Ecrit dans Le blog et la galerie. Lu 350 fois. 16 commentaires.

C

es jours-ci, je me questionne sur mon blog. Je visite un certain nombre de blogs et sites quotidiennement. Certains sont alimentés tous les jours, d’autres plus sporadiquement (vive les flux rss). Il n’y a pas de formule miracle pour rendre un blog percutant, la clef étant à mon avis un contenu intéressant. Ca ne sert à rien d’être un blogueur stakhanoviste si ce qu’on écrit et partage ne tient pas la route.
A l’opposé, un message intéressant une fois par mois, même si c’est passionnant, ce n’est pas non plus la panacée. Le lecteur risque de rester sur sa faim ou encore d’être agacé de devoir patienter jusqu’au prochain. D’où parfois une certaine forme de désintéressement.
Il y a aussi le cas de figure ou trop d’informations tue l’information. Des blogs trop denses, certainement captivants, mais devant l’avalanche de messages le lecteur risque de baisser les bras, se décourager, gardant tout ceci sous le coude et puis, peut-être, pris dans la vague des blogs à éplucher, ne reviendra pas les lire. Je pense par exemple à l’excellent blog de James Gurney que je ne cesse de citer mais parfois, c’est - paradoxalement et comment dire - trop riche, trop informatif et comme il remet ça avec autant de talent et passion le lendemain, ça laisse peu de temps pour digérer ce qu’on vient de lire et d’apprendre.

Je me questionne donc sur mon blog et j’aimerais bien avoir vos avis sur plusieurs questions. Ci-dessous quelques petits sondages qui me permettront de mieux cerner mes lecteurs et lectrices (je précise que la page se rafraîchit automatiquement une fois un vote enregistré, plus agréable et cela n’entrave en rien la lecture du message). Comme je m’amuse à le répéter, ce blog n’est pas en ligne dans un but narcissique pour gonfler mon égo - déjà - démesuré. C’est pour vous. Donc comme c’est la mode du participatif, travaillons ensemble ;)

Commençons par vos souhaits :

A quelle fréquence souhaiteriez-vous voir les messages mis en ligne ?

  • Deux ou trois fois par semaine, j'ai tellement de blogs à lire ! (38%, 47 Votes)
  • Qu'importe la fréquence tant que le contenu vaut le détour ! (25%, 31 Votes)
  • Quotidiennement, tous les jours bien sûr ! (24%, 30 Votes)
  • Une fois par semaine, c'est déjà bien assez ! (10%, 13 Votes)
  • Plus épisodiquement ou au coup par coup, Internet ça va deux minutes ! (2%, 3 Votes)

Total des votes : 124

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Pour compléter la précédente question, vous venez par ici ?

  • Tous les jours bien sûr, coûte que coûte, vaille que vaille ! (38%, 46 Votes)
  • Je suis le fil RSS et ne débarque que quand il y a du neuf ! (28%, 34 Votes)
  • De temps en temps, quand j'ai le temps ! (28%, 33 Votes)
  • Rarement et je rattrape le retard en lisant tous les derniers messages d'un coup ! (4%, 5 Votes)
  • C'est quoi un fil RSS ?!! (2%, 2 Votes)

Total des votes : 120

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A propos du contenu, vous souhaiteriez ? (trois votes possibles)

  • Plus de tutoriels ! Encore ! Encore ! (31%, 59 Votes)
  • Surtout ne rien changer, comme ça c'est très bien, merci ! (27%, 51 Votes)
  • Plus de crayonnés, illustrations et recherches et moins de blabla ! (25%, 48 Votes)
  • Moins d'images et plus de réflexions, discussions sur les coulisses du métier, le travail d'illustrateur ! (9%, 17 Votes)
  • Plus de pistes vers l'extérieur, des messages sur d'autres artistes, tribunes, sites, blogs & co ! (8%, 16 Votes)

Total des votes : 191

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Ensuite, entrons dans le détail :

Combien de messages souhaitez-vous voir sur la page principale ?

