A la lecture du message qui va suivre, vous allez peut-être penser que je suis complètement timbré ou bien que je m’ennuie ferme et que j’ai vraiment du temps à perdre. Tout s’explique, mon épouse et ma fille sont en Corée pendant un bon mois pour les vacances. Moi je reste ici et j’ai donc du temps pour penser, écrire et réfléchir
Il y a peu, en faisant mes comptes (et comme promis dans la récente feuille de route), je me suis dit que j’allais faire un petit point sur mon activité et douze années d’exercice. Et quoi de mieux que des visuels. Avant tout, je tiens à préciser que je vais essayer de ne pas tirer de conclusions à la va-vite ni de jugements à l’emporte-pièce à partir de ces données. C’est plutôt une réaction à chaud, dans les grandes lignes.
Commençons par l’année 2008, qui, au passage, sur le plan financier fut correcte mais sans plus (2007 étant à ce jour mon « record » voire mon Everest). Je pense que le régime minceur 2008 est certainement dû au retour en France et les deux à trois mois de quasi-inactivité de l’été dernier, passé à gérer ce déménagement fleuve. En revanche, côté artistique, ce fut l’éclate totale avec un bon crescendo fortissimo avec les américains et Wizards of the Coast, le démarrage de Sacajawea, Versailles, etc etc. Je précise aussi que ce que j’essaye de quantifier ci-dessous, ce sont les revenus, les paiements et pas le nombre de collaborations avec les éditeurs.
Donc, en « camemberisant », je m’aperçois qu’il y a presque un équilibre entre mes deux principales sources de revenus de 2008. Il est très difficile de quantifier la charge de travail, c’est vraiment complexe et je pense que c’est plutôt équilibré en matière d’investissement personnel, concentration et énergie dépensée. Même si le nombre de collaborations n’est pas le même (une quinzaine avec les éditeurs français et une demi-douzaine avec les éditeurs américains), je pense que ça se tient.
Il y a aussi une part non négligeable de droits (qui ne fait qu’augmenter au fil des ans), c’est-à-dire des sous perçus sur les ventes des bouquins réalisés par le passé (ajouter à cela d’autres droits comme ceux en provenance de la Sofia). Et aussi, ma part d’enseignement qui fait son entrée avec la reprise à Emile Cohl en septembre dernier.

Ensuite, j’ai fait un autre fromage avec les genres. C’est-à-dire que j’ai tenté de quantifier, à la louche et tous éditeurs confondus, toutes mes collaborations. Ce que j’entends par Jeunesse, c’est finalement tout ce qui n’est pas Fantastique, ni Jeu de rôle & co, et plutôt ciblé au dessous de 13~15 ans comme « Nils Holgersson », les livres scolaires. Jeu de rôle, Fantasy & co c’est tout ce qui touche à mon genre de prédilection, quelque soit l’âge, que ce soit pour le magazine « Chaudron Magique », « Le Prince des Nuages » ou la série des « Dungeons & Dragons ». Docufiction & co c’est par exemple « Je vous écris de Versailles », « Sacajawea », des ouvrages plus tournés vers l’historique.

En me replongeant dans ma bibliographie, je constate qu’il y a une dizaine d’années, les camemberts devaient être inversés avec une majorité écrasante de publications et revenus estampillés Jeunesse et quasiment rien du côté Jeu de rôle & co. Je suis plutôt content et satisfait d’avoir pu inverser la tendance au fil des ans pour coller au plus près de mes aspirations, mes univers et mes envies. Je pense que le tournant s’est amorcé il y a cinq, six ans avec « l’Encyclopédie du fantastique et de l’étrange » chez Casterman. Ces premières années à travailler principalement pour la jeunesse auront été bénéfiques et m’auront permis de me forger une technique, un état d’esprit. Je ne suis pas convaincu que la ligne droite soit toujours la bonne solution pour arriver à ses fins et avant d’aborder le fantastique et le jeu de rôle, j’avais besoin d’être sûr de moi, d’arriver un peu à maîtriser mon binz pour en profiter pleinement par la suite. J’ai mis un moment avant de me jeter à l’eau, je ne voulais pas rater le coche.
