Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 309 fois. 4 commentaires.

B

on, comme c’est plutôt calme côté boulot et que je n’ai pas grand-chose à montrer, je vais plutôt poursuivre côté culture et lectures. J’ai reçu hier ma dernière commande Amazon et je suis loin d’être déçu. Tout d’abord le Carnet de croquis, Archives de Féerie de Jean-Baptiste Monge. 80 pages de sublimes crayonnés en noir et blanc (ou plutôt en gris et blanc) sur un beau papier épais et granuleux. C’est très très beau, riche et varié. Toujours captivant de voir les recherches et crayonnés d’un illustrateur. Le dessin est juste et agréable, les valeurs de gris délicates, l’ensemble souligné par quelques textes explicatifs et intéressants de l’auteur. Pour chipoter un peu je dirais qu’en conservant toute son identité et son originalité, on lorgne parfois un poil trop du côté d’Alan Lee et John Howe période Seigneur des Anneaux, mais il y a bien pire comme référence ;)
(Un tout petit bémol dans la fabrication du livre. Chose curieuse, les pages n’ont pas toutes la même largeur, une erreur de fabrication au niveau des cahiers j’imagine mais qui ne facilite pas la lecture)

Ensuite j’ai reçu un pavé, StarWars : La Prélogie (ou en anglais Star Wars Chronicles: The Prequels). Un aperçu par ici. Un format proche du A3, pas loin de 350 pages de papier glacé, le tout dans un lourd coffret luxueux. C’est, à mon avis, le bouquin ultime de références et documentations sur les trois premiers films de la saga (je veux parler des épisodes I, II et III). Des milliers de photos, recherches, crayonnés, costumes, vaisseaux sur tous les mondes et personnages de ces premiers films. Ajouter ce monstre aux «Art of» des premiers films (ici en deuxième partie de message), plus le bestiaire (c’était il y a quelques jours) et pour finir l’autre pavé sur les costumes (c’est par ) et je crois qu’on tient là un pack du tonnerre on ne peut plus complet. Je craignais un peu les doublons avec ce nouvel arrivant de taille et finalement non, pas trop en fait. On retrouve quand même quelques images sinon le reste c’est du nouveau ou de l’inexploité complétant les autres bouquins (photos inédites des mêmes séances photo de costumes par exemple, différents angles et prises de vue). En tous cas on peut dire que l’univers StarWars tient drôlement bien la route, c’est dense, travaillé et cohérent. On ne pourra pas leur reprocher d’avoir fait ça à la va-vite sans prendre le temps de développer et approfondir ;)

Lundi 15 janvier 2007

De retour

Ecrit dans Au jour le jour. Lu 436 fois. 3 commentaires.

M

e revoilà après quelques vacances bien agréables et une reprise rapide des crayons et pinceaux au retour pour finaliser le livre sur les pirates. Et ouf, ça y est, fini. Maintenant je vais pouvoir souffler un peu. Pendant la petite coupure, quelques news bien sympathiques.
Tout d’abord l’Association des Auteurs Illustrateurs de Science-Fiction du Fantastique et du Merveilleux (Art&Fact) qui regroupe des artistes français tels que Caza, Briclot, Carré, Delval, Graffet, Manchu et bien d’autres, me fait l’honneur d’être le «coup de coeur» de sa dernière newsletter (c’est par ici) et met en avant mon Chevalier à la plume chez Casterman. Ca me fait bien plaisir.
Autre réjouissance, j’ai reçu un exemple de mon Robinson Crusoé publié en grec ! C’est chouette de voir son bouquin poursuivre son petit bonhomme de chemin, publié dans d’autres langues, en français, puis en coréen, maintenant en grec. Et pour tout dire ça fera aussi un supplément pas désagréable qui s’ajoutera au prochain relevé de droits d’auteur. Miam.
J’ai aussi profité d’un peu de temps libre pour quelques ajouts et toutes petites améliorations au site pour un peu plus de joli ;)

Mercredi 13 décembre 2006

A éviter

Ecrit dans Coups de sang et grosses rognes. Lu 412 fois. 14 commentaires.

