l y a peu, je dissertais en longueur sur mes inspirations (par ici). Complètement par hasard, cherchant des docs de navires et pirates, j’ai retrouvé avec joie cette couverture, L’Or maudit de Huacapac. Un des épisodes de la célèbre bande dessinée Barbe-Rouge (par là). Cette image m’était sortie de la tête avec les années…
Je devais avoir huit ans quand j’ai croisé cette BD en librairie. J’avais flashé sur la couverture. Je me souviens même avoir fait un bon caprice pour qu’on me l’achète. Je me souviens aussi que l’intérieur de la BD ne m’intéressait pas beaucoup voire pas du tout. C’était vraiment l’illustration de couverture qui me fascinait. Ce personnage masqué et décentré accompagné de deux félins sur le qui-vive, les regards tournés vers l’extérieur de l’image, le mystère qui plane, ce décor sculpté, quelques divinités ou idoles de je ne sais quel culte sacrificiel… Tous les ingrédients pour une couverture intrigante et énigmatique à la limite du fantastique.
Je me rends compte d’ailleurs maintenant que ce fut certainement un peu plus qu’un simple petit déclic car j’ai souvent repris ce « schéma » à maintes reprises dans mes images, inconsciemment peut-être, comme ici, là ou encore là…
Cette superbe illustration est signée Patrice Pellerin.

ommençons par ce site, ici, Gezfry. De belles illustrations, soignées, léchées. Je suis épaté par le soin apporté à ces mélanges de techniques, d’univers et sensibilités. De la belle ouvrage.
Ensuite, deux sites complémentaires consacrés à l’actualité du Fantastique et de la Fantasy. Bien pratique pour se tenir informé et suivre l’évolution de projets de films, de livres, d’auteurs, etc. Elbakin.net par ici et Fantasy.fr par là.
Dans la série le vaste Internet, via le blog de James Gurney, j’ai découvert ce moteur de recherche de blogs d’artistes, si, si, c’est vrai. Une belle initiative qui permet de gagner un temps précieux et d’écumer un peu, par ici. Et pour les veinards, une expo John Howe pointe son nez, de quoi s’en mettre plein les mirettes, galerie Arliduk, la news là.
Je suis passionné par le pouvoir des images, l’impact des images. Et surtout comment rendre des images fortes, percutantes en faisant passer un message, des idées ou des sensations. Vous connaissez certainement la passionnante émission Palettes qui défrichait déjà bien le terrain avec une voix-off envoutante. Toujours surprenant de voir et comprendre à quel point certaines images peuvent être travaillées pour « influencer », guider ou titiller le spectateur. Sur le site d’Arrêt sur Images, on peut lire maintenant les chroniques d’Alain Korkos, par ici. Là aussi c’est pointu, prenant, captivant, brillant. Alain Korkos autopsie, décortique les images qui nous entourent. Amusant de constater l’aspect cyclique de l’image, de l’illustration, comment les artistes, photographes et graphistes « recyclent » une certaine culture, un certain passé de l’image. Alain Korkos replace les images d’aujourd’hui dans le conteste historique en remontant loin, voire très loin. Une bonne claque qui réveille.
Un peu dans le même ordre d’idée, une fois par semaine, un membre de la rédaction du journal Libération explique les unes de la semaine. C’est trop court mais ça vaut le détour pour comprendre un peu l’envers du décor et comment sont façonnées les unes du journal, par là.
Au passage un nouveau moteur de recherche de fonts, polices & co, toujours bon à avoir sous le coude, SerahFreeFonts par ici.
Et pour finir le site d’un autre artiste que j’aime beaucoup, David Petersen, créateur de Mouse Guard. C’est joli et détaillé, fin et agréable. J’aime bien me plonger dans ses images, dans cet univers si particulier. Le site officiel ici et le blog par là. Ci-dessous des recherches réalisées pour le jeu de rôle Mouse Guard. J’adore.

ans les semaines à venir, va être lancée la quatrième édition de Dungeons & Dragons, l’annonce de l’été dernier reprise ici en français. Là, le blog consacré qui détaille l’avancée de l’édition, ici quelques artworks bien sympathiques et encore là, le planning des publications.
