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En me replongeant dans l’univers lovecraftien pour mon futur travail d’illustrations, j’ai repensé à un auteur qui me tient tout particulièrement à coeur. William Hope Hodgson. Né en 1877 en Angleterre, William Hope Hodgson s’engage comme mousse à l’âge de 13 ans et fait plusieurs fois le tour du monde. Les récits des marins entendus dans les ports du Monde l’ont d’ailleurs très fortement inspiré. De retour il devint photographe et body-builder. Installé en Angleterre il mit au point une chaîne de salles de sports et devint «L’homme le plus fort d’Angleterre». Le soir ou à ses moments perdus il écrivait. Hodgson a écrit les bases du fantastique moderne en seulement une dizaine d’ouvrages. Le roman de maison hantée, les fantômes, les épaves mystérieuses, le détective du surnaturel et même les prémices de la SF avec «Le Pays de la Nuit». Il est mort à 41 ans dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale. A l’époque, un certain Lovecraft lui envoyait ses nouvelles et récits pour avoir des remarques et critiques. Lovecraft qualifia d’ailleurs Hogdson de «rare auteur à prendre et traiter le surnaturel avec sérieux». Mais l’oeuvre d’Hogdson tomba vite dans l’oubli et c’est uniquement grâce à la ténacité de passionnés que l’on peut continuer à lire ses histoires aujourd’hui (et encore…).
William Hope Hodgson est certainement l’auteur qui m’a le plus influencé et inspiré dans le traitement du fantastique, du mystère. En lisant ses œuvres, «La maison au bord du monde» (son chef-d’oeuvre que je recommande chaudement), «Les pirates fantômes», «Le pays de la nuit», j’ai pu me faire ma propre vision du fantastique. Lorsqu’un personnage de Hodgson se trouve confronté à une créature étrange, il ne la décrit pas, il écrit qu’elle est «horrible» ou «répugnante» sans entrer dans les détails, alors que d’autres auteurs n’hésiteraient pas à développer les descriptions en nous imposant leur vision de la créature, ses membres tordus, la bave qui pend à ses lèvres, ses yeux injectés de sang. C’est beaucoup plus fort de ne pas décrire en détail ce que l’on voit. Une toute petite indication, un mot, dire simplement qu’une chose est «horrible» fait affreusement travailler notre imagination. Nous nous faisons chacun notre propre vision de la chose et ce que l’on va inventer sera certainement cent fois plus repoussant que toutes les descriptions possibles. Nous vivons à une époque où, grâce (ou à cause) à la magie des effets spéciaux aux avancées de la technologie et des images numériques, on se laisse prendre par l’envie de tout montrer, de tout donner au lecteur, au spectateur. Tout simplement parce qu’on a les moyens de le faire. Ma démarche va à contre-courant, mes illustrations suggèrent plus qu’elles ne montrent. Je ne dévoile que ce qui est nécessaire à la bonne lisibilité de l’image et je cache volontairement les clefs des mondes que je peins. Le lecteur doit participer à une illustration, je souhaite qu’il se questionne face à mes créations. Comment est-ce possible ? Pourquoi ce personnage est-il là ? Que se passe-t-il vraiment ? Souvent, on me demande pourquoi j’ai dessiné tel ou tel décor, pourquoi ce personnage nous regarde de cette manière ou encore pourquoi cet animal a des couleurs si étranges. Naturellement j’ai un début de réponse et ma propre vision de la scène, mais je ne dirai rien. Tout comme William Hope Hodgson, je préfère rester au bord des abîmes et regarder ce qui se passe en bas, sans plonger dedans…
William Hope Hodgson est certainement l’auteur qui m’a le plus influencé et inspiré dans le traitement du fantastique, du mystère. En lisant ses œuvres, «La maison au bord du monde» (son chef-d’oeuvre que je recommande chaudement), «Les pirates fantômes», «Le pays de la nuit», j’ai pu me faire ma propre vision du fantastique. Lorsqu’un personnage de Hodgson se trouve confronté à une créature étrange, il ne la décrit pas, il écrit qu’elle est «horrible» ou «répugnante» sans entrer dans les détails, alors que d’autres auteurs n’hésiteraient pas à développer les descriptions en nous imposant leur vision de la créature, ses membres tordus, la bave qui pend à ses lèvres, ses yeux injectés de sang. C’est beaucoup plus fort de ne pas décrire en détail ce que l’on voit. Une toute petite indication, un mot, dire simplement qu’une chose est «horrible» fait affreusement travailler notre imagination. Nous nous faisons chacun notre propre vision de la chose et ce que l’on va inventer sera certainement cent fois plus repoussant que toutes les descriptions possibles. Nous vivons à une époque où, grâce (ou à cause) à la magie des effets spéciaux aux avancées de la technologie et des images numériques, on se laisse prendre par l’envie de tout montrer, de tout donner au lecteur, au spectateur. Tout simplement parce qu’on a les moyens de le faire. Ma démarche va à contre-courant, mes illustrations suggèrent plus qu’elles ne montrent. Je ne dévoile que ce qui est nécessaire à la bonne lisibilité de l’image et je cache volontairement les clefs des mondes que je peins. Le lecteur doit participer à une illustration, je souhaite qu’il se questionne face à mes créations. Comment est-ce possible ? Pourquoi ce personnage est-il là ? Que se passe-t-il vraiment ? Souvent, on me demande pourquoi j’ai dessiné tel ou tel décor, pourquoi ce personnage nous regarde de cette manière ou encore pourquoi cet animal a des couleurs si étranges. Naturellement j’ai un début de réponse et ma propre vision de la scène, mais je ne dirai rien. Tout comme William Hope Hodgson, je préfère rester au bord des abîmes et regarder ce qui se passe en bas, sans plonger dedans…