  • Entre cinq et dix, l'équivalent d'une semaine sous les yeux ! (59%, 65 Votes)
  • Moins de cinq, plus nous éloignerait trop du bazar en bas de page ! (36%, 40 Votes)
  • Trois voire un ou deux, j'ai une connexion 56K et ça pédale ! (3%, 3 Votes)
  • Dix, vingt, beaucoup plus, je réside en Corée du Sud et j'ai une connexion de 100Mbps qui fracasse (véridique) ! (3%, 3 Votes)

Total des votes : 111

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J’ai aussi un souci. Mon idée de départ en lançant ce blog était de partager mon quotidien d’illustrateur au jour le jour. Mais malheureusement, de plus en plus de bâtons se mettent dans mes roues. Je ne peux plus ou très rarement mettre en ligne les illustrations couleur avant parution ou diffusion par l’éditeur. Il peut donc se dérouler plusieurs longs mois entre un crayonné présenté ici et le partage de sa mise en couleurs. Ce qui est loin d’être idéal pour suivre l’évolution d’un projet. En plus ces derniers temps, je me suis fait tapé sur les doigts une ou deux fois parce que j’avais mis en ligne les crayonnés, tout simplement… Je comprends tout à fait le point de vue des éditeurs mais ça me sape complètement mon optique du blog. Je me pose donc la question de poursuivre un partage en pointillé des projets ou plutôt d’attendre et tout rassembler, un peu à la manière de mes mini-tutoriels. Donc :

A propos du suivi des messages, est-ce que la formule actuelle vous convient ?

  • Oui, step by step, c'est très bien, on peut suivre précisement l'évolution du travail quitte à attendre longtemps pour le final ! (77%, 83 Votes)
  • Bof, un peu partagé entre l'envie d'en voir tous les jours et agacé de me dire qu'il va falloir attendre ! (14%, 15 Votes)
  • Non, trop de choses à voir et à lire, impossible à suivre, je décroche et je préfèrerais que ce soit synthétisé ! (9%, 10 Votes)

Total des votes : 108

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Maintenant quelques questions plus techniques sur vos habitudes. Quand j’ai mis à jour mon blog de manière conséquente au début de l’année, j’ai ajouté tout un tas de trucs en bas de page. Quelques accès et raccourcis vers d’autres informations, messages, pour compléter voire enrichir les messages en cours. Je me rends compte via les statistiques du blog que cela a grandement amélioré la navigation sur le blog, rendant les différents contenus plus accessibles, une majorité d’entre vous poursuivant la lecture par ce biais-là. Donc deux questions à ce sujet :

Que pensez-vous du bazar en fin de page (liens & co) et l'utilisez-vous ?

  • Non, j'ai déjà assez de contenu à me mettre sous la dent mais ça peut servir ! (52%, 56 Votes)
  • Oui mais de temps en temps, comme palliatif quand il n'y a rien à lire le jour même ! (37%, 40 Votes)
  • Non, ça me saoule, du pipeau et ça ne fait que surcharger la page ! (7%, 8 Votes)
  • Oui, je ne peux plus m'en passer, une vraie drogue ce truc ! (3%, 3 Votes)

Total des votes : 107

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Que souhaiteriez-vous voir apparaitre dans le bazar en bas ?

  • Des images, illustrations et crayonnés présentés aléatoirement pointant vers les messages en relation ! (53%, 52 Votes)
  • Des liens, outils communautaires, genre Stumbleupon, netvibes, del.icio.us & co ! (31%, 30 Votes)
  • Voir les cinq derniers commentaires ! (12%, 12 Votes)
  • J'ai une autre idée formidable et je vais l'écrire dans les commentaires de ce message ! (4%, 4 Votes)

Total des votes : 98

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Et pour finir une petite question sur la bannière et le menu de navigation. J’ai reçu quelques messages de visiteurs (et éditeurs !) perdus et perplexes devant ces images coulissantes. Peut-être est-ce trop « tôt » et pas vraiment dans les habitudes des internautes. Un peu déstabilisant peut-être. En bref, je ne suis, moi-même, pas tout à fait convaincu de sa fonctionnalité même si esthétiquement ça me convient. Donc :

La bannière et la navigation du site vous convient-elle ?

  • Oui, c'est superbe, classe, ergonomique et accessible ! (64%, 69 Votes)
  • Bof, pas vraiment justifié, tape à l'œil, mais je fais avec ! (29%, 31 Votes)
  • Non, brrr je vais vomir, merci de revenir à une navigation classique et pratique sans effets ! (7%, 8 Votes)

Total des votes : 108

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Voilà, c’est tout et c’est déjà pas mal. Merci !

Mercredi 26 mars 2008

Dungeons & Dragons

Ecrit dans Fantastique, SF et Fantasy. Lu 793 fois. 6 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Tokyo c’est bien.