Passons à 2009. C’est un peu biaisé de faire le point en cours d’année. Surtout en ce qui concerne les revenus parce que plusieurs illustrations déjà réalisées ne m’ont pas encore été payées et surtout, on touche les droits d’auteur principalement au printemps, je n’en toucherai certainement plus jusqu’à la fin de l’année. Mais, cela permet déjà de se faire une petite idée.
On voit l’arrivée d’une nouvelle source de revenus avec les ventes en galerie. Je remarque que les revenus en provenance des USA s’essoufflent un peu (ce qui se tient, avec deux fois mois de boulot made in USA en ce début d’année, tendance qui va s’inverser avec l’arrivée de nouvelles commandes pendant l’été). Comme ça, à la louche, je trouve que ce début 2009 est plutôt équilibré entre mes différentes sources de revenus. Et surtout, c’est plus diversifié.

Côté genre, c’est sensiblement la même chose qu’en 2008 avec une grosse part de Fantasy, Fantastique & co.

J’en viens à ma (longue) conclusion. Sur mes douze années tout d’abord. Je constate que je touche au but avec une production quasi-totalement orientée Fantastique, Fantasy, Jeu de rôle. Une partie du rêve se concrétise pour le rôliste que je fus, pour le jeune lecteur avide de nouveaux horizons et pour le collégien qui passait son temps au CDI à inventer des créatures étranges en mélangeant et recopiant les bestioles des ouvrages poussiéreux sur le monde du vivant. Je dis en partie car j’ai hâte de me lancer dans mon chantier « Vitalis » et pourquoi pas, me frotter à la BD prochainement (motus pour l’instant, on en reparlera).
Ce que je constate aussi, et surtout, c’est qu’il n’y a pas une source de revenus principale qui se dégage de tout ceci. Comment dire, l’illustration dite jeunesse, à elle seule, ne me ferait pas vivre, l’édition jeu de rôle, la vente d’illustrations en galerie ni l’enseignement non plus. C’est un tout.
Parfois tout ceci fait un peu beaucoup à gérer, une gymnastique souvent harassante. Mais, et là j’en viens à ce qui me trotte en tête depuis un moment, pour tenir bon dans ce métier, je pense qu’il faut se diversifier. Jouer sur plusieurs tableaux, avoir plusieurs cordes à son arc. C’est peut-être souvent fatiguant de jongler mais au quotidien cela permet de se renouveler, creuser de nouvelles pistes, ne jamais s’assoupir. Se diversifier assure aussi une forme de sécurité. Si, dans mon cas, l’une de mes sources de revenus s’écroule, je pourrai rebondir sur une autre. Il y aurait certainement un temps de flottement mais je pourrais retomber sur mes pattes. Bien entendu, certains auteurs poursuivent et creusent toujours le même chemin et ça fonctionne, tant mieux. Mais c’est une optique qui me semble un peu périlleuse en ces temps de « crise », de bouleversements techniques et économiques… Surtout pour les jeunes auteurs, les illustrateurs et bédéistes en devenir.
Deux choses m’ont mis la puce à l’oreille dernièrement. Tout d’abord on m’a raconté l’histoire de jeunes auteurs qui ont démarré en flèche, réalisant de beaux ouvrages, nickel, s’y consacrant pleinement. Le succès venant et les éditeurs bien accrochés, ils remettent le couvert, une fois, deux fois, toujours sur les mêmes bases, dans le même esprit, à fond les manettes. Et, hic, les modes passent, les esprits se tournent ailleurs, arrivés au finish, certains se retrouvent le nez dans le sable. Bien entendu, il y a eu le succès, la reconnaissance mais à force de foncer dans une seule et unique direction, ils se retrouvent un peu coincés pour rebondir, au pied du mur. Avec une seule piste à présenter pour démarcher. Et là, ça peut tourner au drame, il faut être costaud pour reprendre à zéro et creuser dans de nouvelles directions… Ensuite, en parlant autour de moi de mon projet Versailles, j’ai souvent entendu : « mais tu es malade ? Moi j’aurais refusé, Louis XIV, la Galerie des Glaces, au secours ! »… Cela m’a laissé perplexe, et pas qu’une fois. Quand Casterman me l’a proposé, je n’ai pas hésité une seconde. Évidemment, on est loin des dragons et mondes imaginaires. Mais il s’agit d’un livre popup, je n’ai encore jamais participé à une telle réalisation, le défi technique est conséquent, je ne me suis encore jamais lancé dans une telle aventure et… c’est Versailles ! Au pire, imaginons au pire, si le livre ne marchait pas, Versailles resterait une formidable aventure humaine, une collaboration unique, une nouvelle expérience extrêmement enrichissante (j’en parlais ici). Et au mieux, si ça marche voire cartonne, au minimum Versailles sera une expérience formidable, ce livre pourrait m’ouvrir les portes du monde du popup et je pense aux millions de touristes japonais qui arpentent ses couloirs ! Combo !