Ecrit dans Jeux de rôle. Lu 610 fois. 1 commentaire.
Après Game of Thrones, l’éditeur Fantasy Flight Games me commande des illustrations pour le jeu de cartes Call of Cthulhu inspiré de l’œuvre de Lovecraft. C’est chouette, je n’ai jamais eu l’occasion de me frotter à ce genre, à la croisée entre le film noir années 30, le polar détective et l’horreur, la terreur. De plus, l’éditeur, très pro, fournit quantité de docs, références et informations pour que les illustrateurs puissent travailler dans les meilleures conditions, au plus près de l’univers étrange de Lovecraft. Le sol s’ouvre, les monstres des abysses s’échappent des profondeurs…
Ecrit dans Maîtres, affinités et inspirations. Lu 583 fois. 4 commentaires.
Dans un des mes recueils sur les illustrateurs américains du début du XXe siècle, je suis tombé sur une peinture magnifique d’un certain Walter Louderback. Très mystérieuse, mélancolique, étrange et d’une grande sensibilité. J’ai tout de suite cherché des infos sur ce Walter Louderback et on ne trouve presque rien, de plus il n’y a apparemment aucun livre sur son œuvre. Il se serait destiné à une grande carrière d’illustrateur et aurait surtout publié pour des magazines, des quotidiens. En lisant une courte biographie j’ai été très étonné par ceci (je traduis) : «La plupart des illustrations de Louderback furent détruites quand il se rendit compte qu’il était plus facile de vendre des peintures de «pretty girls». Il commença alors à découper ses travaux récents pour les mettre aux goûts du jour.» °_°


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De retour sur mon Journal de Bord. Pas grand chose à dire ces jours-ci, très - trop - pris par les illustrations. J’ai terminé les crayonnés pour Alexandre le Grand, fini les cartes pour Fantasy Flight Games, fait validé les crayonnés pour Dragon Magazine, etc. Ici, en Corée, il commence à faire très chaud et la mousson approche. L’humidité de l’air augmente et les pluies torrentielles menacent. Merci les clims et les ventilos…


Ecrit dans Jeux de rôle. Lu 113 fois. Aucun commentaire.
Ayant terminé et envoyé les illustrations pour l’Encyclopédie fantastique, je me «repose» un peu en crayonnant. Là c’est pour Dragon Magazine, le numéro d’août. Je dois faire une dizaine d’illustrations sur une école de musique «The New Olman Bard College». Je crayonne des personnages, des décors, des cabochons… Et de plein pied dans le médiéval-fantastique, la Fantasy. C’est agréable et ça change les idées. La plupart du temps j’essaye d’alterner les semaines de mises en couleur et les semaines de crayonnade, histoire de ne pas perdre la boule et surtout pour éviter «d’en avoir marre». La peinture exige une sacrée concentration qui se solde souvent pour moi par de belles migraines…