Dans les semaines à venir, va être lancée la quatrième édition de Dungeons & Dragons, l’annonce de l’été dernier reprise ici en français. , le blog consacré qui détaille l’avancée de l’édition, ici quelques artworks bien sympathiques et encore , le planning des publications.
La gamme est sur les rails, développée depuis un bon moment, l’éditeur préparant les divers compléments et extensions bien en amont pour alimenter les joueurs régulièrement dans les mois suivant le lancement. Lancement qui, d’après ce que j’ai lu ou entendu, s’annonce bien costaud, on sent même un certainement flottement dans l’édition du JdR en ce début d’année. Les joueurs et éditeurs vont-ils suivre le mouvement et se convertir à cette nouvelle mouture ? Au passage, je rapporte que Paizo va lancer son propre jeu de rôle, développant l’univers Pathfinder, basé sur les règles de D&D 3.5, l’annonce et le site ici. Une forme de relève, une nouvelle voie ou de la concurrence ? L’avenir nous le dira. Et je participe d’ailleurs à la gamme Pathfinder avec certains packs d’armes et objets comme ceux présentés ici et pour un module, .

J’ai déjà travaillé à deux reprises avec Wizards of the Coast pour des projets dont je ne peux révéler la teneur, confidentialité oblige, c’était par . Cette fois-ci, c’est l’équipe de Dungeons & Dragons qui me contacte pour travailler sur la quatrième édition et plus particulièrement sur le Draconomicon. Pour démarrer notre collaboration, une demi-douzaine d’illustrations couleur sur le thème des dragons bien évidemment. Comme beaucoup d’illustrateur Fantasy, D&D fut pour moi LE gros déclic. J’ai découvert ces univers avec la version 3.5 du jeu et ado, je bavais devant les illustrations et ces personnages, univers et créatures fantastiques. Participer à une telle aventure, m’excite et me touche beaucoup.
Bon, là aussi, je dois garder secrète l’évolution du projet et il faudra s’armer de patience. Quoique, étant donné qu’ils présentent de temps en temps quelques illustrations en avance pour titiller les fans et joueurs, je pourrai peut-être lâcher quelques pistes ici. A suivre ;)

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P. S. :
Un dernier mot pour celles et ceux qui auraient été transportés dans une autre dimension ce mois-ci, le génial créateur de Dungeons & Dragons, Gary Gygax, a cassé sa pipe le 4 mars… La news sur le site du Monde, ici, et ou encore , de chouettes hommages au monsieur. Et comme il disait : « Les dés ne servent qu’à faire du bruit derrière l’écran du maître. »

Lundi 24 mars 2008

Anniversaires

Ecrit dans Le blog et la galerie. Lu 288 fois. 6 commentaires.

Ce weekend, en faisant de l’archéologie dans mes dossiers docs sur mon ordinateur, je suis tombé par hasard sur des captures d’écran de mon site et de mon blog prises au fil des ans. Pour garder une trace. Je suis plutôt du genre fourmi et je conserve tout et n’importe me disant, qui sait, que ça pourra toujours servir. En regardant les dates de création des images, je me suis aperçu avec étonnement que j’avais mis en route mon site il y a maintenant six ans, en mars 2002. Déjà. Et le blog il y a trois ans, en mars 2005.

Je me souviens qu’en 2002, mettre un site en ligne n’était pas à la portée de tout le monde. J’avais été aidé par Aymeric Hays-Narbonne, collègue enseignant de l’école Emile Cohl, qui me mit le pied à l’étrier avec des cours en accéléré de html & co. On naviguait en 800×600 et les bugs et histoires d’incompatibilités étaient légion. Finalement nous avions mis au point une petite galerie, quelques poignées d’images. 2002 ne semble pas bien loin mais à l’époque, communiquer via Internet avec les éditeurs, ce n’était pas encore gagné. Le fax prenait encore beaucoup de place et le plus souvent, quand je proposais d’aller jeter un œil à mon site, on me répondait dossier de photocopies.

Pendant trois ans, j’ai poursuivi mon aventure telle quelle et en 2005, avec un peu plus de bouteille et l’aide précieuse de Google mon ami, j’ai fait une mise à jour conséquente vers une résolution plus élevée, un design plus classieux, le plus sobre et le plus lisible possible. J’ai fait évoluer cette version régulièrement mais même si le site faisait plus pro, c’était vraiment une usine à gaz pour faire les mises à jour, pénible et laborieux. C’est là que m’est venue l’idée de tenir une sorte de journal de bord pour des informations plus régulières et surtout plus faciles à partager.