J’ai donc pas mal réfléchi ces derniers temps et je me rends compte, avec un peu de recul, que je tiens dans le métier, que je peux m’exprimer pleinement car je dessine pour Dungeons & Dragons, met en images les aventures de Nils Holgersson, me plonge dans l’histoire de France, etc. Comme je l’écrivais plus haut, c’est une gymnastique harassante, j’en fais souvent les frais pour tenir le rythme, que ce soit physiquement ou moralement. Mais au final, en me focalisant sur une technique « passe partout », un esprit ouvert à la discussion et en explorant, en exploitant les différentes passerelles à ma portée (et ce n’est pas fini !), j’ai vraiment le sentiment de m’accomplir. L’autre jour à Emile Cohl, en le provoquant un peu, je disais à un élève très très prometteur de troisième année qui venait de réussir son diplôme, qu’il me semble que c’est plutôt facile de démarrer dans le métier. Alors que bien entendu, c’est loin d’être évident, il faut savoir s’armer de patience et ne jamais reculer. Mais je disais « facile » dans le sens où c’est facile et incomparable de mettre le pied à l’étrier face aux difficultés, aux efforts et aux choix rencontrés, demandés, imposés, pour tenir, perdurer et se réaliser…
P. S. :
Je reviendrai sur ce message à la fin de l’année, quand je ferai le point sur l’ensemble de l’année 2009, ce sera certainement intéressant de comparer les parts pour suivre l’évolution…
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Moi j’ai surtout retenu ça :
« et pourquoi pas, me frotter à la BD prochainement »
Merci d’avoir lu presque jusqu’au bout, héhé
Merci ! Encore une fois, une belle analyse, lucide, claire et honnête. C’est très intéressant de lire des points de vue aussi détaillés sur ce métier…
« Je ne suis pas convaincu que la ligne droite soit toujours la bonne solution pour arriver à ses fins »
Ca me plait beaucoup cette phrase, ça me parle.
Merci pour cet article très intéressant, y compris pour les dessinateurs-amateurs qui rêvent silencieusement d’en faire leur métier. Il permet de se rendre compte de la réalité.
J’attends le débriefing de la fin de l’année avec impatience
Attention, hein, j’ai lu jusqu’au bout…
Mais ça fait un moment que j’attends une BD signée Vincent Dutrait…
(d’ailleurs, si tu as besoin d’avis, d’idées ou de rebonds d’idées, d’en discuter ou autre c’est quelque chose que je fais très bien…)
Et puis, c’est marrant de publier tout cela mais ce que les gens voudraient vraiment voir, c’est la transposition des camemberts en euros sonnants et trébuchants…
Ouep, dis tout de suite que ton épouse et ta fille te pompent ton temps !
Ooooh, les zolis camemberts, c’est toi qui les a coloriés ?
Aaaah, la belle bleue !
Plus sérieusement (si, si, ça m’arrive), c’est bien beau de se diversifier, d’explorer plusieurs voies et de pouvoir rebondir éventuellement, tant sur le plan financier que artistique. Mais parlons pépettes. Quand tu fais une déclaration aux impôts, comment ça se passe ? Quant tu comptes minutieusement tes points pour la retraite (même si on me les brise menus déjà avec), comment ça se passe ?
