Ecrit dans Fantastique, SF et Fantasy. Lu 457 fois. 6 commentaires.

E

n bidouillant le binz pour afficher le message écrit un an auparavant, je suis tombé sur mes illustrations Starship Troopers. Je ne les avais pas revues depuis un bon moment et ça m’a fait quelque chose. Parce que c’était Starship Troopers, parce que c’était là mon premier pas dans la SF pure et dure et surtout parce que ce fut un effroyable gâchis (j’en parlais ici ou ). Maintenant, avec le recul et un œil différent, je vois que ça merdouille de-ci de-là, des roches un peu molles, un peu trop d’effets tape-à-l’œil, des cernés colorés parfois un peu trop marqués (c’était pour moi le moyen rapide de détacher les plans quand je manquais de temps pour finaliser une illustration), etc. Mais dans l’ensemble je m’étais bien appliqué, j’en avais bavé et surtout je m’étais vraiment éclaté. Je trouve que ça tient plutôt bien la route au final, ambiances, couleurs et atmosphères, et je regrette amèrement que l’aventure se soit arrêtée si brutalement. Ah pinaise que c’était bon de dessiner les arachnides et les valeureux troopers. En plus quand je vois la tournure prise par cette gamme après que j’ai claqué la porte (c’est par ici), ça me crève le cœur. J’espère surtout que ce ne sera pas mon unique intrusion dans le genre. Je suis plus axé pirates, fantasy, chevaliers & co mais j’aurais aussi beaucoup à extérioriser en matière de SF… Qui sait. Un peu de patience.

Mercredi 11 avril 2007

Le dernier dragon

Ecrit dans Fantastique, SF et Fantasy. Lu 452 fois. 4 commentaires.

C

es temps-ci, entre deux pirates, je m’occupe d’une couverture de roman jeunesse pour Casterman. « Le dernier dragon » (The Hunting of the Last Dragon) de Sherryl Jordan. L’histoire est plutôt sympa, pour les jeunes lecteurs avides d’héroïc-fantasy. Plutôt que de faire une couverture narrative avec une énième scène de poursuite entre un dragon et les héros de l’aventure, on penche vers une couverture plus suggestive. L’œil du dragon en très gros plan et les héros en « silhouettes » ou léger reflet dans la pupille… Je pense faire le haut et le bas de l’image dans des tons sombres pour assurer la lecture du titre et mettre en valeur l’œil. J’ai envoyé mon crayonné et j’attends la suite. A suivre…

Jeudi 22 février 2007

Quelques images

Ecrit dans Le blog et la galerie. Lu 374 fois. Aucun commentaire.

U

ne petite poignée d’illustrations mises en ligne aujourd’hui. Essentiellement du jeu de rôle, des illustrations réalisées cet hiver. Trois pour un nouveau set de cartes Game of Thrones, «House of Talons», trois autres pour Warhammer Fantasy Ropleplay, «Tome of Salvation» et une couverture pour L’Œil Noir «Klar zum Entern». Les illustrations sont visibles en passant par la catégorie Jeux de Rôle ou directement via les nouveaux ajouts, c’est par ici.

Jeudi 14 décembre 2006

Et de trois

Ecrit dans Gamemastery. Lu 446 fois. 17 commentaires. Il y a un an, j'écrivais A voir et à lire V.

