es 24, 25 et 26 Avril prochain, la Cité du Livre d’Aix-en-Provence se passionnera pour la Fantasy. Au programme des rencontres avec des auteurs, des animations, des projections, présentations d’ouvrages, démonstrations JdR, jeux de plateau et ateliers jeux pour les enfants. Comme je n’ai pas de séjour prévu en France à ce moment-là je ne pourrai malheureusement pas participer. En revanche, c’est l’illustration de couverture du Grimoire de Merlin, celle-ci, qui sera mise en avant comme visuel pour les affiches et programmes de la manifestation. Aussi, une bonne poignée d’illustrations réalisées pour l’Encyclopédie du fantastique et de l’étrange sera reprise pour illustrer les programmes, dépliants & co. Ce qui me fait bien plaisir. A propos de l’affiche, la Cité du Livre va en imprimer un certain nombre en grand format, 120 x 176 cm, disséminée dans toute la ville. Pour les fans et les plus téméraires, il y en aura certainement quelques-unes à récupérer ;)
Je vais aussi bientôt retourner à l’école… A partir de la rentrée, en septembre 2008, je reprends le flambeau à l’école Emile Cohl. Je vais à nouveau donner des cours, après cinq années de « retraite coréenne ». Je développerai un peu plus tard sur la question. Ce qui implique un « retour » en France. Notre bail actuel en Corée prenant fin avant l’été, ma petite famille et moi nous nous sommes beaucoup questionnés et nous avons finalement décidé de nous installer en France. Ce n’est pas un « ras-le-bol » de la Corée, loin de là, mais la suite de notre petit bonhomme de chemin. Notre périple démarrera fin mai. A ce propos, je baisserai le rideau sur le blog pendant de longues semaines dans ces eaux-là, le temps d’atterrir et s’installer, bien dans ses pénates.
C’est là que j’ai quelque chose à vous demander, vénérables lecteurs et lectrices. Complètement hors-blog, illustrations & co, un petit aparté. Nous souhaitons nous installer en région parisienne, voire grande région parisienne. Une petite maison, un jardin pour que notre illustratrice en herbe galope, un coin sympa. Connaissez-vous des villes ou villages agréables au sud de Paris ? Si possible avec le RER pas trop loin pour accéder facilement à la capitale. Et 30 minutes voire 45 minutes de trajet ne nous effraient pas le moins du monde, la tentaculaire Séoul ayant complètement modifié nos notions du temps et de l’espace. Qu’en dites-vous ?
près le parcours (ici et là), les inspirations. Et la documentation.
Quand j’étais enseignant à l’école Emile Cohl, j’étais toujours surpris de voir de jeunes arrivants croire gentiment qu’un illustrateur ou un bédéiste se met devant la page blanche et hop, dessine, commence en haut à gauche et finit en bas à droite (je caricature à peine). Idem pour les couleurs, et zou une mise en couleurs… A mettre sur le dos de leur fraîcheur dans le métier et les prémices de leur apprentissage, héhé. La démystification qui allait suivre et le travail considérable qui en découle allaient faire mal.
Mes sources d’inspiration sont diverses et variées. Le quotidien est la principale source, des nuages, un coucher de soleil, une lumière sur un mur, l’écorce d’un arbre, des visages dans le métro, une balade en forêt, etc. L’illustration nécessite un énorme travail d’observation, il faut former son œil à capter le moindre détail, une couleur, la pose d’une main, le contour d’un visage. Avant de commencer le crayonné d’une illustration, je ne fais pas des kilomètres de recherches en petit, des piles de brouillons ni ne remplis carnets et cahiers. Je réfléchis beaucoup à l’image. Un peu comme un travail mental à la loupe. J’ai généralement une « vision » de ce que je veux représenter (comme le mini-essai couleur des elfes). Mais une vision très floue que je vais affiner peu à peu en me creusant