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En faisant du rangement sur mes disques durs j’ai retrouvé cette série de crayonnés pour la couverture du roman «La nuit du sortilège» que j’avais réalisée l’année dernière, au printemps, pour les éditions Rageot. Je trouvais intéressant car on peut suivre le cheminement dans la réalisation de la couverture. J’étais tout d’abord parti sur une piste plus «enfantine» mais ça ne collait pas vraiment, trop classique, pas assez adulte et fantastique. Dans le roman, un dragon est gravé au-dessus de la cheminée, symbole étrange et mystérieux. J’ai ajouté devant deux vielles personnes, finalement nous n’en avons retenu qu’une, le vieux monsieur, en plan rapproché. Mais là pour le coup, à trop creuser dans l’autre direction c’était devenu trop adulte. J’ai donc accoudé le héros à la place du vieil homme et, en prenant des libertés avec le texte, fait sortir le dragon et joué sur une courbe bras du héros, ailes et corps du dragon… Je précise que la démarche ne s’est pas faite dans la douleur mais en concertation avec l’éditeur, en discutant, confrontant points de vue et idées, tout ceci sereinement pour avoir au final une couverture efficace qui illustre bien le roman, son esprit, son ambiance et son histoire. Et surtout une couverture dont nous n’avons pas à rougir.
D’habitude je ne fais pas cinquante crayonnés pour une seule image, un ou deux seulement. Mais avec Rageot c’est différent. Nous nous entendons à la perfection travaillant avec respect et plaisir car c’est toujours justifié, dans l’unique but de tirer vers le haut ce que nous sommes en train de créer. Ce qui n’est pas toujours le cas dans le milieu de l’illustration (n’est-ce pas Christophe ?), où souvent les contraintes économiques, les modes, tendances, influences diverses et parfois le manque de sérieux font qu’un illustrateur peut être amené à reprendre, corriger, modifier, voire refaire des crayonnés (ou même des images en couleur !) à maintes et maintes reprises sans aucun respect, ni politesse ou vrai dialogue pour finalement aboutir une réalisation bancale dont personne n’est vraiment satisfait… Mais bon ça, c’est une autre histoire ![]()

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C’est très sympa ce descriptif. On y voit bien de manière synthétique les différentes étapes jusqu’à l’image finale. Ce billet souligne toute l’utilité de ton journal de bord. Tu y expliques ton travail tout en définissant pour toi les conditions idéales pour faire une bonne illustration.
Il manque deux virgules dans ton texte. Sauras-tu les replacer ?
Très John Howien ce dragon! (j’espère que cela ne te vexera pas…) C’est superbe. Merci pour cette présentation étape par étape de ta manière de travailler, elle est riche d’enseignements…
Salut Vincent,
Je parcoure ton blog depuis quelque temps déjà, et je trouve que montrer tes travaux en cours d’élaboration est une riche idée, pleine d’enseignements sur l’acte de création. Tu m’as donné envie de me remettre au dessin, que j’avais délaissé depuis trop d’années ! Un grand merci ! Une petite question technique : j’ai lu dans un de tes articles que tu utilises Photoshop notamment pour « nettoyer » tes croquis et les imprimer ensuite sur du papier de bonne qualité pour repartir sur un dessin « propre ». Quel papier utilises-tu ? Du papier à fort grammage du style HAHNEMUHLE ? Couplé avec quelle imprimante ?
Merci, Cyrille, curieux
Lorsque tu dois faire la couverture d’un roman, je suppose que tu ne le lis pas. Comment ça se passe, on te donne les éléments de l’intrigue et tu imagines une couverture en fonction ou c’est systématiquement une ou plusieurs propositions d’illustrations faites par l’éditeur ?
Aussi étonnant que cela puisse paraître, oui, je lis les livres dans la très grande majorité des cas. Ensuite cela dépend des éditeurs, certains aiguillent en donnant quelques pistes à suivre en fonction de leurs collections, ce qui a déjà été fait, etc, et d’autres, comme Rageot, me laisse le champ complètement libre. C’est pour cela que je démarre souvent avec des propositions très différentes. Puis on choisit une idée de départ et je creuse. Ca prend un peu plus de temps que si on me mâche le travail en me guidant, ça ajoute une étape de plus mais en même temps je préfère, comme ça je réalise une couv que j’ai vraiment pensé de A à Z… Et surtout je dessine une image que j’ai envie de dessiner, ce qui n’est parfois pas le cas quand on est tenu par la main et qu’on doit répondre à certains impératifs (ça m’est déjà arrivé).
J’ai oublié de répondre à Cyrille à propos du papier… Le papier que j’utilise c’est du papier ultraclassique, genre Canson 224gr (en Corée ça s’appelle du Scotland). Le grain est léger et le papier pas trop lourd. Je ne dépasse pas 220~230gr après c’est trop « buvard ». Et pour ce qui est de l’imprimante, j’en ai déjà parlé ici et puis pour compléter la démarche c’est par là ou encore là.
Merci pour ta réponse… Il y avait des articles que tu avais publiés précédemment consacrés à ce sujet ? Je ne les avais pas encore lus (désolé !) Allez, je m’y plonge, et bonne chance pour tes contrats en attente de paiement, je sais que c’est pénible (j’en ai fait la douloureuse expérience, comme quoi les requins sont partout)
je vois que ce qui fait vendre est à prendre; la jeunesse et l’impertinance du regard ajoutées à la pose faussement nonchalante ajoute à la curiosité. bravo; j’ai encore plus envie de dessiner. illustrer un texte, j’ai déjà fait mmais tout un roman, ça doit être très enrichissant.
frustrant aussi car il faut faire un choix. je viendrai souvent ici, c motivant !!!