Ecrit dans Gamemastery. Lu 481 fois. 17 commentaires. Il y a un an, j'écrivais A voir et à lire V.

En attendant les illustrations du pack «Adventure Gear» et celles du quatrième, «Dragon’sTrove», voilà les 110 pour le troisième, «Relics of War». Sur le site de Paizo on peut en voir quelques-unes mises en page. J’avais voulu mettre ces images en ligne quand je les avais réalisées en cours d’année, mais je m’étais fait taper sur les doigts par l’éditeur. Voilà qui est réparé maintenant que le pack est sorti. Je m’étais bien amusé et pour info toutes les illustrations pour les packs I et II sont en ligne sur le site, c’est par ici. J’ajoute aussi les deux personnages réalisés pour les packagings qui portent tous les deux armes, armures et objets du pack.
Et je profite de l’occasion pour répondre à une question qu’on m’a posé plusieurs fois. A quoi servent ces cartes ? Et bien tout simplement à visualiser les objets trouvés, gagnés, volés, achetés ou je ne sais quoi pendant les parties. Bien que les rôlistes aient évidemment une imagination fertile, je trouve ça plutôt pas mal et j’aurais adoré ce genre de cartes du temps où je jouais. Je pense qu’on joue là beaucoup avec le côté fétichiste des joueurs et ça s’adresse peut-être plus aux nouvelles générations de joueurs, ceux un peu trop habitués au prémâché genre jeu vidéo mais en lisant les commentaires sur le site de Paizo il y a apparemment beaucoup de vieux de la vieille qui attendaient ce genre de produit depuis longtemps. En plus c’est adaptable à tous les jeux dans le trip médiéval-fantastique, héroic-fantasy & co. Il n’y a qu’une description succincte du matériau dont l’objet est fait et la place est laissée vide pour les caractéristiques, pouvoirs ou autres. Aux joueurs et maîtres de faire travailler leurs méninges…

Mardi 28 novembre 2006

Faire le point (2/2)

Ecrit dans Digressions et tergiversations. Lu 425 fois. 5 commentaires.

