Suite au message à propos de mon scanner je me suis dit que j’allais faire un petit tutorial de comment scanner une illustration au format supérieur à A4. A part pour de «petites» images, je travaille toujours mes illustrations à au moins 130% pour gagner un peu en finesse et définition à la réduction. J’utilise donc des formats habituellement proche du A3 ou plus pour certaines réalisations particulières comme un plateau de jeu, une double-page où là le format agrandi peut atteindre le format Raisin ou plus.
Voilà donc ma méthode maison pour scanner en plusieurs fois. Cela est on ne peut plus facile et avec un peu d’entraînement ça va très vite. Prenons l’exemple d’une image plus grande qu’un A4.
ETAPE 1 :
Je scanne l’illustration en deux fois. Je scanne toujours de manière «brute», sans aucun réglage ou presque et en tous cas il faut absolument que les réglages soient identiques pour les deux parties de l’image. Et je prends soin de bien caler l’illustration sur un des bords du scanner, les deux parties doivent être bien alignées.
ETAPE 2 :
Dans Photoshop, j’ajoute un peu de matière à la zone de travail à la première partie de l’image une fois celle-ci retournée et légèrement recadrée.
ETAPE 3 :
Je copie la seconde partie de l’illustration sur la première, seconde partie aussi recadrée et mise dans le bon sens. Photoshop crée un calque automatiquement.
ETAPE 4 :
Je diminue de 50% l’opacité de la seconde partie de l’image et je la fais se raccorder à l’autre partie le plus précisément possible, «par-dessus».
ETAPE 5 :
Je gomme le bord de la seconde partie sur quelques centimètres, avec une gomme très large. Ensuite il suffit parfois de déplacer très légèrement la seconde partie de l’image pour que les deux parties s’unissent sans qu’on puisse remarquer une coupure.
ETAPE 6 :
J’aplatis l’image et c’est fini. Voilà le résultat après les réglages pour ajuster les tons et courbes de l’illustration.
Ça ne prend que quelques minutes et ce n’est pas bien compliqué. Aussi c’est parfois plus simple quand la jointure peut se faire dans une zone «simple» comme un ciel ou un fond uni. En revanche quand ça tombe dans une zone complexe (un peu comme cet exemple) il faut bien faire attention à ce que les deux parties soient bien alignées au moment de scanner pour ne pas se retrouver avec une partie qu’il faut bidouiller par la suite. Et cette méthode est identique pour des images beaucoup plus grandes que je découpe en plusieurs parties, par exemple pour le plateau du jeu «Suspect» que je viens de finir, j’ai scanné l’illustration finale en 12 morceaux que je monte petit à petit pour reconstituer l’image d’origine. Là c’est évidemment un peu plus long, quoique…
Je poursuis mon petit tour d’horizon matériel. Résidant en Corée du Sud, j’en avais un peu marre de dépenser des milles et des cents pour expédier mes illustrations aux éditeurs français & co via DHL. Auparavant j’avais un HP de bonne tenue mais qui, au bout de seulement un et demi de bons et loyaux services, a décidé de scanner quand bon lui semble. Je m’étais renseigné auprès de HP, on m’avait alors tout simplement répondu que le problème (insoluble) était connu et qu’une offre m’était proposée pour acheter un nouveau scanner HP. Ah. Ah. Ah. Quelle bande de truands.
En début d’année je m’étais donc équipé d’un nouveau bestiau. Un Epson 4870. J’ai été très très impressionné par cette qualité ! Avec ce Epson on est, à mon avis, au top du semi-professionnel et en réglant bien le tout on atteint des résultats impeccables. Belles couleurs, précision implacable, rapidité et efficacité. Le hic c’est qu’il est assez imposant et très lourd. Donc à part pour certains irréductibles, maintenant je ne travaille plus que de cette manière, j’envoie mes images via Internet, FTP, serveurs de stockage ou autre. Un gain de temps important, d’argent et d’efficacité. En tous cas avec ce scanner, on en a pour son argent, sans se ruiner complètement. D’ailleurs si on passe au modèle au-dessus dans la gamme, là, il faut avoir de sérieuses économies.