La gamme est sur les rails, développée depuis un bon moment, l’éditeur préparant les divers compléments et extensions bien en amont pour alimenter les joueurs régulièrement dans les mois suivant le lancement. Lancement qui, d’après ce que j’ai lu ou entendu, s’annonce bien costaud, on sent même un certainement flottement dans l’édition du JdR en ce début d’année. Les joueurs et éditeurs vont-ils suivre le mouvement et se convertir à cette nouvelle mouture ? Au passage, je rapporte que Paizo va lancer son propre jeu de rôle, développant l’univers Pathfinder, basé sur les règles de D&D 3.5, l’annonce et le site ici. Une forme de relève, une nouvelle voie ou de la concurrence ? L’avenir nous le dira. Et je participe d’ailleurs à la gamme Pathfinder avec certains packs d’armes et objets comme ceux présentés ici et pour un module, là.
J’ai déjà travaillé à deux reprises avec Wizards of the Coast pour des projets dont je ne peux révéler la teneur, confidentialité oblige, c’était par là. Cette fois-ci, c’est l’équipe de Dungeons & Dragons qui me contacte pour travailler sur la quatrième édition et plus particulièrement sur le Draconomicon. Pour démarrer notre collaboration, une demi-douzaine d’illustrations couleur sur le thème des dragons bien évidemment. Comme beaucoup d’illustrateur Fantasy, D&D fut pour moi LE gros déclic. J’ai découvert ces univers avec la version 3.5 du jeu et ado, je bavais devant les illustrations et ces personnages, univers et créatures fantastiques. Participer à une telle aventure, m’excite et me touche beaucoup.
Bon, là aussi, je dois garder secrète l’évolution du projet et il faudra s’armer de patience. Quoique, étant donné qu’ils présentent de temps en temps quelques illustrations en avance pour titiller les fans et joueurs, je pourrai peut-être lâcher quelques pistes ici. A suivre ;)

P. S. :
Un dernier mot pour celles et ceux qui auraient été transportés dans une autre dimension ce mois-ci, le génial créateur de Dungeons & Dragons, Gary Gygax, a cassé sa pipe le 4 mars… La news sur le site du Monde, ici, et là ou encore là, de chouettes hommages au monsieur. Et comme il disait : « Les dés ne servent qu’à faire du bruit derrière l’écran du maître. »
es 24, 25 et 26 Avril prochain, la Cité du Livre d’Aix-en-Provence se passionnera pour la Fantasy. Au programme des rencontres avec des auteurs, des animations, des projections, présentations d’ouvrages, démonstrations JdR, jeux de plateau et ateliers jeux pour les enfants. Comme je n’ai pas de séjour prévu en France à ce moment-là je ne pourrai malheureusement pas participer. En revanche, c’est l’illustration de couverture du Grimoire de Merlin, celle-ci, qui sera mise en avant comme visuel pour les affiches et programmes de la manifestation. Aussi, une bonne poignée d’illustrations réalisées pour l’Encyclopédie du fantastique et de l’étrange sera reprise pour illustrer les programmes, dépliants & co. Ce qui me fait bien plaisir. A propos de l’affiche, la Cité du Livre va en imprimer un certain nombre en grand format, 120 x 176 cm, disséminée dans toute la ville. Pour les fans et les plus téméraires, il y en aura certainement quelques-unes à récupérer ;)
Je vais aussi bientôt retourner à l’école… A partir de la rentrée, en septembre 2008, je reprends le flambeau à l’école Emile Cohl. Je vais à nouveau donner des cours, après cinq années de « retraite coréenne ». Je développerai un peu plus tard sur la question. Ce qui implique un « retour » en France. Notre bail actuel en Corée prenant fin avant l’été, ma petite famille et moi nous nous sommes beaucoup questionnés et nous avons finalement décidé de nous installer en France. Ce n’est pas un « ras-le-bol » de la Corée, loin de là, mais la suite de notre petit bonhomme de chemin. Notre périple démarrera fin mai. A ce propos, je baisserai le rideau sur le blog pendant de longues semaines dans ces eaux-là, le temps d’atterrir et s’installer, bien dans ses pénates.
C’est là que j’ai quelque chose à vous demander, vénérables lecteurs et lectrices. Complètement hors-blog, illustrations & co, un petit aparté. Nous souhaitons nous installer en région parisienne, voire grande région parisienne. Une petite maison, un jardin pour que notre illustratrice en herbe galope, un coin sympa. Connaissez-vous des villes ou villages agréables au sud de Paris ? Si possible avec le RER pas trop loin pour accéder facilement à la capitale. Et 30 minutes voire 45 minutes de trajet ne nous effraient pas le moins du monde, la tentaculaire Séoul ayant complètement modifié nos notions du temps et de l’espace. Qu’en dites-vous ?
