Ecrit dans Fantastique, SF et Fantasy. Lu 79 fois. 2 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Pulse ARTS.

Petite trêve crayonnés dans ces histoires de protection contre la copie & co. Il y a un mois, je réalisais un personnage pour le magazine Chaudron Magique, par (entre temps, j’ai repris ce crayonné, ci-dessous). Nous remettons le couvert pour la une du magazine, pour le même numéro. Un chevalier affrontant un dragon, prêt à porter le coup mortel… Ambiance rougeoyante, comme surplombant un lac de lave. Avec une petite preview du crayonné mis en page, je vais légèrement baisser le dragon qu’il ne se prenne pas le chaudron dans le nez et remonter tout doux le chevalier pour que son épée se détache bien du titre. Je sens que je vais bien m’amuser ;)

dragonchaudronmagiquecrayo.jpg
Aventuriercrayobis.jpg

Jeudi 27 mars 2008

Encore des dragons

Ecrit dans Au jour le jour. Lu 154 fois. 4 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Grande Muraille.

Mais en papier… Par hasard, je suis retombé sur ce joli dragon qui a déjà fait maintes fois le tour du net. Ou plutôt cette excellente illusion d’optique. Un régal. Il faut choper le dragon ici ou , un peu de découpage et pliage (attention à bien suivre le plan pour ne pas se planter). Ensuite, on s’éloigne de la bête, on ferme un œil, on fixe droit dans ses yeux et on se déplace… Et là brrr, le dragon nous suit du regard ! Vraiment bien fichu et ça me donne envie de monter un de ces dragons mais à une échelle supérieure, un ou deux mètres de hauteur, ce serait marrant et bien flippant, héhé ;)

Mercredi 26 mars 2008

Dungeons & Dragons

Ecrit dans Fantastique, SF et Fantasy. Lu 240 fois. 6 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Tokyo c’est bien.

Dans les semaines à venir, va être lancée la quatrième édition de Dungeons & Dragons, l’annonce de l’été dernier reprise ici en français. , le blog consacré qui détaille l’avancée de l’édition, ici quelques artworks bien sympathiques et encore , le planning des publications.
La gamme est sur les rails, développée depuis un bon moment, l’éditeur préparant les divers compléments et extensions bien en amont pour alimenter les joueurs régulièrement dans les mois suivant le lancement. Lancement qui, d’après ce que j’ai lu ou entendu, s’annonce bien costaud, on sent même un certainement flottement dans l’édition du JdR en ce début d’année. Les joueurs et éditeurs vont-ils suivre le mouvement et se convertir à cette nouvelle mouture ? Au passage, je rapporte que Paizo va lancer son propre jeu de rôle, développant l’univers Pathfinder, basé sur les règles de D&D 3.5, l’annonce et le site ici. Une forme de relève, une nouvelle voie ou de la concurrence ? L’avenir nous le dira. Et je participe d’ailleurs à la gamme Pathfinder avec certains packs d’armes et objets comme ceux présentés ici et pour un module, .

J’ai déjà travaillé à deux reprises avec Wizards of the Coast pour des projets dont je ne peux révéler la teneur, confidentialité oblige, c’était par . Cette fois-ci, c’est l’équipe de Dungeons & Dragons qui me contacte pour travailler sur la quatrième édition et plus particulièrement sur le Draconomicon. Pour démarrer notre collaboration, une demi-douzaine d’illustrations couleur sur le thème des dragons bien évidemment. Comme beaucoup d’illustrateur Fantasy, D&D fut pour moi LE gros déclic. J’ai découvert ces univers avec la version 3.5 du jeu et ado, je bavais devant les illustrations et ces personnages, univers et créatures fantastiques. Participer à une telle aventure, m’excite et me touche beaucoup.
Bon, là aussi, je dois garder secrète l’évolution du projet et il faudra s’armer de patience. Quoique, étant donné qu’ils présentent de temps en temps quelques illustrations en avance pour titiller les fans et joueurs, je pourrai peut-être lâcher quelques pistes ici. A suivre ;)

dracono.jpg

P. S. :
Un dernier mot pour celles et ceux qui auraient été transportés dans une autre dimension ce mois-ci, le génial créateur de Dungeons & Dragons, Gary Gygax, a cassé sa pipe le 4 mars… La news sur le site du Monde, ici, et ou encore , de chouettes hommages au monsieur. Et comme il disait : « Les dés ne servent qu’à faire du bruit derrière l’écran du maître. »

Lundi 17 mars 2008

Parcours & Inspirations I

Ecrit dans Parcours et inspirations. Lu 201 fois. 5 commentaires.

