e mini-tutoriel est la suite de celui-ci, 6. Le sort d’éternité. La tentation de l’ombre est le deuxième tome des Revenants de Jean Molla. Notre héros Quentin va être confronté cette fois-ci à une étrange jeune fille aux mystérieuses capacités. Comme je l’écrivais à propos du premier tome, le principe est simple. Un élément fort sur la couverture, un personnage sur la quatrième et sur les rabats, des éléments, motifs, détails, complétant l’illustration et donnant quelques indications sur l’ambiance de l’histoire. Nous avions convenu de mettre en avant la jeune fille ténébreuse. J’ai tout d’abord fait trois crayonnés rapides pour trouver le bon angle d’approche. Sur le premier on ne voyait pas grand chose. Sur le second la jeune fille était un peu trop aguicheuse et ses ailes trop «démoniaques». Le troisième était sur la bonne voie mais peut-être trop à fond dans le fantastique, on en dévoilait un peu trop tout de suite au lecteur. J’ai finalement supprimé les ailes et «modernisé» la jeune fille en l’habillant à la mode gothique (ce qui colle à l’histoire). J’ai aussi modifié le héros pour qu’il ait plus le look des jeunes starisés en vue, Elijah Wood, Tobey McGuire & co. Il faut aussi laisser pas mal d’espaces dégagés pour ne pas gêner la lisibilité des titres, logos et textes. On s’était dit aussi que comme il y aura quatre tomes en tout, il est intéressant voire capital que chaque tome ait sa propre personnalité tout en conservant la même structure d’image. Donc un premier tome dans les tons ocre et terre d’ombre, un second tome à la gamme dominante bleue…en attendant le troisième ;)






n novembre 2005, j’avais réalisé les illustrations pour le jeu Spartacus. C’est Asmodée qui m’avait passé commande. C’était une réalisation en sous-traitance, Asmodée faisant l’intermédiaire entre le commanditaire et moi. La réalisation s’était très bien déroulée, j’étais enchanté par ce travail. Une grande liberté, un sujet intéressant et le tout bien payé. L’illustration de couverture m’avait d’ailleurs servi de support pour créer la majorité des tutoriels que je partage ici.
J’avais remis les illustrations fin novembre 2005 et Asmodée s’était occupé de la finalisation du produit pour le livrer ensuite au commanditaire. Puis c’est le flou complet. Pendant des mois et malgré mes relances, je n’ai pas eu de nouvelles précises concernant le jeu et le sort réservé à mes illustrations, parution, exploitation, diffusion, etc. C’est toujours le cas à ce jour. Bon, d’un côté je suis heureux car artistiquement ce fut une belle aventure et je suis plutôt fier de ce que j’ai fait. Mais d’un autre côté c’est un joli coup d’épée dans l’eau. Car même si j’ai été payé comme il faut (heureusement), des illustrations qui restent dans un carton c’est de la visibilité en moins, de la pub en moins et surtout, surtout, le plus important à mes yeux, une rencontre manquée avec les joueurs… C’est même encore un peu plus complexe que ça car je ne sais pas où sont les illustrations actuellement (pas les originales, bien entendu, qui sont chez moi mais leurs «exploitations») ni à quelle sauce elles seront servies. Il y a là quelque chose qui coince du point de vue moral dans cette histoire. Je ne produis pas des objets à la chaîne. Je crée des «œuvres originales» (c’est le terme) et j’aime bien suivre la vie de mes illustrations et des produits auxquelles elles sont liées. Ces images font partie de mon «œuvre» (en espérant que ça ne fasse pas trop prétentieux) et rester dans le flou est plutôt désagréable. J’ai un peu le sentiment d’avoir perdu mon chat, si vous voyez ce que je veux dire. Enfin bon, j’espère que le jeu sortira un jour et prendra sa place comme il se doit, que je n’ai pas fait ça pour «rien»…
A la suite de récents échanges avec Pierre-Nicolas Lapointe qui s’occupe du site consacré aux jeux de société JesWeb et qui se demandait justement où en était le jeu Spartacus, je me suis dit qu’un an et demi après la réalisation, il y a un peu prescription. Et comme j’aime bien montrer ici une réalisation dans son entier (de l’idée de départ en passant par les crayonnés, les illustrations pour finir par le produit publié), je ressors les visuels de la maquette (sans les textes) afin de compléter et boucler en partie le cycle lancé par les tutoriels présentés. En attendant d’en savoir plus. Patience est mère de sureté comme dirait l’autre ;)


