‘ai reçu des exemplaires de l’extension Pirates que j’ai illustrée chez Wizkids. C’est bien sympa, très chouette. Je n’ai malheureusement jamais joué au jeu et ça donne bien envie, on monte ses petits bateaux, très marrant. J’ai été un peu surpris au premier coup d’œil de voir que les fonds des illustrations avaient été modifiés. Mais mea culpa. En fait l’éditeur souhaitait un ciel dans les bleus/violets. Je devais avoir la tête ailleurs car je n’avais pas vraiment capté le violet et qu’il fallait que ce soit très très violet, gloups, petit malentendu. J’en ai discuté avec l’éditeur, ils avaient accepté les illustrations en l’état mais après coup le service marketing a trouvé que les fonds n’étaient pas assez soutenus. Pas de lézard donc, mea culpa bis, je ferai plus attention la prochaine fois. En tous cas, je trouve que ça tient bien la route comme ça. Je précise que la grande illustration c’est pour ce qu’ils appellent le « Mega Booster » (il me semble qu’il contient ce qu’il faut pour jouer à deux) et l’autre, plus petite, c’est pour le « Regular Booster ». Hier j’ai mis en ligne le premier crayonné pour la nouvelle extension dont je m’occupe. A suivre…
P. S. :
Les crayonnés des illustrations c’est ici : « Par le fond ».



‘est un peu ma semaine « je crayonne » (j’en ai d’ailleurs un peu marre et j’ai hâte de reprendre les pinceaux). En attendant, voilà le crayonné d’une des illustrations pour la nouvelle extension du jeu Pirates. Pas grand chose à dire là aussi, si ce n’est que l’ambiance sera rouge, orangée, genre coucher de soleil tourmenté apocalyptique… Tout un programme et c’est toujours aussi amusant de dessiner des tentacules.


es temps-ci, entre deux pirates, je m’occupe d’une couverture de roman jeunesse pour Casterman. « Le dernier dragon » (The Hunting of the Last Dragon) de Sherryl Jordan. L’histoire est plutôt sympa, pour les jeunes lecteurs avides d’héroïc-fantasy. Plutôt que de faire une couverture narrative avec une énième scène de poursuite entre un dragon et les héros de l’aventure, on penche vers une couverture plus suggestive. L’œil du dragon en très gros plan et les héros en « silhouettes » ou léger reflet dans la pupille… Je pense faire le haut et le bas de l’image dans des tons sombres pour assurer la lecture du titre et mettre en valeur l’œil. J’ai envoyé mon crayonné et j’attends la suite. A suivre…

t non, je n’ai pas été kidnappé par les services secrets chinois en pyjamas noirs ni jeté dans un cachot à la frontière nord-coréenne à cause de mon dernier message. Je vais bien, simplement trop accaparé - entre autres choses - par la préparation de mon projet perso d’album illustré. En fait j’ai monté le dossier pour faire une demande de bourse au CNL (Centre National du Livre) et la date limite c’est le 10 avril. Après plusieurs jours difficiles et de longues nuits studieuses, j’ai envoyé mon paquet dans l’après-midi, ouf, un peu à l’arrachée. Le CNL propose des bourses d’écriture pour permettre à un auteur de dégager du temps libre pour mener à bien un projet d’écriture et de publication. Plus d’infos par ici. Je trouve que c’est vraiment une belle initiative ! Pour ma part, étant très loin d’être richissime, je souffre souvent du rapport complexe temps/argent/travail et il m’est bien difficile de travailler « pour moi », si vous voyez ce que je veux dire… Avec une bourse je pourrai enfin souffler un peu, dégager mon horizon pour quelques temps et travailler librement sur ce projet, sans pression ni contraintes. J’en rêve.
