e crayonne à toute vapeur. Ces jours-ci, je termine les 65 crayonnés des 65 illustrations pour l’encyclopédie du fantastique chez Hachette. J’attaque aussi la mise en couleurs des premiers crayonnés validés. J’essaie d’alterner illustrations complexes et fouillées avec d’autres plus « légères » ou encore des illustrations axées sur les personnages avec de grands décors… J’espère que vous reconnaîtrez sans mal les thèmes et personnages abordés, au passage je fais un gros clin d’œil au Little Nemo de Winsor McCay pour l’illustration sur « Les rêves ».

J’ai aussi crayonné pour Fanpro et la couverture complexe que j’évoquais fin juin.

Du pain sur la planche et un mois de juillet qui s’annonce épique. D’autant plus que la mousson pointe son nez en Corée. Il pleut à l’horizontale, il faut 30°c dans les apparts et l’humidité atteint déjà les 70%. En attendant la canicule et les 100% d’humidité en août, je branche un peu la clim pour souffler, ça fait du bien et c’est mieux de ne pas rester coller à son papier…
es news en veux-tu en voilà à ne plus s’avoir qu’en faire… Commençons par mes amis américains. La semaine dernière l’extension Dragon’s Trove est sortie, cool, je mettrai donc en ligne les images tout bientôt. En attendant, toujours sur le blog de l’éditeur on peut voir certaines cartes, par ici. Le pack Elements of Power que j’ai fini il y a quelques temps est maintenant annoncé, en voilà quelques crayonnés. J’ai aussi questionné l’éditeur pour savoir s’ils envisageaient encore de nouveaux packs, de nouvelles séries d’armes et objets (c’est déjà le sixième !). Au passage on m’a répondu que les fans sont aux anges et l’éditeur enchanté de travailler là-dessus avec moi. Ça fait chaud au cœur, l’éditeur pense que c’est un projet sans fin et que la liste pour le prochain pack à venir est en cours d’élaboration. Naturellement, à l’annonce de cette nouvelle, je me suis lancé dans quelques pas de karioka.

Ensuite un petit tour par l’Allemagne. La nouvelle couv pour L’Œil Noir est terminée et j’enchaîne directos avec une autre. Une illustration qui s’annonce fort sympathique à réaliser. Un groupe « d’aventuriers », un dauphin, un « Risso » (une sorte de mutant aquatique, rien à voir avec un nouveau produit congelé Captain Iglo ou une étagère Ikea) et un humain, sous l’eau, approchant d’une citée en ruines…
J’ai aussi bouclé l’aventure Francis Drake. Punaise, que ce fut difficile et laborieux sur la fin. En fait je me rends compte que c’est bien plus complexe techniquement de réaliser une cinquantaine d’images de différents formats (petits ou moyens) plutôt qu’une trentaine de grandes. Au premier abord j’avais l’impression que la charge de travail était sensiblement la même mais au final c’est bien plus ardu. Je ne sais pas trop pourquoi, ça tient peut-être au fait qu’il faut sans cesse renouveler couleurs, ambiances et concentration… J’en ai bavé et voilà la couverture. Comme pour The Stories of Pirates, je mettrai un aperçu complet du bouquin en ligne quand je l’aurai reçu.

Ces jours-ci et ce jusqu’au 15 août je travaille exclusivement sur l’album consacré au Fantastique chez Hachette dont je parlais ici. Un thème/personnage par image. C’est intensif et acharné, je n’ai pas beaucoup de temps pour tout boucler. Ci-dessous quelques crayonnés (réalisés dans l’urgence, ça merdouille par endroits et je rectifierai le tir avec à la mise en couleurs), je préfère ne rien dire et vous laisser imaginer, découvrir à qui ou à quoi correspondent ces images. En tous cas je sens qu’on va tenir là un bel album, ça sent le carton plein pour les fêtes de Noël 2007.

