 septembre est saisissant, Spielberg présente d’ailleurs son film comme une «réponse» aux attentats (sa manière d’exorciser le drame ?). D’où les séquences choc inoubliables, une sorte d’«hommage» en quelque sorte, comme Tom Cruise recouvert de la poussière des personnes désintégrées par les tripodes à la manière des pompiers et «zombies» recouverts des cendres du Word Trade Center, les scènes de panique, ou à la fin, le tripode mort encastré dans un building. C’est vraiment un film américain pour les américains (ce n’est pas un reproche pour une fois), l’ambiance étant très typique «américaine classe ouvrière de banlieue mon quartier d’enfance s’est fait rasé», il y a apparemment (et certainement) des subtilités et détails qui m’échappent dans les symboles et les sentiments, n’ayant pas subi cette épreuve et je me dis que le film doit être très éprouvant pour les plus meurtris. De mon point de vue je trouve très bien que Spielberg se soit concentré là-dessus en approfondissant son histoire et ses personnages sous cet angle et ne pas se sentir obliger d’internationaliser l’invasion.
J’ai trouvé ce film tout simplement excellent. D’une part parce que c’est un des plus intéressants et recherchés sur une invasion extra-terrestre, de tous points de vue, car il fait référence à un drame réel et terrible qui renforce son impact, une métaphore impressionnante. Et d’autre part parce que Spielberg a injecté tout son savoir-faire et son expérience du cinéma (au sens large, narration, mise en scène, cadrage, invention, traitement de l’image, esthétique, couleurs, etc) avec de nombreuses références au cinéma de monstres d’antan, une belle leçon. C’est à mon avis, un de ses meilleurs, un des plus aboutis. On peut aussi prendre ce film au premier degré, au niveau popcorn, un grand spectacle de science-fiction distrayant et bien mené, je me dis que ce film doit être «pas mal» aujourd’hui pour beaucoup et dans quelques années, avec le recul, on parlera de chef d’œuvre. J’ouvre les paris !
Cette semaine je mets en couleur deux couvertures pour les éditions Rageot. Deux romans fantastiques «Le duel des sorciers» et «Le jardin des sortilèges». Ces deux aventures bien ficelées m’ont tout de suite plu et fait penser à un film que je considère comme culte, un film qui m’a ouvert le monde du fantastique et de l’étrange quand j’étais gamin : «Le secret de la pyramide» (ou «Young Sherlock Holmes» en anglais). Film de Barry Levinson sorti en 1986, produit par Spielberg, retraçant un exploit de jeunesse de Sherlock Holmes alors étudiant. Sherlock Holmes et John Watson se rencontrent pour la première fois à la Brampton School of London. Alors qu’ils deviennent amis, de mystérieux suicides les poussent à mener l’enquête. Très vite leur esprit de déduction les conduira jusqu’au repaire d’une secte pratiquant des sacrifices humains…
Ce film m’a vraiment marqué car gamin il était d’une part très facile de s’identifier aux personnages et d’autre part j’étais à l’époque complètement fasciné par tout ce qui touche au fantastique. Le film regorgeait d’effets spéciaux saisissants, les mystérieux suicidés se donnant la mort suite à des visions cauchemardesques, un poulet rôti qui se «réveille» et passe à l’attaque, une statuette de démon qui s’envole, des choux à la crème vindicatifs, etc. Le clou du spectacle (et il me semble, le premier personnage entièrement en images de synthèse au cinéma), un vitrail descendant de son cadre dans une cathédrale pour massacrer un prêtre. Tout ceci m’avait bien secoué.
J’avais beaucoup aimé que les choses inanimées, sans vie, se réveillent. C’est l’idée que j’ai repris pour ces deux couvertures. De plus cela fit partie de l’imaginaire collectif, des peurs, mystères et intrigues «classiques», comme se balader la nuit en forêt et sentir les arbres bouger autour de nous ou imaginer un visage sur un mur de pierre. Donc là, pour «Le jardin des sortilèges», une gargouille sort d’une longue nuit, se tourne vers nous et pour «Le duel des sorciers», un masque égyptien qui passe de la pierre à la chair. Ce n’est pas évident à rendre en crayonné mais je vais mettre le paquet sur l’ambiance, tout en nuances et suggestions pour bien faire passer le côté «voilà des siècles que je sommeille et je suis de retour».

La semaine dernière j’ai fini la grande double page pour Science & Vie Découvertes de mars. L’illustration est grande, 56 x 38 cm et chose que je n’avais encore jamais fait auparavant j’ai travaillé les différents plans et éléments séparément. C’était d’ailleurs la principale contrainte fixée par l’éditeur afin de réutiliser les éléments séparés pour faire la couverture du magazine et des détails dans l’article. J’ai donc peint le fond, puis le dragon sur fond blanc ainsi que le chevalier et au final j’ai monté les trois éléments ensemble via Photoshop pour faire la double page d’ouverture. Un expérience un peu périlleuse parce que ma technique ne s’y prête pas vraiment, c’est un peu difficile de bien lier les plans, textures et couleurs de cette manière mais une expérience étonnante et enrichissante. Ma préférence allant tout de même à la réalisation d’une illustration d’un seul tenant, c’est plus facile et évident pour créer une ambiance et gérer au mieux l’équilibre de l’image.




Aujourd’hui l’éditeur américain Paizo m’informe que les GameMastery Item Pack I & II sont tellement bien accueillis (alors qu’ils ne sont pas encore sortis !) qu’ils en prévoient un nouveau, un troisième pack. Pour le premier pack (dont j’ai parlé ici) j’avais réalisé 56 illustrations d’armes et objets magiques, 54 pour le deuxième pack (j’en avais parlé là). Ce matin ils m’annoncent qu’ils étendent le deuxième pack de 20 cartes supplémentaires, et hop rebelotte. Et que le troisième pack en comprendra 110 !
110 armes, épées, lances, marteaux de guerre, armures, tuniques, fioles, potions, parchemins, etc etc. Ce n’était déjà pas évident de faire le deuxième pack et j’en avais un peu bavé pour trouver de nouvelles idées, mais là, 110… J’ai déjà mal à la tête…
P. S. :
Pour info les illustrations du premier pack sont visibles sur mon site, en intégralité dans la rubrique «Galeries Couleur» puis «Jeux de rôle», je mettrai le deuxième pack en ligne à la prochaine mise à jour du site, c’est-à-dire dans pas longtemps.