Car cela fera dix ans cette année que j’exerce ce métier. Dix années à illustrer des albums, des couvertures de romans, des jeux de société, dans le cadre de commandes. Mais je n’ai jusqu’à présent jamais travaillé « en solo », à la fois pour l’écriture et l’illustration d’un album. Même si, au fil des commandes et propositions, j’ai pu peu à peu mettre en place un univers, l’enrichir et le développer, j’ai toujours été lié à un cahier des charges dicté par l’éditeur. Pour ces diverses réalisations, j’ai le plus souvent pu profiter du travail à effectuer pour amener ma propre vision : ambiances, personnages, gammes de couleurs… Malgré le fait d’avoir à suivre des directives, j’ai toujours travaillé avec passion et n’ai aucun sentiment de frustration. Mais je ressens de plus en plus l’envie de pouvoir mettre sur le papier les aventures, les mondes, les atmosphères, idées, couleurs et images que je conserve dans un coin de mon imaginaire. Afin de pouvoir développer, donner un sens à mes univers et les partager avec les lecteurs. Les faire rêver, se questionner, vibrer.
Voilà donc mon « Vitalis, explorateur naturaliste ou l’extraordinaire retour à l’aventure ». Je ne vais pas partager le texte intégral, une quarantaine de pages, car je souhaiterais réaliser un album avec un fort rapport texte-image, où les deux seraient indissociables. Par exemple, certains détails suggérés ou non dits dans le texte se révèleraient dans les images. Cela me permettrait d’amplifier le mystère et d’inviter le lecteur à participer. Cette aventure s’adresse aux 11~13 ans, grands enfants ou jeunes adolescents, celles et ceux qui n’ont pas encore goûté aux joies du fantastique avec un grand F.
La commission du CNL se réunit en juin pour décider du sort des projets. Je croise les doigts et en attendant, je vous propose l’accroche de l’histoire, un peu comme ce qu’on lit au dos des bouquins pour appâter le lecteur :
On m’appelait Vitalis l’explorateur-naturaliste. Je sillonnais le monde accompagné de mes fidèles compagnons. Tout ce qui sortait de l’ordinaire, les bizarreries et curiosités de la nature, nous passionnait. Eléphants zébrés aux défenses noires comme la nuit, cerfs albinos à deux têtes, curieux ossements à la taille démesurée pointant vers les cieux, étranges petits hommes à la peau rouge et aux cheveux de feu, tel était notre quotidien. Nous nous rendions immédiatement sur place afin de lever le voile sur ces mystères, et tout ce que nous découvrions était annoté, reproduit sur le papier, dessiné, peint puis archivé. Ce qui, à chaque retour de voyage, faisait le bonheur des musées et autres lieux d’études. Je fis un jour une curieuse rencontre. Lors de l’inauguration de la tour Eiffel, on me présenta un mystérieux personnage, « l’Homme-taupe ». Ce qu’il me proposa dépassait de loin toutes mes espérances. Il prononça ces quelques mots qui allaient changer ma vie à jamais : « J’ai la plus incroyable et inimaginable des expéditions à vous proposer et je sais que vous ne pourrez refuser quand vous aurez entendu ce que j’ai à vous dire. »

necdote énervante. En Corée, depuis quelques temps, c’est la mode des serrures électroniques. On nous vante les mérites de ces nouveaux systèmes à code, inviolables, plus sécurisés, etc. On en voit même maintenant avec reconnaissance d’empreintes digitales. Pour ouvrir, il faut donc soit le code soit de petites clefs électroniques (je ne connais pas le terme exact). Une simple pression de la clef et hop la porte se déverrouille. Au passage je signale que Séoul fait partie des villes les plus sûres du monde, l’insécurité ici ça n’existe pas et j’ai du mal à comprendre qu’on s’équipe ainsi alors que les risques sont réellement minimes. Une fois de plus je crois qu’on joue sur les peurs et la gentille naïveté des gens. Notre immeuble est plutôt récent, rénové il y a peu et l’ancien propriétaire avait fait installé une serrure de ce genre. Malheureusement le code a été perdu ou je ne sais quoi et nous n’avons que les clefs pour ouvrir. Mais jusque là tout va bien.
