Ecrit dans Au jour le jour. Lu 1 246 fois. 8 commentaires. Il y a un an, j'écrivais Déjà Septembre….

Et voilà, de retour. Les vacances se sont déroulées à merveille, périple entre la Provence, Bretagne, Savoie et la Corée… Une bonne coupure qui m’a fait le plus grand bien ! De retour à Séoul donc, crayons et pinceaux en main pour une nouvelle saison du Journal de Bord. Avant le départ j’avais annoncé un site tout neuf à la rentrée. Malheureusement j’ai du revoir mes ambitions à la baisse, je n’ai pas eu assez de temps au retour pour finaliser l’affaire. Il y a aussi une nouvelle version de Dotclear, le moteur utilisé pour le Journal de Bord, qui doit voir le jour prochainement et je préfère attendre patiemment, j’éviterai ainsi des manipulations répétitives et/ou pénibles et de cette manière ce sera du cent pour cent tout neuf. En tous cas j’ai déjà plus ou moins mis au point une nouvelle version en interne qui, il me semble, tient mieux la route. A suivre.
Revenons à nos moutons et à nos illustrations. Côté bonnes nouvelles, j’ai pu voir la mise en page, texte et images, du Chevalier à la plume pour Casterman et c’est très chouette, ça me plaît beaucoup et je pense qu’on tient là un bel album. Album qui devrait sortir cet automne, avant les fêtes. En ce moment je m’occupe des Chevaliers de la Table Ronde, la phase de crayonnés est terminée et j’attends le feu vert pour démarrer la mise en couleur (j’avais déjà montré un ou deux trucs ici). Je m’occupe aussi du quatrième pack d’armes et objets magiques évoqué ici pour les américains de Paizo (peut-être le dernier ?). Dans la foulée je vais illustrer un livre sur les pirates pour les éditions anglaises Usborne. Le projet est passionnant, un mix documentaire/fiction. L’équipe de Usborne est tellement contente de ce que j’ai déjà fait qu’il me propose d’illustrer la vie de Francis Drake ensuite. Ajouter à tout ceci quelques couvertures par-ci par-là et vous obtenez un planning déjà bien rempli…
Du côté des nouvelles moins euphorisantes, j’ai remarqué que mes amis Cheap Cialis et Discount Viagra n’ont pas perdu leur temps en me pourrissant le Journal de Bord de messages en tout genre, plusieurs centaines. Quelle plaie, encore du temps perdu à faire le ménage… La fonction Recherche du Journal de Bord fait aussi des siennes, c’est apparemment dans les choux et je n’ai aucune idée d’où cela peut bien venir, je m’en occuperai plus tard. J’ai aussi fait une étonnante découverte à mon retour. J’attendais pour fin juillet et fin août d’importants paiements en provenance de différents éditeurs, cinq au total. Paiements concernant les travaux réalisés au printemps et juste avant l’été, un joli pactole de plusieurs milliers d’euros. Et rien. Nada. Aucun paiement reçu. Ca fait mal au compte en banque. La plupart de ces paiements était, en plus, annoncés par contrats, prévus et validés. J’ai là aussi perdu pas mal de temps à contacter tout le monde pour savoir ce qui se passe, ce qui s’est passé et surtout quand est-ce que ces paiements allaient être effectués. Une démarche que je me vois obliger de faire et que je ne supporte pas. Je déteste réclamer, surtout pour quelque chose qui ne devrait pas poser de problème. Pour résumé, certains éditeurs ont eu des soucis de comptabilité pendant l’été, d’autres dossiers n’ont pas été suivis (merci les vacances) et on a aussi «oublié» de me payer. C’est souvent harassant ce genre de situation, je me décarcasse à tenir des plannings et respecter ce qui était décidé et signé, je planifie mon budget en conséquence et ensuite ça ne suit pas, il faut relancer et relancer encore pour certains, histoire de glaner quelques infos, des nouvelles… Heureusement ce n’est pas toujours comme ça, maintenant tout est rentré dans l’ordre, ça fait certainement partie des aléas du métier. Mais bon, quand cinq éditeurs merdouillent en même temps ça fait beaucoup…

C’est tout pour aujourd’hui. J’espère que les vacances de mes chers lecteurs furent douces et agréables. A très vite pour la suite !

P. S . :
En attendant crayonnés et illustrations, une photo prise cet été sur une plage de Bretagne. Un endroit assez curieux avec des vestiges de la Seconde Guerre, bunker & co. Ca m’a fait pensé à la série Lost ;)

Lundi 29 mai 2006

Et voilà

Ecrit dans Au jour le jour. Lu 385 fois. 2 commentaires.