les méninges. Je me demande comment seront le ciel, l’ambiance, le décor. Puis les personnages, les roches, la végétation, les éléments, eau, air, etc. Enfin je pousse plus loin la réflexion en me questionnant par exemple sur les vêtements, tuniques des personnages. Celui-ci porte-t’il une broche à sa cape ? Celui-là, a-t’il une doublure à sa veste ? Cette épée reflète-t’elle ce qui l’entoure ? Est-elle matte, usée ? Est-ce qu’il y a de la mousse sur les roches ? Ce qui pourrait donner le sentiment d’un environnement humide ou apporter une touche de vert dans l’image par exemple, etc. J’assemble « mentalement » tout ceci. Ensuite ou en même temps, je me plonge dans mes livres, mes documents, je cherche sur Internet, je regarde des films pour emmagasiner le plus de références possibles et préciser ma vision de la scène. Lui donner corps. Et surtout l’enrichir, la développer pour que le lecteur ait plus un sentiment de justesse et de « vérité » de ce qui est représenté. En plus, en m’immergeant ainsi dans les bouquins & co, certaines images découvertes en appellent d’autres et m’évoquent de nouvelles interprétations de tel ou tel élément, entraînent de nouvelles idées.
J’ai chez moi grand nombre de livres, revues, magazines, catalogues de toute sorte, artbooks d’illustrateurs, bandes dessinées, encyclopédies sur les animaux, carnets de croquis… Je feuillette sans cesse ces livres à la recherche d’indices qui vont titiller mon inspiration, d’images susceptibles de m’aiguiller dans ma création. Il faut que ces sources d’inspiration « infusent » et « déteignent » sur moi. Tout ce travail de recherche sert à enrichir mon imaginaire. Une fois les documentations et sources d’inspiration bien digérées, je peux dessiner dans de bonnes conditions en me concentrant principalement sur l’illustration et son sens.
Mais il faut savoir bien utiliser la documentation. Ce qui est loin d’être évident. Il ne s’agit pas de copier, recopier ou décalquer. Cela n’aurait aucun sens car quand je dessine quelque chose, j’ai besoin de le comprendre. Connaître son articulation, son fonctionnement. Il faut « autopsier » et décortiquer la documentation avant de l’utiliser. Par exemple, une fois une pose assimilée, on peut déplacer un bras, changer la position de la tête, son regard, ses traits, maigrir ou grossir sa carrure sans trop de difficulté. Ou encore comment, sur cette photo, les nuages se teintent en fonction du soleil, ou pourquoi l’eau est plus transparente ici que là. Je recommande d’ailleurs vivement, encore et toujours, la lecture intégrale du blog de James Gurney qui, justement, détaille ce genre de raisonnement, c’est par là (même si - à mon avis et ça peut être très long voire douloureux - une réflexion, seul, sans raccourci ni aide extérieure, sera meilleure et bénéfique).
Pour finir, j’imprime les docs et références trouvées pour les avoir sous les yeux, garde ouverts quelques livres autour de moi et je me lance avec mes crayons.
Suite et fin à propos de la documentation demain…
près quinze jours voire même trois semaines de tête dans le sac, grippe, otite & co, j’ai repris doucement le chemin des crayons et pinceaux la semaine dernière, pour de bon, requinqué. Je rattrape tant bien que mal le retard sur tous les projets en cours. Entre autres, j’ai crayonné la couverture de l’intégrale de l’Encyclopédie du fantastique et de l’étrange dont je parlais ici.
Casterman m’a donné carte blanche. Ce qui peut se révéler à double tranchant, il n’est pas toujours évident de pouvoir profiter pleinement d’une telle liberté. Ci-dessous, la maquette de la couverture. Une grande image, un peu dans le même esprit que celles réalisées pour Rageot (voir ici ou là). Une illustration immense couvrant tous les pans de la couverture, rabats & co.