Hier en fin de matinée, je sors faire quelques courses. Je rentre et la porte refuse de s’ouvrir. J’ai beau tout essayer avec la clef, dans tous les sens, nettoyée, réchauffée, etc. Rien à faire et la serrure émet une douce mélodie irritante indiquant que la clef n’est pas reconnue. Le plus curieux c’est que j’étais déjà sorti plus tôt dans la matinée, et je n’avais pas eu de problème. Bon, je téléphone à mon épouse qui doit rentrer de son travail pour midi. Je m’installe au chaud (l’hiver coréen bat son plein, il devait faire -10°c) dans une boutique du coin et j’attends une heure et demi. Mon épouse arrive et on essaye par tous les moyens d’ouvrir la porte sans aucun résultat. Je me doutais bien qu’un jour on aurait des soucis avec ce binz. Très agaçant. A deux doigts d’aller ramasser un parpaing pour tout défoncer. Finalement nous appelons le fabricant de la serrure, Gateman, une marque archi-connue ici (il y avait un numéro de sav indiqué sur la clef, ils sont prévenants). Vingt minutes plus tard, un jeune monsieur Gateman arrive tout sourire. On explique le problème. Il nous fait la leçon en se moquant à moitié de nous car nous n’avons pas le code. Ces serrures sont faites pour être ouvertes uniquement avec le code dit-il et pas avec les clefs. Les clefs ce sont des bonus, au cas où, une «sécurité». En plus, nous explique-t-il tout à fait normalement, ces clefs fonctionnent très mal et foirent très souvent. Comme il y a à l’intérieur une petite puce, il suffit qu’elles tombent ou prennent l’humidité pour déconner.
Effarant d’entendre reconnaître que ça ne marche pas bien. Bon passons. Il nous dit qu’il peut ouvrir la porte, pas de soucis. Je m’attendais à ce qu’il sorte une clef électronique universelle de sa marque ou un code providentiel. Non, il a simplement sorti une perceuse de son sac. La même qu’on peut acheter au magasin de bricolage du quartier. Il a visé un point facilement identifiable au niveau du système d’ouverture. Et là, en moins de cinq secondes - j’ai compté - il a ouvert la porte et désarmé la petite alarme intégrée. Cinq secondes. Ahurissant. Pour des serrures réputées imprenables, c’est raté. En plus c’est certainement deux à trois fois moins de temps que pour forcer une serrure dite classique. Comme la serrure était fichue, il l’a remplacé et cette intervention - cinq minutes en tout - a coûté la modique somme de 230€. Si si vous avez bien lu…
Nous nous sommes renseignés après coup et il nous aurait même fait une fleur, une telle intervention coûterait plutôt dans les 400€ par un service autre que Gateman. Voilà une bien belle arnaque. Apparemment aucune méthode «douce» n’est prévue en cas de pépin. Je me suis dit qu’on aurait pu changer ce système pour éviter de futures complications et revenir à une serrure classique, mécanique. Mais quand j’ai vu à quel point la porte avait été modifiée pour accueillir cette serrure j’ai vite compris qu’il faudrait absolument tout changer. Pas de choix. Un habile traquenard. Un serrurier reconnu vous installe une serrure et quand ça merde vous vous retrouvez au pied du mur à payer le prix fort pour pouvoir entrer chez vous. J’ai aussi réalisé que la serrure fonctionne avec trois petites piles ! Je me demande bien ce qui se passe le jour où elles tombent à plat. On reperce et on repaye ? Du grand n’importe quoi. Pendant que monsieur Gateman mettait tout à jour, code et clefs, nous lui avons demandé, nous avons aussi fait remarquer que vendre des serrures high-tech avec des clefs qui ne fonctionnent pas ce n’est pas très honnête et piéger ainsi les clients c’est une belle arnaque. Il a pris soin de ne pas répondre. Il a eu de la chance que mes notions de coréen soient si limitées, quoique, je sais quand même dire «poulpe», «viande hachée», «en petits morceaux s’il-vous-plaît» ou «ça fait mal ?». Finalement, j’ai regretté de ne pas avoir tout fracassé avec mon parpaing.