Déménagement réussi, sans encombre, tout s’est déroulé à merveille. Impec. Installation rapide, efficacité coréenne oblige. J’ai pu reprendre crayons et pinceaux dès le lendemain. Ca fait du bien d’avoir plus d’espace, j’ai maintenant un grand bureau, notre nouvel appart est au quinzième étage, grande baie vitrée au sud, lumineux, très agréable et aéré. Et depuis il s’est passé pas mal de choses.
Tout d’abord j’ai été contacté par les éditions anglaises Usborne. L’an passé, lors d’une de mes séances de ratissage éditorial, j’avais contacté - un peu au pif - les éditions Usborne (qui je le rappelle est un des grands éditeurs anglais pour la jeunesse). J’avais reçu une réponse positive même s’il n’y avait pas de travail dans l’immédiat. Le message ressemblait à la réponse automatique que reçoivent les illustrateurs en quête de nouvelles collaborations mais cela m’avait paru honnête et sincère. Apparemment ça a fait son chemin car la semaine dernière, une certaine Andrea m’écrit pour me proposer un projet d’album excellentissime, l’histoire des Pirates. Un immense panorama de la piraterie, des Vikings et Barbares en passant par les pirates des mers de Chine, le Blackbeard, François L’Ollonaios, William Kidd, l’Île au Trésor, des passages plus techniques sur les abordages, la vie à bord, les attaques & co, etc. En bref un projet du tonnerre. Mais là où ça s’est compliqué c’est que la date de rendu était fixée à la mi-août. Ces temps-ci je suis archi-débordé et je vais disparaître dans les marais et étangs de Provence en juillet. Le planning proposé par Usborne m’avait l’air bien verrouillé et ne voyant aucune solution pour faire le livre dans les temps et dans de bonnes conditions, j’ai proposé, à contre-cœur, qu’on laisse passer les pirates (argh) et qu’on se tourne vers un autre projet pour le début de l’automne, à mon retour. Finalement, on m’annonce que la date de rendu des pirates est repoussée à la fin du mois d’octobre pour que je puisse réaliser le bouquin ! Génial. Voilà une nouvelle qui m’a beaucoup touché. D’une part parce que j’ai toujours rêvé de me frotter pour de bon aux histoires de pirates, un régal et d’autre part parce que cela fait très très plaisir de voir un éditeur modifier son planning de la sorte pour qu’on puisse travailler ensemble, surtout par les temps qui courent. Je sens qu’on va faire du bon boulot et il y a du pain sur la planche, 64 pages couleur, un moyen format (13×20cm) et un joli pactole pour le tout. Je commencerai donc cette aventure dès la mi-août.
Ensuite j’ai reçu quelques bouquins dont j’avais réalisé les couvertures. Le recueil sur les elfes pour le jeu de rôle «L’Œil Noir» chez Fanpro et Le jardin des sortilèges chez Rageot. Les deux couvertures sont vraiment bien imprimées, les couleurs sont respectées, fidèles aux originaux, les mises en pages bien foutues et voir son travail mis en valeur de cette manière ça fait aussi très plaisir. Les crayonnés et/ou mises en couleurs de ces couvertures sont quelque part sur le Journal de Bord, en fouinant un peu.
Bon c’est parti pour une semaine chargée dans un nouvel environnement. Au boulot.

P. S. :
Depuis quelques semaines j’ai reçu plusieurs mails sympathiques me posant des questions, me demandant de l’aide. Trop accaparé par le boulot et le déménagement, je n’ai pas eu le temps de répondre clairement et posément. Donc un petit coucou aux auteurs de ces mails pour leur dire que je ne les oublie pas et que je répondrai dès que mon horizon se sera un peu éclairci. Encore un peu de patience ;)

Mercredi 1 mars 2006

Chapeau

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 544 fois. 1 commentaire. Il y a un an, j'écrivais Une drôle d’ampleur !.

Internet prend toute son ampleur et toute sa valeur quand il devient un terrain de recherche, de partage et d’émulation. Je reçois souvent des mails de lecteurs m’informant de telle ou telle information complétant un des messages précédemment mis en ligne. Ce matin j’ai reçu un mail particulièrement intéressant. Je le recopie et je pense que son auteur, Vincent Boyer, ne m’en voudra pas :
Ce message fait suite à votre article du 6 fév. 2006 quant à un site (Therion) avec des gravures anciennes. Il se trouve que je connais l’image que vous avez utilisée pour illustrer l’article ; j’ai tout de suite «sursauté» en la voyant. L’original est une peinture (superbe) d’un dénommé Oscar Wergeland. Le tableau s’intitule «Vikings norvégiens débarquant en Islande en 872». Elle date de 1877 et se trouve à la Nasjonalgalleriet d’Oslo. Voilà. Elle figure sur la couv d’un très beau livre intitulé «L’Europe des Vikings» aux éditions Hoëbeke (livre superbement illustré et très complet sur le sujet). Au cas où vous seriez intéressé : ISBN 2-84230-202-8. A noter aussi, un très beau livre chez le même éditeur sur les pirates et flibustiers des caraïbes (avec les fameux Pyle et Wyeth à l’intérieur ! et de nombreuses gravures, peintures…). Très utiles pour de la documentation en vue d’illustrations !

Merci Vincent pour ces précieuses informations.
Au passage je précise que l’Abbaye de Daoulas fait souvent de belles expos, riches et formidablement documentées.

