oup d’envoi du projet elfique avec les éditions Daniel Maghen (j’en parlais déjà un peu ici). Nous en sommes encore au stade de l’intense brainstorming pour lister thèmes et idées sur les elfes. Ca va aller très loin et certains thèmes que nous allons aborder ne m’avaient même pas effleuré l’esprit avant et je vous promets des surprises et bon nombre de nouveautés. Par exemple, des thèmes sur les elfes non mis en images auparavant ou d’autres traités avec une approche très différente voire novatrice.
En attendant d’entrer encore plus dans le vif du sujet, j’ai carte blanche. C’est-à-dire que je peux réaliser des scènes et images de mon cru sur l’univers elfique. C’est vraiment chouette (et exceptionnel) car cela va me permettre de m’exprimer pleinement et d’enfin pouvoir mettre sur le papier des « visions » ou images que j’ai en tête depuis un moment. Comme la scène suivante, une double page pleine (62×43,5 cm pour le format original).
Dans les montagnes enneigées, un petit groupe de jeunes elfes explore les mines abandonnées à la recherche de précieux cristaux. Au moment de sortir de la caverne, ils découvrent des dragons en pleine chasse qui flairent leur présence. En tentant de franchir le passage en douceur, une elfe laisse tomber un des cristaux. Les compagnons sont sur leurs gardes car ce cristal est lumineux et le dragon à la vue perçante…
J’ai une idée très précise des couleurs et de l’ambiance. Un grand contre-jour. Le premier plan plongé dans une lumière bleutée, à l’ombre des montagnes. Le temps est suspendu. Au lointain, d’autres monts et falaises en pleine lumière. Un rai de lumière chaude tombe en arrière-plan sur un second dragon qui se dore au soleil. De la neige commence à tomber…
J’ai crayonné les différentes parties séparément, personnages, entrée de la grotte, décor et dragons pour ensuite les assembler via Photoshop. J’ai aussi fait un très rapide essai de couleurs pour placer quelques teintes qui me guideront. A suivre…




P. S. :
Je me demande si je ne vais pas reprendre l’oeil du dragon qui me semble là, peut-être, trop « gentillet ». Un oeil plus perçant, allongé, mis-clos, inquiétant, serait peut-être plus percutant…
uite de l’intégrale, partie I. Finalement, après réflexion et concertation, nous avons décidé de féminiser la couverture. Mon mâle sourire « email diamant » faisait peut-être un peu trop « aventure » et pas assez « fantastique ». Je l’ai remplacé par une femme aux traits d’elfes, elle aura la peau blanche, pâle, tirant sur le bleu, ce qui ajoutera encore de l’étrangeté à la scène.
Pour répondre aux commentaires du premier message, je dirais que travailler, reprendre et modifier un crayonné, quand c’est dans le bon sens, dans la bonne humeur, le respect et la discussion, pour tirer l’image vers le haut, pour l’améliorer, cela ne me pose absolument aucun problème. C’est surtout formidable et enrichissant. Là, je suis ravi par la direction prise, l’émulation a toujours du bon. Et je suis loin d’être serein face à un tel format… Je suis tout excité ! Pour une fois que j’ai de l’espace pour m’exprimer, sans une tonne de texte plaqué dessus, avec, pour couronner le tout, carte blanche et une très très grande marge de manœuvre, ça me titille drôlement. En plus techniquement, le défi à relever est séduisant. On est bien loin du cahier des charges à rallonge et des directives strictes à suivre. Ce n’est pas une « simple » commande. Je ne fais pas office de simple exécutant et je peux exploiter cet espace avec plaisir, en livrant une vision très personnelle de cette couverture. Arriver à concilier la réalisation d’une illustration aux enjeux conséquents et développer son propre univers et ses aspirations en même temps, un régal :)


l y a quelques semaines, je montrais mon dernier crayonné pour une nouvelle illustration de packaging pour la gamme Pirate chez Wizkids, par ici. Pour aller avec, Wizkids m’a demandé, pour la première fois, de réaliser une série de dix portraits. Des capitaines, commodores, pirates, corsaires fantômes, flibustiers… C’est vraiment très sympa à réaliser et techniquement intéressant pour faire ses gammes. Ca me fera le plus grand bien de m’exercer sur des visages, couleurs de peau et lumières. Aussi, grâce à Captain Herlock, modérateur de la communauté francophone consacré au jeu, par là, je mets en ligne les previews des extensions & co que j’ai illustrés. Ca fait toujours plaisir de voir son travail mis en page et intégré à un produit.