Pour que je sois satisfait d’une illustration il faut que j’ai eu du plaisir et de l’excitation à la réaliser (comme les gamin qui bruitent en dessinant, ce qui m’arrive encore), que je sois parvenu à mettre en image ce que j’avais en tête et que ce que j’ai peint atteigne le but que je m’étais fixé. C’est-à-dire émouvoir, faire vibrer, trembler et/ou rêver le lecteur. Je ne me contente pas d’être simplement heureux de toucher des euros contre une image ou ravi parce qu’elle me semble réussie ou encore satisfait parce que l’éditeur est content. Comme je l’écrivais hier, j’ai parfois eu beaucoup de plaisir à réaliser certaines illustrations mais un couac peut vite faire tourner l’affaire au cauchemar, ce qui me pourrit complètement le plaisir et transforme une belle aventure en mauvais souvenir.
En fin de compte il y a pas mal de réalisations dont je suis pleinement satisfait, sur toute la ligne, un bon paquet en fait (des albums, des couvertures, pour Rageot par exemple ou encore certaines illustrations pour l’édition jeunesse). Celles au bon équilibre entre travailler dans le respect et la bonne humeur, une certaine jouissance en dessinant/peignant et la satisfaction des lecteurs face aux illustrations publiées. Je pense notamment à «Robinson Crusoé» même si la réalisation de l’album s’est faite dans la douleur sur la fin à cause du retard pris. Car entre temps je me suis marié et j’ai déménagé de France en Corée. Un drôle de chamboulement. Ce changement d’horizon, la vie à deux, une ambiance et un climat différent, de nouveaux lieux, m’ont bouleversé au point que je n’avais jamais autant pris de risques pour une mise en couleurs. Avec le recul, je crois bien que je ne m’étais jamais autant dépassé pour aller chercher ce que je n’avais encore jamais fait en peinture. La pression (et la passion) aidant certainement. Des cieux roses, des variations de bleus, de verts, tout un tas d’expériences techniques, créer de nouvelles textures, tester de nouvelles manières de faire les nuages par exemple, etc. La liberté (totale) laissée par les éditrices, l’espace (de grands formats) et le sujet (classique et connu de tous) m’ont permis de m’évader. J’étais sur un petit nuage et je bouillonnais, la tête pleine d’images, de couleurs, une certaine euphorie dont je garde un excellent souvenir.
Je pense aussi à «l’Encyclopédie du fantastique et de l’étrange». Avant ce projet, je travaillais principalement pour l’illustration jeunesse plutôt du côté de l’aventure et de l’historique avec quelques rares escapades vers le fantastique ou l’héroic-fantasy (chez J’aiLu, ou D20 Magazine par exemple) surtout pour des couvertures de romans. A l’époque je n’avais pas encore vraiment mis les pieds dans le milieu du jeu de rôle et ses ramifications et je n’avais pas vraiment pu m’exprimer dans mes domaines de prédilection que sont le fantastique, la fantasy & co. Il me semble qu’on voyait surtout en moi une technique, un style réaliste et documenté avec une mise en couleur qui tenait plutôt la route. Je crois que je n’oublierais jamais quand Jean-Michel Coblence, directeur de collection chez Casterman, m’a contacté pour me proposer de participer à cette aventure. Je n’avais pas vraiment l’habitude qu’on me propose un travail en pensant d’abord à mon univers et pas uniquement à ma technique et mon style. Un projet en complète adéquation avec ce que j’attendais, du fantastique pur jus. J’étais très touché. Je pouvais enfin faire du fantastique et en longueur. Au total une bonne cinquantaine d’illustrations. Grâce à des textes excellents, des formats, des ambiances et des thèmes divers et variés, j’ai pu faire mes armes. En plus avec la chance d’avoir un interlocuteur qui sait écouter, aider, soutenir et surtout donner le champ libre pour que je puisse m’exprimer pleinement et laisser mon imagination et mon inspiration se débrider. Pour couronner le tout, en super bonus quelques formidables espaces de pure création (sans textes à respecter) que sont les trois couvertures des trois albums ou encore les doubles-pages sur la Guerre des Monde ou à propos des vampires. J’ai en moi beaucoup d’images, de gammes de couleurs, d’atmosphères emmagasinées depuis des années, petit à petit, au fil de mes lectures, balades, rencontres et j’en ai imprégné toutes les illustrations de ces encyclopédies.
Pour finir je pense à tout ce que je fais actuellement dans le milieu du jeu et du jeu de rôle. Même si ça devient de plus en plus difficile de travailler dans de bonnes conditions (surtout du côté financier), en confiance, sans doutes ni méfiance, je suis là comme un poisson dans l’eau. Artistiquement en tous cas. Après dix ans de cheminement j’arrive enfin à travailler sur des projets la plupart du temps en complète harmonie avec mon univers, mon style, ma technique, mes sentiments et mes désirs. Je me fais plaisir et je peux développer tout ce qui me tient à cœur depuis longtemps, dessiner des dragons, des pirates, des objets magiques, des monstres, des paysages fantastiques, des ambiances mystérieuses, etc. Mais à un ou deux exceptions près cela se fait quand même, toujours, dans un certain cadre, avec des limites et des contraintes, se conformer à des cahiers des charges, des mondes déjà bien en place à respecter.

Actuellement, après quelques passages à vide, je suis plutôt satisfait de ce que je fais, je déroule mon univers petit à petit, distille ce que je gardais, ce que je n’avais pas pu mettre en images plus tôt. Mais je voudrais aller plus loin. Sortir du carcan. Jusqu’à maintenant, même si j’ai souvent de plus en plus de libertés, j’ai toujours travaillé dans le cadre de commandes. Ca m’a sauté aux yeux en revoyant mes illustrations pendant la mise à jour du site. On me propose des textes, des histoires, des aventures, des mondes à mettre en images qui heureusement collent de plus en plus à mon univers. Grâce aux libertés évoquées plus haut j’ai pu insuffler de temps en temps ce que je ressens au plus profond de moi. Je repère de ci delà des bouts d’idées, des amorces, des tentatives mais jamais développés jusqu’au bout. Même dans le cadre de commandes je suis arrivé, il me semble, à me dévoiler de temps en temps. Et je ne parle pas de technique ou de style mais vraiment d’un univers. J’ai tellement de choses à faire sortir, tellement d’images en tête que j’envisage sérieusement de prendre les commandes. Je ne sais pas encore vraiment sous quelle forme mais mener une aventure seul. De bout en bout. D’ici la fin de l’année je vais creuser et ouvrir des pistes. Je n’y parviendrai peut-être pas du premier coup mais j’en ressens le besoin. De plus en plus pressant et évident. Faire sauter les barrières et ouvrir les vannes.

