Mardi 17 février 2009
Voilà une sorte de tutoriel qui devrait compléter les précédents. Un tutoriel technique et vraiment basique mais qui peut en éclairer certains. Il y a moins de dix ans en arrière, j’envoyais systématiquement mes originaux aux éditeurs qui les faisaient scanner, soit en interne soit à l’extérieur. Forcément, je ne m’intéressais pas trop aux histoires de calibrage d’écran, de scanner, etc. Ensuite, une fois en Corée, à Séoul, à partir de 2003, voyant monter en flèche mes factures d’envois et trop inquiets des risques de pertes ou de détérioration d’originaux pendant les transports, j’ai pris le parti de tout scanner moi-même et de faire parvenir les illustrations finalisées aux éditeurs via Internet. J’avais alors calibré mon écran et mon scanner « à l’œil » en comparant mes originaux avec l’image sur écran et en me fiant aux publications. Les résultats étaient pas mal du tout, plutôt fidèles, suffisamment en tous cas pour que je sois satisfait de mes scans et de mes envois. Mais, par exemple, je devais toujours garder à l’esprit que le scanner tirait un poil trop sur les verts ou que l’écran était un peu trop contrasté, etc. Une gymnastique un peu pénible. Finalement, pour plus de confort, je me suis penché sur la question et pour pas grand chose, j’ai fait tout ça « proprement ».
Tout d’abord, il s’agit de calibrer le scanner. C’est l’étape la plus simple, en quelques clics c’est fait. J’ai un Epson Perfection 4870 (j’en parlais ici), un bon scanner, efficace et au prix raisonnable, semi-pro il me semble. Je me suis procuré une mire IT8 opaque (disponible sur le site Graphic Reseau). Le principe est le suivant : on scanne la mire « brute » sans aucune correction de couleurs, sans retouches, on la passe dans un logiciel qui va la comparer à un fichier de référence pour créer un profil ICM adéquat à injecter dans le scanner. C’est très très bien expliqué ici.
Donc, je scanne la mire « brute » en désactivant toutes les options possibles qui pourraient altérer les couleurs, la luminosité, le contraste, etc.

Je la passe dans un logiciel ou une suite comme Monaco EZ Color (il y en a bien d’autres et les tarifs varient énormément). Ces logiciels sont très bien faits, clairs et faciles à utiliser. Tout est vraiment bien expliqué, pas à pas, même pour les plus jeunes padawans. Le logiciel repère les couleurs et informations de l’image scannée de la charte et les compare avec les références qu’il a en tête. Ensuite, le plus simplement du monde, il propose un profil ICM qui indique au scanner comment bien « voir » les couleurs pour qu’elles soient au plus près de la réalité. Pour l’exemple, j’ai appelé ce profil Vincentscanner.icm.
Pour finir, il suffit d’indiquer dans le logiciel du scanner le profil à prendre en compte comme source. J’utilise le logiciel fourni avec le scanner, c’est-à-dire Epson Scan.

Ci-dessous une comparaison avant / après calibration. Désormais, quand je scanne, je ne touche plus rien, le profil ICM est indiqué et les scans sont très bien, plus que satisfaisants, les couleurs sont justes et les contrastes équilibrés (au passage, ceci n’empêche pas ensuite quelques bidouilles dans Photoshop pour préparer à l’impression comme indiqué ici).


Ensuite, il faut calibrer l’écran. Là aussi, c’est plutôt efficace avec une sonde SpyderExpress2 (sur le site du fabricant, par là). La manip est très simple et quasi-automatique. On place la sonde sur l’écran et le logiciel fourni va s’occuper de tout, cela prend moins de dix minutes. Une fois la calibration effectuée, le logiciel indique un bon profil à l’écran. Et c’est là qu’on se rend compte qu’il tirait trop sur le vert par exemple ou encore qu’il était trop lumineux, etc. C’est presque magique ![]()
Juillet 2009 :
Un complément de cette partie de l’article > Calibrage(s)…bis