N’étant pas du tout au point de ce côté-là, je me suis inscris en mars 2005 sur la plateforme clef en main Overblog pour mes premiers pas. Les débuts furent un peu difficiles pour trouver le bon ton, le bon rythme et je ne savais pas trop quelle direction prendre. De fil en aiguille, avec le « bouche à oreille » sur les forums, sites ou blogs, les visiteurs ont commencé à venir plus régulièrement. Petit à petit, j’ai présenté plus de crayonnés, recherches, des images étapes par étapes et le nombre d’emails en rapport avec mon travail, mes commandes, ma technique est allé croissant. A un point tel que je passais des heures à répondre à tout le monde. J’ai donc eu envie de partager mes coulisses plus en détail apportant ainsi des réponses aux questions que les lecteurs pourraient se poser comme je le résumais en introduction à la rubrique Infos.

En septembre 2005, compte tenu de l’ampleur grandissante de la demande et des visites, je m’arme de patience et passe de longues soirées à monter un blog avec comme moteur Dotclear. Là aussi, en deux, trois ans, j’ai fait évolué souvent (et beaucoup) l’interface, la structure et la navigation pour mettre en avant le contenu et rendre le tout plus agréable. En pensant surtout au confort de lecture et à une bonne accessibilité. De la même manière, j’en ai bavé pour transférer mes anciennes galeries faites avec mes petites mimines vers des galeries Coppermine bien plus facile à mettre à jour. J’étais très satisfait du résultat et l’effort ne fut pas vain car j’ai vu le nombre de visiteurs doubler en quelques mois et presque tripler sur l’année.

En ce début d’année 2008, souhaitant aller encore vers du mieux, j’ai transféré mon blog Dotclear vers Wordpress dont on m’avait dit le plus grand bien. Un peu le même topo qu’auparavant, une jolie galère pour permuter tout ceci mais bon, avec de l’huile de coude comme on dit et je suis enchanté par cette nouvelle formule.

Je n’ai pas le nez sur les statistiques mais c’est très intéressant à suivre de temps en temps. D’une moyenne de 12 visiteurs par mois (!) en 2002, le site/blog est passé à plus de 400 par jour actuellement voire 600 pour les grands soirs. Avec une anecdote amusante : Un pic hallucinant de 2500 visiteurs pour la seule journée du 18 décembre dernier. J’ai tout d’abord pensé à un crash des statistiques ou à une attaque de je ne sais quel hacker ou je ne sais quoi d’autre visant à mettre mon site/blog à genoux. C’est mon épouse, le lendemain, qui trouve la réponse en visitant le site Naver. Naver, c’est LE portail coréen d’informations & co avec 70% de part de marché loin devant les Google, Yahoo, etc. En minuscule, dans un petit encart, quelqu’un, je ne sais qui, écrit sur mes illustrations quelques mots fort sympathiques que ma modestie me fait garder pour moi. Quelques heures sur la page principale de Naver, même en riquiqui et c’est le raz-de-marée. Les coréens me surprendront toujours ;)

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Mardi 18 mars 2008

Parcours & Inspirations II

Ecrit dans Parcours et inspirations. Lu 480 fois. 12 commentaires.

Suite du message précédent… Orienté vers l’école Emile Cohl, je me suis rendu à Lyon pour assister aux journées portes ouvertes. Je dois dire que ça m’a fait froid dans le dos de voir ces élèves travailler sur chevalet par exemple, faire du modèle vivant, de la sculpture, des illustrations, de la BD, etc. Le niveau était impressionnant et je n’arrivais vraiment pas à m’imaginer là… Je me suis renseigné sur les enseignants, découvrant des pointures. Tous les soirs, je feuilletais la brochure de l’école, retournant dans tous les sens les questions du genre : En suis-je capable ? Est-ce que j’ai les capacités ? Suis-je à la hauteur ? Le moral et l’endurance ? Vais-je tenir le coup ? L’envie était toujours là, intacte, mais je conservais à l’esprit le fait qu’une école privée coûte beaucoup d’argent et qu’il ne s’agit pas de se planter, au minimum par respect pour ceux qui me font confiance et financent mes études pour m’assurer une formation de qualité. Des nœuds à l’estomac.

