Je poursuis mes tutoriels, autre étape importante dans la réalisation d’une illustration, le manger. Direction la Corée ;)
Chaque année en Corée, les familles se réunissent pour préparer le kimchi de l’hiver. Le kimchi est un plat traditionnel coréen composé de piments et de légumes fermentés. Au départ, «Kimchi» a peut-être signifié «légume macéré/submergé» (plus d’infos sur le kimchi par ici). Il en existe de toutes sortes mais le plus répandu est celui à base de chou. Ceux que l’on nomme «choux chinois» (Baechu). On trouve du kimchi à tous les repas, comme accompagnement. Un classique.
On prépare le kimchi avant l’hiver pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que c’est une tradition ancestrale et aussi pour des raisons purement financières et «techniques». Le choux se conserve mal et gèle l’hiver. Il y a souvent pénurie et son prix peut alors doubler voire tripler courant janvier, février. En préparant le kimchi à l’avance on s’assure un hiver tranquille. Ce weekend nous nous sommes donc retrouvés en famille pour préparer le kimchi familial. Et ça occupe ! On compte environ un chou pour une semaine. Chaque chou sera découpé en quatre morceaux. Nous avons préparé une vingtaine de choux qui seront répartis entre les différents groupes de la famille. Ce qui permettra de tenir tout l’hiver. Bien entendu pendant les mois à venir il est possible d’acheter du kimchi déjà tout prêt en magasin mais le kimchi-maison est bien meilleur. Habituellement les grandes quantités de kimchi sont conservées dans des jarres en terre qui sont enterrées dans les jardins pour garder la préparation à bonne température (de plus c’est meilleur conservé de cette manière !). Mais comme les jardins se font rares dans les villes on le conserve maintenant dans des frigos spéciaux pour le kimchi, à température idéale, pendant les longs mois d’hiver…
Tout d’abord, la veille, on passe du sel entre chaque feuille de chou, un travail lent et fastidieux. Le sel va alors faire sortir l’eau du chou. On laisse le chou reposer une nuit et on prépare aussi de gros navets blancs qui vont intervenir dans la préparation.
On lave aussi de l’ail, des huitres fraîches et quelques crevettes fermentées qui serviront pour la préparation pimentée. Un détail important, si on veut conserver le kimchi longtemps, plus de deux mois, on n’ajoute pas d’huitres. Nous avons fait deux kimchis, un avec huitres, à manger avant la mi-janvier et un autre sans huitres, qu’on pourra consommer ensuite.
Le lendemain on nettoie choux et navets à grande eau. Très délicatement, il faut éliminer le sel retenu entre les feuilles, encore du travail de fourmi. Je précise que les bigoudis sont obligatoires, sinon c’est raté.
Le chou est ensuite disposé sur un grand panier en osier pour laisser le restant d’eau s’échapper. Le temps de préparer la suite des ingrédients il sera plus sec et essoré.
Puis on prépare l’ail. Beaucoup d’ail. Pour info, un français consomme en moyenne un kilo d’ail par an alors qu’un coréen en consomme douze ! C’est important d’écraser l’ail et de ne pas le hacher ou le mixer, il rendrait trop d’eau. Et en l’écrasant la saveur est différente.
Les navets sont découpés en petites allumettes et les «chutes», les gros morceaux ronds, seront posés au fond des boîtes et serviront de support pour éviter que le chou baigne dans le liquide rendu. Ces morceaux de navets seront d’ailleurs très bons car gorgés de jus, très frais.
On ajoute aux navets tranchés du sucre, l’ail, les huitres et les crevettes, un peu de riz gluant (presque velouté) et une sacrée dose de piment broyé. On obtient une préparation - très - piquante et très rouge.
On essore une dernière fois le chou, il faut retirer le plus d’eau possible, un ajoute un autre légume vert à la préparation pimentée, des feuilles moutardes, et on va pouvoir passer à la phase finale…
On met des gants pour éviter le contact avec les piments, ça pique trop les mains. On prend alors chaque chou et on glisse de la préparation pimentée entre chaque feuille, toujours délicatement et il faut bien doser, ni trop peu ni pas assez… Là j’ai passé mon tour ;)
Pour finir le kimchi est entreposé dans de grandes boîtes qui seront stockées au frigo. Le kimchi pourra alors fermenter paisiblement tout l’hiver. Je dois avouer que j’ai une préférence pour le kimchi frais et peu fermenté. Le kimchi de fin d’hiver est généralement plus costaud.
Le kimchi (quand il n’est pas trop fort et n’arrache pas la gueule) est vraiment délicieux. C’est frais et agréable. On l’utilise aussi dans la cuisine comme ingrédients, mélangé à du porc ou du poisson. Le kimchi en plus de ses qualités culinaires est bon pour la santé, grâce (ou à cause ?) de la fermentation et du piment il «détruit» les acides contenus dans l’estomac forçant le corps à les renouveler.
Pour finir ce weekend de dur labeur nous avons mangé un bon Bossam (du porc bouilli) accompagné du kimchi et des petits plats habituels que l’on trouve en Corée. «Niam niam !» comme disent les Coréens ;)
Grâce aux statistiques de mon site (et de mon Journal de Bord) je peux connaître la provenance des visiteurs. Je peux aussi savoir où peuvent être utilisées mes images. Et là je viens de m’apercevoir que certains sites et forums «linkent» directement les images depuis mon site. Ça s’appelle du vol de bande passante ou du «leech». D’ailleurs la définition en anglais de «leech» est sans équivoque :
Carnivorous or bloodsucking aquatic or terrestrial worms typically having a sucker at each end…
Bon, quand c’est une ou deux images pourquoi pas, ça se fait couramment mais là c’est parfois une bonne vingtaine… Je sais bien que nous sommes sur Internet, ce vaste bazar ou chantier, ça me fait toujours de la pub et plus de visibilité mais qu’on «visite» mon site ou le Journal de Bord de manière indirecte ça ne me plaît pas beaucoup. Et ce, naturellement, sans me prévenir ni demander quoi que ce soit. Ce n’est pas bien compliqué d’envoyer un petit mail (comme le font beaucoup) ou sinon télécharger les images et les héberger sur un imageshack.us ou autre, ça ne me dérangerait pas.
Comme je l’ai dit souvent ici je fais tout ceci dans le but de partager, je présente la quasi-totalité de mes illustrations, mes tutoriels & co, etc, mais il y a quand même quelques limites et quelques notions à ne pas oublier pour autant, le respect et la politesse par exemple…

