oup de cœur du weekend dernier. Je me suis lancé dans The Lost Room, mini-série de 3 épisodes d’une heure trente chacun. Un régal :
«Juste avant de mourir, un jeune homme confie à l’inspecteur Joe Miller la clé d’une chambre d’hôtel. Il ne sait pas encore qu’il vient d’entrer en possession d’un objet puissant et terriblement convoité, ouvrant une porte vers un univers parallèle. Miller, qui s’est lancé à la recherche de sa fille perdue dans cette chambre, devient la proie de tous et de tout ce qui désire son bien le plus précieux : la clé.»
Bon c’est vraiment complètement farfelu, invraisemblable et capilotracté comme dirait l’autre, mais que c’est bon ! Du vrai Fantastique pur jus, au premier degré et bien foutu en plus (exactement l’effet «morphine» recherché dont je parlais ici, héhé). Une idée de départ fort sympathique, un bon développement de l’histoire et une réalisation classique. Efficace. Ca passe peut-être trop vite et j’ai eu un peu le sentiment de voir un résumé d’une série de vingt épisodes. Ca ellipse parfois un peu trop, certains pans de l’histoire ou certains personnages auraient mérité d’être plus approfondis mais en même temps, le rythme haletant rend la série encore plus accrocheuse et ne laisse pas de répit au téléspectateur.
Là où c’est devenu vraiment intéressant c’est quand j’ai retrouvé les mêmes sentiments que j’avais quand je jouais aux jeux vidéos point & click sur mon Atari ! Ca me manquait furieusement depuis le temps ! Le genre Monkey Island, Day of The Tentacle, Les Voyageurs du Temps, Gabriel Knight & co voire la saga Myst plus récemment ou encore les jeux sur le net (visibles ici) comme Room Escape, Crimson Room, The Doors, etc… C’est vraiment ça, dans le genre où il faut cliquer partout sur l’écran à la recherche d’indices pour avancer dans l’aventure ou assembler des objets en dépit du bon sens pour un hypothétique passage au tableau suivant. Une bonne grosse énigme à clefs et tiroirs bien complexe. La fin est peut-être un peu expédiée et manque d’ampleur mais ça faisait un bon moment que je ne m’étais pas autant amusé en regardant une série. Jouissif et ludique.

e mini-tutoriel est la suite de celui-ci, 6. Le sort d’éternité. La tentation de l’ombre est le deuxième tome des Revenants de Jean Molla. Notre héros Quentin va être confronté cette fois-ci à une étrange jeune fille aux mystérieuses capacités. Comme je l’écrivais à propos du premier tome, le principe est simple. Un élément fort sur la couverture, un personnage sur la quatrième et sur les rabats, des éléments, motifs, détails, complétant l’illustration et donnant quelques indications sur l’ambiance de l’histoire. Nous avions convenu de mettre en avant la jeune fille ténébreuse. J’ai tout d’abord fait trois crayonnés rapides pour trouver le bon angle d’approche. Sur le premier on ne voyait pas grand chose. Sur le second la jeune fille était un peu trop aguicheuse et ses ailes trop «démoniaques». Le troisième était sur la bonne voie mais peut-être trop à fond dans le fantastique, on en dévoilait un peu trop tout de suite au lecteur. J’ai finalement supprimé les ailes et «modernisé» la jeune fille en l’habillant à la mode gothique (ce qui colle à l’histoire). J’ai aussi modifié le héros pour qu’il ait plus le look des jeunes starisés en vue, Elijah Wood, Tobey McGuire & co. Il faut aussi laisser pas mal d’espaces dégagés pour ne pas gêner la lisibilité des titres, logos et textes. On s’était dit aussi que comme il y aura quatre tomes en tout, il est intéressant voire capital que chaque tome ait sa propre personnalité tout en conservant la même structure d’image. Donc un premier tome dans les tons ocre et terre d’ombre, un second tome à la gamme dominante bleue…en attendant le troisième ;)






a semaine dernière, j’ai été intrigué par la chronique de Sébastien Bohler pendant l’émission Arrêt sur Images. Spécialiste du cerveau, il vient régulièrement en plateau expliquer l’impact sur nos petits cerveaux de telles ou telles images vues à la télé, que ce soit sur la forme ou le fond. C’est parfois un peu simpliste mais ça a le mérite de mettre le doigt sur le fonctionnement et quelques dérapages de nos cerveaux. Donc dans cette chronique, il expliquait qu’il existe dans le cerveau l’aire visuelle associative dont la fonction est d’associer des objets déjà vus séparément. Des objets que l’on n’a pas l’habitude de voir ensembles ou que l’on n’imaginait pas voir un jour ensembles. Dans sa chronique, il s’agissait de sachets de gâteaux mazoutés sur les plages bretonnes. On ne voyait plus aux infos l’image d’Épinal de l’oiseau empêtré dans le mazout mais des sachets de biscuits noircis… Quand notre cerveau voit deux éléments qui d’habitude n’ont rien à faire ensemble (un sachet de gâteaux mazouté et une plage de Bretagne), il les associe et sécrète des molécules dont l’effet est analogue à de petites doses de morphine, de petits plaisirs…
J’ai tout de suite pensé au Fantastique. Par exemple à l’ours polaire dans la jungle de la série Lost. Rien de plus intriguant et les exemples du même acabit son légion que ce soit en illustration, en littérature ou au cinéma. Face à une telle image notre cerveau carbure, entre en ébullition et nous submerge de questions souvent sans réponse. Je pense que c’est là une des clefs du Fantastique et un des ressorts efficaces pour créer une illustration fantastique forte. Un personnage étrange dans un univers familier par exemple, ou l’inverse. Là où certains en font trop, on se rend vite compte qu’il suffit de peu, un détail, un léger décalage pour faire pencher voire basculer le réel vers le Fantastique. Apparemment on y prendrait en plus du plaisir. C’est quelque chose que j’aime bien intégrer dans mes illustrations. Titiller l’imaginaire du lecteur. Il ne faut vraiment pas grand chose, changer la couleur d’un élément familier ou placer un détail qui n’est pas à sa place afin d’atténuer la frontière entre le réel et l’étrange, le mystérieux. Pousser le lecteur à s’interroger, le déstabiliser.
Mais la démonstration de Sébastien Bohler était moins réjouissante sur la fin. Il conclut en expliquant que le cerveau sécrète ses petites doses de morphine et nous donne un certain plaisir face à quelques chose d’inhabituel comme de la neige à Biarritz mais l’effet se produit aussi quand on voit par exemple un avion de ligne s’encastrer dans un building… Brrrrr.