Pour préparer mon dossier en vue de l’entretien avec le directeur de l’école, je me suis rendu chez mon oncle céramiste, Jean Girel qui fut aussi professeur de dessin (j’en parlais ici). J’ai passé une semaine à travailler dur, enfermé par mon oncle dans une pièce, des tubes de gouache et quelques pinceaux sous la main, une orange ou un verre devant moi. Au boulot. Ensuite, direction la campagne pour faire des croquis des vaches, des arbres, des montagnes, des nuages. Au passage, je souligne que mon oncle m’a toujours soutenu et aiguillé pendant toutes ces années où je commençais à dessiner, au collège, au lycée. Je lui montrais souvent mon travail et il m’orientait dans la bonne direction. Moi qui étais tout fier de mes boulots, j’entendais quand même le plus souvent : Ah non, le biceps ce n’est pas comme ça, le volume ne tourne pas assez, cette ombre est fausse, ou encore : Va regarder ton dessin dans un miroir et tu verras que ton personnage a la gueule de travers. Les coups de pied au cul, ça a toujours du bon.

Je suis donc entré à l’école Emile Cohl directement en première année. Ce qui, à l’époque, était encore jouable si on avait un niveau suffisant. J’ai passé trois années de dur labeur, c’était vraiment difficile physiquement et se retrouver confronté à tant de nouvelles choses à apprendre, digérer, assimiler, c’était souvent éprouvant. Plus de quarante heures de travail dans la semaine et, j’exagère et caricature à peine, autant à la maison (en ce qui me concerne en tout cas). Je me rends compte maintenant que ces trois années m’ont complètement transformé. Un véritable apprentissage. De nouveaux horizons, des rencontres étonnantes, des défis que je n’avais jamais imaginés. Avec des hauts et des bas, des joies et des peines comme dans toute formation intensive. Je pense sincèrement que sans l’école Emile Cohl, je n’en serais certainement pas là aujourd’hui et je pense avoir appris en trois ans ce que j’aurais peut-être appris en cinq ailleurs ou en dix tout seul. J’ai acquis une certaine technique et jeté les toutes premières bases de mon univers. Je dois beaucoup à l’école Emile Cohl et chaque jour je sens que ce que j’ai appris remonte à la surface.

En troisième année, pour mon diplôme, j’ai choisi d’illustrer des chansons de Gérard Manset (j’en parlais ). Illustrer des chansons ou de la poésie est particulièrement casse-gueule tellement les interprétations des textes sont diverses et variées. J’ai fait le forcing pour que ça passe et l’équipe d’enseignants qui suivaient les diplômes de près m’avait d’ailleurs prévenu qu’ils m’attendaient au tournant et que je n’aurais pas le droit à l’erreur. Ci-dessous, quelques illustrations réalisées pour mon diplôme, j’expérimentais, testais, tâtonnais techniquement, recherches de couleurs, d’ambiances, cadrages, points de vue, je faisais mes premières gammes. Je suis sorti de l’école en 1997, diplôme en poche, quatrième de ma promotion. Il m’a fallu ensuite deux, voire trois bons mois pour m’en remettre. J’ai passé de longues heures au bord des étangs derrière chez mes parents pour laisser infuser ce que j’avais emmagasiné.

Pour mes premiers pas, à l’automne de la même année, mon père qui projetait d’aller à Taïwan pour son travail, m’offre le voyage comme cadeau de félicitations pour mon diplôme. A Taïwan, je rencontre l’éditeur Grimm Press. Pointure de l’édition jeunesse asiatique qui faisait tourner les têtes des illustrateurs sur les salons. La rencontre fit des étincelles et je reprenais l’avion de retour avec un contrat en poche pour mon tout premier album illustré. Ce qui me permit de faire mes armes, gonfler mon portfolio et avoir un bouquin publié sous le bras qui allait m’ouvrir quelques portes ensuite. Et de fil en aiguille… La suite, elle est sous vos yeux, tout au long de ces messages.

Demain, les inspirations…

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Lundi 17 mars 2008

Parcours & Inspirations I

Ecrit dans Parcours et inspirations. Lu 351 fois. 5 commentaires.

Tout est dans le titre. On me questionne souvent sur mes études, sources d’inspiration & co. J’ai parfois plus ou moins répondu de-ci de-là dans mes messages mais je me dis qu’un petit concentré ne serait pas plus mal. Commençons par mon parcours.
Il me semble qu’il est des plus communs. En revanche, je crois que j’ai eu la chance extraordinaire de rencontrer, croiser, écouter des personnes qui ont su me faire confiance et déceler en moi la petite étincelle, m’aiguillant sur le bon chemin. Avec le recul, je me rends compte qu’il y a eu pas mal de petits déclics, de moments forts qui m’ont fait tendre vers une voie artistique. Par exemple gamin, certaines lectures comme Le Magicien des couleurs, j’en parlais ici, des dessins animés comme Le Sourire du dragon, . Puis ado, des jeux de rôle comme l’Œil Noir, ici, des illustrations de pochettes de disque comme , des films comme La Vallée Perdue, ici.