n fin de semaine dernière, j’ai terminé l’écriture du texte de mon projet perso. J’ai commencé à le faire lire autour de moi et j’ai de très très bons échos. Ca fait bien plaisir et ça encourage. Une histoire destinée à faire un grand album avec une voire deux illustrations en regard de chaque chapitre et des illustrations doubles-pages de temps en temps. C’est sensiblement le même volume de texte que Les Chevaliers de la Table Ronde, une bonne quarantaine de pages. Malheureusement je ne partagerai pas les textes tout de suite car je vais certainement apporter des modifications en faisant les crayonnés des illustrations. Et pour être tout à fait honnête, on m’a aussi souvent rapporté de sombres histoires de plagiat & co (en bd et en illustration) et je préfère garder mon histoire pour moi dans l’immédiat. Je serai plus expansif quand j’aurai trouvé preneur. Mais bon, quand j’aurai crayonné quelque chose, je mettrai l’image en ligne avec quelques lignes pour accompagner. En attendant la suite ;)
omme on me demande souvent par email ce que j’utilise comme matériel, je mets en ligne un petit tutoriel à ce sujet. Ça m’évitera de me répéter ou faire de longs copier/coller mais bon, à mon avis, ça n’a pas vraiment de sens. C’est uniquement à titre informatif. Il y a un proverbe chinois là-dessus dont je ne me souviens plus les termes exacts mais en gros c’était : «Le plus important ce n’est pas le pinceau mais la main qui l’utilise».
Je suis plutôt du genre fidèle à mon matériel. Je change rarement, question d’habitude et d’entraînement j’imagine. Surtout, je n’ai pas eu le temps d’expérimenter d’autres marques, d’autres procédés, d’autres matériaux depuis des années et ce n’est pas l’envie qui manque. A ce propos, si vous connaissez ou utilisez du matériel qui vous semble de qualité et qui pourraient compléter ce petit inventaire, n’hésitez pas à nous en faire profiter en écrivant un petit mot dans les commentaires. Je vais donc détailler ci-dessous le matériel que j’utilise tous les jours pour dessiner, peindre…
Le papier
Pour tout ce qui est crayonnés, recherches & co j’utilise du papier Canson Crob’Art A3 (des carnets de 120 feuilles à couverture beige) ou au format 49×64cm pour les plus grands crayonnés, les doubles-pages des albums par exemple. J’aime bien ce papier parce que le grain est agréable et qu’il glisse bien sous le crayon. Il supporte aussi bien le passage sur une table lumineuse, suffisamment fin pour laisser passer la lumière.
Pour les mises en couleurs, je peins sur du papier blanc Scotland 220gr. C’est le seul papier qui me convienne que j’ai pu trouver en Corée. L’équivalent français c’est le bon vieux Canson classique 224gr. Là aussi un grain agréable, pas trop en creux mais suffisamment pour retenir ce qu’il faut de peinture. Je n’utilise jamais de support rigide car il me semble que cela peut donner du fil à retordre aux éditeurs pour scanner les illustrations. Souvent des scanners rotatifs sont utilisés pour les plus grandes images et un support rigide peut poser problème. Mais j’essaierai bien d’autres supports pour le plaisir, si vous avez quelques pistes, je suis preneur.
Le dessin
Pour les crayonnés, le papier Crob’Art cité plus haut, un porte-mine 0.9 Pentel avec des mines bleues (0.9 pour que ce soit un peu gras), une bonne gomme Staedtler classique, un correcteur Pentel plus un stylo-gomme Staedtler et c’est parti. Je n’encre jamais mes crayonnés et transforme mes traits bleus en traits noirs via Photoshop (voir ici).

En revanche quand il m’arrive de faire des illustrations noir et blanc, j’utilise le papier Scotland, des feutres Faber-Castell (Ecco Pigment) 0.5 pour la plus grande partie de l’encrage, ensuite un Staedtler pigment liner 0.05 pour les plus petits détails et quelques hachures et pour les valeurs ou noirs un Tria Extra Black-T ou de la gouache noire presque pure. Gouache noire qui diluée donne de belles valeurs de gris sur le grain du papier Scotland. Pour quelques retouches de blanc, les stylos à encre blanche Uni-Ball Signo sont parfaits. J’utilise aussi ces stylos à encre blanche pour apporter quelques modifications sur les illustrations mises en couleurs. Ils passent aussi très bien sur l’acrylique et permettent de faire de petites touches blanches très précises, un reflet sur une pupille par exemple, retouches parfois difficiles à faire directement au pinceau. Même topo pour les feutres noirs 0.05 qui m’aident pour quelques micro-détails souvent périlleux au pinceau.

