
Maison douce maison
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J’ai toujours été étonné de voir comment nous sommes capables de nous lier à des lieux, des maisons, des murs, un petit coin de campagne, une pierre où s’asseoir au fond du jardin.
Je suis très attaché à un hameau, en Provence. Au beau milieu de la vallée de la Durance, à quelques pas de la rivière, au milieu des marais, des champs de maïs… Ce hameau était un relais de chasse pour les marquis des siècles passés, des abris pour les chevaux, quelques basses maisons pour se reposer. Maintenant rénovées ces fermes et maisons abritent des familles, un éleveur de brebis, un taxidermiste, des traducteurs du chinois, des enseignants, des paysans retraités, des élus locaux, un réparateur de piscine. Au cœur du hameau, une maison. Imposante et agréable, couverte de vigne vierge. Les murs de pierres épais gardent le frais pour l’été. Il suffit de sortir par la porte de derrière pour se retrouver en pleine campagne. On marche un peu, les pieds dans les sauterelles, et on arrive au bord des étangs sauvages qui bordent la Durance. J’ai passé des heures et des journées entières au bord de l’eau, croisant le chemin des hérons, des castors, caché derrière les joncs, ma canne à la main, à l’affut des tanches et gardons. Cette maison c’est celle de mes parents. La maison familiale, celle de mon enfance. Un petit coin de paradis…

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ui c’est beau, même que j’y connais, et la pierre sur laquelle on peut s’asseoir n’a pas bougé… Il y a moins de sauterelles, trop ont servi de repas pour les carpes des étangs. J’ai rencontré le martin pêcheur, il te salue Vincent, et il te dit à bientôt … C’est un petit coin de paradis qui ne change guère en t’attendant