Au collège, en Provence, je grabouillais déjà beaucoup et me faisais remarquer dans les cours de dessin. Arrivé en troisième, il fallait faire un choix, plutôt difficile et lourd de conséquences. A l’époque, nous entendions qu’il était risqué de se lancer tôt dans une formation « professionnelle » en visant un baccalauréat technique. On nous conseillait d’éviter « l’entonnoir » tout de suite en orientant vers des matières scientifiques ou littéraires plus généralistes, plus passe-partout comme garantie et éviter de se retrouver sur le carreau si ça ne marchait dans une voie technique. Comme j’étais d’une nullité crasse en science, nous visions plutôt un bac Lettres A2 (c’était le nom à l’époque). Mais, au collège, l’enseignante des cours de dessin, Mme Palma, prit contact avec mes parents pour leur expliquer qu’elle pensait que j’avais peut-être un avenir dans le dessin ou en tout cas qu’elle sentait qu’il y avait un début de petit quelque chose en gestation. Je n’oublierai jamais cette dame et ses encouragements. Elle envisageait pour moi un bac A3 (Lettres et Arts). Je me souviens que les sections A3 n’avaient pas toujours bonne réputation et on entendait souvent que c’était celles et ceux qui n’étaient pas fichus de tenir la route dans les autres matières, des artistes, hum hum… Après réflexion, mes parents ont finalement décidé de me laisser tenter ma chance, confiants mais certainement un peu inquiets.

Il n’y avait qu’une seule section A3 dans la région, à Aix-en-Provence. C’était d’ailleurs les toutes dernières années de cette section, une réforme pointait son nez et allait donner un coup de balai dans les bacs en la faisant disparaître. L’avantage en A3 c’était le grand nombre d’heures de dessin, d’histoire de l’art et d’avoir des coefficients puissants pour ces matières, à jeu égal avec la philo ou d’autres matières clefs des sections littéraires. J’ai fait la rencontre de M. Bernus, professeur de dessin, qui pendant trois années nous fit travailler d’arrache-pied, durement, intelligemment, pour nous donner une certaine dextérité (nous travaillions habituellement en temps limité pour aller à l’essentiel, une sacrée école de la rapidité et de l’économie de moyens !). Ce professeur était haut en couleur, un peu farfelu. Il prenait son travail très à cœur et nous fit partager avec brio sa passion des arts, de la peinture. Heureusement il était plutôt réceptif, pas coincé dans une optique Beaux Arts, si je peux dire, et me permit de m’exprimer pleinement dans mon propre style. En complément de la pratique, nous avions aussi d’excellents cours d’histoire de l’art par M. Paindessous qui nous fit découvrir les classiques et nos contemporains en enrichissant considérablement notre culture artistique.

En terminale, à l’approche du bac, il a fallu encore faire des choix difficiles. Mon idéal était les Arts déco à Paris. Mais cela signifiait de grands chamboulements et, peut-être, certainement, une année de mise à niveau pour y entrer. Il y avait aussi l’école Boulle, Estienne… C’était en 1994 et mes parents et moi étions allés à Paris rencontrer des amis illustrateurs pour leur demander conseil. J’avais souvent entendu parler d’eux, «Big et Nicole» ou plutôt Bernard Giroud et Nicole Baron. Je leur avais montré mes dessins. Ils trouvaient que ça tenait la route et qu’avec de bons guides, ça devrait le faire, comme on dit. Nous avions longuement discuté, une après-midi à passer en revue les différentes écoles publiques. Nous n’avions jamais envisagé que je puisse entrer dans une école privée à cause de toute la partie finances de l’affaire. Et Big et Nicole ont évoqué l’école Emile Cohl. Ils nous ont expliqué que c’était très très difficile, un travail acharné, mais ce serait exactement ce qu’il me fallait. Cette rencontre m’a marqué car je n’avais encore jamais vu comment ça se passe chez un illustrateur, les coulisses de la création. J’avais visité leur atelier, ils travaillent souvent en duo, ils m’avaient montré des illustrations, des bouquins, des commandes. C’était merveilleux et ça me faisait drôlement envie.

La suite demain…