Avant de commencer je tiens à préciser que j’écris ce message à titre informatif. Partager une mésaventure pour éviter aux autres de tomber dans le panneau. Informer et prévenir. Je n’écris pas dans un but vindicatif ou revanchard car ce n’est pas mon genre ni mon habitude. D’autant plus que j’ai déjà dit ce que je pensais de la tournure des évènements aux personnes concernées. Je crois aussi qu’en partant d’une anecdote on peut se rendre compte de pratiques qui ont tendance à se généraliser.
Donc. En début d’année, au mois de février, j’accepte une commande d’illustrations noir et blanc passée par l’éditeur Fanpro aux USA pour le jeu Shadowrun. Shadowrun c’est un classique du jeu de rôle, classe, archi-connu, univers cyberpunk, trip futuristico-médiéval. Jeu auquel j’ai joué avec passion quand j’étais adolescent. La boucle était bouclée, j’allais pouvoir dessiner pour ce jeu qui m’a inspiré et dont les illustrations ont plus que certainement participé à mes désirs de devenir illustrateur il y a des années en arrière. Génial. Tout se déroule parfaitement, contrats en bonne et due forme, conditions correctes, tout se passe dans les temps, je rends les illustrations finalisées fin mars comme convenu. Tout le monde est content. Dans le contrat il est spécifié que le paiement se fera un mois après la parution du livre. Bon je ne suis pas vraiment fan de ce procédé, le livre devant sortir pendant l’été, soit plusieurs mois après la réalisation des illustrations. En plus je m’inquiète toujours d’un éventuel report de publication, ce qui éloignerait encore plus le paiement. J’avais quand même accepté parce que «c’est comme ça» et plus simplement parce que c’est Shadowrun. Le projet en valait la peine.
Le livre sort en juillet. Un bon mois après, début septembre, pas de paiement. Je précise aussi que je ne suis pas rigide au point de cocher les jours sur le calendrier. Mais bon, quand même, sur le principe il me semble que chacun doit respecter sa part du contrat et l’honorer. Je contacte l’éditeur et questionne, on me répond que les paiements ont pris un peu de retard, les sous arrivent, un petit peu plus de patience, la ritournelle habituelle, etc. Bon c’est plutôt courant, attendons. Trop accaparé par mes autres boulots en cours, je laisse cette affaire de côté et n’y pense plus. En octobre je me réveille et commence sérieusement à m’inquiéter. Je relance l’éditeur à nouveau. Réponse évasive. Et toujours pas reçu d’exemplaires du bouquin non plus. Encore un mois plus tard, en novembre, rebelote, je relance, plus pressant, rappelant les termes de notre accord et pas de réponse à ce jour. Après mes merdouilles de cet été je me dis que c’est encore la faute à pas de chance mais après une rapide petite enquête, je découvre que je ne suis pas seul dans cette situation et que d’autres ont eu des réponses alarmantes, pas de fric, paiements décalés, etc, les fournisseurs payés les premiers, etc, blablabla. J’ai réalisé ces illustrations il y a maintenant dix mois…
Voilà c’est comme ça, je me suis fait avoir une fois de plus et au-delà de ma petite anecdote je crois qu’il faut garder la tête froide. Dans le sens où certains éditeurs (je dis bien «certains», j’espère que ce n’est qu’un cas isolé) publient des livres, des jeux, basés sur des licences connues, réputées et excitantes. C’est fatalement attirant. Ce que j’ai déjà vécu avec Moongose et l’aventure catastrophique Starship Troopers (Mongoose par exemple profite aussi de licences aussi prestigieuses que Conan, Jeremiah, LoneWolf ou RuneQuest). A chaque fois je me suis laissé embarquer car l’enseigne était attrayante mais je découvre ensuite que derrière, en coulisses, ça ne suit pas et ça tourne vite au vinaigre. La prochaine fois je me renseignerai plus. C’est vraiment un binz à devenir complètement parano…

Jeudi 26 octobre 2006

Angus forever

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 1 822 fois. 12 commentaires.