EDIT 15 mars 2008 : Petit pataquès « en interne » (comme on dit), je retire les crayonnés à la demande de Wizkids, désolé.
l y a peu, j’avais confié mon illustration Spartacus aux Carnets de l’Assemblée pour en faire la couverture. Ce numéro 2 est donc sur les rails, c’est par là. Voilà une preview de la couv et le petit teaser qui va avec :
“Le numéro 2 des Carnets de L’Assemblée, prozine consacré aux Jeux de Simulation et aux Cultures de l’Imaginaire, sortira comme à l’accoutumée en PDF et également en édition papier (72 pages couleurs et noir&blanc) à l’occasion de la convention FanCon 3 de Bruxelles en Mars prochain. Le dossier spécial est consacré cette fois-ci encore à un décor historique sulfureux : l’Antiquité. Remercions, au passage, Vincent Dutrait qui signe l’illustration de couverture. Plus d’infos sur la parution, très bientôt…”

our cette deuxième tribune (la première c’est par ici), je laisse la place à Laure. Je connais bien Laure car nous avons suivi la même formation à l’Ecole Emile Cohl durant trois années de dur labeur. Une fois nos diplômes en poche, nous avons suivi nos petits bonshommes de chemin tout en gardant le contact. Aujourd’hui Laure est illustratrice et libraire. Je lui ai demandé de nous faire part de son expérience d’illustratrice-libraire et son regard sur cet autre pan du métier du livre. Son message est rafraîchissant, apaisant, enjoué et rassurant, une vraie bouffée d’air en ces temps parfois un peu maussades où la grogne et les plaintes sur le métier ont tendance à se généraliser. Laure tient aussi un joli blog, à l’adresse suivante, le blog à laure. En piste et je laisse une semaine en haut de l’affiche :
Bonjour !!
Voilà qu’après Philippe-Henri Turin c’est moi qui m’y colle !
Alors moi je m’appelle Laure Monloubou, et je suis auteur et illustratrice jeunesse et vendeuse en librairie ! Non pas que travailler plus pour gagner plus soit mon credo, non, non, moi c’est surtout travailler tranquillement pour être tranquille dans la vie.
Car, vous le savez sans doute, il n’est pas si aisé de ne vivre que de la création (quand je dis vivre c’est de pouvoir varier les repas ; les nouilles c’est bon, mais trop longtemps, ça perd de son charme), et j’ai donc choisi de travailler « à côté » pour gagner juste ce qu’il faut pour le loyer et les basses dépenses de la vie qu’on est obligé de toute manière. J’ai aussi choisi de travailler à l’extérieur pour me sortir un peu de mon bureau qui me rendait autiste, même à ma boulangère je ne parlais plus ! C’est vous dire !
Par chance (par grande chance, je m’en rends compte aujourd’hui) j’ai trouvé ce travail en librairie.
Depuis six ans, je fais des livres quand ça vient, et je vends des livres 2 jours par semaine !
Beaucoup de gens me disent souvent : « mais ça te déprime pas de voir TOUS ces livres qui sortent TOUS les jours !!!! », et bien écoutez non, même limite ça m’emplit de joie ! Moi j’adore les livres, je ne peux pas me plaindre qu’il y en ait plein ! J’entends aussi que ça va tuer le marché toute cette production, et, je ne sais pas, mais, les livres forts restent, les livres qui apportent quelque chose résistent et deviennent vivant pour de bon. Moi je me dis que si mes livres ne restent pas en librairie c’est qu’ils ne sont pas encore assez aboutis, assez forts. Tous les livres ne peuvent pas devenir des best seller ça c’est sûr, mais certains, tranquillement, s’installent dans les bacs et y restent. Vu depuis moi, je trouve les choses assez justes, bien sûr il ne faut pas compter les Dora et autres Charlotte qui sont toujours en haut des ventes, elles ne prennent la place de personne à mon sens, elles ne sont pas des livres comme on l’entend.
Et puis je n’ai pas peur, les gens sont attachés aux livres, ils les aiment vraiment, que ce soient des mamies, des enfants, des jeunes gens, le livre crée toujours son émotion.