C’est p’têt du matérialisme, indigne des hautes sphères de la créativité mais je pense que ce serait intéressant de le savoir pour justement tenir et valoriser la CREATION bordel !
Pour les impôts, je ne suis pas encore bien armé pour répondre car j’ai le cul entre deux chaises (et surtout j’ai perdu le fil avec les années passées en Corée). Depuis cinq ans, j’ai déclaré mes impôts en Corée selon la convention qui la lie à la France. Et cette année, étant rentré en cours d’année, c’est pas trop compliqué et comment dire, je dois tout reprendre à zéro.
Ensuite, même si c’est difficile de trouver quelqu’un qui ait réponse à tout, ce n’est pas trop compliqué. En tant qu’illustrateur, il y a plusieurs manières de déclarer, en traitement et salaire ou en BNC, ou en déclaration contrôlée, etc. Il faut absolument se renseigner sur place avec ses bilans sous le bras pour cibler au mieux. Ensuite ça roule. D’un côté malheureusement il n’y a pas de solution clef car à chaque situation une réponse différente et d’un autre côté c’est tant mieux car ça permet d’adapter tout ça comme il faut. A chacun de voir ce qui est le plus avantageux suivant ses conditions.
L’année prochaine je pense que j’opterai pour une déclaration en BNC, et (dès cette année) adhésion à l’AGESSA et à l’IRSEC (pour la sécu et la retraite).
C’est certainement matérialiste mais étant donné qu’il y a plusieurs solutions, et pas vraiment de chemin tout tracé, il est difficile d’en parler très clairement et de manière « définitive ». Sur CaféSalé, il y a une discussion qui détaille un peu le binz : http://www.cfsl.net/forum_v3/v.....38;t=41800
Bonjour
J’arrive à peu près aux mêmes conclusions que toi sur ce metier!
Après six mois très riches en commandes , je suis moralement et physiquement epuisé; pour degager un salaire convenable en temps qu’illustrateur freelance, il faut se mettre en danger, mettre sa vie de couple en danger ( ben oui bosser la nuit!). Six mois de boulot dépourvu d’activités annexes, aucunes sorties, pas le temps de finir les travaux dans la maison, pas le temps de m’occuper a fond de mes deux garçons ; je vais les chercher tous les jours a 16 heures à l’école, puis devoirs, les emmener aux activités sportives,etc………reprendre le boulot le soir à 20 heures jusqu’a épuisement!
Sans parler des délais parfois absurdes des editeurs qui m’obligent à « bacler » mon boulot.
Cette année j’ai alterné entre commandes avec royalties ( je traduis; très mal payé mais avec l’espoir de toucher des sous qui arrivent jamais car tes bouquins sont introuvables dans les librairies!) et paiement généreux sans royalties ( paiement intégral a la commande, merci les anglais! ) qui te permettent de bosser sans penser a ton compte en banque.
Tous mes amis et connaissances sont en CDI en entreprise et je me rend compte que mon statut ne peut etre compris que par un autre illustrateur! ; a leur RTT et avantages diverses, aux intérrogations, « comment tu fais pour bosser tout seul chez toi, pour bosser la nuit?! » je leur répond: « rien ne remplace ce sentiment jouissif quand tu vas te coucher au milieu de la nuit en ayant réalisé une belle illustration! »
« Quoi de mieux que de demarrer sa journée avec un émail enthousiaste de son client a la vue de ton boulot »
J’ai bossé plusieurs années dans un boite de jeux vidéos, et je ne suis vraiment pas nostalgique, plus de chef incompétent , plus de collègues bavards qui t’empechent de bosser, plus de sujets imposés sans intêret. Meme si elle est parfois bancale, chancelante, je mène désormais ma barque tout seul et c’est la plus belle car c’est la mienne!