En attendant les illustrations du pack «Adventure Gear» et celles du quatrième, «Dragon’sTrove», voilà les 110 pour le troisième, «Relics of War». Sur le site de Paizo on peut en voir quelques-unes mises en page. J’avais voulu mettre ces images en ligne quand je les avais réalisées en cours d’année, mais je m’étais fait taper sur les doigts par l’éditeur. Voilà qui est réparé maintenant que le pack est sorti. Je m’étais bien amusé et pour info toutes les illustrations pour les packs I et II sont en ligne sur le site, c’est par ici. J’ajoute aussi les deux personnages réalisés pour les packagings qui portent tous les deux armes, armures et objets du pack.
Et je profite de l’occasion pour répondre à une question qu’on m’a posé plusieurs fois. A quoi servent ces cartes ? Et bien tout simplement à visualiser les objets trouvés, gagnés, volés, achetés ou je ne sais quoi pendant les parties. Bien que les rôlistes aient évidemment une imagination fertile, je trouve ça plutôt pas mal et j’aurais adoré ce genre de cartes du temps où je jouais. Je pense qu’on joue là beaucoup avec le côté fétichiste des joueurs et ça s’adresse peut-être plus aux nouvelles générations de joueurs, ceux un peu trop habitués au prémâché genre jeu vidéo mais en lisant les commentaires sur le site de Paizo il y a apparemment beaucoup de vieux de la vieille qui attendaient ce genre de produit depuis longtemps. En plus c’est adaptable à tous les jeux dans le trip médiéval-fantastique, héroic-fantasy & co. Il n’y a qu’une description succincte du matériau dont l’objet est fait et la place est laissée vide pour les caractéristiques, pouvoirs ou autres. Aux joueurs et maîtres de faire travailler leurs méninges…

Mardi 28 novembre 2006

Faire le point (2/2)

Ecrit dans Digressions et tergiversations. Lu 389 fois. 5 commentaires.

Pour que je sois satisfait d’une illustration il faut que j’ai eu du plaisir et de l’excitation à la réaliser (comme les gamin qui bruitent en dessinant, ce qui m’arrive encore), que je sois parvenu à mettre en image ce que j’avais en tête et que ce que j’ai peint atteigne le but que je m’étais fixé. C’est-à-dire émouvoir, faire vibrer, trembler et/ou rêver le lecteur. Je ne me contente pas d’être simplement heureux de toucher des euros contre une image ou ravi parce qu’elle me semble réussie ou encore satisfait parce que l’éditeur est content. Comme je l’écrivais hier, j’ai parfois eu beaucoup de plaisir à réaliser certaines illustrations mais un couac peut vite faire tourner l’affaire au cauchemar, ce qui me pourrit complètement le plaisir et transforme une belle aventure en mauvais souvenir.
En fin de compte il y a pas mal de réalisations dont je suis pleinement satisfait, sur toute la ligne, un bon paquet en fait (des albums, des couvertures, pour Rageot par exemple ou encore certaines illustrations pour l’édition jeunesse). Celles au bon équilibre entre travailler dans le respect et la bonne humeur, une certaine jouissance en dessinant/peignant et la satisfaction des lecteurs face aux illustrations publiées. Je pense notamment à «Robinson Crusoé» même si la réalisation de l’album s’est faite dans la douleur sur la fin à cause du retard pris. Car entre temps je me suis marié et j’ai déménagé de France en Corée. Un drôle de chamboulement. Ce changement d’horizon, la vie à deux, une ambiance et un climat différent, de nouveaux lieux, m’ont bouleversé au point que je n’avais jamais autant pris de risques pour une mise en couleurs. Avec le recul, je crois bien que je ne m’étais jamais autant dépassé pour aller chercher ce que je n’avais encore jamais fait en peinture. La pression (et la passion) aidant certainement. Des cieux roses, des variations de bleus, de verts, tout un tas d’expériences techniques, créer de nouvelles textures, tester de nouvelles manières de faire les nuages par exemple, etc. La liberté (totale) laissée par les éditrices, l’espace (de grands formats) et le sujet (classique et connu de tous) m’ont permis de m’évader. J’étais sur un petit nuage et je bouillonnais, la tête pleine d’images, de couleurs, une certaine euphorie dont je garde un excellent souvenir.
Je pense aussi à «l’Encyclopédie du fantastique et de l’étrange». Avant ce projet, je travaillais principalement pour l’illustration jeunesse plutôt du côté de l’aventure et de l’historique avec quelques rares escapades vers le fantastique ou l’héroic-fantasy (chez J’aiLu, ou D20 Magazine par exemple) surtout pour des couvertures de romans. A l’époque je n’avais pas encore vraiment mis les pieds dans le milieu du jeu de rôle et ses ramifications et je n’avais pas vraiment pu m’exprimer dans mes domaines de prédilection que sont le fantastique, la fantasy & co. Il me semble qu’on voyait surtout en moi une technique, un style réaliste et documenté avec une mise en couleur qui tenait plutôt la route. Je crois que je n’oublierais jamais quand Jean-Michel Coblence, directeur de collection chez Casterman, m’a contacté pour me proposer de participer à cette aventure. Je n’avais pas vraiment l’habitude qu’on me propose un travail en pensant d’abord à mon univers et pas uniquement à ma technique et mon style. Un projet en complète adéquation avec ce que j’attendais, du fantastique pur jus. J’étais très touché. Je pouvais enfin faire du fantastique et en longueur. Au total une bonne cinquantaine d’illustrations. Grâce à des textes excellents, des formats, des ambiances et des thèmes divers et variés, j’ai pu faire mes armes. En plus avec la chance d’avoir un interlocuteur qui sait écouter, aider, soutenir et surtout donner le champ libre pour que je puisse m’exprimer pleinement et laisser mon imagination et mon inspiration se débrider. Pour couronner le tout, en super bonus quelques formidables espaces de pure création (sans textes à respecter) que sont les trois couvertures des trois albums ou encore les doubles-pages sur la Guerre des Monde ou à propos des vampires. J’ai en moi beaucoup d’images, de gammes de couleurs, d’atmosphères emmagasinées depuis des années, petit à petit, au fil de mes lectures, balades, rencontres et j’en ai imprégné toutes les illustrations de ces encyclopédies.
Pour finir je pense à tout ce que je fais actuellement dans le milieu du jeu et du jeu de rôle. Même si ça devient de plus en plus difficile de travailler dans de bonnes conditions (surtout du côté financier), en confiance, sans doutes ni méfiance, je suis là comme un poisson dans l’eau. Artistiquement en tous cas. Après dix ans de cheminement j’arrive enfin à travailler sur des projets la plupart du temps en complète harmonie avec mon univers, mon style, ma technique, mes sentiments et mes désirs. Je me fais plaisir et je peux développer tout ce qui me tient à cœur depuis longtemps, dessiner des dragons, des pirates, des objets magiques, des monstres, des paysages fantastiques, des ambiances mystérieuses, etc. Mais à un ou deux exceptions près cela se fait quand même, toujours, dans un certain cadre, avec des limites et des contraintes, se conformer à des cahiers des charges, des mondes déjà bien en place à respecter.