éponse en message aux commentaires du message précédent. En - long - message car je souhaitais vous faire part de mes réflexions et de mon approche pour l’élaboration de l’image.
Mais tout d’abord un grand merci pour ces mots qui me font bien plaisir ! Je suis content de voir que les commentaires reprennent vie car pendant quelques temps, c’était un peu Waterloo morne plaine. Ce n’est pas que j’ai besoin de gonfler mon égo déjà démesuré mais tous vos commentaires, retours, remarques, encouragements et suggestions me « boostent » drôlement. Un sacré coup de pouce qui m’aide (et me force) à aller toujours plus loin, vers plus de qualité.
Je réponds donc un peu en vrac. Pour nos elfes, nous souhaitons une forme de « réalisme » ou plutôt de crédibilité. D’où mon envie de faire des elfes « simples », plausibles. Comme le souligne Gribouille en commentaire, souvent on part dans des délires fantasmagoriques voire « masturbatoires ». Délires toujours bien chiadés, c’est très beaux et bien ficelé, pas de soucis de ce côté-là. Mais à trop vouloir en faire, on finit, souvent, par couper le lien avec le lecteur. Trop de dépaysement, trop de décalage ou trop de « Fantasy » peut nuire à une illustration fantastique. Je veux absolument que le lecteur puisse s’identifier à mes personnages, et ce même s’ils ont la peau pâle et blanchâtre, les oreilles en pointes, à côté de dragons, etc. Le lecteur doit pouvoir se projeter dans l’univers que je dépeins et pour cela il faut des passerelles, des éléments, détails et indices identifiables, qui collent avec son propre quotidien, son histoire et son environnement. Bien entendu, il faut aussi du délire et dépasser les limites mais, à mes yeux, il faut toujours que ce soit justifié et que l’équilibre ne soit pas rompu pour une meilleure immersion. J’en parlais déjà dans ces messages, comment d’une certaine manière mettre en scène le fantastique, ici, là ou encore là.
Je vais modifier l’œil du dragon, c’est en cours. Le faire un peu plus petit, plus « creusé », sous l’arcade pour un regard plus sombre et aiguisé. Et pour l’elfe à droite avec le bâton, j’hésite beaucoup à la décaler pour la faire plus sortir du champ de vision du dragon ou à agrandir un peu les roches derrière elle. En fin de compte, je me dis que les couleurs pourront jouer ce rôle, de plus j’imagine des capes un peu caméléon, imitant les teintes de la neige pour passer inaperçu. Aussi, en cachant plus l’elfe agenouillée à droite, j’ai peur de casser le timing. Là, en l’état, nous sommes une demi-seconde avant le drame ou une demi-seconde avant le réflexe salvateur. C’est-à-dire aller un peu plus loin que le dragon les a-t’il vu ? Plutôt les a-t’il identifié ? Et de fil en aiguille, ce dragon est-il méchant, intéressé par ces « fourmis », protège-t’il un territoire, etc. Je pense distiller ainsi plus de doute et décupler le nombre de questions relatives à l’image. A chacun d’imaginer la suite.
Pour la composition et la mise en scène, je me concentre sur la lisibilité et surtout, sur le cheminement du regard du lecteur. En jouant avec les diagonales, les regards, les postures. Il y en a certainement d’autres mais voici le sens de lecture que j’espère mettre en place soutenu par la mise en couleurs. Habituellement, on lit les images du haut en bas, de la gauche vers la droite. Je souhaite donc guider le regard ainsi, une grand diagonale avec les roches et l’échine du dragon jusqu’à son œil, puis on suit le regard du dragon vers le groupe d’elfe, leurs têtes et mouvements nous renvoie vers la droite de l’image et avec le bras de l’elfe, on finit sur le cristal ;)
Le dragon en arrière-plan n’entre pas vraiment dans le sens et la narration de mon image. Il apporte peut-être une dose d’inquiétude et suspense supplémentaire, qui sait, à cinq contre un dragon on peut peut-être y arriver, mais contre deux… Ce second dragon est surtout là pour ajouter une touche de couleurs chaudes qui fera contraste avec le premier-plan froid et glacé.