Vincent boulanger alias Follenn
ps:tu parles de style » passe partout » de tes illustrations .Même si je suis d’accord car tu te mets au service de l’image, il n’en demeure pas moins qu’elles ont toujours le même effet sur moi; je m’arrête dessus ! au milieu des milliers d’images photoshop froides et trop fouillées, les tiennes sont appaisantes, tu hiérarchises à merveille tes plans . Tes illustrations dans le tome deux des dragons sont de loin les plus belles et émouvantes du bouquin !
Et pour finir je reconnais désormais tes images , ton style à la premiere seconde ou je vois tes peintures, je me dis « tiens vincent Dutrait a encore frappé! » et n’est ce pas là l’éssentiel?!
Merci Vincent pour ce commentaire qui poursuit et enrichit la discussion. Je te rejoins sur tous ces points. A propos des histoires des droits hypothétique, j’écrivais à ce sujet :
http://www.vincentdutrait.com/.....-affaires/
http://www.vincentdutrait.com/.....tits-pois/
Aussi, à propos du fait de « bâcler »… Ce travail est souvent contraignant et violent mais je ne bâcle jamais, au grand jamais comme dirait l’autre, interdit. Il y a certes des images moins abouties, celles que peut-être « je ne sentais pas » mais il faut toujours tenir une certaine exigence de qualité. Tout simplement parce que je pense avant tout au lecteur. C’est les lecteurs et lectrices la cible. C’est encore plus contraignant et violent d’essayer de tenir la qualité mais il me semble que c’est indispensable et salvateur. Une image bâclée en librairie ou sur le net ça n’apporte rien, quelques sous peut-être, mais ses conséquences peuvent être bien plus graves, aux yeux des lecteurs et sur le plan de la carrière et de l’ensemble d’un travail, d’un univers (ce qui rejoint un peu la réflexion que je vais mettre en ligne dans la journée). Il vaut mieux évier les casseroles.
Et petite précision, je parle de technique « passe partout » mais pas de style. Je pense qu’il y a une nuance et pas des moindres. Dans les grandes lignes, je pense qu’une technique est imitable, mais pas un style. Comment dire, je me dis que la technique, c’est le dessin, la manière de tenir un pinceaux, les coups de brosses, l’habileté et la dextérité. Et le style c’est plutôt des ambiances, un certain agencement des couleurs, une sensibilité, un regard différent…
Il suffit de comparer les travaux des maîtres comme Wyeth & co. Sortant tous de la même école, ils avaient, je grossis le trait, un peu tous la même technique mais chacun avait son propre style et sa propre manière d’aborder une mise en images, une mise en couleurs. Pour ma part, je pense toujours mettre ma technique au service de l’image et si, petit à petit, un style se dégage, et ce, quelque soit le sujet, et bien tant mieux
oups!
tu as raison sur la différente technique-style !
Quand je parle de bacler, c’est la perpetuelle insatisfaction que tu ressens quand tu envoies une image finalisée, tu te dis j’aurai peut-etre pu la pousser un peu plus? changer le cadrage?ect.
mais c’est l’avantage de notre proféssion, on fait des progrès toute notre vie!
je m’étais fait la réfléxion il y a (oups!) 20 ans maintenant quand j’étais a L’ESAG (met de Penninghen); 120 élèves dans ma classe, on a tous le même « matos » et pourtant presque autant de style que d’élèves présent?!
Et là vient le gros probléme des écoles de dessin, on peu enseigner une technique mais pas un style !
Quelque fois des élèves au style très affirmé mais a la technique pas toujours maitrisé dans son ensemble, très bien noté , se plantent sur le marché du travail !
Je trouve aussi que tu as raison d’accepter des sujets différents comme versailles, si ça peut sembler violent au départ, nouveau sujet, nouvelles contraintes, tu en sors grandis, plus riche en expériences!
Follenn
Encore merci pour ton Blog, il est d’une grande générosité, d’un grand partage! tu me files des complèxes; il serait temps que je sois moi aussi plus partageur sur le net, mais par manque de temps et devant la frilosité légitime des éditeurs bloquant la diffusion des images, je suis à la « ramasse! »
mais j’ai tort , il y a pas mieux pour se faire connaitre , trouver des nouveaux clients!
Encore merci Follenn pour ce complément et les compliments
Tu fais mouche à propos des étudiants en école d’art et nous le vivons chaque année à Emile Cohl.
