n début de semaine, j’ai peaufiné et bouclé les crayonnés pour Nils Holgersson. J’ai donc maintenant le feu vert pour passer aux pinceaux et tubes de peinture, chouette. En attendant de voir peut-être quelques mises en couleurs, ci-dessous quelques crayonnés que j’aime bien avec leur mise en pages, pour donner une idée. Les images se passent de commentaires et c’est marrant, en acceptant d’illustrer Nils Holgersson, je n’avais pas imaginé que dessiner des oies et un jars sous toutes les coutures se révélerait passionnant. Ces bestioles ont de beaux volumes, de belles courbes agréables sous le crayon. Et je le souhaite sous les pinceaux encore plus !
Pour des réalisations de cette ampleur, pour des albums (et pour les couvs aussi bien entendu), je demande toujours le texte mis en pages avec les emplacements des images, histoire de bien tout caler et gérer au mieux le rythme, le sens de lecture, l’enchaînement des pages en alternant plans rapprochés, grands décors, détails, etc. Aussi, j’ai eu l’idée pour les pages de garde du livre de dessiner une carte du nord de l’Europe avec par-dessus, le trajet de Nils et des oies indiquées. Ainsi le lecteur pourra mieux se repérer et se rendre compte des distances et régions parcourues. Malheureusement j’ai un mal fou à trouver un tel document… Est-ce que par le plus grand des hasards, un ou une de mes lecteurs-lectrices aurait une édition de Nils Holgersson avec une carte et le périple ? Je profite honteusement de ce message pour lancer cette bouteille au web, qui ne tente rien n’a rien, n’est-ce pas ?




epuis quelques temps, j’ai beaucoup évolué sur ma manière d’aborder les crayonnés. Auparavant, je les considérais comme des illustrations à part entière. Je les travaillais en valeurs, d’une pièce, d’un seul tenant, chiadés, pour faire de jolies images, comme ici par exemple. Mais maintenant, je ne les vois plus - que - comme des canevas, uniquement des supports pour la couleur. Bon, tant mieux si le crayonné est sympa quand même mais un vilain crayonné ne me chagrine plus du tout.
Dorénavant je fais plus intervenir l’ordinateur comme outil de mise en page. Ci-dessous à la manière d’un mini-tutoriel, l’élaboration de mon dernier crayonné de couverture pour les éditions Paizo. Un crayonné pour une couverture d’une nouvelle gamme, dans le même esprit que celle-là (sans le gros logo étoilé). C’est-à-dire une illustration pleine page couvrant l’intégralité de la surface. Mais une illustration recouverte de deux bandeaux transparents recadrant la scène. Je dois représenter trois personnages de la série, un moine, une petite druide accompagné de son gros matou et une barbare découvrant une porte elfique noire au fond d’une sombre forêt de conifère. De cette porte vont débouler créatures et monstruosités d’un autre âge…
Comme je l’expliquais ici, j’ai une idée bien précise voire très précise de ce que je veux mettre en image, composition, cadrage, personnages (appuyée par une bonne recherche de docs). Maintenant, je commence par une petite mise en place rapide et cracra de ce que j’ai en tête pour délimiter les espaces. Mon idée est de tourner les personnages vers la porte avec un cheminement du regard en zigzag, le moine au premier-plan nous dirige vers la barbare qui, avec le matou, nous aiguille vers la druide qui nous fait plonger vers la porte et ses noirceurs. Je précise que, volontairement, j’ai choisi de ne pas montrer clairement les visages des personnages. Car cette couverture s’inscrit dans une série, les joueurs les connaissent certainement déjà et je préfère me focaliser sur le cœur de la scène, la porte, les faisant passer ainsi au second plan (au niveau du sens de l’image). En masquant un peu les visages, le lecteur ne s’attarde pas, ne se casse peut-être pas la tête pour s’identifier ou non et file directement vers le fond de l’image…

Puis je crayonne tous les éléments séparément, personnages, décors, certains détails. Ainsi il me sera plus facile de modifier ces différentes parties de l’image pour mieux les agencer, équilibrer l’image, réduire ou agrandir certaines zones, etc.