Pour finir, je ne peux m’empêcher de faire le mariole avec ma dernière acquisition. J’ai toujours été féru d’informatique. Mes premiers émois c’était à l’école primaire tentant d’aligner trois pixels avec un stylet sur un écran… Ensuite j’ai eu mon époque Atari, la belle époque, les jeux infinissables qui tenaient sur une petite disquette, Deluxe Paint et ses 16 couleurs, puis je suis passé au PC comme tout le monde (héhé). Mais je n’ai jamais vraiment pu avoir LA machine que je souhaitais. Toujours bridé par de pénibles impératifs financiers ou choix difficiles. Et là ça y est, c’est bon. Comme maintenant j’ai mes repères dans le quartier YongSan de Séoul, quartier spécialisé dans le matos info dont je parlais ici, j’ai pu monter la machine de mes rêves en choisissant précisément chacun des éléments, fini les truc clef en main. Un bon gros PC bien ventilé avec du bon gros matos de marque dedans. En plus la boutique où j’ai acheté l’engin a monté l’ensemble et l’a livré pour moins de 10€… Ca fait plaisir et c’est un peu le jour et à la nuit, quel confort ! Pour couronner le tout, profitant du marché coréen, j’économise à peu près 40 à 50€ sur chaque élément par rapport aux prix pratiqués en France, miam. Le hic c’est que je n’ai plus beaucoup de place pour les pieds sous la table ;)

Ah oui ! La semaine dernière, vendredi, la commission jeunesse du CNL se réunissait. Je croise les doigts et espère que mon projet Vitalis aura retenu l’attention. J’ai hâte d’avoir des nouvelles…
ès ce printemps et pour une bonne partie de l’été, je vais réaliser toutes les illustrations d’une encyclopédie sur les héros des mythes et légendes pour Hachette. Avec par exemple Alice, le roi Arthur, Baba Yaga, Peter Pan, Pinocchio, La reine des neiges, Robin des Bois ou encore Ulysse en passant par les géants, les loups-garous, les dragons, etc. Une bonne soixantaine d’illustrations, une double-page par personnage ou thème, chaque illustration au format 220×250 mm avec le texte en regard. Les textes sont de Fabrice Colin et André-François Ruaud, impec. Je sens que ça va être fort sympathique tout ça ! Sur le fond, je suis aux anges car je vais me frotter à ces classiques et créer des ambiances différentes, des mondes et univers uniques pour chaque image. Une grande diversité qui me permettra de laisser libre court à mon imagination et expulser des atmosphères que je n’ai encore pas eu l’occasion de mettre sur le papier (comme je l’écrivais ici par exemple, à propos de mon projet personnel). Sur la forme, c’est aussi le pied car j’affectionne tout particulièrement les images cadrées. J’ai généralement plus de mal à mettre en place des illustrations qui se fondent au blanc ou détourées. Déjà techniquement ce n’est pas toujours évident. Ensuite je trouve souvent difficile de créer une atmosphère, une ambiance sans un décor « complet » (n’est pas Angus McBride qui veut). Il me semble qu’un personnage existe en grande partie grâce aux éléments qui l’entourent et nous informent sur son univers, son environnement. Et un décor permet d’insuffler des sentiments à une image grâce aux couleurs, à la météo, aux reliefs, etc. Là ce sera un ou plusieurs éléments sur un décor dans un beau format rectangulaire. Miam.
t non, je n’ai pas été kidnappé par les services secrets chinois en pyjamas noirs ni jeté dans un cachot à la frontière nord-coréenne à cause de mon dernier message. Je vais bien, simplement trop accaparé - entre autres choses - par la préparation de mon projet perso d’album illustré. En fait j’ai monté le dossier pour faire une demande de bourse au CNL (Centre National du Livre) et la date limite c’est le 10 avril. Après plusieurs jours difficiles et de longues nuits studieuses, j’ai envoyé mon paquet dans l’après-midi, ouf, un peu à l’arrachée. Le CNL propose des bourses d’écriture pour permettre à un auteur de dégager du temps libre pour mener à bien un projet d’écriture et de publication. Plus d’infos par ici. Je trouve que c’est vraiment une belle initiative ! Pour ma part, étant très loin d’être richissime, je souffre souvent du rapport complexe temps/argent/travail et il m’est bien difficile de travailler « pour moi », si vous voyez ce que je veux dire… Avec une bourse je pourrai enfin souffler un peu, dégager mon horizon pour quelques temps et travailler librement sur ce projet, sans pression ni contraintes. J’en rêve.
Car cela fera dix ans cette année que j’exerce ce métier. Dix années à illustrer des albums, des couvertures de romans, des jeux de société, dans le cadre de commandes. Mais je n’ai jusqu’à présent jamais travaillé « en solo », à la fois pour l’écriture et l’illustration d’un album. Même si, au fil des commandes et propositions, j’ai pu peu à peu mettre en place un univers, l’enrichir et le développer, j’ai toujours été lié à un cahier des charges dicté par l’éditeur. Pour ces diverses réalisations, j’ai le plus souvent pu profiter du travail à effectuer pour amener ma propre vision : ambiances, personnages, gammes de couleurs… Malgré le fait d’avoir à suivre des directives, j’ai toujours travaillé avec passion et n’ai aucun sentiment de frustration. Mais je ressens de plus en plus l’envie de pouvoir mettre sur le papier les aventures, les mondes, les atmosphères, idées, couleurs et images que je conserve dans un coin de mon imaginaire. Afin de pouvoir développer, donner un sens à mes univers et les partager avec les lecteurs. Les faire rêver, se questionner, vibrer.
Voilà donc mon « Vitalis, explorateur naturaliste ou l’extraordinaire retour à l’aventure ». Je ne vais pas partager le texte intégral, une quarantaine de pages, car je souhaiterais réaliser un album avec un fort rapport texte-image, où les deux seraient indissociables. Par exemple, certains détails suggérés ou non dits dans le texte se révèleraient dans les images. Cela me permettrait d’amplifier le mystère et d’inviter le lecteur à participer. Cette aventure s’adresse aux 11~13 ans, grands enfants ou jeunes adolescents, celles et ceux qui n’ont pas encore goûté aux joies du fantastique avec un grand F.
La commission du CNL se réunit en juin pour décider du sort des projets. Je croise les doigts et en attendant, je vous propose l’accroche de l’histoire, un peu comme ce qu’on lit au dos des bouquins pour appâter le lecteur :
On m’appelait Vitalis l’explorateur-naturaliste. Je sillonnais le monde accompagné de mes fidèles compagnons. Tout ce qui sortait de l’ordinaire, les bizarreries et curiosités de la nature, nous passionnait. Eléphants zébrés aux défenses noires comme la nuit, cerfs albinos à deux têtes, curieux ossements à la taille démesurée pointant vers les cieux, étranges petits hommes à la peau rouge et aux cheveux de feu, tel était notre quotidien. Nous nous rendions immédiatement sur place afin de lever le voile sur ces mystères, et tout ce que nous découvrions était annoté, reproduit sur le papier, dessiné, peint puis archivé. Ce qui, à chaque retour de voyage, faisait le bonheur des musées et autres lieux d’études. Je fis un jour une curieuse rencontre. Lors de l’inauguration de la tour Eiffel, on me présenta un mystérieux personnage, « l’Homme-taupe ». Ce qu’il me proposa dépassait de loin toutes mes espérances. Il prononça ces quelques mots qui allaient changer ma vie à jamais : « J’ai la plus incroyable et inimaginable des expéditions à vous proposer et je sais que vous ne pourrez refuser quand vous aurez entendu ce que j’ai à vous dire. »