‘aime beaucoup les univers féeriques. Les histoires de fées, lutins, trolls et autres créatures qui nous entourent. Après le grand retour du fantastique et de la féerie dans nos quotidiens grâce à l’adaptation cinéma du Seigneur des Anneaux ou l’entrée en scène il y a quelques années du jeune Harry Potter, on voit maintenant de plus en plus de livres d’illustrations consacrés à ce sujet. Surtout sous forme de bestiaire ou apparenté. Un des grands classiques c’est «Les Fées» («Faeries») réalisé en 1978 de Brian Froud et Alan Lee. De magnifiques illustrations soulignées par des textes soignés et enchanteurs. A mon avis il n’y a pas beaucoup de recueils du même genre qui lui arrivent à la cheville. Maintenant en librairie il y souvent un rayon entièrement consacré au genre avec moult encyclopédies sur les dragons, les fées, le plus souvent sous la forme de livre de naturaliste imitant de vieux grimoires au papier jauni par le temps, aux feuilles cornées, etc. J’ai souvent été déçu par ces récentes publications. Je dois reconnaitre que la plupart du temps à cause d’illustrations - à mon goût - techniquement en deçà de ce qu’on peut voir dans le milieu du fantastique ou parfois à cause d’images trop délirantes ou trop classiques, convenues, ou encore à cause de textes un peu confus… A quelques exceptions près comme par exemple les deux tomes d’«A la recherche de Féerie» de Jean-Baptiste Monge de très haute tenue aux superbes illustrations.
Pendant les vacances j’ai découvert avec bonheur «Arthur Spiderwick - Grand guide du monde merveilleux qui vous entoure». Enfin. Voilà ce que j’appelle un beau bestiaire. Le seul reproche que je ferai c’est peut-être une mise en page vraiment classique répondant aux codes du genre, mais bon, à part ça, c’est plein les mirettes ! C’est Tony Diterlizzi qui réalise les illustrations et il peut aller dignement s’assoir à côté d’Alan Lee et consorts. Le livre est tout simplement génial, regorge d’invention, de trouvailles. En plus c’est bien dessiné, chiadé, de beaux volumes, une mise en couleur agréable et un ensemble très vivant. Au passage c’est une merveilleuse leçon de «monstres» ou comment créer des êtres étranges et mystérieux et leur donner du caractère. Diterlizzi s’appuie sur le réel et mélange, assemble des bouts, des parties d’animaux, insectes connus, membres, yeux, ailes, fourrures, pour au final nous présenter des créatures originales et comment dire, fonctionnelles. Tout simplement parce que chaque élément composant ces créatures fait appel à quelque chose de reconnaissable, identifiable qui nous permet aisément d’entrevoir l’environnement dans lequel elle évolue, sa vie, son histoire, ses sentiments peut-être. Car c’est loin d’être évident de créer une bestiole cohérente. C’est d’ailleurs le reproche que je ferai à beaucoup de livres de ce genre, on n’y croit pas. Là c’est tout l’inverse, Diterlizzi pousse le détail et va chercher le petit truc surprenant qui rendra son personnage crédible aux yeux du lecteur et nous laisse imaginer quantité de choses non dites ou à peine suggérées dans le texte. C’est à mon avis là le meilleur moyen de créer un être étrange. Enfin bon, tout ceci pour dire que je me délecte de ce Grand guide du monde merveilleux qui nous entoure, je ne verrai plus la nature sous le même angle quand je me promènerai aux bords des étangs…

P. S. :
Là c’est la version anglaise du bouquin, je n’ai pas trouvé d’images sympa de l’édition française. Il me semble que seule la couverture diffère. Une autre bestiole est mise en avant.
e revoilà après quelques vacances bien agréables et une reprise rapide des crayons et pinceaux au retour pour finaliser le livre sur les pirates. Et ouf, ça y est, fini. Maintenant je vais pouvoir souffler un peu. Pendant la petite coupure, quelques news bien sympathiques.
Tout d’abord l’Association des Auteurs Illustrateurs de Science-Fiction du Fantastique et du Merveilleux (Art&Fact) qui regroupe des artistes français tels que Caza, Briclot, Carré, Delval, Graffet, Manchu et bien d’autres, me fait l’honneur d’être le «coup de coeur» de sa dernière newsletter (c’est par ici) et met en avant mon Chevalier à la plume chez Casterman. Ca me fait bien plaisir.
Autre réjouissance, j’ai reçu un exemple de mon Robinson Crusoé publié en grec ! C’est chouette de voir son bouquin poursuivre son petit bonhomme de chemin, publié dans d’autres langues, en français, puis en coréen, maintenant en grec. Et pour tout dire ça fera aussi un supplément pas désagréable qui s’ajoutera au prochain relevé de droits d’auteur. Miam.
J’ai aussi profité d’un peu de temps libre pour quelques ajouts et toutes petites améliorations au site pour un peu plus de joli ;)