Tout est dans le titre. On me questionne souvent sur mes études, sources d’inspiration & co. J’ai parfois plus ou moins répondu de-ci de-là dans mes messages mais je me dis qu’un petit concentré ne serait pas plus mal. Commençons par mon parcours.
Il me semble qu’il est des plus communs. En revanche, je crois que j’ai eu la chance extraordinaire de rencontrer, croiser, écouter des personnes qui ont su me faire confiance et déceler en moi la petite étincelle, m’aiguillant sur le bon chemin. Avec le recul, je me rends compte qu’il y a eu pas mal de petits déclics, de moments forts qui m’ont fait tendre vers une voie artistique. Par exemple gamin, certaines lectures comme Le Magicien des couleurs, j’en parlais ici, des dessins animés comme Le Sourire du dragon, . Puis ado, des jeux de rôle comme l’Œil Noir, ici, des illustrations de pochettes de disque comme , des films comme La Vallée Perdue, ici.

Au collège, en Provence, je grabouillais déjà beaucoup et me faisais remarquer dans les cours de dessin. Arrivé en troisième, il fallait faire un choix, plutôt difficile et lourd de conséquences. A l’époque, nous entendions qu’il était risqué de se lancer tôt dans une formation « professionnelle » en visant un baccalauréat technique. On nous conseillait d’éviter « l’entonnoir » tout de suite en orientant vers des matières scientifiques ou littéraires plus généralistes, plus passe-partout comme garantie et éviter de se retrouver sur le carreau si ça ne marchait dans une voie technique. Comme j’étais d’une nullité crasse en science, nous visions plutôt un bac Lettres A2 (c’était le nom à l’époque). Mais, au collège, l’enseignante des cours de dessin, Mme Palma, prit contact avec mes parents pour leur expliquer qu’elle pensait que j’avais peut-être un avenir dans le dessin ou en tout cas qu’elle sentait qu’il y avait un début de petit quelque chose en gestation. Je n’oublierai jamais cette dame et ses encouragements. Elle envisageait pour moi un bac A3 (Lettres et Arts). Je me souviens que les sections A3 n’avaient pas toujours bonne réputation et on entendait souvent que c’était celles et ceux qui n’étaient pas fichus de tenir la route dans les autres matières, des artistes, hum hum… Après réflexion, mes parents ont finalement décidé de me laisser tenter ma chance, confiants mais certainement un peu inquiets.

Il n’y avait qu’une seule section A3 dans la région, à Aix-en-Provence. C’était d’ailleurs les toutes dernières années de cette section, une réforme pointait son nez et allait donner un coup de balai dans les bacs en la faisant disparaître. L’avantage en A3 c’était le grand nombre d’heures de dessin, d’histoire de l’art et d’avoir des coefficients puissants pour ces matières, à jeu égal avec la philo ou d’autres matières clefs des sections littéraires. J’ai fait la rencontre de M. Bernus, professeur de dessin, qui pendant trois années nous fit travailler d’arrache-pied, durement, intelligemment, pour nous donner une certaine dextérité (nous travaillions habituellement en temps limité pour aller à l’essentiel, une sacrée école de la rapidité et de l’économie de moyens !). Ce professeur était haut en couleur, un peu farfelu. Il prenait son travail très à cœur et nous fit partager avec brio sa passion des arts, de la peinture. Heureusement il était plutôt réceptif, pas coincé dans une optique Beaux Arts, si je peux dire, et me permit de m’exprimer pleinement dans mon propre style. En complément de la pratique, nous avions aussi d’excellents cours d’histoire de l’art par M. Paindessous qui nous fit découvrir les classiques et nos contemporains en enrichissant considérablement notre culture artistique.

En terminale, à l’approche du bac, il a fallu encore faire des choix difficiles. Mon idéal était les Arts déco à Paris. Mais cela signifiait de grands chamboulements et, peut-être, certainement, une année de mise à niveau pour y entrer. Il y avait aussi l’école Boulle, Estienne… C’était en 1994 et mes parents et moi étions allés à Paris rencontrer des amis illustrateurs pour leur demander conseil. J’avais souvent entendu parler d’eux, «Big et Nicole» ou plutôt Bernard Giroud et Nicole Baron. Je leur avais montré mes dessins. Ils trouvaient que ça tenait la route et qu’avec de bons guides, ça devrait le faire, comme on dit. Nous avions longuement discuté, une après-midi à passer en revue les différentes écoles publiques. Nous n’avions jamais envisagé que je puisse entrer dans une école privée à cause de toute la partie finances de l’affaire. Et Big et Nicole ont évoqué l’école Emile Cohl. Ils nous ont expliqué que c’était très très difficile, un travail acharné, mais ce serait exactement ce qu’il me fallait. Cette rencontre m’a marqué car je n’avais encore jamais vu comment ça se passe chez un illustrateur, les coulisses de la création. J’avais visité leur atelier, ils travaillent souvent en duo, ils m’avaient montré des illustrations, des bouquins, des commandes. C’était merveilleux et ça me faisait drôlement envie.