a Vallée perdue, voilà un film que j’ai vu il y a très très très longtemps et qui m’a profondément marqué. Il me semble que je devais avoir une dizaine d’années, c’était peut-être pendant les fêtes de Noël, peut-être le premier film de la Dernière Séance, un mardi soir à 20h30 (à ce propos, pour les nostalgiques, ce site recense tous les films diffusés) :
«En automne 1630, Vogel, un intellectuel, erre dans l’Allemagne ravagée par la Guerre de Trente Ans, essayant d’échapper aux maraudeurs de tous bords, à la famine et aux épidémies. Il arrive par hasard dans une vallée alpine apparemment intacte. Mais il est suivi par une compagnie de mercenaires qui entre également dans la vallée. Intelligent, le Capitaine des mercenaires (on ignorera toujours son nom), estime plus profitable d’y passer tranquillement l’hiver plutôt que de la piller. Il s’y installe donc et y fait régner l’ordre jusqu’au printemps…»
Je me souviens de magnifiques images et couleurs, de splendides décors et costumes. Et une histoire à la frontière du fantastique (en tous cas j’ai vu le film sous cet angle à l’époque). Cette vallée verdoyante, ces cavaliers en armure, le face à face de deux monstres de l’époque, Omar Sharif et Michael Caine… C’est le genre de film culte que je range aux côtés de «L’Homme qui voulut être roi» ou «Lawrence d’Arabie». Ces classiques chiadés où, une fois installé confortablement, on comprend tout de suite qu’on va passer un bon moment, on se laisse alors prendre par les images, enveloppé par la musique… Depuis je rêve de revoir «La Vallée perdue». On trouve bien peu d’informations ou d’images (ou toujours les mêmes) et il n’y a eu qu’une édition DVD en zone 1, à mon avis une édition à la va-vite pour combler un catalogue. Malheureusement aucune édition de qualité à ce jour en zone 2. Bien dommage car ce film vaut le détour il me semble.