Je dois être un peu maso car de temps en temps je me replonge dans les illustrations d’Angus McBride. Et ça fait mal. J’adore. Je trouve qu’il est un des rares a avoir su trouver le bon compromis entre étude documentaire et illustration fiction. McBride fait preuve d’un formidable sens de la narration soutenu par une technique sensible et minutieuse. Ses illustrations ne sont pas uniquement démonstratives mais racontent toujours quelque chose qui, en plus, amplifie l’immersion et assoie le côté documenté de l’image. De belles mises en situation. Pour couronner le tout, en regardant son travail à la loupe on peut remarquer un sens aigu de l’observation et une économie de moyen que j’envie. Peu de touches, textures délicates, coups de pinceaux précis, couleurs justes, équilibre des masses et des gammes de couleurs, contrastes entre les zones détaillées et celles plus lâchées, etc. En lisant le artbook qui lui est consacré (j’en parlais rapidement ici) j’ai appris qu’en amont il ne dessine pas vraiment de crayonnés préparatoires poussés et travaillés, mais plutôt de simples esquisses rapides de mise en place. L’essentiel du travail se faisant à la mise en couleur, directement avec les pinceaux. Un véritable travail de peintre.
A mon avis, actuellement, de nombreux illustrateurs (plutôt du côté infographie et l’artbook Cthulhu me le laisse penser à nouveau après plusieurs lectures), se focalisent uniquement sur la performance et oublient de donner du sens aux illustrations qu’ils réalisent. Là, avec McBride, ça me fait plaisir de voir un travail de qualité qui allie technicité, narration et lisibilité. On peut admirer tout son talent aux éditions Osprey, les bouquins historiques, une sacrée pelletée présentée sur le site de l’éditeur, pas loin d’une centaine, une source de documents et d’inspiration inépuisable…

Mercredi 25 octobre 2006

Cthulhu Forever

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 325 fois. 8 commentaires.

Je suis bien content car ce matin j’ai reçu un chouette livre en provenance de Fantasy Flight Games aux Etats-Unis. Le livre c’est «The Art of H.P. Lovecraft’s Cthulhu Mythos» présenté ici sur leur site. Ce gros bouquin de deux cent pages, superbement imprimé, classe, beau papier, mise en page sobre et efficace, est un best-of des plus belles illustrations réalisées pour les cartes du jeu Call of Cthulhu. Je ne sais pas combien d’illustrations sont reprises mais ce sont des centaines et des centaines, plusieurs par pages, dense et exhaustif. Bon, il y a du bon et du moins bon, certaines illustrations nous plongent véritablement dans l’univers Cthulhu alors que d’autres rament un peu et ne sont pas tout à fait «à niveau». Un détail qui m’a surpris c’est que dans le lot, il y a vraiment une toute toute (toute) petite minorité d’illustrateurs travaillant de manière «traditionnelle», avec crayons et pinceaux, on doit pouvoir les compter sur les doigts d’une main (peut-être deux mains mais je n’en suis pas sûr). La très grande majorité des illustrations étant réalisées via ordinateur, Photoshop, Painter & co. Et là, parfois, on peut remarquer un certain manque de maitrise du médium et certains défauts prennent le dessus (textures «molles», les éternels filtres Photoshop, etc), un peu dommage. Mais l’ensemble reste impressionnant, une belle source de docs et références. Je suis bien content aussi car je suis dedans, trois ou quatre illustrations que j’avais réalisées pour les extensions Cthulhu (elles sont en ligne sur mon site) et même si un peu noyé dans la masse, ça fait bien plaisir de voir son travail reconnu et publié comme cela outre-Atlantique.