La suite demain…

Samedi 15 mars 2008

Les Elfes I (addendum)

Ecrit dans Fantastique, SF et Fantasy. Lu 255 fois. 12 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Pulse Arts.

Réponse en message aux commentaires du message précédent. En - long - message car je souhaitais vous faire part de mes réflexions et de mon approche pour l’élaboration de l’image.
Mais tout d’abord un grand merci pour ces mots qui me font bien plaisir ! Je suis content de voir que les commentaires reprennent vie car pendant quelques temps, c’était un peu Waterloo morne plaine. Ce n’est pas que j’ai besoin de gonfler mon égo déjà démesuré mais tous vos commentaires, retours, remarques, encouragements et suggestions me « boostent » drôlement. Un sacré coup de pouce qui m’aide (et me force) à aller toujours plus loin, vers plus de qualité.
Je réponds donc un peu en vrac. Pour nos elfes, nous souhaitons une forme de « réalisme » ou plutôt de crédibilité. D’où mon envie de faire des elfes « simples », plausibles. Comme le souligne Gribouille en commentaire, souvent on part dans des délires fantasmagoriques voire « masturbatoires ». Délires toujours bien chiadés, c’est très beaux et bien ficelé, pas de soucis de ce côté-là. Mais à trop vouloir en faire, on finit, souvent, par couper le lien avec le lecteur. Trop de dépaysement, trop de décalage ou trop de « Fantasy » peut nuire à une illustration fantastique. Je veux absolument que le lecteur puisse s’identifier à mes personnages, et ce même s’ils ont la peau pâle et blanchâtre, les oreilles en pointes, à côté de dragons, etc. Le lecteur doit pouvoir se projeter dans l’univers que je dépeins et pour cela il faut des passerelles, des éléments, détails et indices identifiables, qui collent avec son propre quotidien, son histoire et son environnement. Bien entendu, il faut aussi du délire et dépasser les limites mais, à mes yeux, il faut toujours que ce soit justifié et que l’équilibre ne soit pas rompu pour une meilleure immersion. J’en parlais déjà dans ces messages, comment d’une certaine manière mettre en scène le fantastique, ici, ou encore .

Je vais modifier l’œil du dragon, c’est en cours. Le faire un peu plus petit, plus « creusé », sous l’arcade pour un regard plus sombre et aiguisé. Et pour l’elfe à droite avec le bâton, j’hésite beaucoup à la décaler pour la faire plus sortir du champ de vision du dragon ou à agrandir un peu les roches derrière elle. En fin de compte, je me dis que les couleurs pourront jouer ce rôle, de plus j’imagine des capes un peu caméléon, imitant les teintes de la neige pour passer inaperçu. Aussi, en cachant plus l’elfe agenouillée à droite, j’ai peur de casser le timing. Là, en l’état, nous sommes une demi-seconde avant le drame ou une demi-seconde avant le réflexe salvateur. C’est-à-dire aller un peu plus loin que le dragon les a-t’il vu ? Plutôt les a-t’il identifié ? Et de fil en aiguille, ce dragon est-il méchant, intéressé par ces « fourmis », protège-t’il un territoire, etc. Je pense distiller ainsi plus de doute et décupler le nombre de questions relatives à l’image. A chacun d’imaginer la suite.

Pour la composition et la mise en scène, je me concentre sur la lisibilité et surtout, sur le cheminement du regard du lecteur. En jouant avec les diagonales, les regards, les postures. Il y en a certainement d’autres mais voici le sens de lecture que j’espère mettre en place soutenu par la mise en couleurs. Habituellement, on lit les images du haut en bas, de la gauche vers la droite. Je souhaite donc guider le regard ainsi, une grand diagonale avec les roches et l’échine du dragon jusqu’à son œil, puis on suit le regard du dragon vers le groupe d’elfe, leurs têtes et mouvements nous renvoie vers la droite de l’image et avec le bras de l’elfe, on finit sur le cristal ;)
Le dragon en arrière-plan n’entre pas vraiment dans le sens et la narration de mon image. Il apporte peut-être une dose d’inquiétude et suspense supplémentaire, qui sait, à cinq contre un dragon on peut peut-être y arriver, mais contre deux… Ce second dragon est surtout là pour ajouter une touche de couleurs chaudes qui fera contraste avec le premier-plan froid et glacé.

 

elfedragon05.jpg