Au début, peut-être encore assommé par les remèdes coréens en tout genre, je suis parti sur une idée classique (mais qui a fait ses preuves). Les dragons. Un envol, des cieux tourmentés, un décor montagneux si possible décoiffant avec les couleurs, etc. Mais je n’étais pas satisfait. Des dragons j’en ai fait pas mal ces derniers mois et on en voit beaucoup (et des bien mieux) dernièrement (cf par là).


Je me suis dit que j’allais essayer de mieux profiter de cette chance d’avoir carte blanche en apportant un peu « d’exotisme » et livrer quelque chose de plus personnel. J’avais une image en tête depuis un moment. En bref, le courageux volontaire du village, couvert de grigris et baume répulsif, s’aventure dans le glauque marais voisin pour tenter de déloger la créature qui boulotte les chèvres des éleveurs. Je me suis régalé sur ce crayonné, une forme d’hommage à « l’Etrange créature du lac noir », film que je découvrais gamin, présenté par Eddy Mitchell lors de la Dernière Séance (pour celles et ceux qui auraient besoin de réviser les classiques, c’est par ici ou là pour des posters effrayants dans tous les sens du terme). Mais mon éditeur, à très très juste titre (merci JMC), trouvait que les trois premières couvertures que l’on peut voir ici alignées avait une unité de cadrage, mise en scène, réalisation, un personnage dans son environnement, face aux lecteurs, entouré de sbires ou éléments nous renseignant un peu plus sur l’atmosphère ou le « biotope » local. Ma nouvelle proposition de crayonné, même si elle tient la route en elle-même, s’éloigne un peu trop des premières publications et ne fait peut-être pas assez figure « d’intégrale »…


Cette piqure de rappel et ce petit rafraîchissement de mémoire me fit le plus grand bien, une bonne claque finalement. En revoyant les trois illustrations des couvs précédentes, je me suis rendu compte qu’elles n’ont pas vraiment de lien dans le « sens », elles décrivent chacune un univers différent mais rien ne les lie. Je me suis donc dit que j’allais les regrouper pour l’illustration de couverture de l’intégrale, une « couverture-concept » en quelque sorte, héhé. Sur les rabats et sur le plat4, je rappelle les univers dépeints précédemment, le mage et ses petits démons, la fée blanche au bord de l’eau entourée de ses lutins à capuches violettes et l’île-cimetière mystérieuse survolée de corbeaux… Et pour le plat avant, un beau gardien protecteur, défendant ces univers, accompagné d’une bestiole « porte-gourde » étrange et velue. La couv prend une dimension nouvelle ainsi et devient un peu « ludique » et j’espère que les plus curieux et malicieux lecteurs reconnaîtront les petits clins d’œil aux autres illustrations. Je laisse aussi de grands espaces dégagés pour assurer la bonne lisibilité des titres, textes et accroches qui seront ensuite ajoutés par l’éditeur. Après quelques bidouilles, nous nous dirigeons donc vers l’image suivante, le crayonné ci-dessous. En revanche, pour la mise en couleurs, je pense qu’il faudra attendre l’automne et la publication de l’ouvrage, patience ;)


es temps-ci, entre autres projets, je vais réaliser une illustration de couverture pour la nouvelle édition de l’Encyclopédie du fantastique et de l’étrange chez Casterman (mes précédentes illustrations c’est par là). Trois volumes ont été publiés, grands formats, couverture cartonnée. Cette année, pour l’automne, on relance l’aventure avec une publication des trois ouvrages réunis en un seul, un joli pavé, pas loin de trois cent pages. Un format légèrement plus petit et une couverture semi-souple. Au lieu de reprendre une des images précédemment réalisées ou de faire un montage, Casterman me commande une illustration originale recouvrant toute la surface extérieure du livre, c’est-à-dire la couverture, le dos, le plat4 et les rabats. Ce ne sera pas une image « générique » comme pour l’encyclopédie Hachette par exemple, mais plutôt une scène ou un autre personnage. J’ai carte blanche et même si ça me titille déjà pas mal, je ne sais pas encore quelle direction prendre pour compléter voire enrichir les couvertures déjà en place. En tous cas, ça me fait bien plaisir de remettre le couvert pour donner une nouvelle vie à ces livres qui me tiennent tout particulièrement à coeur !

es derniers temps, en parallèle avec mes autres travaux en cours, j’ai crayonné pour les éditions Milan. Une encyclopédie sur la mythologie. En tout je devrais réaliser une dizaine d’illustrations. Je commence la mise en couleurs ces jours-ci et je m’occupe plus particulièrement du passage sur Jason. Bien sympa et ça m’a donné l’occasion de re(re-re-re-re)voir Jason et les Argonautes, le grand classique.