Pour finir, direction Photoshop et bidouillage intensif pour bien caler tout ça, au bon format, avec quelques ajouts de calques de branchages détourés trouvés dans mes docs… Il y a quelques petits trucs - sur le crayonné - qui coincent comme la petite druide qui peut sembler « posée » sur la main du moine ou sa serpe un peu trop proche du menton du moine mais c’est tout à fait le genre de détail qui se gère et s’arrange avec les couleurs grâce aux profondeurs, aux différences de teintes, couleurs, luminosité, etc. J’ai hâte de passer à la couleur !


uelques liens pour finir la semaine et attaquer les fêtes. Commençons par une petite leçon de story-board par le géant Ian McCaig, en attendant son artbook (240 pages ! Sans cesse repoussé, argh), c’est par ici. Puis un petit tour par quelques galeries bien chouettes :
- Massimo Carnevale, c’est « graphique » comme on dit, nerveux et léché, une sacré patate (merci Swal pour le lien !).
- Erik Tiemens, un champion du concept art, je l’avais repéré dans les artbooks StarWars, une pointure.
- Zaffino, un vieux de la vieille, de belles choses en noir et blanc, classiques et efficaces, dommage que le site ne soit pas mieux rangé, on s’y perd un peu.
- Nathan Fowkes, une belle claque technique pour ce blog à rallonge, des kilomètres d’images, recherches et illustrations.
- Pour finir, Link Collector qui comme son nom l’indique répertorie quantité de sites et galeries tous plus impressionnants les uns que les autres, il y en a pour un moment à éplucher tout ça.
Je conclus avec un petit tour comme d’hab chez James Gurney qui, cette semaine, nous explique un peu la profondeur de champ, c’est toujours aussi limpide et pédagogique, par là.
Sur ce, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année et on se retrouve l’année prochaine !
‘est parti pour un nouveau message à caractère informatif. Sites, articles et liens en tout genre. Tout d’abord, côté Bd, j’ai lu Long John Silver de Mathieu Lauffray. Le dessin est magnifique, vivant et dynamique. L’histoire bien ficelée, classique, une bonne intro pour démarrer cette série. Je suis moins emballé par la mise en couleurs qui, il me semble, n’améliore pas toujours la lecture ou la lisibilité. J’aimerais bien voir ce que donne la Bd en noir et blanc finalement. Et à ce propos, ici, on peut découvrir quelques planches du tome II. Du noir et blanc de toute beauté, de magnifiques lumières, un régal.
Toujours en matière de Bd, j’ai dévoré Le sang des Porphyre. C’est excellent et ça faisait longtemps qu’une Bd ne m’avait pas fait cet effet-là ! Je trouve que tout est bien, impec, et je sens que je vais me replonger souvent dans ces belles planches. On peut voir quelques images ici (un peu trop contrastées et saturées par rapport à l’impression définitive, beaucoup plus douce et agréable). Mon coup de cœur du moment.
Pour en finir avec la Bd, j’ai remarqué de belles initiatives en ligne. Et pas des moindres, de bon gros comics comme on les aime. Une news ici à ce propos du côté de chez Marvel et l’ami Swal me signale que Dark Horse a déjà mis en place ce système, c’est par là, classe.
Pour l’illustration, deux choses. En épluchant le blog de Paizo, on peut découvrir régulièrement de belles illustrations de Wayne Reynolds qui s’occupe des magazines Pathfinder. Par exemple ici, là, encore ici ou encore là. J’aime beaucoup, c’est chiadé, à l’ancienne, du RPG pur et dur. Je trouve juste que de temps en temps ça manque un petit peu de clarté et les couleurs sont un peu ternes voire désaturées. Et, petit rappel sinon c’est bon à savoir, une info pratique en rapport avec ses impôts, les cotisations AGESSA et IRCEC sont déductibles. Le détail ici et c’est toujours ça en moins ;)
Ensuite côté documentation, les éditions DK, spécialisés dans le documentaire, je connais de chouettes bouquins pour les enfants avec une très belle iconographie ont mis tout ça en ligne, gratos, c’est ici. J’aime beaucoup les pages avec les animaux, les photos sont bien éclairées, nettes et lisibles comme là avec les grenouilles par exemple.
Et pour finir, un logiciel efficace, Photoscape. C’est une suite de traitement graphique. L’approche du programme est l’intégration, il rassemble différents modules qui traditionnellement sont des programmes à part entière. Visionneuse d’images, création de cadres (un must), traitement d’images par lot, compositions à partir de plusieurs images, etc. Une présentation complète par là. Je l’utilise quotidiennement, simple et puissant.
Dorénavant, je partagerai mes liens et découvertes en fin de semaine, le vendredi, pour donner de la matière à celles et ceux qui ne sauraient quoi faire de leur weekend ;)
‘ami Christophe Swal qui a déjà une bien jolie galerie ici, fait son entrée dans la blogosphère (comme on dit) et nous gratifie d’entrée de jeu d’illustrations noir et blanc fort sympathiques. Je vous invite à visiter l’Art Silencieux. Voilà une initiative intéressante qui, j’en suis sûr, nous en mettra plein les mirettes. Vivement la suite !