Les pinceaux
Je trouve ici des pinceaux ronds Babara Series 500R Golden (made in Japan) allant des tailles 2 à 20. Poils synthétiques. En fait je n’utilise jamais de pinceaux en poils naturels, ça s’use trop vite, ça coûte trop cher et je préfère ne pas me casser la tête avec ça même si cela pourrait peut-être m’apporter un plus grand confort. Avec ces pinceaux en synthétique je n’hésite pas à les triturer, les massacrer en peignant et les renouvelle souvent. Quand j’étais en France j’achetais des pinceaux de marque Code Noir fabriqués au Japon aussi. Comme ils ressemblent à s’y méprendre aux Babara que j’utilise ici, un corps noir avec une bague de couleur (jaune en France et blanche en Corée), j’imagine que le fabricant est le même. Le poil est assez souple et costaud, la pointe tient assez longtemps pour les plus fins.

Pour les brosses je prends le tout venant. Ici ce sont des pinceaux coréens HwaHong, de la taille 4 à la taille 30. Là je me fiche pas mal de la qualité car je vais les bousiller rapidement. J’utilise le plus souvent les brosses avec de la peinture très sèche et les poils seront vite rongés. D’ailleurs c’est bien mieux ainsi, je préfère de loin une brosse bien abimée qui a servi qu’une brosse toute neuve. Le contraire des pinceaux ronds où il est plus agréable de travailler avec un pinceau en bon état.

Ensuite sur le comment je les utilise c’est difficile de répondre car c’est plutôt intuitif. Je n’ai pas vraiment de préférence. Mais dans les grandes lignes, les brosses sont utilisées pour les fonds, les cieux, nuages & co ou pour faire certaines textures, les frotter, les salir ou encore pour passer quelques jus et glacis. J’utilise plutôt les pinceaux ronds pour le travail de précision, personnages, végétations, objets, vêtements, détails, etc. Mais il m’arrive aussi de peindre un ciel au pinceau rond et un personnage à la brosse. Cela dépend aussi du format de l’image, c’est très aléatoire finalement et trop dépendant de ce que je dois mettre en couleur et mon envie du moment pour pouvoir détailler le processus.
La peinture
Pour mes fonds bruns sur lesquels je vais travailler les couleurs (voir ici), j’utilise un mélange de Gesso coloré Liquitex Terre d’Ombre Brûlée (mais la même couleur en tube simple fera le même effet) et de l’acrylique liquide Dr.Ph.Martin’s Spectralite de couleur Warm Amber (on trouve l’équivalent en France avec la marque MagicColor et la couleur Terre de Sienne si mes souvenirs sont bons). On peut voir les deux sur la photo à gauche. Et pour toutes mes mises en couleurs, c’est acrylique Liquitex. La plus opaque possible. Je préfère démarrer avec une peinture très couvrante que je vais diluer moi-même par la suite. Le hic c’est les jaunes chez Liquitex qui sont trop translucides à mon goût, je suis à chaque fois obligé de les mélanger avec du blanc ou d’autres couleurs opaques ou denses comme le jaune de Naples pour pouvoir les utiliser comme je le souhaite. Idem, si vous avez des pistes sur de l’acrylique très couvrante merci de laisser un commentaire ;)

Les crayons de couleurs
Pendant une mise en couleurs, je retouche toujours un peu avec des crayons de couleurs. Que ce soit pour retendre une forme un peu molle, accentuer ou souligner une zone de l’image, teinter un détail ou pour donner du grain à une texture, etc. Les crayons aquarellables sont très bien pour retoucher sur l’acrylique. Ils sont suffisamment gras pour glisser sur la peinture et ne la marque pas, ne la creuse pas. En plus on peut facilement reprendre un coup de crayon de travers, un petit coup de flotte et c’est effacé. Ma préférence va aux crayons Faber-Castell Art Grip et je ne sais pas trop pourquoi. La forme est agréable et ils tiennent bien dans la main. Il y a aussi un bel éventail de couleurs disponibles. J’utilisais avant des Rexel Derwent mais je trouvais les mines trop cassantes et s’effritant trop facilement.