Jeudi 12 octobre 2006

Mais jusqu’où s’arrêtera-t’il ?

Ecrit dans Gamemastery. Lu 451 fois. 4 commentaires.

Et hop une nouvelle fournée de 54 objets pour la gamme GameMastery. L’éditeur Paizo m’a demandé de mettre en pause le quatrième pack «Dragon’s Trove» (et dernier ?), pour réaliser celui-ci, plus «léger», avant, «Adventure Gear» annoncé ici. Là rien de magique, des objets de tous les jours, un kit de voleur, un nécessaire de déguisement, une fiole d’acide, un grappin, des menottes, un sac de couchage, un sifflet…

Mercredi 4 octobre 2006

Merlin

Ecrit dans Illustrations, crayonnés et making-of. Lu 480 fois. 8 commentaires.

«Le champ de bataille résonnait du bruit des épées et les collines alentour rougeoyaient déjà du feu des incendies. Au plein coeur du combat, Léodagan, assailli de toutes parts, tomba de cheval et ne se releva pas. Merlin décida alors de changer le cours du destin. D’un seul coup de sifflet, il fit lever un vent furieux qui aveugla l’armée de Claudias. Les chevaliers d’Arthur se ruèrent dans le sillon de cette tempête et mirent les ennemis en déroute. Puis, le dragon peint sur l’étendard de Merlin vomit des flammes dignes de l’enfer en direction des fuyards qui disparurent par-delà l’horizon.»

Vendredi 15 septembre 2006

Recherches

Ecrit dans Illustrations, crayonnés et making-of. Lu 1 773 fois. 9 commentaires.

En faisant du rangement sur mes disques durs j’ai retrouvé cette série de crayonnés pour la couverture du roman «La nuit du sortilège» que j’avais réalisée l’année dernière, au printemps, pour les éditions Rageot. Je trouvais intéressant car on peut suivre le cheminement dans la réalisation de la couverture. J’étais tout d’abord parti sur une piste plus «enfantine» mais ça ne collait pas vraiment, trop classique, pas assez adulte et fantastique. Dans le roman, un dragon est gravé au-dessus de la cheminée, symbole étrange et mystérieux. J’ai ajouté devant deux vielles personnes, finalement nous n’en avons retenu qu’une, le vieux monsieur, en plan rapproché. Mais là pour le coup, à trop creuser dans l’autre direction c’était devenu trop adulte. J’ai donc accoudé le héros à la place du vieil homme et, en prenant des libertés avec le texte, fait sortir le dragon et joué sur une courbe bras du héros, ailes et corps du dragon… Je précise que la démarche ne s’est pas faite dans la douleur mais en concertation avec l’éditeur, en discutant, confrontant points de vue et idées, tout ceci sereinement pour avoir au final une couverture efficace qui illustre bien le roman, son esprit, son ambiance et son histoire. Et surtout une couverture dont nous n’avons pas à rougir.
D’habitude je ne fais pas cinquante crayonnés pour une seule image, un ou deux seulement. Mais avec Rageot c’est différent. Nous nous entendons à la perfection travaillant avec respect et plaisir car c’est toujours justifié, dans l’unique but de tirer vers le haut ce que nous sommes en train de créer. Ce qui n’est pas toujours le cas dans le milieu de l’illustration (n’est-ce pas Christophe ?), où souvent les contraintes économiques, les modes, tendances, influences diverses et parfois le manque de sérieux font qu’un illustrateur peut être amené à reprendre, corriger, modifier, voire refaire des crayonnés (ou même des images en couleur !) à maintes et maintes reprises sans aucun respect, ni politesse ou vrai dialogue pour finalement aboutir une réalisation bancale dont personne n’est vraiment satisfait… Mais bon ça, c’est une autre histoire ;)