Et puis d’être en librairie m’a vraiment donné une culture du livre jeunesse que je n’avais pas vraiment : autant dans la connaissance des auteurs et illustrateurs classiques que dans la découverte des nouveaux qui montent ! J’ai sous les yeux tout ce qui se fait, je vois un peu les tendances, les « modes », et je vois comme tous les auteurs et tous les styles ont leur place ; Martine est toujours là, mais la petite taupe avec son caca sur la tête fait des adeptes, et Pakovska et Herbauts ont leurs fans !
Et pis aussi je vois si Vincent travaille bien !!!!!
Ce qui est fort tout de même au métier de libraire, c’est qu’il peut vraiment influer sur la marche d’un livre ; un libraire peut vraiment « porter » un livre, le soutenir, et l’emmener très loin !!!!! Tout comme il peut choisir de ne prendre qu’un volume d’un bouquin et de le mettre directement dans le bac plutôt que de le présenter sur table ! Comment se fait ce choix, et bien la plupart du temps, le libraire est libre, et si un livre lui plaît fortement beaucoup, il peut décider d’en prendre 80 et de tout faire pour le placer auprès des lecteurs ! et inversement, s’il ne voit aucun intérêt à un livre, et bien il n’en prend qu’un et le range… Il est vrai que dans certaine grande structure de librairie, certains titres sont imposés, ils DOIVENT figurer très fort dans la librairie, une mise en place avec l’éditeur, une « opération » est mise en place, une quantité importante de livres est achetée avec une remise plus importante pour le libraire, et donc là le truc c’est d’en vendre plein !!! Mais cela ne donne pas la qualité du livre : il y a des opérations sur des éditeurs topissimes, et des opérations sur un titre parce que c’est LE titre, et si tu le fais pas les autres librairies elles se moquent (et tu perds de l’argent). Par exemple, faut être bête pour pas prendre le dernier Dan Brown, le gars du Da Vinci Code, parce que sinon là c’est louper des ventes bêtement ! Et puis comme ça, avec l’argent de Dan Brown on peut tenter le coup d’acheter un petit livre chez un petit éditeur, même si on sait bien qu’il est plus pour un publique averti.
Enfin tout est encore possible en librairie ! Je ne sais pas trop pour les grandes « chaînes », mais pour l’instant, les libraires peuvent encore faire leur travail, et ils choisissent leurs livres, et ils les placent comme ils veulent !
Laure.
J’ai passé une enfance bucolique et heureuse dans les belles montagnes du Jura, où naîtra mon amour immodéré du dessin et de la sieste. Bien que dessiner dans les marges fut très marrant, la spécialiste en orientation du cio trouva fort avisé de me conseiller la filière S, donnant un bac S, qui faisait que je pouvais faire du droit. Je me conseillai alors moi-même vers un bac A3 (pour la jeune génération qui nous lirait, le bac A3 ne correspond à plus rien de nos jours, me semble-t-il ?). Bac en main je m’en fus à la grande ville de Lyon faire une école de dessin spécialisée en dessin. Ensuite la route de la gloire ne fut pas sans embûches, et je connus les joies du travail en studio de dessin animé, où je coloriai les décors des séries tv sur un grand ordinateur. Le fait est que je fis cette expérience à Angoulême, ce qui m’amena à connaître des Angoumoisins, et qui dit Angoumoisins, dit bédéteurs (gens qui font de la bd). Ceci étant, j’eus ainsi une approche de la bd très fort sympathique en la personne des habitants de l’Atelier Sanzot (oui, oui, comme dans Tintin). Et puis je suis repartie pour la grande ville lyonnaise et connu alors mes débuts en parutions et autres joies qui vous font ouvrir le champagne parce que quand même c’est pas tous les jours. Je trouvai ensuite mon travail à la librairie, ce qui me permit de me nourrir, ce qui n’est pas rien quand on veut vivre. Et puis, un jour, un ami me mit sur la voie de mon éditrice, madame Kaléidoscope, une dame qui aima mon dessin, qui aima mes histoires, et que moi j’aimais aussi à travailler avec elle, ce que je fais toujours aujourd’hui !!! Avec bonheur !!!
Louise et ses petits tracas, Milan BD, Treize Étrange, 2004
Ghislain, Kaléidoscope, 2006
Hippopo et Sourisso, Kaléidoscope, 2006
Jacinthe, Kaléidoscope, 2007










