n novembre dernier, je réalisais une illustration, un portrait de pirate, pour Wizkids et la gamme Pirates, c’était par ici, pour le packaging d’une extension. C’est dommage l’illustration ne sera pas utilisée. Ça me fait toujours un peu bizarre, un goût amer, de voir un éditeur commander une illustration, la payer puis ne pas l’exploiter et moi devoir la ranger au fond d’un tiroir, tant pis, les aléas de l’édition comme on dit. En tous cas je me serai bien amusé à la réaliser et l’éditeur est enchanté par les deux dernières que je viens de mettre en couleurs (et que je montrerai plus tard).
P. S. :
Pendant la quinzaine de jours à venir, je vais écrire de manière sporadique, trop de boulots à finaliser en même temps, c’est un peu la course…

es jours-ci, je termine à fond les pinceaux les illustrations pour Francis Drake. Je m’amuse bien mais j’en bave sévère, c’est la dernière ligne droite et je suis un peu en retard sur tous les fronts. Enfin bon, plus qu’une petite poignée d’images à mettre en couleur. En voilà quatre (sur les quarante-sept !), en vrac et mises en pages rapido avec les pdfs que j’ai sous le coude pour voir ce que ça donne. Drake brûlant ses propres navires pour les envoyer sur l’ennemi, Drake et ses compagnons observant une caravane à attaquer, les funérailles de Drake et l’équipage carénant le bateau… Le weekend qui arrive s’annonce studieux et mon horizon se dégagera un peu ensuite, quoique, pas pour longtemps c’est sûr.

ès ce printemps et pour une bonne partie de l’été, je vais réaliser toutes les illustrations d’une encyclopédie sur les héros des mythes et légendes pour Hachette. Avec par exemple Alice, le roi Arthur, Baba Yaga, Peter Pan, Pinocchio, La reine des neiges, Robin des Bois ou encore Ulysse en passant par les géants, les loups-garous, les dragons, etc. Une bonne soixantaine d’illustrations, une double-page par personnage ou thème, chaque illustration au format 220×250 mm avec le texte en regard. Les textes sont de Fabrice Colin et André-François Ruaud, impec. Je sens que ça va être fort sympathique tout ça ! Sur le fond, je suis aux anges car je vais me frotter à ces classiques et créer des ambiances différentes, des mondes et univers uniques pour chaque image. Une grande diversité qui me permettra de laisser libre court à mon imagination et expulser des atmosphères que je n’ai encore pas eu l’occasion de mettre sur le papier (comme je l’écrivais ici par exemple, à propos de mon projet personnel). Sur la forme, c’est aussi le pied car j’affectionne tout particulièrement les images cadrées. J’ai généralement plus de mal à mettre en place des illustrations qui se fondent au blanc ou détourées. Déjà techniquement ce n’est pas toujours évident. Ensuite je trouve souvent difficile de créer une atmosphère, une ambiance sans un décor « complet » (n’est pas Angus McBride qui veut). Il me semble qu’un personnage existe en grande partie grâce aux éléments qui l’entourent et nous informent sur son univers, son environnement. Et un décor permet d’insuffler des sentiments à une image grâce aux couleurs, à la météo, aux reliefs, etc. Là ce sera un ou plusieurs éléments sur un décor dans un beau format rectangulaire. Miam.

omme on peut le lire un peu partout depuis une semaine, Angus McBride est décédé. Ca me mine ce genre de nouvelle. Car son œuvre est une de mes plus grandes sources d’inspiration. Cela va même plus loin, ses illustrations sont un moteur. Une certaine forme d’idéal. Arriver à atteindre à un tel équilibre entre lisibilité, maîtrise technique, économie de moyens, justesse de la couleur, précisions des touches, narration… Autant de composantes qui permettent de faire « décoller » une illustration, l’extraire du simple cadre de l’édition pour de plus hauts horizons.
Tel est mon objectif, bien au-delà des considérations financières (et autres « joyeusetés » inhérentes au métier d’illustrateur) qui souvent plombent ou pourrissent les esprits, entravent la création et la mise en place d’une œuvre. Je poursuis mon petit bout de chemin, pose pierre après pierre au petit édifice que je tente de construire, en gardant à l’esprit la passion et le génie d’artistes comme Angus McBride. En espérant qu’un jour, qui sait, peut-être, je pourrai toucher du bout du doigt une petite parcelle de leurs chevilles…
RIP Mr McBride, and thank you !

e weekend dernier je me suis occupé du crayonné d’une des quatre couvertures que je vais réaliser pour L’Œil Noir, dans la même veine que celles avec les elfes qu’on peut voir ici. Quand je reçois un descriptif d’illustration en provenance de chez Fanpro, je transpire toujours abondamment à la première lecture, limite sueurs froides… Leurs briefs sont denses, riches, complexes et au premier abord je me demande comment tout faire entrer dans l’image. Des briefs très détaillés mais pas du tout castrateurs, juste ce qu’il faut pour respecter l’univers du bouquin, sa vision et me laisser assez de libertés pour m’exprimer. Là, des chevaux (au secours), des personnages de partout, des détails précis, etc. Bon ensuite je vais faire un tour dehors pour respirer un grand coup et en rentrant je me plonge dans mes docs pour me rassurer. Ça va tout de suite mieux. J’ai donc envoyé mon crayonné lundi et c’est ok. Une ou deux petites retouches à faire, rien de méchant (au niveau des motifs sur les vêtements & co), un ou deux détail à préciser et puis direction la couleur. J’aime bien quand ça résiste de temps en temps, ça fait aller de l’avant.