Je suis convaincu qu’on peut faire toujours faire mieux, avec du meilleur matos ou des réglages plus pointus. On peut d’ailleurs lire tout et son contraire sur le net à propos de la calibration et du matériel. Mais tout dépend du degré de perfection à atteindre, si l’on est pointilleux et/ou perfectionniste à l’extrême, amateur ou pro, etc. Je me dis que je n’ai pas la solution parfaite mais ça tient bien la route ainsi. En plus, les images fournies à l’éditeur passent toujours dans une autre moulinette, que ce soit chez l’éditeur ou chez l’imprimeur. En tous cas, je constate sur les publications de mes illustrations qu’il n’y a pas d’écarts dramatiques entre mes originaux, les scans et fichiers fournis et le résultat final…
Le hic de tout ceci c’est son coût. Je me rends compte qu’au final, je ne gagne pas en « qualité » car le résultat est sensiblement le même que celui obtenu à l’époque où je faisais tout ça à l’œil sans matériel ni logiciels adaptés. Mais je gagne en efficacité, en confort et en sécurité. Un gain de temps non négligeable. En gros, finis les tâtonnements et réglages interminables. Tout se fait maintenant en quelques clics et il ne faut pas oublier de refaire ces manips une fois par mois, comme conseillé par les constructeurs car tout ce matériel chauffe et à tendance à légèrement se dérégler au fil du temps.
Je ne manquerai pas de vous faire part de nouvelles découvertes et n’hésitez pas à commenter si vous voyez tout ceci sous un autre angle ou une autre approche. Et quelques liens pour compléter et surtout enrichir, développer ce tutoriel, ici et là, le même genre de topo mais beaucoup plus pro. Bons scans !
P. S. :
Je précise que, volontairement, je ne parle pas de la calibration des impressions, de l’imprimante car je me contente d’imprimer en noir et blanc, que des crayonnés et je ne me suis pas penché sur la question… Une autre aventure, pour plus tard…
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Merci Vincent, c’est vraiment bien pratique comme infos. Je commençais à en avoir marre de me battre avec mon scanner et mon écran !!!
tres interessant ce tutoriel, on se posait la question avec des potes de savoir si ca valait le coup ou pas d’acheter une sonde de calibrage a plusieurs, ca devient donc plutot tentant!
petite question suite au lien que tu as mis vers ton autre tutoriel sur les reglages pré-impression: est ce que tous ces reglages que tu effectues avec les calibrages, ecran, scanners, atténuent les pertes du passage du rvb au cmjn? je pose cette question parce que je m’arrache les cheveux a chaque fois de voir que ce changement de mode bousille completement les nuances d’une image! perte de rouges dans les tons sombres, tons plus fades sur l’ensemble de l’image, etc… merci en tous cas de faire partager tes découvertes, en espérant voir de nouvelles illustrations bientot!
Merci Keul pour cette question, j’ai complètement oublié d’en parler ! Et yes ! Depuis que j’ai calibré scanner et écran, c’est la révolution du CMJN, sans déc. Je n’ai plus jamais de mauvaises surprises et les images ne sont plus du tout bousillées (je vois bien ce que tu veux dire). En gros, les jaunes restent vifs et les rouges bien rouges. Dans l’ensemble, ça change tout. En revanche, parfois encore, sur certains tons trop saturés, là oui il y a une légère perte (minime et souvent rattrapable) mais rien de comparable avec l’avant calibrage. Voilà.
Et si vous achetez une sonde à plusieurs, n’hésitez pas à taper plus haut que la Spyder Express 2. Il y a certains modèles de sondes qui permettent de calibrer plusieurs écrans pour un même poste, ce que ne propose pas la Spyder 2. J’ai deux écrans, celui sur lequel je bosse est bien calibré, en revanche le second, ne faisant que reprendre le profil du premier, ne l’est pas parfaitement.
Merci pour ce post vraiment très intéressant. La calibration de la chaîne graphique est toujours un véritable casse-tête, et même si, en théorie, je vois à peu près tout ce qu’il faut faire, avoir un pas à pas aussi clair est tout à fait appréciable
Je dois bien avouer que j’ignorai totalement l’existence de telle sonde. Ça m’a l’air bien pratique, dommage que ce soit un peu trop cher pour une utilisation en tant qu’amateur. J’espère voir ce genre de matériel se démocratiser. Idem pour la mire, je ne connaissais pas. Merci de ce tutoriel très instructif, qui va me faire réfléchir un peu plus sur l’étalonnage de la chaîne graphique.
Merci pour ces explications et ce site magnifique !
Belle mise en page, bonne rédaction, contenu intéressant, superbes illustrations…
Un site que je vais recommander !
Nicolas
Bonjour maitre, j’ai une petite question si vous le voulez bien.
Merci
Voilà, calibrer son matériel est-il nécessaire lorsque l’on met directement en couleur via photoshop et que l’on envoie son travail par fichier pdf.
Je veux dire que la calibration de l’écran et l’espace de travail lab sont ils suffisant pour qu’un éditeur par exemple voit la même chose que chez vous lorsqu’il ouvre votre pdf ? Ou est ce encore plus compliqué que cela ? J’avoue que je suis un peu perdu et que faute de moyens financiers suffisants pour tout calibrer, je me demandais si en travaillant uniquement sur photoshop pour colorier mes dessins il y avait des réglages à effectuer.