Vikings

Lundi 7 novembre 2005

Merci Mr. Jackson

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 580 fois. Aucun commentaire. Il y a un an, j'écrivais Rise of the Fiends.

Ouhlala je viens de regarder la dernière (et énième) bande-annonce de King Kong ! Un film épique d’une durée annoncée de trois heures, de l’aventure à l’ancienne comme je l’aime… Groar ! Et pour couronner le tout, depuis le lancement de la réalisation, Peter Jackson livre des «Production Diaries», petits films making-of très très intéressants levant un peu le voile (kongisking.net). J’aime beaucoup que Peter Jackson joue le jeu, avec humour. Au contraire d’un Georges Lucas qui verrouille tout sur ses films et se retrouve avec tous les pirates du net sur le dos à l’affut de la moindre image, Jackson et son équipe livrent le bébé avant l’heure, dévoilent un peu leurs techniques, font participer le futur spectateur, donnent des infos, nous font entrer dans leur univers. A l’ancienne je disais, comme à l’époque où on s’intéressait plus au plaisir du cinéma qu’à la parano des temps modernes. Là c’est familial, agréable, passionnant et à mon avis très intelligent dans la démarche. Plus que quelques dizaines de jours à tenir, en fait 35 jours, 23 heures et 37 minutes…

King Kong

Vendredi 8 juillet 2005

E pericoloso sporgersi

Ecrit dans Culture et artbooks. Lu 508 fois. 1 commentaire.
En me replongeant dans l’univers lovecraftien pour mon futur travail d’illustrations, j’ai repensé à un auteur qui me tient tout particulièrement à coeur. William Hope Hodgson. Né en 1877 en Angleterre, William Hope Hodgson s’engage comme mousse à l’âge de 13 ans et fait plusieurs fois le tour du monde. Les récits des marins entendus dans les ports du Monde l’ont d’ailleurs très fortement inspiré. De retour il devint photographe et body-builder. Installé en Angleterre il mit au point une chaîne de salles de sports et devint «L’homme le plus fort d’Angleterre». Le soir ou à ses moments perdus il écrivait. Hodgson a écrit les bases du fantastique moderne en seulement une dizaine d’ouvrages. Le roman de maison hantée, les fantômes, les épaves mystérieuses, le détective du surnaturel et même les prémices de la SF avec «Le Pays de la Nuit». Il est mort à 41 ans dans les tranchées de la Première Guerre Mondiale. A l’époque, un certain Lovecraft lui envoyait ses nouvelles et récits pour avoir des remarques et critiques. Lovecraft qualifia d’ailleurs Hogdson de «rare auteur à prendre et traiter le surnaturel avec sérieux». Mais l’oeuvre d’Hogdson tomba vite dans l’oubli et c’est uniquement grâce à la ténacité de passionnés que l’on peut continuer à lire ses histoires aujourd’hui (et encore…).
William Hope Hodgson est certainement l’auteur qui m’a le plus influencé et inspiré dans le traitement du fantastique, du mystère. En lisant ses œuvres, «La maison au bord du monde» (son chef-d’oeuvre que je recommande chaudement), «Les pirates fantômes», «Le pays de la nuit», j’ai pu me faire ma propre vision du fantastique. Lorsqu’un personnage de Hodgson se trouve confronté à une créature étrange, il ne la décrit pas, il écrit qu’elle est «horrible» ou «répugnante» sans entrer dans les détails, alors que d’autres auteurs n’hésiteraient pas à développer les descriptions en nous imposant leur vision de la créature, ses membres tordus, la bave qui pend à ses lèvres, ses yeux injectés de sang. C’est beaucoup plus fort de ne pas décrire en détail ce que l’on voit. Une toute petite indication, un mot, dire simplement qu’une chose est «horrible» fait affreusement travailler notre imagination. Nous nous faisons chacun notre propre vision de la chose et ce que l’on va inventer sera certainement cent fois plus repoussant que toutes les descriptions possibles. Nous vivons à une époque où, grâce (ou à cause) à la magie des effets spéciaux aux avancées de la technologie et des images numériques, on se laisse prendre par l’envie de tout montrer, de tout donner au lecteur, au spectateur. Tout simplement parce qu’on a les moyens de le faire. Ma démarche va à contre-courant, mes illustrations suggèrent plus qu’elles ne montrent. Je ne dévoile que ce qui est nécessaire à la bonne lisibilité de l’image et je cache volontairement les clefs des mondes que je peins. Le lecteur doit participer à une illustration, je souhaite qu’il se questionne face à mes créations. Comment est-ce possible ? Pourquoi ce personnage est-il là ? Que se passe-t-il vraiment ? Souvent, on me demande pourquoi j’ai dessiné tel ou tel décor, pourquoi ce personnage nous regarde de cette manière ou encore pourquoi cet animal a des couleurs si étranges. Naturellement j’ai un début de réponse et ma propre vision de la scène, mais je ne dirai rien. Tout comme William Hope Hodgson, je préfère rester au bord des abîmes et regarder ce qui se passe en bas, sans plonger dedans…