La palette
Avant j’utilisais toujours la même palette. Je dois reconnaître sans vraiment savoir pourquoi une fois de plus, je dois être un peu fétichiste sur les bords de temps en temps (j’en parlais ici). Maintenant je prends ce qu’on appelle des cartons-plume d’un centimètre d’épaisseur que je recouvre d’une couche d’acrylique blanche pour les imperméabiliser. Comme ça la peinture accroche bien dessus et n’est pas bue par le carton. J’ai plusieurs palettes sous le coude que j’utilise soit pour les ciels, soit pour les personnages, les fonds, etc. C’est bien plus pratique que d’en avoir une seule qui finit par saturer et ressembler à un costume d’Arlequin.

Autres trucs utiles
J’utilise aussi beaucoup d’autres objets. Des brosses à dents par exemple pour faire des textures, des éclaboussures, projections, les étoiles dans la nuit, etc. Des chiffons (ou mes doigts) pour frotter la peinture en train de sécher. Un sèche-cheveux pour raccourcir les temps de séchage déjà rapides de l’acrylique et gagner ainsi un peu plus de temps, bien pratique l’hiver quand il ne fait pas bien chaud. Etc…
Voilà, ce petit tour d’horizon de mon matériel complètera et recoupera les tutoriels déjà mis en ligne. Pour tout ce qui est matériel «informatique» j’en ai déjà parlé à plusieurs reprises, imprimante (ici), scanner (ici ou là), etc. N’hésitez donc pas à partager vos expériences et trouvailles dans les commentaires, l’émulation ça a toujours du bon ;)


on, comme c’est plutôt calme côté boulot et que je n’ai pas grand-chose à montrer, je vais plutôt poursuivre côté culture et lectures. J’ai reçu hier ma dernière commande Amazon et je suis loin d’être déçu. Tout d’abord le Carnet de croquis, Archives de Féerie de Jean-Baptiste Monge. 80 pages de sublimes crayonnés en noir et blanc (ou plutôt en gris et blanc) sur un beau papier épais et granuleux. C’est très très beau, riche et varié. Toujours captivant de voir les recherches et crayonnés d’un illustrateur. Le dessin est juste et agréable, les valeurs de gris délicates, l’ensemble souligné par quelques textes explicatifs et intéressants de l’auteur. Pour chipoter un peu je dirais qu’en conservant toute son identité et son originalité, on lorgne parfois un poil trop du côté d’Alan Lee et John Howe période Seigneur des Anneaux, mais il y a bien pire comme référence ;)
(Un tout petit bémol dans la fabrication du livre. Chose curieuse, les pages n’ont pas toutes la même largeur, une erreur de fabrication au niveau des cahiers j’imagine mais qui ne facilite pas la lecture)

Ensuite j’ai reçu un pavé, StarWars : La Prélogie (ou en anglais Star Wars Chronicles: The Prequels). Un aperçu par ici. Un format proche du A3, pas loin de 350 pages de papier glacé, le tout dans un lourd coffret luxueux. C’est, à mon avis, le bouquin ultime de références et documentations sur les trois premiers films de la saga (je veux parler des épisodes I, II et III). Des milliers de photos, recherches, crayonnés, costumes, vaisseaux sur tous les mondes et personnages de ces premiers films. Ajouter ce monstre aux «Art of» des premiers films (ici en deuxième partie de message), plus le bestiaire (c’était il y a quelques jours) et pour finir l’autre pavé sur les costumes (c’est par là) et je crois qu’on tient là un pack du tonnerre on ne peut plus complet. Je craignais un peu les doublons avec ce nouvel arrivant de taille et finalement non, pas trop en fait. On retrouve quand même quelques images sinon le reste c’est du nouveau ou de l’inexploité complétant les autres bouquins (photos inédites des mêmes séances photo de costumes par exemple, différents angles et prises de vue). En tous cas on peut dire que l’univers StarWars tient drôlement bien la route, c’est dense, travaillé et cohérent. On ne pourra pas leur reprocher d’avoir fait ça à la va-vite sans prendre le temps de développer et approfondir ;)