Un petit truc à propos de la perpétuelle insatisfaction que tu évoques. J’ai appris à l’oublier. Sinon je n’arrive plus à rien. Il y a toujours un moment où je dis « stop » c’est fini, « et voilà ». Si l’image a bien été pensée en amont et si la direction artistique avec l’éditeur est efficace et met en confiance, je préfère évacuer ces questionnements sinon on n’en sort plus… Je n’en dormirai pas. C’est sûr qu’on peut toujours aller plus loin, interpréter différemment, creuser encore et encore mais il faut savoir trouver le bon équilibre entre une image aboutie, le sentiment de s’être réalisé à nouveau et la satisfaction de l’éditeur. Celle du lecteur découlera de cette équation.
Bien entendu, ça ne veut pas dire que je pilote tout droit, sans remise en question. Mais je vise plutôt le long terme et « m’introspecte » plutôt sur la durée qu’au quotidien en essayant d’avoir une vision d’ensemble de mon travail.
justement parlons en des lecteurs !
toi qui parfois travaille pour les jeunes lecteurs 12-15 ans , je trouve souvent tres dur de me souvenir de mes yeux de l’époque ! ou je plaçais mes éxigences graphiques , est-ce que mes yeux de l’époque aimeraient mes dessins actuels que je regarde avec mes yeux fatigués d’illustrateur !
J’aime bien tes camenberts , si je faisais le même exercice je serai obligé de montrer mon camenbert le plus important, celui de ma femme, ce gros camenbert qui m’a permis de redevenir free lance sans subir le stress d’avoir des revenus réguliers! je reconnais que j’ai de la chance car nombreux sont les jeunes illustrateurs qui abandonnent faute de revenus réguliers ou qui integrent une societe ou ils se perdent car ils ont pas le temps de pauffiner leur style, de faire leur gamme!
apres 7 ans dans une societe de jeux video ou je suis passé des dinosaures au jeu de snowboard,ect…..
j’avais completement perdu mon « style » , mon libre arbitre, et il m’a fallu une bonne dose d’orgueil , de confiance en soi pour me retrouver!
a bientot
Follenn ( ps; follenn veut dire -feuille de papier » en breton!)
Pfff… Tu fais pas un résumé pour les gens qui reviennent du boulot à minuit et qui voudraient bien lire ton blog avant d’aller dormir, sans y être encore à 6h du matin ?
Bon, il y a un endroit là haut où j’ai lu ça : « …une formidable aventure humaine… » Non mais ça ne va pas ou quoi ? Tu ne vas pas t’y mettre aussi, à parler comme un entraîneur du Quinze de France ou une nouvelle star de la télé !
Ceci étant dit, c’est très pro (et dans l’air du temps) de te fixer une feuille de route avec des objectifs et des indicateurs de suivi et de performance. Tu es prêt pour monter ta boîte et embaucher du monde.
Et comment tu fais pour avoir des jolis camemberts comme ça ?
La diversité à ses revers. perso je suis pour l’étant moi meme ( prof, dessinateur BD, musicien et illustrateur ). Et comme tu dis « ça fait un tout » car isolément aucun ne me ferait vivre non plus.
Le « hic » c’est que tu trouveras toujours des gens pour te dire « moyen partout partout mais bon nulle part en fait « . Il suffit déjà de faire 2 activités artistiques complétement différentes ( dessin et musique par exemple ) pour qu’on te soupsconne déjà de n’être pas un « spécialiste » dans TON UNIQUE domaine. C’est dommage et lassant. Bien sur nous ne sommes pas tous des Léonard de Vinci, mais pourquoi refuser d’accepter qu’une personne ait plusieurs cordes à son arc sans pour autant sacrifier la qualité de chacune des disciplines qu’il exerce?
« Ca fait trop pour un seul bonhomme ». Jalousie? Je ne sais pas. Pourtant comme disait le Cid « à l’âme bien née, la valeur n’attend pas le nombre des années ». Et là, pour le coup, en plus d’être talentueux, vous voilà prétentieux!