Actuellement, après quelques passages à vide, je suis plutôt satisfait de ce que je fais, je déroule mon univers petit à petit, distille ce que je gardais, ce que je n’avais pas pu mettre en images plus tôt. Mais je voudrais aller plus loin. Sortir du carcan. Jusqu’à maintenant, même si j’ai souvent de plus en plus de libertés, j’ai toujours travaillé dans le cadre de commandes. Ca m’a sauté aux yeux en revoyant mes illustrations pendant la mise à jour du site. On me propose des textes, des histoires, des aventures, des mondes à mettre en images qui heureusement collent de plus en plus à mon univers. Grâce aux libertés évoquées plus haut j’ai pu insuffler de temps en temps ce que je ressens au plus profond de moi. Je repère de ci delà des bouts d’idées, des amorces, des tentatives mais jamais développés jusqu’au bout. Même dans le cadre de commandes je suis arrivé, il me semble, à me dévoiler de temps en temps. Et je ne parle pas de technique ou de style mais vraiment d’un univers. J’ai tellement de choses à faire sortir, tellement d’images en tête que j’envisage sérieusement de prendre les commandes. Je ne sais pas encore vraiment sous quelle forme mais mener une aventure seul. De bout en bout. D’ici la fin de l’année je vais creuser et ouvrir des pistes. Je n’y parviendrai peut-être pas du premier coup mais j’en ressens le besoin. De plus en plus pressant et évident. Faire sauter les barrières et ouvrir les vannes.