Tiens ? Le téléphone sonne…
C’est Epson qui me propose mon poids en cartouches d’encre…
J’ai reçu ce matin les deux numéros de Dragon Magazine #335 & #336 pour lesquels j’avais fait quelques illustrations. Dans le #335, 9
illustrations pour l’article «New Olamn Bard College» et 5 dans le #336 pour le «Bazaar of the Bizarre» (ces illustrations sont toutes
présentées sur mon site). Ces magazines sont chouettes, j’aime bien, la mise en page est sympa, il y a plein d’infos. C’est plutôt bien payé
avec des délais raisonnables et les personnes qui me contactent chez Dragon sont très pros et chaleureuses. On ne m’a d’ailleurs jamais
demandé de retoucher quoi que ce soit, que ce soit sur les crayonnés ou les illustrations finalisées. Ce qui ne gâche rien et j’espère bien
pouvoir faire la couverture un de ces jours ;)
En ce mois de septembre j’attends de pied ferme le retour des séries télé américaines Lost, Alias ou encore Nip/Tuck. J’adore les séries. De qualité je veux dire. Je trouve le format intéressant, développer une histoire sur la longueur permet de bien décortiquer les personnages, les situations. Ce ne doit vraiment pas être facile à écrire. Arriver à renouveler dans la continuité. Mais je remarque, à ma plus grande déception, que certaines séries s’essoufflent, comme New York 911 ou Les Soprano… Les producteurs et scénaristes tirent tellement sur la corde qu’ils finissent par user la trame de leur histoire en inventant des situations alambiquées, en en rajoutant inutilement dans le dramatique ou le sensationnel, à la recherche de l’ultime rebondissement ou retournement de situation. Pénible, agaçant et souvent prévisible. Et de plus en plus, les intrigues des séries sont construites pour le final, les deux, trois derniers épisodes. C’est flagrant dans 24H par exemple ou dans Alias. La saison démarre en fanfare, ensuite on s’endort un peu et on délaye pendant une bonne dizaine d’épisodes, l’intrigue part dans tous les sens ou s’effiloche et on remet les gaz sur la fin où tout bascule en quelques minutes. Un peu dommage de ne pas «jouer le jeu» en maintenant le rythme de bout en bout. J’avais lu une interview de J.J. Abrams créateur et scénariste d’Alias et Lost. Il expliquait qu’avec les séries, on peut développer une intrigue, des mystères pendant une vingtaine d’épisodes et finalement tout expliquer et dévoiler en cinq minutes. Ce n’est pas la solution qui importe mais plutôt toute la mise en place de l’intrigue, les questions, les interrogations. Les réponses on verra bien plus tard. Enfin bon ça se laisse quand même regarder et je n’en manquerais pas un épisode pour autant !
Le message en question se trouve accolé au sujet «La BD c’est fini». Répondre à ce message va me permettre de faire le point sur un ou deux détails qui ont déjà fait l’objet de mails reçus précédemment.
Tout d’abord à propos de mon «éparpillement». Première chose cela n’a absolument rien à voir avec le naufrage de ce projet BD. Je ne suis en rien responsable de cette situation et j’ai d’ailleurs subi un préjudice grave. Il est vrai que je fais beaucoup de choses, je planche toujours sur plusieurs projets d’illustrations en même temps mais cela n’avait en rien affecté ma concentration sur ce projet BD, les raisons de l’écueil sont ailleurs. Aussi la tendance actuelle fait que je n’ai pas d’autre choix que de travailler sur plusieurs projets en parallèle pour gagner ma croûte comme je le souhaite. Ce qui ne me dérange pas le moins du monde, bien au contraire et c’est le lot de tout illustrateur. De plus je suis plutôt du genre «bourreau de travail», j’adore ça. Travailler sur plein de choses est pour moi tout bénéfice, multiplication des contacts, expériences diverses et variées, multiplication des sources de revenus, ce qui n’est pas plus mal, cela permet aussi de ne pas saturer ou s’ennuyer sur quelque chose, hop on passe un jour ou deux sur des illustrations, on les laisse de côté pour en reprendre d’autres et on revient, etc.
Ensuite j’ai crée un site et un blog tout simplement pour des contraintes techniques. La structure de mon site, comme je l’ai déjà expliqué par là-bas, est trop lourde pour que je puisse le mettre à jour régulièrement, voire quotidiennement. D’où ce Journal de Bord. Ainsi avec ce journal je peux partager et faire découvrir mon travail sous un angle bien différent, peut-être plus intime, au jour le jour, de manière plus détaillée, plus amicale et affective. Mon site, sincèrement, n’est qu’une vitrine, ma boutique. Un portfolio abouti en ligne. Je ne l’ai pas crée pour montrer mon travail aux internautes (il suffit pour cela de se rendre en librairie, ahah) mais plutôt pour les éditeurs et éventuels commanditaires intéressés. Pour qu’ils puissent facilement et agréablement découvrir mon univers, mon travail et l’étendue de mes «services». Il est maintenant de plus en plus fréquent et courant que l’on me contacte après une visite sur mon site. C’est le cas bien entendu des éditeurs étrangers, aux USA par exemple pour les jeux de rôle. A mon avis le site et le blog se complètent, plutôt bien. C’est sûr que ça rajoute des clicks, on ne peut pas tout voir d’un coup, il faut aller sur le site voir les illustrations puis on revient lire deux lignes, etc. Que c’est fatiguant et contraignant. Mais, après plusieurs mois d’activité, quand je vois la quantité et la qualité des messages que je reçois sur l’utilité de ce journal de bord, je suis très touché et je continue de plus belle. Je réfléchis d’ailleurs tout le temps à comment le rendre plus agréable, fonctionnel et informatif.
Donc si «éparpillement» il y a, cela n’a en tous cas aucun rapport avec «La BD c’est fini». Malgré ce coup dans l’eau et quelques très rares autres accidents de parcours, je mène toujours à bien mes projets, sans encombre. Et quelle que soit la commande, le commanditaire ou mon humeur je mettrai toujours le meilleur de moi-même, le même souci de professionnalisme et de qualité. De toute façon il n’y a pas de mal à s’éparpiller, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières…