Voilà le début d’une série de plusieurs tutoriels consacrés à la mise en couleur d’une illustration. J’ai choisi l’illustration de couverture du jeu Spartacus. Tout ceci en plusieurs étapes et agrémenté de petites vidéos.
ETAPE 1 :
Après avoir scanné le crayonné (voir «1.Scanner de grandes illustrations» à ce propos), je nettoie l’image avec les niveaux dans Photoshop. Par exemple je mets entre 40~60 pour les «noirs» et entre 220~240 pour les «blancs». Cette manip permet d’éliminer les gris pour ne conserver que les traits noirs de l’image. Je vérifie ensuite que le blanc de l’image est bien un blanc pur pour ne pas avoir de voile gris si j’imprime. Aussi je réalise toujours les illustration à 130% ou plus pour gagner en définition lors de la réduction.

ETAPE 2 :
Voilà donc le résultat. A ce moment-là, si l’image est plus petite qu’un A3+, je l’imprime directement en niveaux de gris sur le papier, mon imprimante gère ce format. En revanche si l’illustration est plus grande qu’un format A3+, je la reprends entièrement à la table lumineuse, directement sur le support final, du papier 200gr.

ETAPE 3 :
Donc là j’ai repris le crayonné aux feutres indélébiles sur le bon papier pour passer à la préparation.

ETAPE 4 :
Maintenant je tends la feuille sur une planche pour qu’elle ne gondole pas quand je vais peindre. C’est beaucoup plus agréable ainsi et ça permet aussi par la suite de numériser l’illustration finalisée comme il faut. Avant de tendre la feuille, je l’humidifie au dos avec une éponge. Le principe est simple, le papier mouillé va se gorger d’eau, s’étendre, gonfler, il peut parfois gagner un à deux centimètres de surface, étonnant. Après avoir été «collé» sur la planche, il va reprendre sa taille initiale et donc se tendre comme une peau de tambour. Il faut aussi une planche solide car la pression exercée peut être puissante. Au passage un petit détail, quand je passe le kraft gommé sous l’éponge je ne le «frotte» pas mais je le fais «glisser» pour que ça n’enlève pas toute la colle qui risquerait de rester sur l’éponge. Naturellement il faut tendre la feuille assez vite, dans le frais pour qu’elle tienne bien. Et avant de passer à la suite j’attends que la feuille soit bien sèche, bien tendue.

ETAPE 5 :
Ensuite je fixe le dessin avec de la laque pour qu’il tienne bien sous la peinture et ne bave pas quand je passerai du liquide dessus. Et comme j’aime bien travailler proprement, je passe les bords de l’illustration tendue au drawing-gum afin de préserver les marges. Ainsi au final j’aurai une image mieux présentée et c’est - pour ma part - plus simple que de faire une marie-louise par la suite.

ETAPE 6 :
Une fois le drawing-gum sec je recouvre le papier d’un mélange de bruns en acryliques liquides. Je n’aime pas travailler sur un fond blanc et de cette manière cela sature le papier, ce sera plus facile pour peindre et les couleurs seront «poussées» par ce fond. De plus en faisant un jus assez liquide, je conserve les traits sans souci.

ETAPE 7 :Voilà, le support est prêt pour la peinture, cela prend un bon quart d’heure. Maintenant direction les pinceaux !
Si vous avez des questions merci de passer par les commentaires…
Un petit message entre deux crayonnés pour signaler un site de très bonne qualité, des tutoriels Photoshop simples et à la portée de tous. En plus c’est bien présenté, bien expliqué et très clair, impec. Le tuto «Make Your Amateur Photos More Professional» est particulièrement efficace. Testé et approuvé.
Photoshoplab

Et hop le crayonné pour la couverture du jeu Spartacus, excellent retour d’Asmodée, ravi, maintenant on attend l’avis du client là-dessus. A propos de mes projets de tutoriels, je pense utiliser cette image pour montrer sa réalisation en couleur pas à pas… A suivre.









